Ces moments où mon père a été présent pour moi

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Pour la fête des pères, vous avez parlé de votre papa à Juliette. Premières règles, relation père-fille, confiance en soi... Quatre madmoiZelles racontent des moments forts vécus avec leur paternel.

Ces moments où mon père a été présent pour moi

Les papas, c’est toute une histoire (ce n’est pas par hasard que Fab a lancé son podcast Histoire de Darons).

Pour la fête des pères, je vous ai proposé de parler de sa présence dans votre éducation et j’ai constaté qu’il a été là pour certaines d’entre vous à différents moments de votre vie.

Il y a des papas qui ont assuré à des instants de doutes, d’autres se sont montrés un peu maladroit. Dans tous les cas, votre père a été là et c’est le plus important.

Mon père quand j’ai eu mes premières règles

Très souvent, les menstrues sont gérées par une figure féminine en général plus âgée : une mère, une cousine, une tante, une grande cousine ou une amie plus vieille…

Pour Marianne, qui a perdu sa maman quand elle était petite, ça n’a pas été le cas. Son père a du improviser mais tout s’est bien passé.

Le daron qui sait ce qu’il fait !

Elle raconte :

« Ma mère ne pouvant m’en parler, ma tante m’avait donné une brochure sur l’adolescence quand j’ai eu 11 ou 12 ans.

Un jour, j’ai eu un peu de sang dans ma culotte à 12 ans. Je n’y ai pas trop pensé même si je savais ce que c’était, et j’ai préféré joué à la Game Cube avec mon frère.

Il faut savoir qu’on n’en avait pas l’autorisation, mais qu’on le faisait en cachette quand mon père n’était pas encore rentré. Tout à coup, on entend mon père entrer dans la maison et monter les escaliers.

On n’avait pas le temps de ranger la console avant qu’il ne la voie. Je me suis donc précipitée devant mon père en criant « Papa, j’ai mes règles ! ».

Il a paniqué, vérifié s’il y avait beaucoup de sang, m’a dit de prendre une douche, téléphoné à ma tante et filé acheter des serviettes hygiéniques.

Conclusion : il n’a pas su qu’on était en train de jouer, mais surtout, j’étais prête quand j’ai vraiment eu mes règles quelques semaines plus tard.

Il n’a jamais considéré la chose comme un tabou, il a toujours compris mes fortes douleurs. Aujourd’hui, il sait parfaitement ce que c’est qu’une cup et que c’est top. »

Quand mon père m’a appris à m’accepter

Entre l’enfance et la vie d’adulte, il y a cette période parfois compliquée où on se découvre soi-même. Misha, âgée de 23 ans, s’est tourné vers son papa qui lui a apporté amour et soutien, dans ces instants-là.

«S’il y a une chose que j’ai retenue de l’éducation de mon père, c’est le pardon. Mon papa m’a appris à m’aimer et à me pardonner.

Ado, je voulais être un garçon et le revendiquais jusqu’au collège. Dans cette quête de moi-même beaucoup de larmes ont été essuyées par mon papa.

Quand on est en colère contre quelqu’un ou contre soi-même, serrer les dents et montrer les poings n’est pas la solution : mais apporter de l’amour, prendre du recul, essayer de comprendre, ça peut aider.

C’est ce qui m’à fait grandir, et me permet d’être épanouie aujourd’hui. Ce n’est pas évident quand on est plus jeune ou ado, mais il m’à amené cette idée tout doucement, en fonction de mes capacités de compréhension de mon âge.

Je le réalise aujourd’hui quand je regarde en arrière.

Puis l’amour qu’il m’a donné m’à permis d’avoir de l’amour pour moi-même et pour mon corps. »

Ce moment où j’ai appris le féminisme grâce à mon père

Ah, le féminisme ! Pour moi, c’est madmoiZelle qui m’a éveillée à la réalité des discriminations sexistes. Pour certaines, c’est par le biais d’amies, de grandes sœurs, d’un film ou d’une auteure…

Anna ne s’attendait pas du tout à ce que ce soit son papa, professeur dans un institut d’études politiques, qui l’instruise à ce niveau-là.

« Vers mes 19 ans, j’ai commencé ma révolution féministe grâce à la libération de la parole sur le harcèlement de rue, en particulier quand j’ai compris que ce que vivait les femmes au quotidien n’était pas « normal ».

Je me suis alors questionnée et j’ai parlé à mes parents de féminisme. Mon père m’a prêté un quelques livres sur le féminisme puis sur la question du genre.

Grâce à ça j’ai appris qu’il n’y avait pas que des hommes et des femmes, que le féminisme avait connu plusieurs vagues, qu’il ne concernait pas seulement les personnes de sexes féminins, et beaucoup d’autres choses….

Mon père me proposait un nouveau livre en fonction de ce qui me questionnait ou m’interrogeait : Françoise Héritier, Virgine Despentes, Anne Fausto-Sterling, Belinda Cannone, Pierre Bourdieu…

Et c’est au fil des discussions que j’ai appris qu’il était en fait très impliqué dans la question de genre en politique dans son établissement et qu’il donnait même un cours dessus !

Il en connait un sacré rayon, je n’ai même pas besoin de lui expliquer le mansplaining, le manspreading, les discriminations sexistes, il connaît déjà tout !

Le féminisme nous a rapproché et ça c’est pas banal. Je crois que ça se sent et je suis vraiment très fière de l’avoir comme père. »

Quand mon père a cru en moi

Pauline a toujours eu du mal à savoir ce qu’elle ferait de sa vie quand elle était au lycée. Et sans qu’elle s’y attendre, son paternel a su trouver les mots juste quand il le fallait. Elle se souvient :

« À 16 ans, en 1e Scientifique, je cherchais ce que je pourrais faire plus tard. J’étais perdue, beaucoup trop de choix.

Étant une bonne élève et aimant les matières scientifiques, des professeurs et mon père m’ont parlé des classes préparatoires Maths Sup/Spé.

Pour mon père, j’avais le profil parfait car « je savais travailler ». Je m’y suis intéressée et après quelques recherches, j’ai compris qu’en effet c’était un parcours idéal pour moi.

Dans mes recherches, je me suis fortement intéressée à des classes préparatoires intégrées car il n’y avait pas de concours au bout de 2 ans.

Quand mon père l’a réalisé, nous avons eu une conversation simple mais si efficace.

« – Pourquoi tu t’intéresses à ces prépas ?

– Ben, je pense que ce sera plus simple.

– Pourquoi plus simple ?

– Je serais déjà dans une école donc je ne passerai pas par des concours que je pourrais rater.

– Qu’est-ce que tu racontes ? Comment peux-tu déjà envisager de rater quelque chose avant même d’essayer ?

– Je sais pas, je n’en suis pas capable, je crois.

– Est-ce que tu penses que ton ami Julien, d’un an de plus, s’est posé cette question ? Qu’il se soit dit qu’il allait rater avant même d’essayer ?

– Non, je ne pense pas, non. »

« Ouais, tu peux le faire ! »

J’ai réalisé que même si mes parents m’ont élevée dans un espace égalitaire, je doutais de moi. Je doutais de mes capacités à travailler parce que j’étais une fille. J’avais intégré ce concept à mon insu. Après cette discussion, j’ai réalisé que j’avais autant de chance qu’un ou une autre.

Alors j’ai foncé et aujourd’hui, je poursuis mes études d’ingénieur au Québec.

Je suis heureuse de l’avoir comme père car il m’a appris à devenir la personne libre et indépendante que je suis. »

Merci à toutes les personnes qui ont envoyé leurs témoignages.

J’ai fait une sélection parmi la cinquantaine de textes, mais je les ai tous lu et je vous remercie infiniment d’avoir partagé ces petits bouts de vos vies avec moi ! ❤️

Et toi ton père, il t’a appris quoi ? À quel moment de ta vie il a été présent pour toi ? Raconte-moi sur le forum !

À lire aussi : 21 idées de cadeaux pour la fête des pères (oui c’est pas facile)

JulietteGee


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Commentaires
  • Zononchkathur
    Zononchkathur, Le 17 juin 2018 à 11h45

    Papa,

    Tu es parti très tôt de la maison, j’avais à peine 3 ans, 3 ans c’est peu pour une petite fille, c’est peu pour comprendre ce qui se passe. Surtout que tu n’es pas parti très poliment. Tu nous as quitté sur la pointe des pieds, de nuit. Je t’ai revu quasiment 6 mois plus tard pour la première fois. De ces vacances je me souviens principalement de la fierté d’être grande et de pouvoir traverser le camping, mon rouleau de papier toilette à la main! De la piscine et puis surtout tu étais là, enfin, à nouveau!
    On en a pourtant vécu des choses malgré ce début chaotique! Je me souviens particulièrement de ces tartes que tu achetais le dimanche pour m’expliquer les fractions. De ces heures passées à découper des tartes. Qu’on devait manger après! Je me souviens de notre sauce bolo, la sauce bolo S****** c'était sacré! Je la fait encore, j’ai même apprit à mes enfants quels en étaient les ingrédients secrets! Et puis surtout qui disait bolo disait piscine, c'était indissociable. Préparation de la bolo le samedi, piscine le dimanche matin. Nous en avons passé des heures dans l’eau! À jouer comme des fous! Je joue exactement de la même façon avec mes enfants quand je les emmène à la piscine à présent.
    De la banque où tu travaillais, de tes collègues qui s’occupaient de moi comme d’une petite princesse. De ces jobs d'étudiants à la banque. Où nous faisions semblant de ne pas être père et fille. Jusqu’à ce que tu m’appelles par mon surnom... La puce...
    Toutes ces petites choses que tu m’offrais aussi... Les tampons encreurs, le maquillage de grimage, la colle pour la peau, mes étoiles, mes brillants et mes paillettes! Les fabulands que nous construisions et déconstruisions inlasseblement. Mes k7 audios. Et puis ces bricolages! Ma pochette de fée clochette et ma poudre de fée! Mon bâton de magicienne grandeur nature, que j’ai toujours aujourd’hui, nos poupées culbutes!
    Nos escapades à Disney, juste toi et moi, ces fou-rires quand tu imitais Donald, les gens qui nous prenaient pour le début de la parade car nous dansions le long de Main Street! Quand tu as effrayé la dame à l’entrée du Manoir hanté. Une chose est certaine tu m’as apprit à ne jamais avoir honte, à être vraie, authentique et sans (trop de) complexes.
    Quand j’ai apprit l’anglais... et que tu m’expliquais à quel point cette langue était chantante, chantante oui mais avec une patate chaude en bouche... Ba be da be douuu!
    Merci pour tout ça Papa.
    Ça fait presque deux ans que tu m’as quittée pour de bon et pas un jour ne passe sans que je n'évoque ton souvenir. Tu m’as apprit tellement de choses Papa mais pas à vivre sans toi et ce malgré le fait que nous vivions séparés de 840km. Gazette Marie notre échange d’emails me manque, les barbecues en ta compagnie quand tu rentrais au pays aussi. Papy Schtroumpf manque aux enfants, tes histoires, ta voix, ton parfum, tout ce vide. Heureusement les souvenirs sont toujours là. Je t’aime aussi grand que l'océan. Night night Daddy and keep swimming!

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