Paris je te quitte mais je t’aime — Lettre d’amour à la capitale

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Paris, Margaux lui dit bientôt adieu. Elle tenait à déclarer son amour à cette ville qu'elle a tellement aimée... et qui le lui a bien rendu.

Paris je te quitte mais je t’aime — Lettre d’amour à la capitale

À la rentrée, je m’en vais. Ça fait un peu comme si j’annonçais que j’allais mourir, dit comme ça. Et surtout, ça fait un peu comme si j’étais triste. Alors que pas du tout !

Je m’en vais juste dans un autre pays, je pars vivre à Londres.

C’est pas complètement dépaysant et pourtant… c’est différent. C’est pas loin et pourtant… j’ai l’impression de partir vivre dans un autre monde.

Je rêve depuis un moment de partir de France, de vivre dans un pays anglophone, de vivre à Londres.

Si j’ai eu le coup de foudre pour cette ville et que je m’y sens chez moi, je ne peux pas m’empêcher d’avoir un pincement au coeur en pensant à toi, Paris.

Parce que tu représentes mille périodes de ma vie, parce que tu as aussi été mon chez moi, et parce que même si je préfère une autre, je te garderai toujours dans mon coeur.

Un peu comme on pense toujours à sa famille, en les quittant pour vivre sa vie d’adulte. Avec un pincement au coeur, mais en sachant que ce qui attend est encore mieux.

Alors, j’ai eu envie de t’écrire une lettre d’amour.

Paris, j’ai tellement rêvé de toi

Paris est belle depuis ma vitre de bus

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T’es tellement plus que des gens qui sont saoulés par le métro. Plus qu’un cliché, plus qu’un film carte postale.

Moi, j’ai grandi en banlieue. À Aulnay-sous-bois, dans une caserne de pompiers.

C’est ma mère qui a gardé de toi un souvenir précieux.

C’est elle qui m’emmenait voir les vitrines de tes grands magasins, pique-niquer au parc Montsouris, voir mon orthophoniste juste à côté de la Tour Eiffel et même prendre le métro.

Et puis ado, je t’ai rêvée, Paris.

J’avais envie de fuir mon adolescence, la Seine-et-Marne où on avait déménagé. Je crevais d’envie de changer de collège et de venir vivre entre tes murs. J’avais envie de la vivre, l’effervescence.

C’est vrai, tout le monde passe sa vie à râler de ton fourmillement. Moi j’ai eu l’impression d’être comme un poisson dans l’eau.

Alors oui, parfois tu me stressais. J’ai maudit tes trottoirs trop serrés, j’ai pesté intérieurement quand on me bousculait, j’ai haï le harcèlement de tes rues. Oui, tu me fatigue, parfois.

Mais je t’aime tellement.

Paris, mon vrai chez-moi

Ça ? Oh juste le meilleur cadeau de crémaillère du monde offert et fait par @perga_rinsky

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Quand tu m’as accueillie il y a 8 ans, pour mes études, c’est toute ma vie qui a changé.

Loin des souvenirs de la Seine-et-Marne, de ma dépression, de celle qui n’était qu’un pâle reflet de moi.

Tu m’as accueillie, moi, mes chaussures à étoiles, mon gros sac à main et tous mes doutes. Comme t’es une pote sympa, tu m’a présenté des mecs.

Ton métro a tenu la chandelle de mes premiers baisers. Tes restaurants aux mille cultures m’ont fait découvrir d’autres façons de cuisiner.

Rue Sainte-Anne, je suis tombée amoureuse d’un garçon et des ramens, en même temps. Au jardin du Luxembourg, je suis tombée folle d’amour pour ma meilleure amie.

Tu sais que t'es adulte quand tu prends du rosé dans le restau de tes premières années de fac

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Aux Buttes Chaumont, j’ai dansé pieds nus dans l’herbe et rue Mouffetard, j’ai eu ma première bande de potes (et mes premières cuites).

À Hotel de Ville, un autre garçon m’a fait tourner dans ses bras, et puis dans le vingtième, il a emménagé avec moi. Ma première relation longue, ma première grosse rupture.

J’aime bien apercevoir ta Tour Eiffel quand je suis sur un toit, même si je sais que ce n’est qu’un des détails de ton éclat. Dans tes cinémas, j’ai pleuré, j’ai ri, je me suis étouffée avec des Maltesers.

À la Cité des Sciences, j’ai joué avec mes cheveux dans l’expo sur l’électricité statique, j’ai voyagé à bord du Titanic et après, j’ai mangé mon premier Quick. Eh ouais.

Qu’est-ce que je t’ai explorée, qu’est-ce que t’as niqué mes chaussures.

Les longues balades, les retours chez moi à pieds parce qu’il n’y avait plus (ou pas encore) de métro. Et bien sûr, les trajets rallongés juste parce que je suis nulle en orientation.

Je t’ai TELLEMENT admirée, je t’ai trouvée si belle depuis la fenêtre de mon bus, d’un taxi ou des métros qui circulent dehors.

Tu m’as donné la satisfaction de consoler le moi de 15 ans.

Celle qui avait un peu envie de crever, qui savait qu’un jour elle habiterait chez toi quand tout irait mieux. Celle qui SAVAIT que ça irait mieux, et que ce serait un peu grâce à toi.

Paris et mon apprentissage de la vie

Matinée tournage de Toque Chef <3

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J’ai mis mes premiers rouges à lèvres rouges en me regardant dans les vitres de tes métros et j’ai même été dans mes premières friperies !

C’est toi qui m’as aidée à me découvrir, à apprivoiser tout ce qui attendait d’exploser en moi de créativité.

Tu as accueilli ma famille, tu as offert un travail à mon grand-père émigré. Et puis, plusieurs années après, c’est dans la même rue que j’ai eu mon premier travail.

Un travail formidable et des gens qui, à l’image de tes habitants, venaient d’un peu partout.

Pour moi, t’es pas juste une jolie ville comme ça. J’en ai vu des jolies villes, j’en ai visité des endroits cool en France.

Mais toi, toi, tu m’as donné les plus jolis souvenirs. Malgré les métros qui puent, malgré les voitures qui klaxonnent, et malgré les soldats dans tes rues depuis novembre 2015.

Toi, tu m’as donné un chez moi, l’odeur des croissants le matin dans ma cour, les gens qui font des marathons en bas de ma rue et les pizzas à 4h du mat’.

Peut-être que pour d’autres, ce n’est pas toi la ville doudou. Et tant mieux pour eux, je parle juste de moi de toutes façons.

Peut-être que tu n’es pas la ville où je veux vivre pour toujours, mais j’ai tellement aimé habiter chez toi que je voulais te le dire.

Alors merci pour le pass UGC, pour la rue Montorgueil, pour les Grosses Teufs et les épiceries ouvertes jusqu’à 22h. T’es clairement à la hauteur de la hype et même bien au-dessus. 

Je vais aller me créer des souvenirs ailleurs, rencontrer d’autres amis, d’autres garçons. Je vais achever cette période d’expérience, avoir une nouvelle routine de vie et aimer d’autres musées.

Mais merci, quand même.

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Margaux Palace

Prêtresse de la cuisine : comme dans les cités d'or mais avec du fromage. Ses cheveux sentent le chocolat et ses doigts l'échalote, mais elle mélange pas les deux ça va on est pas des bêtes.

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Voici le dernier commentaire
  • Gia_Juliet
    Gia_Juliet, Le 7 août 2017 à 0h08

    "C"est parce que je t'aime que je te quitte". ^^ C'est joli!
    Pas Parisienne pour un sou, et pas envie de l'être non plus plus que ça, j'ai apprécié Paris parce que je n'y habitais pas sur de longs temps, seulement pour des exes, des sorties/week ends entre ami-es en dernière minute ou non.
    Trop besoin d'espace, de respirer, de nature. Oui je préfère la vraie nature, les vraies villes industrielles ou abandonnées avec une forte histoire mais de l'humilité, une sérénité, ce que je n'ai jamais vraiment ressenti à Paris.
    Et puis pourquoi payer là ce que je peux avoir ailleurs à moitié prix et qualité identique ou meilleure.
    Les voyages, les découvertes ne dépendent pas de la distance parcourue mais vivre la différence, l'imprégnation aux cultures autres oui. Sortir du cocon.

    La lettre est belle.
    Mais récapitulative de quantités d'événements vécus dans de nombreuses villes différentes dans mon cas ce qui les rendent encore plus magiques et uniques. Finalement, que ce soit Paris ou Thorigné-Fouillard c'est kif-kif, la ville importe peu.

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