Guillaume Meurice en reportage au jardin d’enfants genré à Puteaux, en France

Par  |  | 64 Commentaires

Un jardin d'enfants nettement séparé entre le rose et le bleu, ça vous surprend ? C'est pourtant une réalité, à Puteaux, en France, et en 2018.

Guillaume Meurice en reportage au jardin d’enfants genré à Puteaux, en France© Christophe Grébert

Mise à jour du 17 mai

Récemment, je vous parlais d’un jardin d’enfants « bleu et chevaliers » d’un côté, « rose et princesses » de l’autre (lire ci-dessous).

Le chroniqueur Guillaume Meurice est parti en reportage et a interviewé des habitant·es de Puteaux, où se trouve ce parc, qui semblent à l’aise avec l’idée d’une séparation filles/garçons…

Enfin, jusqu’à ce qu’il les mette face à leurs contradictions !

Merci à Lafeemandarine qui a partagé cette chronique dans les commentaires

Un jardin d’enfants genré qui sépare filles et garçons

Le 2 mai 2018

Le marketing genré, c’est vraiment une saleté.

Vous savez, c’est ce type de communication qui force à croire que le rose, les princesses et les fleurs c’est pour les filles, le bleu, les chevaliers et les voitures pour les garçons.

Explications en images (abonne-toi !)

Ça commence à faire un paquet d’années que la société débat du marketing genré et de son utilité, comme vous pouvez le voir sur notre rubrique dédiée.

Mais comme le veut le slogan de manif, parfois, on fait « un pas en avant, deux pas en arrière »…

C’est à Puteaux, en Île-de-France, que ce jardin d’enfants a vu le jour.

D’un côté, des jeux roses, avec une fresque représentant une couronne et deux baguettes magiques.

De l’autre, des jeux bleus (détail pas si anodin, le toboggan est ici plus haut !), avec une fresque représentant deux chevaliers à l’orée d’une joute.

Christophe Grébert, journaliste et élu municipal, a signalé l’existence de drôle de ce jardin d’enfants sur son blog Mon Puteaux.

© Christophe Grébert

L’élu m’explique que le jardin a été rénové et qu’il a pris cette apparence à l’issue de longs travaux. Il observe :

« Au sujet de ce parc, baptisé Jardin Secret, ce qui lui va bien, il n’y a pas eu de communication, ni dans le journal municipal ni au conseil municipal, ce qui est inhabituel.

De plus, il est protégé par un grand mur, et donc invisible depuis la rue. »

À la base, Christophe Grébert s’est rendu au Jardin Secret sans arrière-pensée, simplement pour découvrir l’issue du chantier. Ce n’est qu’en prenant ses photos qu’il a pris conscience de la dichotomie genrée.

Un garçon jouait dans la partie rose, accompagné de sa mère, et pour une bonne raison : il n’y a aucun arbre dans ce parc ! Les couleurs importent peu face à l’ombre bienfaisante apportée par le haut mur d’enceinte.

© Christophe Grébert

L’élu de l’opposition n’est pas plus surpris que ça. Il m’explique :

« C’est une forme de division entre les filles et les garçons qui n’est pas nouvelle à Puteaux. En 2014, je parlais déjà du fait que la mairie distribuait des cartables roses aux filles, et bleus aux garçons. »

En plus de la couleur, des fournitures différentes. Crée tes bijoux VS Construis ton robot

Distribution des fournitures scolaires par la mairie: #Gender pr #NotGender :((

A post shared by DocShadok (@docshadok) on

Les enfants et le marketing genré

En 2014, la mairie de Puteaux avait argué que « rien n’empêche un petit garçon de demander un cartable rose, ni une fille un cartable bleu ».

CERTES. Tout comme, dans le Jardin Secret, les enfants peuvent jouer où ils veulent, et aucun panneau n’indique « zone filles » ou « zone garçons ».

Christophe Grébert s’inquiète, cependant :

« Comme je l’ai vu, je pense que les petits enfants s’en fichent, du rose et du bleu. Mais ça ne sera pas forcément le cas pour des plus grands.

Que cette séparation ait été réfléchie ou « improvisée », je conçois mal qu’on puisse diviser un espace de jeu entre bleu et rose… je ne vois pas dans quel cas on peut se dire que c’est une bonne idée. »

À lire aussi : Le petit garçon qui voulait une poupée, le marketing genré et le danger des stéréotypes

Les enfants sont sensibles à la pression sociale, que ce soit l’envie d’avoir des objets et vêtements de marques, le besoin d’appartenance à un groupe, ou le marketing genré.

Ce n’est pas en les séparant dans les aires de jeux qu’on fera avancer l’égalité…

J’espère que les garçons peureux ne craindront pas d’aller faire le petit toboggan rose, et que les filles casse-cou conquerront le petit bleu.

Parce que tout le monde peut être chevalier·e ou prince·sse, non mais !

À lire aussi : Les garçons aussi peuvent être « princesse d’un jour » à Disneyland, maintenant !

8 surprises autour de l'apéro
choisies par Mymy & Charlie et valant + de 50€
18.90€ + livraison

Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

Tous ses articles

Commentaires
  • Lioncourt
    Lioncourt, Le 23 mai 2018 à 12h45

    Meurice je l'aime <3 Il y a sa chronique "les jouets des filles et des garçons" qu'est une de mes préférées dans le même registre.
    Et j'ai vu sa chronique avant ton article et je ne pensais pas que c'était à se point séparé les 2 espaces. >_<
    Mais je garde la foi, l'autre jour sur une aire d'autoroute j'ai vu des livres pour enfant avec des petites filles qui voulaient devenir médecin ou astronaute. Alors que bon les sections bouquins ne sont pas les plus fournies. Avec ma cousine on était épatées! .

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!