Hillary Clinton, femme la plus puissante de l’histoire des États-Unis

Hillary Clinton a quitté ses fonctions de secrétaire d'État, mais a marqué durablement l'histoire américaine par sa force, la puissance de ses convictions et ses compétences. Retour sur une personnalité hors du commun !

Hillary Clinton, femme la plus puissante de l’histoire des États-Unis

Hillary Clinton, femme la plus puissante de l’histoire américaine ? C’est ce qu’affirmait récemment le magazine américain Newsweek en choisissant une photo de l’ancienne sénatrice en couverture. À l’heure où, épuisée, elle s’est résignée à quitter ses fonctions de secrétaire d’État, Hillary méritait bien un article sur madmoiZelle !

Hillary Clinton : rappel de ses faits d’armes

Avant, on se trompait sur l’orthographe de son prénom, maintenant Hillary avec deux « L » est la nouvelle norme. Avant, on l’associait simplement à la catégorie « femme de » ou bien « célébrité cocue ». Désormais, en plus d’être la femme la plus admirée dans le monde (devant Michelle Obama !), elle est désormais la femme la plus importante des États-Unis. Plus encore, à titre personnel, elle est une source d’inspiration pour l’étudiante en relations internationales que je suis, et pour beaucoup de jeunes filles ambitieuses dans le monde, j’en suis persuadée. Qui d’autre peut en effet se vanter d’avoir été première dame, sénatrice et secrétaire d’État ? Un CV qui fait bien des envieuses et des envieux.

Après quatre années épuisantes, Hillary Clinton a donc quitté le Département d’État avec un nombre impressionnant de miles dans les jambes, d’assemblées publiques tenues, de problèmes importants soulignés, de crises internationales désamorcées, de gaffes évitées, ayant gagné l’affection des citoyen-ne-s des États-Unis et du monde entier – jusqu’à en devenir un mème : « Texts from Hillary » !

Elle a en effet redéfini la politique étrangère américaine dans ce qu’on appelle « le pivot vers l’Asie ». En résumé, il s’agit de concentrer les forces américaines vers l’Asie, pôle de puissance démographique et économique. Il s’agit pour les États-Unis d’être « intelligents et pragmatiques » concernant la nouvelle balance du pouvoir sur la scène mondiale : assurer la sécurité de l’Asie Pacifique face à la Chine, qui inquiète ses voisins, dans une région non structurée, concurrentielle et donc instable (batailles pour le contrôle d’îles et de ressources énergétiques en particulier).

Reine de la poker face et globe-trotteuse

Globalement, le pari a été remporté : la rupture avec les années Bush a été consommée et Hillary Clinton est devenue une personnalité internationale charismatique, crédible et respectée. Elle a battu tous les records de nombres de visites officielles et de kilomètres parcourus tout en évitant les gaffes, les dérapages et crises de nerfs, se contentant d’afficher un sourire poli face à ses détracteurs de tous bords.

Les pays visités par Hillary Clinton pendant son mandat de Secrétaire d’État (carte par The Huffington Post)

Bilan positif lorsqu’il s’agit de la défense des droits des femmes et des minorités, en Arabie Saoudite et en Birmanie notamment, mais cela semble bien peu face à ce qu’accomplit Kissinger avec la Chine en son temps. Bien évidemment, Hillary Clinton a gardé ses mains liées par le Président : elle dénonça l’occupation qualifiée « d’illégale » d’une partie de la Géorgie par l’armée russe en 2008, et l’immobilisme face aux prémices des révolutions arabes, mais l’administration Obama recule désormais devant toutes les confrontations sur la scène internationale et se désengage peu à peu dans le monde.

Ceci dit, le nouveau Secrétaire d’État John Kerry ne changera pas ce rapport de force non plus. La politique étrangère américaine restera la prérogative du Président. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la déclaration du journaliste Georges Packer dans le très hipster New Yorker : « En quelques occasions, ses conseils ont contribué à faire pencher la balance (…) mais elle et son ministère n’ont jamais gagné la confiance des politiques. De l’Iran à l’Israël, en passant par la question la non-prolifération des armes nucléaires et des droits de l’homme, le Président a gardé les décisions politiques à l’intérieur de la Maison Blanche, fermement tenues par un petit cercle de conseillers politiques ».

Hillary Clinton : pourquoi lui consacrer un article ?

À mes yeux, Hillary Clinton a ouvert la voie pour toute une génération de jeunes femmes brillantes, en montrant que non seulement une femme est capable d’assumer ce haut poste de responsabilités, mais qu’elle peut aussi le faire avec autant d’envergure et de force morale qu’un homme, voire mieux. Comme le souligne le journaliste de Newsweek Michael Tomasku : « durant les 20 ans qu’elle a passés sur le devant de la scène, le pays a cessé de se demander si les femmes pouvaient gérer les travaux les plus durs, pour finir par savoir qu’elles le peuvent ».

Et l’historien de Columbia Alan Brinkley de souligner que « de toutes les femmes au gouvernement ou dans la politique, Clinton a probablement été la femme la plus importante de la politique américaine – et peut le devenir encore davantage. Elle fut probablement la deuxième personne la plus importante de la Maison Blanche durant la présidence de Bill Clinton. Elle fut un des membres du Sénat les plus importants durant les années Bush. Et elle a été un des Secrétaires d’États les plus puissants depuis John Foster Dulles » (en exercice sous Einsenhower, c’est-à-dire dans les années 50 !).

Alors, quel avenir pour Hillary Clinton ? Beaucoup parlent de sa potentielle candidature en 2016, après l’échec de 2004 face à Obama. À voir donc. Mais même si cela ne se produit pas, Hillary Clinton, tout comme Eleanor Roosevelt auparavant, restera un modèle de femme d’opinions et d’influence.

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