Cette robe calcule le nombre d’attouchements subis en soirée

De trop nombreuses femmes subissent des attouchements non désirés en boîte de nuit (et pas que). Schweppes a créé une robe capable de calculer leur fréquence et leur intensité en temps réel.

Cette robe calcule le nombre d’attouchements subis en soirée

En mai 2018, Schweppes a sorti une campagne de pub pas comme les autres.

Celle-ci se basait sur une étude parue dans Think Olga, d’après laquelle au Brésil, 86% des femmes sont régulièrement harcelées en boîte de nuit.

En partenariat avec l’agence de pub brésilienne Ogilvy, Schweppes a imaginé une robe équipée de capteurs à attouchements, un projet nommé The Dress for Respect.

Une robe calcule les attouchements subis en boite

Le but de l’opération était de calculer le nombre de fois qu’une femme est touchée sans son contentement en soirée par des hommes, afin de sensibiliser ces derniers.

Trois femmes sont donc allées en boite de nuit en portant ces robes.

Les robes sont équipées de capteurs qui permettent de calculer le nombre d’attouchements subis, leur intensité et leur localisation sur le corps.

Grâce à un système wifi, les capteurs ont transmis leurs données en temps réel.

Là, tu te dis peut-être qu’en boite, il y a tellement de gens qu’on est forcément touchées de partout même sans que l’autre l’ait fait exprès, et même par d’autres femmes d’ailleurs.

Certes.

C’est pourquoi lors de cette expérience, des caméras ont suivi ces 3 femmes, afin que l’image appuie ce que l’expérience voulait prouver. Et sans surprises, les attouchements correspondent à des mains d’hommes.

En moins de 4 heures, ces 3 femmes ont été touchées en tout 157 fois, soit 40 fois par heure.

Un spot de sensibilisation au harcèlement

Cette campagne a donc été lancée en mai 2018, mais elle vient seulement de parvenir à mes yeux par l’intermédiaire de Loopsider, qui a repartagé la vidéo sur ses réseaux.

Dans la vidéo postée sur YouTube, certains hommes sont interrogés à la sortie de boite, et leur réflexion sur le sujet n’est pas surprenante.

« Qui sort un jeudi soir juste pour danser ?

Tout ça, c’est juste des pleurnicheries pour rien ! »

Donc déjà, moi. Moi je sors pour danser. Et est-ce que je suis la seule ? J’en doute fortement.

Ah mais pardon, comme chacun sait, les femmes se font belles et vont en soirée seulement car elles sont en quête constante d’attention mâle !!! (<— non).

Certes, des femmes sortent aussi dans l’intention de rencontrer des gens et pas forcément seulement dans un but platonique. Est-ce que ça veut dire qu’elles ont envie qu’on les tripote de partout ? Non.

Comme le font remarquer les participantes à cette expérience, une conversation reste le meilleur moyen d’approcher une personne.

Et une femme en boite de nuit n’est pas un animal à capturer.

La campagne vidéo se finit d’ailleurs sur ce slogan :

« Et si on approchait avec élégance, intelligence, humour et respect ? »

Le harcèlement en boite, un problème brésilien ?

Je t’avoue que quand j’ai vu que 86% des brésiliennes avait déjà été harcelées en boite, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que les 14% restants étaient sûrement des femmes qui n’était simplement jamais allées en boite.

Car si ce pourcentage est censé interpeller, il ne me surprend pas le moins du monde.

Même en France, je ne connais aucune femme qui n’ait jamais subi des attouchements par des hommes en boite de nuit.

En fait, je ne connais aucune femme qui n’ait jamais subi des attouchements tout court.

Si ces problèmes sont de plus en plus mis en avant avec #MeToo, peut-on un jour espérer un vrai changement ?

Evidemment, que ce soit sur la vidéo originelle de Schweppes postée sur YouTube ou sur le partage de Loopsiders, tu peux retrouver de nombreux commentaires de génies pensant avoir la solution (qui viennent aussi de femmes, ce qui est très triste) à base de :

« Si elles se plaignent des boites de nuit, est-ce que la solution c’est pas tout simplement de ne pas y aller ? »

Je pense que tu serais d’accord pour dire que se priver de sortie pour ne pas subir de harcèlement n’est clairement PAS la solution.

Ne plus y aller ne va pas mettre fin au problème, mais va uniquement donner aux harceleurs un pouvoir qu’ils ne devraient pas avoir.

La réticence à rentrer seules la nuit de peur d’être violée est déjà persistante, alors est-ce qu’il faudrait en plus s’interdire de sortir tout court ?

Est-ce que toi-même, tu évites de sortir en boîte à cause de ce genre de problèmes ? Connais-tu des femmes dans ton entourage qui n’ont jamais été harcelée ou tripotée en boite de nuit ?

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Caroline.A


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Commentaires
  • Petite Coccinelle
    Petite Coccinelle, Le 4 décembre 2018 à 13h37

    Lune0103
    À vrai dire, j'aurais bien aimé une comparaison avec un homme dans la même situation.
    Tout à fait d'accord, il faudrait faire essayer à des hommes aussi, pour qu'on puisse bien se rendre compte. Bon je me doute qu'il y aurait moins d'attouchements mais j'aimerais vraiment connaître l'ampleur de la différence.

    Note à part: je vais généralement en boîte en jeans basket t-shirt et maquillage sobre pour éviter de me faire aborder, car j'adore danser mais pas me faire emmerder par des relous. Cela dit, dans un lieu blindé et festif, une main à l'épaule ou sur le haut du dos ne me dérange pas si elle ne sous-tend pas une envie sexuelle. Mais c'est mon point de vue perso et je comprends que ce soit pas le cas de tout le monde.

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