Les 5 livres préférés de… Mondaysghost

« Les 5 livres préférés de… », c’est une rubrique qui vous présente cinq ouvrages phares d’une madmoiZelle : qu’ils aient changé sa vie, marqué son enfance ou l’aient sauvée d’un trajet ennuyeux, voici les bouquins que Mondaysghost ne pourra jamais oublier !

Les 5 livres préférés de… Mondaysghost

Lolita, de Vladimir Nabokov

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Je commence par mon préféré, celui qui m’a laissé l’impression la plus forte et dont certaines lignes continuent de m’obséder chaque jour. J’avais d’abord vu les films inspirés du roman et je n’avais pas vraiment accroché. C’est seulement plus tard que j’ai dévoré le livre de Nabokov.

Le roman décrit la passion malsaine de Humbert Humbert pour les nymphettes, ces pré-adolescentes, et son obsession puis ses relations avec la jeune Lolita. Lire ce roman, c’est être en permanence confronté•e à des centaines d’émotions contradictoires, du dégoût pour les passions criminelles du héros à la pitié pour ces pulsions maladives qu’il ressent.

Au pouvoir magnétique de l’histoire s’ajoute le don puissant de Nabokov pour la langue et son habilité à donner vie aux images qu’il décrit. Je n’en dirai pas plus, de peur d’en briser l’alchimie. Je préfère citer les dernières lignes du roman qui, même traduites, figurent à mes yeux sur la liste des plus belles phrases de la littérature :

« Je pense aux aurochs et aux anges, au secret des pigments immuables, aux sonnets prophétiques, au refuge de l’art. Telle est la seule immortalité que toi et moi puissions partager, ma Lolita. »

1974, de David Peace

david peace

C’est le premier tome d’une tétralogie (1974, 1977, 1981, 1983) mais tu peux très bien décider de ne lire que 1974. Car, pour reprendre la phrase figurant sur le portail de l’Enfer dans la Divine Comédie, « Abandonne tout espoir toi qui rentre ici ». Ne t’attends donc pas à trouver dans ce roman anglais une trame narrative facile à suivre, des personnages attachants, un méchant coupable envoyé en prison par un gentil policier ou ne serait-ce qu’un peu de ciel bleu…

Dans ces quatre tomes, David Peace s’attache à raconter une série de meurtres d’enfants et de prostituées et, pourtant, il s’agit bien plus que d’un simple roman policier. D’abord parce que le récit est tellement confus et éclaté que l’on peine à recueillir les indices et à séparer le vrai du faux. Ensuite parce que Peace transforme chaque situation grâce à son écriture hallucinée, au bord de la transe. Certaines scènes sont décrites des dizaines de fois au cours des romans sans qu’on ne parvienne à les déchiffrer, à déterminer s’il s’agit d’un cauchemar ou d’une réalité terrifiante.

Plus qu’à une enquête, c’est à un passage en revue des facettes les plus sombres de l’âme humaine et de la société que Peace nous convie, des mères de famille devenues prostituées aux flics alcooliques et aux notables cyniques en passant par les petites filles assassinées et les ouvriers à demi-morts. Je te le recommande si tu aimes les ambiances glauques, très glauques.

Le Démon, d’Hubert Selby Jr

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Écrit en 1976, au début de la carrière de Selby Jr, ce roman met cruellement à jour l’incapacité de son personnage principal à être heureux. Il décrit la vie d’Harry White, un jeune cadre dynamique hanté par l’irrépressible besoin de réussir professionnellement et d’être reconnu par tous pour son succès. Alors que tout semble le mener vers cette ascension fulgurante, il est sans cesse hanté par des pulsions de plus en plus violentes, par un démon qui l’habite et prend peu à peu possession de lui pour mieux déjouer ses plans et le détruire.

Dans la première partie du roman, c’est coucher avec des femmes mariées, rencontrées au hasard de ses pérégrinations dans New York, qui l’obsède et lui sert d’exutoire. S’il pense, au bout d’un moment, s’être débarrassé de ses envies dévorantes, notamment en épousant la femme de ses rêves, celles-ci ne font que revenir encore plus fortes et deviennent si violentes que même le sexe, tout brutal et anonyme qu’il soit, ne peut plus les satisfaire.

Commence alors pour cet homme rongé par l’envie et l’angoisse de sa propre perte une vraie descente aux enfers sur fond de paranoïa dans la moiteur étouffante de Manhattan…

1984, de George Orwell

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J’ai hésité à ajouter ce livre à ma liste car il est connu et a déjà été mentionné sur madmoiZelle. Mais rien n’y fait, c’est juste impossible pour moi de ne pas le citer tant son actualité est brûlante, soixante-six ans après sa publication.

Dans un monde où nul ne peut exprimer ses opinions, ne peut réfléchir sans avoir ses pensées disséquées, ne peut aimer, la population est surveillée par une entité omniprésente et cependant invisible, la parfaite métaphore d’un état policier : Big Brother.

L’histoire suit le personnage de Winston Smith, un employé du parti, travaillant pour le Ministère de la Vérité, en charge de formater les esprits et de veiller à ce que rien ne subsiste du passé dans la mémoire collective. Contrairement au règlement, il commence à écrire puis s’éprend de Julia, mais il échoue à garder leur liaison secrète. Arrêté puis torturé pour ces sentiments interdits, il doit subir une rééducation brutale qui efface tous ses souvenirs et sa capacité à aimer afin de sauver sa vie.

En lisant le roman, c’est la présence des télécrans, ces écrans présents dans les lieux publics et dans tous les appartements pour espionner les faits, actes et pensées du peuple qui est la plus troublante. Difficile en effet de ne pas faire un parallèle entre cette instance totalitaire et l’importance maladive que nous avons fini par donner aux réseaux sociaux et à l’exposition de nos pensées les plus intimes au vu de tous sur Internet…

L’Oeuvre, d’Émile Zola

l'oeuvre émile zola

Je finis avec un livre un peu différent, un classique. Pas parce qu’il en fallait un mais parce que je me suis tout simplement demandé quel était le livre que j’avais lu le plus souvent et c’est celui-ci. Je l’ai étudié en classe de première puis à nouveau, des années plus tard, pour mes cours d’histoire de l’art.

Comme à peu près tous les romans de la série des Rougon-Macquart, il propose le récit d’un être abîmé et mis à mal par le monde qui l’entoure. Ici, Zola s’intéresse au milieu artistique sous le Second Empire, notamment au moment du Salon des Refusés de 1863. On y suit le parcours de Claude Lantier, un jeune peintre épris d’idéal qui rêve de révolutionner le monde de l’art et de le sortir de son académisme.

S’il démarre sa carrière en choquant les bourgeois et auréolé d’un succès de scandale, on suit peu à peu sa déchéance et sa sombre descente dans l’anonymat puis le désespoir et la folie. Incapable de donner naissance à la peinture de ses rêves, celle qu’il porte profondément en lui, telle une vision hallucinée, il finit par y laisser tout ce qu’il possède.

Si tu veux lire un Zola pas trop connu, que tu t’intéresses au monde de l’art au dix-neuvième ou que tu veux découvrir un beau portrait d’artiste maudit, ce livre est pour toi !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • IntoTheBlue
    IntoTheBlue, Le 31 mars 2015 à 19h59

    Lolita <3<3 Mon livre préféré avec Belle du seigneur !
    Bon et je m'incline aussi devant 1984 et Zola donc face à tant de bon goût je ne peux qu'avoir envie de découvrir les autres livres de la liste, que je ne connais absolument pas.
    Merci pour ces idées de futures lectures :)

    @Sassegra je te rejoins pour le dégout qu'inspire le personnage mais étrangement c'est peut-être justement son côté cynique et manipulateur qui m'ont particulièrement fascinée...

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