« Au travail, c’est le talent qui compte » : une campagne pour la mixité des métiers

Une très belle campagne réalisée par la fondation FACE marque le lancement des plans d'action en faveur de la mixité dans les métiers. La première convention a été signée dans le secteur des transports.

« Au travail, c’est le talent qui compte » : une campagne pour la mixité des métiers

Le premier plan sectoriel pour la mixité a été signé entre la ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, le Secrétaire d’État aux Transports, et les principaux acteurs de ce secteur d’activité ainsi que du recrutement (avec notamment Pôle Emploi).

Les différents signataires s’engagent à mettre en oeuvre des actions de communication pour la promotion des métiers et des carrières ouvertes au sein des filières délaissées par les femmes, ainsi que des actions de sensibilisation des entreprises, afin de favoriser l’intégration des femmes dans leurs structures.

Promouvoir la mixité, un enjeu économique

Ce plan est le premier d’une série qui devrait être déclinée dans tous les secteurs non mixtes de notre économie. Concrètement, on considère qu’un secteur d’activité est mixte lorsque que chaque genre représente entre 40 et 60% des effectifs.

C’est loin d’être le cas en France, puisque plus de 80% des actifs et actives travaillent dans des secteurs non-mixtes.

En janvier, Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé le déploiement de plans d’action faisant de la mixité en entreprise un chantier majeur de l’année 2014. Il s’agit d’un enjeu de croissance pour la France, pas uniquement d’une question d’égalité d’accès aux carrières professionnelles.

Lors de la signature de ce premier plan d’action, la ministre est revenue sur la nécessité de progresser sur cette question :

« La moitié des femmes actives de France sont concentrées dans une dizaine de familles de métiers, alors qu’il en existe plus de 90.

En matière d’égalité professionnelle, on ne résoudra pas les inégalités tant qu’on n’aura pas ouvert autant d’opportunités aux femmes qu’aux hommes dans le choix même des métiers, dans l’exercice même des métiers.

L’OCDE, le FMI, la Commission européenne, on ne compte plus le nombre d’instances qui ont démontré par A+B l’importance de l’emploi féminin et de la mixité des métiers. L’écart de taux d’emploi entre les hommes et les femmes, aujourd’hui, dans un pays comme le nôtre, nous coûte 0,5 point de croissance par an.

Quand vous n’avez pas suffisamment de mixité dans un métier, cela signifie que vous avez moins de compétences disponibles à l’entrée, sur le marché du travail, et donc un vivier de talents rapetissé. Les entreprises en souffrent-elles mêmes.

Nous devons sortir des mécanismes d’orientation professionnelle extrêmement sexués, qui sont défavorables aux femmes et aux hommes.

Augmenter la mixité des métiers, c’est permettre aux unes et aux autres d’assumer leurs aspirations, en choisissant véritablement la voie dans laquelle ils veulent s’engager. »

Les actions en faveur de la mixité vont donc commencer avec le secteur des transports, premier à signer un plan d’action avec le ministère, tandis que des négociations sont déjà engagées avec d’autres secteurs.

Combattre les préjugés, encore et toujours

La prochaine convention pour la mixité devrait intervenir dans les prochaines semaines, et concerner le secteur de la petite enfance : elle visera donc à promouvoir la place des hommes dans ces métiers quasiment exclusivement féminins.

Ces plans d’actions ne sont pas des remèdes miracles : ils visent à faciliter l’accès à la formation, à attirer l’attention des acteurs du recrutement sur les biais de discrimination et à encourager les entreprises à veiller à l’accueil des femmes au sein de leurs structures (par exemple, avec l’aménagement de vestiaires séparés là où il n’y avait qu’un seul vestiaire).

Mais les obstacles principaux à la mixité des métiers restent les forts préjugés, souvent intégrés par les individus eux-mêmes. Et ce travail de lutte contre les stéréotypes doit s’accomplir sur le long terme, dès le plus jeune âge, sans quoi les filles privilégieront encore longtemps les métiers du soin et les garçons les professions techniques et physiques.

On attend donc avec impatience de voir quelles formes prendra la mise en place du plan d’action pour l’égalité à l’école, qui remplacera l’expérimentation de l’ABCD dès la rentrée 2014.

« Au travail, c’est le talent qui compte »

La Fondation Agir Contre l’Exclusion (FACE) est à l’origine du spot de promotion que vous devriez voir sur vos écrans dès aujourd’hui. Un clip sobre et efficace, qui suffit à pointer l’absurdité du cloisonnement masculin/féminin de certains corps de métiers.

Comme si un homme ne pouvait pas s’occuper d’enfants, comme si une femme n’avait rien à faire sur un chantier…

Et toi, travailles-tu dans un environnement professionnel mixte ? Attention, on parle de mixité au sein d’un même corps de métier : les secrétaires et les assistantes ne comptent pas !

Pour aller plus loin…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Le_lA
    Le_lA, Le 22 juillet 2014 à 22h33

    combattre les préjugés avec une vidéo emplie de clichés ?
    mouaif....
    pas convaincue. tout est beaucoup trop propre.


    pour répondre à la question de conclusion, je travaille en milieu non mixte : 20 salariés en tout et je travaille avec les 15 mecs de l'atelier et de la pose. un jour il y a eu une stagiaire. honnêtement, ça m'a fait bizarre.

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