Paris-Texas

Hier soir, j’ai regardé Paris,Texas. Quand j’ai mis le DVD dans le lecteur, j’avais juste envie de patienter avant le début de L’Ile de la Tentation… Je savais pas trop à quoi m’attendre, j’imaginais vaguement un road movie entre la capitale française et la province natale de George Bush, des grands paysages, de la musique […]

Paris-Texas

Hier soir, j’ai regardé Paris,Texas.
Quand j’ai mis le DVD dans le lecteur, j’avais juste envie de patienter avant le début de L’Ile de la Tentation… Je savais pas trop à quoi m’attendre, j’imaginais vaguement un road movie entre la capitale française et la province natale de George Bush, des grands paysages, de la musique comme dans les westerns… Et puis, j’ai commencé à regarder, et j’ai aimé, j’ai beaucoup aimé…

Plus qu’un énième road movie

Travis a disparu depuis quatre ans, personne ne sait où il est parti. Le film commence sur sa marche au milieu du désert Texan, sous un soleil de plomb. Quelques minutes plus tard, on le retrouve à une station essence, Travis ne parle pas, il ne se souvient de rien.
Un bout de papier avec un numéro de téléphone, celui de son frère, le relit à la vie, à sa famille et à son passé. Ce frère qui va justement venir le rechercher, et va entreprendre de le ramener au monde. Pendant tout le trajet retour, entre le Texas et la Californie, Travis ne dit toujours rien. Il écoute son frère lui raconter son passé, sa vie d’avant, les gens qui peuplaient son existence… La première parole prononcée par Travis sera Paris… Il faudra du temps à Walt pour comprendre que son frère ne parle par de la capitale française mais d’une bourgade texane : Paris, Texas.
Travis, accompagné par sa famille, commence alors un long voyage dans sa mémoire pour comprendre ce qui le relie à ce lieu.

Des personnages forts

Paris Texas est film émouvant. Entre le Texas et la Californie, entre le passé et le présent, les questions des relations père/fils, des liens fraternels, de l’amour sont traités. Des paysages prenants, une musique envoûtante qui laisse parfois place à des moments de silence et de tension entre les deux frères. Des caractères forts et parfaitement dessinés, des personnages loin d’être lisses mais plein de justesse et d’émotion.

A la complexité de la relation entre les deux frères, se rajoute un enfant. Pensant que Travis avait disparu à jamais, Walt et sa femme Annie ont adopté Hunter, le fils de Travis.
Tiraillé entre l’amour pour son frère, la joie de retrouver vivant celui qu’il pensait mort, et la peur de perdre ce fils qu’il a fait sien, la peur de perdre sa femme, stérile, pour qui Hunter était apparu comme une opportunité de stabiliser son couple.

Et puis, il y a cette femme que Travis a aimé, la mère de Hunter. Leur passion dévorante, les souvenirs de son fils sur sa mère, ceux de son frère sur le couple, et Travis retrouve peu à peu la mémoire. Un autre road trip va alors commencer, à la recherche de son ancienne femme. Moins lointain mais tout aussi douloureux, Travis part reconstruire son passé avec l’apprentissage des erreurs qu’il a faites.

Le film de Win Wenders est juste. Chacune des relations données à voir est empreinte de cette complexité qui lui donne un goût de réel. Personne ne se déteste ou ne s’aime sans contrepartie, rien n’est joué d’avance, tout est à construire ou reconstruire en permanence.

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