« Labyrinthe » a 30 ans (et ces 8 scènes me marquent encore)

Labyrinthe, film culte de Jim Henson avec David Bowie dedans, fête ses trente ans ! Amélie n'était pas née lors de sa parution, mais elle le porte pour l'éternité dans son cœur. Elle vous raconte pourquoi à travers l'évocation de quelques scènes du long-métrage.

« Labyrinthe » a 30 ans (et ces 8 scènes me marquent encore)

Petite, j’adorais aller chez mes grands-parents pour plusieurs raisons : ramasser des myrtilles dans la montagne avec mon papi et me cacher derrière le canapé, les yeux mi-clos, devant la scène où Billy met un Gremlin dans le mixeur.

La vidéothèque de mes grands-parents était immense et regorgeait de films cultes des années 80.

Et surtout, le nombre de films cultes des années 80 dans leur vidéothèque égalait presque celui des kilomètres qui séparent ma maison de la leur (indice : il y en a mille).

Devant Conan le Barbare (le pouvoir du slip en daim bien sûr) et L’Histoire sans fin, mon film préféré portait le doux nom de Dark Crystal. Je le regardais quatre fois par jour en me rongeant les doigts, et parfois, j’enchaînais même avec Gremlins 2.

J’aimais l’univers créé par Jim Henson (marionnettiste et créateur du Muppet Show) et Brian Froud (illustrateur spécialisé dans des fées et autres trolls des forêts).

Leurs marionnettes et décors en papier mâché me transportaient — bien plus que Microcosmos, ce film documentaire sur les insectes que ma grand-mère regardait tant de fois qu’elle semblait vouloir l’apprendre par cœur — comme une poésie de Maurice Carême.

Ceci n’est pas le groupe que tu écoutais en sarouel.

Je me foutais que Dark Crystal soit déjà considéré comme « culte ». J’avais sept ans, je le kiffais et c’était tout ! D’ailleurs, quand je repartais en Lorraine et reprenais l’école, il me manquait un peu.

J’avais Canal Sat’ et tou•tes mes potes de CE2 se battaient pour mater CanalJ chez moi. Mais quand même, Lollytop et sa coupe hérisson étaient loin d’avoir le même charme dans mon cœur…

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Un soir, je regardais Disney Channel et j’ai été attirée par un film qui m’a clouée sur mon canap’ entre deux cuillères de Danette. C’est l’histoire de Sarah, une ado un poil perturbée par ses changements hormonaux, et de Toby, son demi-frère aux cordes vocales d’acier. Un soir, au bout de sa vie, elle décide de faire appel aux Gobelins afin qu’ils s’emparent de lui. Pour le fun quoi.

Manque de bol, les monstres sont vraiment #TeamPremierDegré et l’emmènent avec eux. Sarah se rend compte qu’elle a fait une sacrée connerie et regrette.

C’est alors que David Bowie en collants opaques, alias Jareth le roi des Gobelins, débarque pour lui dire que c’est mort : si elle veut revoir Toby, elle devra venir le chercher elle-même dans son château, et le retrouver en moins de treize heures.

Tu en conviendras : on est bien loin dans le synopsis-game.

Labyrinthe, c’est une méga-collab’ entre Jim Henson, Georges Lucas et, surtout, David Bowie dans son époque kitschouille. Dans la lignée de Dark Crystal, le film s’inspire encore de l’univers de Brian Froud (responsable des effets spéciaux — c’est d’ailleurs son fils Toby qui joue le bébé) et espère faire aussi bien.

Pas de bol, c’est un petit flop au box office.

Mais pas dans mon cœur.

Labyrinthe est sorti au cinéma en 1986, ce qui signifie que Son Goku commençait à chercher les Dragons Balls qu’il fête ses trente ans cette année ! Pour célébrer ça, je te propose de revenir sur toutes les raisons qui m’ont poussée à lancer l’enregistrement sur cassette ce soir-là.

1. L’incantation de Sarah

« Je souhaite que les Gobelins viennent et t’emportent. Sur-le-champ. »

Voilà les mots, les bons mots que Sarah prononce afin que les drôles de créatures emportent son demi-frère. Contrairement à toi, dans ta grande époque de baby-sitting, l’effet est instantané et le bébé cesse de geindre dans la seconde. Forcément : il a été capturé et emmené loin de chez lui !

Petite, j’étais très jalouse de mon frère. Il était beaucoup plus mignon que moi au même âge, avec ses grandes oreilles et ses yeux bleu pastel. En plus, née par césarienne, j’ai hérité d’un splendide coup de scalpel sur le front, qui m’a filé presque instantanément une cicatrice et un superbe pansement sur le crâne.

Harry Potter, c’est moi.

Comme parfois, j’avais bien envie d’enfermer mon frangin au fin fond d’un manoir pour ne plus jamais avoir affaire à ses bavoirs sales, j’ai aussi prononcé ces mots. Dix, vingt, trente fois. Mais les Gobelins, ces feignasses, n’en ont jamais voulu.

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Que de la gueule. 

2. Bibidi Bobidi Bou

Un des premiers trucs que m’a appris Labyrinthe, c’est qu’il ne faut pas se fier aux bouquins et aux Disney à base de baguettes magiques et de paillettes.

Les fées sont des connasses.

La preuve : avant que Sarah pénètre ne dans le labyrinthe, elle rencontre Hoggle, un nain aux airs de Patrick Sébastien flétri, en train de pulvériser de petites créatures volantes. La jeune fille s’offusque et en ramasse une… qui lui bouffe le doigt en guise de remerciements. Conclusion : elles ne viennent pas en paix.

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Qui n’a pas eu sa dose de citronnelle ?

3. L’amour n’a pas de loi (oh non, non)*

Plus jeune, j’avais une fâcheuse tendance à tomber amoureuse de tout, et surtout de n’importe quoi. Parfois, il suffisait qu’un être vivant possède deux yeux pour que je décide subitement de me noyer à l’intérieur. Ce fut le cas avec cette scène.

Alors que Sarah se retrouve seule, elle est rejointe par une bande de créatures poilues capables de s’arracher la tête pour en faire des ballons de rugby. Si celles-ci étaient censées mettre mal à l’aise ou même effrayer le/la spectateur•trice, j’ai toujours éprouvé beaucoup plus que de la sympathie pour la première bête qui fait irruption à l’écran.

C’est pas donné à tout le monde de faire du feu avec son index, quand même. 

En plus de me faire danser comme un lombric sur le tapis de mon salon, je frétillais à l’idée de pouvoir un jour croiser pareille chose dans la forêt derrière chez moi.

Bref, à sept ans, mon prince charmant ressemblait à une chauve-souris de l’Enfer coincée dans une prise. Comme quoi, le physique, ça fait pas tout.

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4. Petit tuto pour meurtrier

Dans une scène du film, Sarah doit choisir une porte à emprunter. L’une d’entre elles n’entend rien tandis que l’autre ne peut pas parler. Pour comprendre ce qu’elle a à dire, Sarah lui enlève l’anneau qu’elle a dans la bouche et qui l’empêche d’articuler.

Après une discussion à base de « — C’est bien par là qu’il faut aller ? — J’sais pas j’entends rien », elle doit forcer la porte à remettre l’anneau dans sa bouche. Celle-ci refuse, forcément.

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Y en a qui ont pas bien compris le principe du piercing au septum

Du coup, Sarah décide de lui boucher le nez, ce qui l’oblige à ouvrir la bouche après une splendide démonstration d’apnée. Tu veux empoisonner quelqu’un ? Obliger ton/ta pote à goûter une part de ton fameux cheesecake à l’aloe vera ? Jennifer Connelly te fait un tuto DIY.

5. Oui.

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6. Les oubliettes

Comme l’aventure de Sarah ne se passe pas toujours de la meilleure des manières, après avoir été sauvée d’une chute par une forêt de mains, elle décide de s’enfoncer plus bas encore dans les profondeurs du labyrinthe.

Pire idée ever. 

Bref, après avoir fait le mauvais choix, elle se retrouve dans un trou à rats où pourrissent celles et ceux qui se sont perdu•es dans le labyrinthe.

Imagine donc ma fierté, quand, en cours d’histoire, la maîtresse a demandé où on enfermait les malotrus au Moyen Âge. J’ai levé la main bien haut en criant, à moitié debout sur ma chaise :

« LES OUBLIETTES ! »

Regards admiratifs et silence religieux. Mon heure de gloire quoi.

7. Petite leçon de vie

Dans la vie, il faut parfois se lancer. Un peu dans le vide, souvent vers l’inconnu, toujours sans certitudes. Bref, se sortir les doigts du cul.

C’est ce qui arrive à Sarah quand elle se rend compte qu’elle a réellement envoyé un bébé en plein rite d’initiation dans un pays imaginaire. Lorsque Jareth lui lance le défi, on la sent passer par plusieurs étapes :

  • « Bon fock, je rentre à ma maison. »
  • « En même temps, c’est moi qu’ai fait de la merde. Et puis belle-maman avait fait son joli brushing. J’ai tout niqué sa soirée. »
  • « Bon ben je me lance alors. »
  • « Let Go (comme le premier album d’Avril Lavigne). »

C’est alors qu’elle lance « C’est le premier pas qui compte ». Rappelle-toi-en lors de ta prochaine session de 3×500 mètres pour le bac.

8. Ce n’est pas parce qu’un homme te veut qu’il a un quelconque pouvoir sur toi

Au fond, le véritable problème de Sarah, c’est que Jareth a non seulement l’âge d’être son grand-oncle un peu chelou, mais qu’en plus, il souhaite l’épouser.

Pour l’attirer, il lui propose de belles robes, des diamants et de jolis bals costumés. Il promet de lui offrir tout ce qu’elle souhaite, en échange de quoi ? Son pouvoir et son autorité absolue sur elle.

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Pour se débarrasser de son emprise, elle récite une réplique de la pièce de théâtre qu’elle répétait au début du film. C’est d’ailleurs la dernière qu’elle prononce, qui scelle le film et met fin au contrôle de Jareth :

« Vous n’avez aucun pouvoir sur moi. »

Ça a le mérite d’être clair (et d’être appris par cœur).

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Et toi, quelles sont les scènes qui t’ont marqué•e dans ce splendide chef-d’œuvre du kitsch ? 

*Pitié, dis-moi que tu as la ref.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lullaby84
    Lullaby84, Le 14 juillet 2016 à 12h29

    Labyrinth ! :loveeyes: J'adore ce film ! Et Dark Crystal aussi ! Je les ai vus adulte, mais quel enchantement ! Merci d'en parler ici !
    Pour la petite histoire derrière l'histoire, dans Dark Crystal Brian Froud faisait les concept art et Wendy Midener fabriquait les marionnettes. Ils se sont ainsi rencontrés sur le plateau. Dans Labyrinth, ils ont à nouveau bossé ensemble mais cette fois en tant que mari et femme ! Comme j'adore leur travail (c'est ce qui m'a menée aux films, à la base), je trouve cette histoire trop mignonne ! :puppyeyes:
    J'ai vu aussi que pour les 30 ans du film un jeu allait sortir :gnih:

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