Interview d’Olivia, militante pour Debout la République

Jusqu’au premier tour de la présidentielle, nous allons rencontrer des jeunes militantes engagées auprès d’un parti politique dans la course à l’Elysée. Aujourd'hui, nous vous proposons de lire l'interview d'Olivia, qui milite au sein de Debout la République dont le leader est Nicolas Dupont-Aignan.

Interview d’Olivia, militante pour Debout la République

(Source image : la page Facebook de Nicolas Dupont-Aignan)

Debout la République et Nicolas Dupont-Aignan

Debout la République est un parti qui se revendique du gaullisme social. Souffrant d’une sous-médiatisation – qui tend à s’améliorer avec le respect du temps de parole de chaque candidat, le parti est assez méconnu et parfois même présenté comme vieillot (premier pied de nez à ce cliché : le QG était rempli de jeunes militants quand je m’y suis rendue pour rencontrer Olivia). Son leader, l’énarque Nicolas Dupont-Aignan, prône entre bien d’autres choses la sortie de l’euro et le rétablissement du contrôle aux frontières, avance l’idée de la nécessité d’un « protectionnisme intelligent » et se pose en défenseur du service public.

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L’interview d’Olivia

Olivia est étudiante à l’Ecole Nationale d’assurances. Originaire de Nice, elle ne vit à Paris que depuis septembre dernier. À seulement 23 ans, elle a déjà quatre ans de militantisme derrière elle. Pourquoi a-t-elle choisi de s’engager activement aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan, qu’est-ce qui la retient dans ce parti, et quels sont les sujets qui la touchent le plus : elle a accepté de répondre à toutes mes questions.

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Raconte-nous un peu ton parcours de militante…

[rightquote]J’ai tout de suite vu que c’était quelqu’un d’intègre, qu’il était dans la politique non pas pour accéder au pouvoir mais pour faire changer les choses.[/rightquote]J’ai commencé à militer en 2008, j’avais à peine la majorité. Je suis allée naturellement vers Nicolas Dupont-Aignan en fait ; je me suis intéressée à son programme avant de me rendre à un meeting qu’il faisait à Nice. J’y étais allée pour voir l’homme, parce que je pense que derrière un programme, il y a toujours un homme, même si c’est évidemment le programme qui prime. J’ai tout de suite vu que c’était quelqu’un d’intègre, qu’il était dans la politique non pas pour accéder au pouvoir mais pour faire changer les choses. Ça m’a convaincue. J’ai commencé à m’engager pour le parti dans ma circonscription (j’ai fait du tractage, des réunions, j’ai travaillé pour le faire connaître, parce qu’au final il y a quand même un déficit de médias depuis plusieurs années qui va être rattrapé, je l’espère, avec l’égalité du temps de parole).

Depuis que je suis arrivée à Paris, mon militantisme a changé dans le sens où je suis désormais beaucoup plus proche du QG. On est vraiment au coeur de la campagne et mon aide est totalement différente ; j’ai contribué par exemple à trouver les parrainages en faisant beaucoup de phoning. Aujourd’hui, j’aide entre autres à l’organisation des évènements, je mets des dossiers sous pli, je distribue des tracts et je continue à faire du phoning dès que mes études et mon stage me le permettent. Quand j’ai du temps libre, je viens ici, au QG et je demande en quoi je peux aider. Il y a toujours quelque chose à faire.

Tu as décidé de t’engager politiquement très jeune : comment expliques-tu ce besoin de militer ?

À la base, j’entendais beaucoup parler de politique chez moi : mes parents regardaient toujours les débats, suivaient la politique de près… On peut dire que j’ai baigné là-dedans. Ensuite, il y a eu une prise de conscience : je me suis rendu compte qu’au final, ça faisait 30 ans qu’on nous servait la même politique. Personnellement, j’ai eu de la chance mais je voyais plein de jeunes qui galéraient vraiment, et je me suis dit : « c’est pas possible ».

[rightquote]Je me suis dit « au lieu de critiquer, de te plaindre et de ne rien faire, sois dans l’action ».[/rightquote]Il y a bien sûr des facteurs personnels pour que certains galèrent autant, mais il y a aussi des facteurs économiques et politiques. En voyant que leur quotidien (et le mien aussi, indirectement) était lugubre, j’ai flippé. C’est là que je me suis dit « au lieu de critiquer, de te plaindre et de ne rien faire, sois dans l’action ». Et je me suis rendu compte que c’était le seul moyen de faire bouger les choses. Ensuite, il y a aussi l’adrénaline personnelle qui rentre en compte : quand on voit qu’on réussit à réunir 708 parrainages, alors que personne ne croyait en notre candidature, c’est motivant.

Mais alors avant de décider de t’engager aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan, j’imagine que tu t’es penchée sur les autres partis…

Oui bien sûr ; déjà, il n’était pas candidat la première fois que j’ai voté (à la Présidentielle de 2007)… Tu voulais savoir où je me situais politiquement avant, c’est ça ?

[rightquote]Clairement, au premier tour en 2007, j’ai voté Bayrou. Donc je voulais que ce soit ni l’UMP, ni le PS.[/rightquote]Si ça ne te pose pas de problème…

Clairement, au premier tour en 2007, j’ai voté Bayrou. Donc je voulais que ce soit ni l’UMP, ni le PS. Je n’étais pas vraiment convaincue par François Bayrou, mais il représentait une sorte de nouveauté – ça n’a pas duré bien longtemps. J’ai voté pour celui qui me semblait le moins catastrophique pour moi, mais pas par conviction. Donc voilà, mes tendances à la base, c’était plutôt ça. Et ce n’est qu’après que j’ai trouvé un candidat qui représentait toutes mes idées : Nicolas Dupont-Aignan.

Est-ce que tu as déjà entendu des critiques par rapport au choix que tu avais fait ?

Mon choix n’a jamais été critiqué, mais il intrigue. On ne m’a jamais dit par exemple « Toi, t’es de droite » car mon entourage a compris que Debout la République était au-delà des clivages. Les amis de gauche de ma coloc, petit à petit, me parlent de Dupont-Aignan et tout le monde en dit du bien, au final. Ils me disent qu’il est respectable, que c’est le candidat le plus proche des idées gaullistes, qu’il a des idées claires. On m’a même dit récemment « Tiens j’ai vu ton candidat sur TF1, et c’est le premier qui propose un programme qui change vraiment ». Après, les gens votent ce qu’ils veulent, mais en tout cas personne ne critique le choix que j’ai fait. Et au contraire, plus mes proches l’entendent, plus ils le voient, plus ils comprennent mon choix.

Le parti revendique « une certaine idée de la France ». Est-ce que tu peux nous expliquer quelle est cette idée de la France, justement ?

[rightquote]Pour moi, cette idée de la France commence par le rassemblement. En tant que femmes, on est concernées par ce genre de démarche.[/rightquote]Pour moi, cette idée de la France commence par le rassemblement. En tant que femmes, on est concernées par ce genre de démarche. On ne veut pas qu’il y ait de discrimination, d’exclusion, on rencontre certains problèmes en société, comme l’inégalité salariale. C’est une des choses qui me choquent le plus. À capacités égales, salaire égal, ça paraît logique. D’ailleurs Nicolas Dupont-Aignan a fait sept propositions pour changer la vie des femmes au quotidien. Cette idée de la France commence donc par le rassemblement, ce qui inclut : pas de discrimination, pas de différenciation entre hommes et femmes, entre les gens d’origines ou de religions différentes… C’est vraiment quelque chose qui me tient à coeur.

Ensuite, il y a aussi la notion de « rayonnement de la France ». En France, on est capables de plein de choses, on n’est pas en voie de développement ou en sous-développement, on a quand même une certaine chance. Une chance que l’on n’exploite pas assez, pour moi, et ça a des conséquences économiques assez importantes. On ne rayonne plus par exemple au niveau technologique : on est complètement en retard à ce niveau. On n’investit pas dans les bons domaines.

Pour moi aussi, une certaine idée de la France, c’est anticiper. Et Nicolas Dupont-Aignan a par exemple anticipé le problème avec la loi Hadopi en proposant de mettre en place une licence globale (ce mécanisme permettrait d’autoriser le téléchargement en rémunérant les auteurs via un prélèvement sur les fournisseurs d’accès). Ça fait très longtemps qu’il lutte contre ça et qu’il défend la liberté du Net. C’est quand même hallucinant de voir que nos dirigeants essaient de mettre en place des lois pour censurer la liberté d’expression sur le Net (cf l’Acta). C’est quand même fou que ça arrive maintenant, au 21ème siècle.

À titre personnel, quels sont les points du programme de DLR qui te touchent le plus ?

[rightquote] Vu l’état actuel de la France, il n’y a qu’une solution pour nous, et c’est le « protectionnisme raisonné ». [/rightquote]Il va y avoir par exemple le « protectionnisme intelligent ». Je précise que par « intelligent », on entend par là qu’on n’a pas envie de se refermer sur nous-même, au contraire : la France doit rayonner. Vu l’état actuel de la France, il n’y a qu’une solution pour nous, et c’est le « protectionnisme raisonné ». Selon moi, cette mesure est phare et elle me touche, parce qu’elle touche à l’économie. Et si elle touche à l’économie, elle a un impact sur le salaire du Français, sur ce qu’on a dans l’assiette à la fin du mois, et sur plein d’autres choses.

L’intérêt serait de rétablir un minimum de frontières pour ne pas être en concurrence avec des pays comme la Chine qui ne travaillent pas sur le même modèle que nous, ce qui tente certaines sociétés à délocaliser. Le but serait donc de convaincre les employeurs de relocaliser (NDA a entre autres proposé de faire profiter les PME d’une réduction de l’impôt sur les sociétés en cas de réinvestissement de bénéfices en France). Ça me touche parce que si on arrive à faire baisser le chômage, je pense que l’état d’esprit général des Français changera, et même les jeunes seront moins stressés par leur avenir. Ce projet ne relève pas seulement de l’économie, mais aussi du social et c’est pour ça qu’il est aussi important pour moi.

Un autre point qui me touche, c’est ce que Nicolas Dupont-Aignan veut faire par rapport à l’Éducation Nationale ; on a des profs qui se retrouvent dans des situations assez critiques avec des classes surchargées. C’est plus possible. Les élèves sont déconcentrés, les profs ne peuvent plus gérer… Nicolas Dupont-Aignan a des réformes simples, qui vont aussi passer par des réformes au niveau des programmes. C’est vrai qu’on a un problème au niveau du français, des maths, de l’histoire. C’est vrai aussi que parfois, certains élèves arrivent en 6ème sans maîtriser la lecture et l’écriture.

[rightquote]Nicolas Dupont-Aignan propose de mettre en place de plus petits groupes et de se concentrer sur un petit nombre de matières essentielles.[/rightquote]Nicolas Dupont-Aignan propose de mettre en place de plus petits groupes et de se concentrer sur un petit nombre de matières essentielles notamment à l’école primaire en focalisant principalement le travail sur les mathématiques, le français et l’histoire par exemple. Je pense qu’il vaut mieux se concentrer sur des bases et ne réellement développer d’autres matières qu’une fois que ces bases sont acquises. Actuellement, on veut tout nous faire faire « un peu ». Et au final, on ne fait rien de bien.

À tes yeux, est-ce qu’être militante, c’est adhérer à toutes les idées du parti que tu soutiens ?

Non : on adhère aux grandes idées, aux grandes lignes, à un programme, à des choses concrètes, à des choses techniques, à une philosophie… On adhère aussi à un homme. Mais de là à dire que je suis toujours d’accord avec ce que Nicolas Dupont-Aignan dit, non. Je pense que ça serait même malsain d’en arriver là. Ca voudrait dire qu’on n’a plus de recul. Si un jour j’arrive à ce stade là, je pense qu’il faudra que j’arrête.

À ce sujet, y a t-il des points du programme avec lesquels tu n’es pas d’accord ?

Globalement, non. Je peux en revanche parfois émettre des réserves sur une façon de dire les choses. Là, comme ça, y a rien qui me vient, j’en vois pas. Non la seule chose qui me vient tout de suite, ce serait plutôt par rapport à des interventions télévisées. Il y a eu des jours où je me suis dit « Aaah, mais il aurait dû être comme ça, il aurait dû dire ça ! ». Si je devais te donner un exemple, ce serait peut-être lors de son deuxième passage dans On n’est pas couchés sur France 2 : la première fois, je l’avais trouvé génial, et la deuxième fois, j’ai trouvé qu’il avait mis environ 5 minutes pour l’être et que c’était dommage.

As-tu des projets d’avenir en politique ou préférerais-tu que ça reste quelque chose que tu fais en parallèle de tes études et de ton futur métier ?

[rightquote]Le jour où je commence à réfléchir en termes d’objectifs personnels, je pense que j’arrête.[/rightquote]Je crois que si ça m’arrive, je prends la fuite en courant ! Le jour où je commence à réfléchir en termes d’objectifs personnels, je pense que j’arrête. Par contre, imaginons que demain, je fais un travail de bénévole qui fait qu’on va me dire « C’est super, t’es compétente, est-ce que tu voudrais devenir ci ou ça ? ». Dans ce cas, je pourrais dire oui, parce que ce serait naturel. Si on me tend une occasion, je la prendrais, mais je n’irai pas la chercher. Parce que je ne veux pas perdre mon but premier et faire passer mes objectifs personnels avant mes idées politiques. Je pense que ça deviendrait malsain.

Dernière question : tu as quelques secondes pour convaincre les madmoiZelles qui seraient tentées de voter pour Nicolas Dupont-Aignan mais qui hésiteraient (par rapport au vote utile ou autres).

Premièrement, si c’est possible géographiquement, je leur dirais de venir à un meeting de Nicolas Dupont-Aignan parce qu’il se passe vraiment quelque chose à chaque fois qu’il en fait un. Et deuxièmement, ça fait trente ans qu’on nous parle de vote utile avec l’UMP et le PS principalement, et je pense qu’on arrive à un stade où le vote utile, ce n’est pas revoter pour les gens qui ont mis le pays dans cet état. On peut pas être pyromane et pompier à la fois. Donc le vote utile, pour moi, c’est de voter pour NDA.

Encore merci à Olivia !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lux[Anne]
    Lux[Anne], Le 11 avril 2012 à 15h19

    Else Montgomery;3058602
    Pour ce qui est des impôts:
    IMPOTS : PLUS DE JUSTICE FISCALE
    Lutter contre les gaspillages. Nicolas Dupont-Aignan veut une réduction drastique des niches fiscales et introduire le prélèvement à la source pour simplifier l?administration de l?impôt et lutter contre la fraude.
    Parmi les niches fiscales les plus grosses il y a quand même :

    la TVA réduite pour des travaux de particuliers, créée en 2003 par Francis Mer, coûte 5 milliards d'euros ;
    le crédit d'impôt à la recherche, qui finance les entreprises pour leur dépenses de développement coûte 4 milliards d'euros ;
    la prime pour l'emploi créée en 2001 par Lionel Jospin, coûte 3,2 milliards et touche 8,7 millions de Français ;
    l'emploi d'un salarié à domicile (deux catégories suivant le statut des bénéficiaires actifs ou non), coûte au total 2,9 milliards ;
    les investissements dans l'immobilier locatif (lois Robien et Besson) coûtent plus de 80 millions d'euros ;

    Et il y a aussi les niches Prêt pour la Résidence Principale (RP) et Equipement écologique dans l?habitation, et aussi une série d'exonérations pour diverses prestations familiales et allocations (emploi d'une assistante maternelle, allocation de garde d'enfant à domicile, allocation adulte handicapé...), qui coûte 1,6 milliard d'euros, l'attribution d'une demi-part supplémentaire aux personnes vivant seules avec enfants (depuis 2009, cette niche, d'un coût de 1,44 milliard, est limitée aux personnes vivant seules depuis cinq ans), ou encore l'exonération pour les personnes âgées, handicapées ou de condition modeste (1,3 milliard)

    Donc bon, faut pas jeter toutes les niches fiscales non plus, ça serait bien qu'il précise

    (Sources LeMonde et Wikipédia)

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