De jeunes hommes qui n’aiment pas le porno expliquent pourquoi

« Tous les mecs aiment le porno »... Tous ? Non ! Car aucun fantasme n'est commun à tout un genre. Plusieurs jeunes hommes expliquent ce qui les rebute dans le X.

De jeunes hommes qui n’aiment pas le porno expliquent pourquoi

Tous les mecs aiment le porno, et ceux qui n’aiment pas le porno, ce sont des menteurs.

Voici un mantra qu’on m’a répété toute mon adolescence, et une bonne partie de ma vie d’adulte. Le porno, c’est par les mecs, pour les mecs, et ça marche sur tous les mecs.

Spoiler : c’était un mensonge. Car rien ne marche pour « L’ENTIÈRETÉ D’UNE POPULATION-TYPE », surtout pas en matière de sexualité !

Les hommes n’aiment pas tous le porno

En grandissant, j’ai compris que les hommes ne viennent pas de Mars, que je ne viens pas de Vénus, qu’on est tous et toutes sur Terre et que ça serait chouette qu’on se comprenne un peu mieux.

J’ai vite appris que pas mal de femmes appréciaient les films de boules, même ce qu’on appelle le « porno mainstream ».

Certes, il est considéré comme produit par et pour des hommes hétéro, mais il n’empêche qu’un coït filmé, ça excite pas mal de monde, au final, tous genres confondus.

J’ai mis un peu plus de temps à apprendre que pas mal d’hommes n’aiment pas le porno. Pourtant c’est totalement logique, mais écoutez, parfois je suis longue à la détente !

MEL Magazine a interviewé plusieurs hommes ayant la vingtaine, qui expliquent pourquoi ils n’aiment pas le porno. Et leurs raisons sont assez variées.

Ne pas aimer le porno parce qu’on préfère son imagination

Parfois, c’est parce qu’ils lui préfèrent leur imagination, sans limites, sans frontières, sans angles de caméra foireux ni pratique qui leur déplaît.

Et je le comprends : je me sers principalement de ma capacité à créer toutes les situations, scénarios et participants qui m’excitent !

Même la galaxie de vidéos porno disponibles ne peut se mesurer à l’étendue de ma créativité.

Ivan, dans mon podcast sur la masculinité The Boys Club, explique lui aussi que son imagination est bien plus intéressante qu’une banale vidéo.

Ne pas aimer le porno parce qu’on ne veut pas voir de pénis

Plus que les angles de caméra foireux… un trentenaire explique que ce qui le bloque, ce sont les gros plans sur le pénis et/ou les testicules de l’acteur porno !

« Ça me sort totalement du moment. Je n’ai rien contre les corps masculins, mais je ne veux pas en voir quand j’essaie de kiffer, surtout parce que les mecs dans les porno sont si chelou…

Pourquoi est-ce qu’ils portent des lunettes de soleil à l’intérieur ? Pourquoi aurais-je envie de voir le pénis d’un homme avec un tatouage au nombril et qui porte des lunettes aviateur à l’intérieur ? »

Ne pas aimer le porno parce qu’on a de l’empathie

Ce même trentenaire explique qu’il se retrouve à projeter ses propres pensées et angoisses sur les contenus qu’il regarde.

Le porno est loin d’être toujours produit de manière éthique, malheureusement. Savoir à quel point une personne consent aux actes qu’elle fait dans un cadre rémunéré, ce n’est pas aisé…

« Est-ce qu’elles font ça parce qu’elles sont dans une situation désespérée ? Est-ce que tout le monde a vraiment consenti ?

Est-ce qu’elles se dissocient dans leur tête pour tenir le coup, comme je le ferais si j’étais à leur place ? »

Des interrogations pleines d’empathie qui viennent vite entraver le chemin vers le plaisir.

Pour pallier ce blocage, il est possible si on le souhaite de se tourner vers ce qu’on appelle le porno féministe, généralement produit dans de meilleures conditions et avec plus de diversité.

J’insiste sur « si on le souhaite », car cet homme conclut ainsi :

« Je suis sûre qu’il existe du porno de meilleure qualité quelque part.

Mais au final c’est plus simple de compter sur mon imagination que de naviguer parmi des centaines de vidéos pour en trouver une où le désir semble authentique ET qui me met un minimum de cul masculin sous le nez. »

Ne pas aimer le porno parce qu’il est source de complexes

Un autre homme explique que s’il n’aime pas le porno, c’est parce que ça lui file des complexes !

Lui qui est plutôt petit et menu ne se reconnaît pas dans les acteurs souvent musclés, bronzés, ultra-virils, aux pénis énormes. Et ça le travaille.

Il ne peut s’empêcher de se comparer, et de se sentir moins bien, moins désirable. Ce qui fait fuir toute potentielle érection.

Ne pas aimer le porno parce que c’est irréaliste

Le porno, ce n’est pas la vraie vie. On ne le répètera jamais assez — car les gens manquent encore d’éducation sexuelle, et trop souvent le seul exemple de sexe qu’ils ont, c’est le X.

Le porno, c’est du fantasme, de la fiction, et des contraintes techniques. Combien de positions n’existent que parce qu’elles permettent à la caméra de se rapprocher idéalement des muqueuses…

Un participant regrette :

« Ça réduit l’expérience sensorielle qu’est le sexe à des gros plans de morceaux de corps en train de baiser.

Ça peut être chouette à voir parfois, mais ça ignore tout ce qui fait que le sexe est agréable.

Quid des baisers, des contacts visuels, des mains, des odeurs, du contexte qui fait que toutes ces choses-là sont excitantes ? »

Même le porno le plus « amateur » et réaliste possible ne peut pas se comparer à une réelle expérience de désir et de plaisir partagé. Alors à quoi bon regarder ce qu’un des hommes appelle « une caricature du sexe » ?

De plus, si le porno se substitue à une réelle éducation à la sexualité et au consentement, cela peut avoir des conséquences désastreuses.

Un homme explique avoir voulu tester un « move » que les actrices X semblaient apprécier… passer directement du vagin à l’anus, sans préavis ni préparation.

Sa partenaire, au lieu de gémir de plaisir, a bien évidemment crié de douleur et même saigné. Lui s’en est voulu à mort, et n’a plus jamais regardé de porno.

Ne pas aimer le porno car il nous fait du mal

Le sujet de l’addiction au porno est régulièrement discuté. Sans parler d’addiction au sens physiologique du terme, consommer trop de X peut modifier notre perception du sexe.

Un anonyme explique :

« Ça a commencé à me baiser la tête, à rendre le sexe impersonnel. Je me suis mis à voir les femmes comme des objets, et ça se répercutait dans ma vie sexuelle.

Je voulais juste jouir le plus vite possible. M’enfoncer et pilonner. »

Là encore, regarder du porno différent, plus axé sur la sensualité, peut être une solution.

Mais quand on a l’impression que ses pratiques masturbatoires ont un effet néfaste, il peut être intéressant d’abandonner son support de fantasmes habituel.

Ne pas aimer le porno, ce n’est pas grave

Après ces témoignages très intéressants, il me semble important de le rappeler : ne pas aimer le porno, ce n’est pas grave, ce n’est pas anormal.

Certaines personnes n’apprécient pas un stimuli visuel sur un support numérique, et c’est tout à fait leur droit !

Que le porno audio, la littérature érotique, les dessins de fesses ou leur propre imagination leur suffise, voire qu’elles ne se masturbent pas du tout, tant qu’elles se sentent bien, il n’y a aucun problème.

Et toi, c’est quoi ton rapport au porno ? Tu connais des mecs qui n’aiment pas ça ? Ça te semble surprenant ?

À lire aussi : 5 trucs « vus dans les porno » que plein de meufs aimeraient ne plus vivre au lit

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Cépamoi
    Cépamoi, Le 10 février 2019 à 12h30

    @Hilde
    Je m'aperçois que j'ai mal compris ton post. J'ai cru que tu recalais @Rocksteady :happy: (j'ai du mal à interpréter les points de suspension).
    Pour le porno, je ne sais pas. Le doigtage par des ongles super longs par exemple, c'est peut-être plus l'association qu'on fait (les cris de plaisir, la réification qui anonymise notre plusion...), l'aspect fantasmatique plus que le côté réalisable qui joue. Peut-être que ca doit dépendre des personnes et comme je ne suis pas consommatrice de porno, je n'ai pas d'avis plus tranché que ça :happy:
    L'avantage du fantasme est qu'il reste extérieur mais qu'on s'imagine in situ, sans le faire en vrai mais en s'imaginant pouvoir le faire en vrai, que c'est un truc complexe qui peut être réalisable sans nécessairement être crédible (à moins du passage à l'acte, on est dans la pulsion, pas dans la régulation :hesite: )
    Ce post et flou (comme ma gueule de bois :lunette: )

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