Ils sont jeunes et ils ont quitté la France – Le Petit Reportage

Ils sont jeunes et ils ont quitté la France – Le Petit Reportage
Les Français-es sont de plus en plus nombreu-x-ses à s'expatrier, mais aussi de plus en plus jeunes à boucler leurs valises. Cette semaine, Le Petit Reportage va à leur rencontre et tente de comprendre leurs motivations.

En septembre dernier, une lettre ouverte co-signée par Félix Marquardt, le rappeur Mokless et l’animateur Mouloud Achour exortait les jeunes à oser prendre le large et quitter la France, cette « gérontocratie, ultracentralisée et sclérosée ».

« Comment qualifier autrement, en 2012, une société où une élite de quelques milliers de personnes, dont la moyenne d’âge oscille autour de 60 ans, décide d’à peu près tout » ? se questionnaient alors les trois auteurs.

tumblr lqx21evH2Z1qlfrd1o1 500 Ils sont jeunes et ils ont quitté la France   Le Petit Reportage

Crédits : Rachel Dowda

Publié dans les colonnes du quotidien Libération, l’appel n’avait pas manqué alors de faire du bruit, déliant d’un côté les langues des jeunes qui n’envisagent plus leur avenir en France, surprenant de l’autre les âmes plus patriotes pour lesquelles quitter le pays serait un aveu d’échec.

« Si c’est mieux ailleurs, pourquoi rester ? »

« Je n’ai pas l’impression de devoir quelque chose au pays dans lequel je suis née. Certains appelleront ça de l’ingratitude, pour moi c’est un sentiment de citoyenneté du monde. La France d’aujourd’hui ne me vend aucun rêve. Pourquoi rester ? », explique Lucie, 24 ans, serveuse dans une pizzeria de Melbourne.

Cette dernière décennie, le nombre de Français-es vivant à l’étranger a augmenté de 50%. Officiellement, 1,6 million de Français-es résident hors du pays – statistique qu’il faut au moins multiplier par deux si l’on veut aussi prendre en compte les Français-es non-inscrit-e-s sur les registres des consulats.

Selon l’écrivain français Gaspard Koenig, « une révolution silencieuse est en cours. » Et celui qui est aussi contributeur sur le site d’information Atlantico de préciser qu’à l’heure où les scrutins sont supposés indiquer ce que les Français-es attendent de leur gouvernement, « certains ont déjà voté – avec leurs pieds. […] Moi-même, je suis arrivé à Londres il y a près de 3 ans. La plupart des compatriotes que je croise pensaient vivre une expérience de quelques mois, et sont finalement restés cinq, dix, vingt ans. »

« Aujourd’hui, partir, c’est facile »

Études à l’étranger (mobilité internationale, programme Erasmus, bourses de recherche), envie de nouveauté, perspectives professionnelles, émigration amoureuse… Aujourd’hui, partir à l’étranger ne fait plus peur. Juliette, 25 ans, étudiante en sciences environnementales à Manchester, témoigne : « Les low-cost ont largement permis à notre génération de partir à l’étranger pour pas cher. Ça ne te fait pas seulement découvrir des villes à visiter le temps d’un week-end, mais aussi de potentiels endroits où s’installer. » Selon Thibaut, expatrié en Argentine et étudiant en architecture, « non seulement partir c’est facile, mais allons même jusqu’à dire que rester c’est difficile » : « je pense notamment à ces loyers exorbitants à Paris, une ville que j’aime bien et pourtant, qui continue à me donner l’impression qu’elle ne veut pas de moi. Alors soit : je reviendrai, mais seulement quand j’aurai un salaire décent. En attendant, pourquoi se forcer à vivre dans une chambre de bonne à paris et en avoir pour 300 euros de courses par mois alors que je peux vive de nouvelles aventures sur un autre continent, apprendre beaucoup et en plus de ça, ne même pas m’endetter ? »

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 53% des expatriés ont aujourd’hui moins de 35 ans. Selon les derniers chiffres du Conseil économique, social et environnemental, les Français-es qui vivent hors de nos frontières sont une majorité à être implanté-e-s en Europe occidentale, puisque la Suisse, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique et l’Italie, à eux seuls, en accueillent près de 40%. Mais les expatrié-e-s sont aussi en Amérique du Nord, en Afrique francophone et de plus en plus nombreux dans des régions du monde telles que l’Asie ou l’Europe de l’Est, où ils/elles étaient encore peu nombreu-x-ses avant les années 2000.

Sophie, journaliste dans la presse musicale, raconte : « C’était un vieux rêve – enfin vieux… à l’échelle de mes 26 ans ! Certains se construisent en prenant pour modèle leurs parents, moi c’est l’inverse. Avec tout le respect que je leur dois, j’ai toujours voulu avoir une vie différente de la leur, mariés depuis 30 ans, respectivement médecin et enseignant dans le secondaire. Je sais qu’à leur époque, partir vivre à l’étranger n’était pas un choix répandu. À l’heure où les pays du monde sont de plus en plus interconnectés, je me serais sentie idiote de ne pas partir faire mes armes. Peut-être que je reviendrai un jour en France, mais pour le moment vivre et travailler à Montréal est le meilleur truc qui me soit arrivé. Ceci étant, je me vois bien vieillir en Bretagne, là où j’ai grandi. »

bf17f48e 28cf 11de 94c9 b806e68df628 Ils sont jeunes et ils ont quitté la France   Le Petit Reportage

Ainsi, il serait erroné de réduire l’expatriation à une haine du pays natal. En témoigne Thomas, expatrié par amour : « J’ai rencontré Paulina pendant mon Erasmus à Barcelone, et aujourd’hui on vit tous les deux à Zurich, là où elle travaille. Parfois, Toulouse me manque. Mais si j’y revenais, Paulina me manquerait plus encore », explique le jeune diplômé d’une école de commerce, aujourd’hui à la recherche d’un emploi.

Certains partent pour l’argent, d’autres reviennent pour la passion

Pour autant, certain-e-s expatrié-e-s font du retour au pays un pré-requis à leur départ. C’est le cas de Cécile, qui explique avoir « un devoir presque moral » envers son pays : « Aux yeux de la majorité des expatriés heureux sous les Tropiques, c’est un discours conservateur, patriote voire nationaliste. Mais pour moi, les choses sont claires : si je suis à New-York en ce moment, c’est parce que le poste d’enseignante que j’occupe sera bénéfique à ma carrière ; et même si j’adore la petite vie que je mène ici et mon trois-pièces dans Manhattan, je me jure de retrouver l’Éducation Nationale française dans 3 ans, parce que l’enseignement est encore un vaste chantier en France et que j’ai été formée pour apporter ma pierre à l’édifice. Rester à New York parce que je m’y amuse bien, ce serait un choix égoïste et totalement contraire à l’état d’esprit que j’avais quand j’ai passé le CAPES. »

Pendant ce temps-là, le spectre de la fuite de capitaux ombrage les éditos des rubriques économie. Gaspard Koenig tempère : « Cessons de croire que les émigrés sont mûs par la seule obsession d’échapper à l’impôt. Contrairement à la rengaine [médiatique], l’exil fiscal ne touche qu’une poignée d’ultrariches dotés de coûteux avocats fiscalites, qui ne valent guère la peine qu’on s’intéresse à eux. » Marie, 28 ans, aujourd’hui londonienne, confirme : « Je travaille dans une banque, et je ne paye pas moins d’impôts que si j’avais le même salaire en France. Si j’ai quitté la France, ce n’est pas pour une autre raison que mon emploi. Même si j’avoue avoir été contente de partir au cours du mandat de Sarkozy. Ça ne veut pas dire que je me sens plus en phase avec le gouvernement britannique, mais quelque part, la démarche est nihiliste : aujourd’hui, je ne me sens pas plus anglaise que française, pas moins non plus. Je suis juste dans un autre espace-temps. Posez la question à n’importe quel expatrié, il vous dira la même chose : on ne sait plus à quel territoire on appartient, et parfois, c’est réellement salvateur. »

evaneos voyage 7co e12912156031701 Ils sont jeunes et ils ont quitté la France   Le Petit Reportage

L’envie d’ailleurs

Mais les départs à l’étranger ne sont pas seulement motivés par des contingences professionnelles ou amoureuses. Les coups de cœur pour certains pays sont également moteurs d’envie de fuir la France.

« Je suis passionnée de salsa depuis deux petites années, mais cette activité a pris énormément de place dans mon cœur : j’ai rencontré mon copain à un cours de danse. Depuis, on n’a qu’une seule chose en tête : dès que j’aurais fini mon école de cinéma, on ira vivre en Espagne. Il quittera son job et moi, j’essayerai de me trouver un job en post-prod à Madrid. On est déjà en train d’apprendre à parler espagnol. Toutes les semaines, j’ai des cours de langue et des rendez-vous CouchSurfing avec des hispano-parisiens pour m’entraîner. Ils me parlent en français, moi en espagnol, comme ça tout le monde y trouve son compte ! » explique joyeusement Clotilde.

« Je suis allé à Berlin une fois. C’est là que je me vois continuer mes études d’art, après ma MANAA », raconte Louis, étudiant à l’école de Condé. « Mes parents me trouvent immature quand je dis ça et essayent de me faire changer d’avis, mais c’est comme ça : j’ai clairement l’impression que Berlin est un eldorado artistique de dingue comparé à Paris. Il y a des événements tous les week-ends, plein de galeries à exploiter, plein d’artistes à rencontrer. Pas comme à Paris où le circuit artistique me semble toujours coincé dans les mains des mêmes personnes. »

Finalement, partir, rester ou revenir, l’essentiel semble être de savoir à quel projet de vie on veut adhérer. C’est peut-être là la différence entre fuir, rejoindre, et quitter pour mieux retrouver ? « Barrez-vous parce que rien ne vaut l’ivresse qui vient avec la conscience du monde et de l’autre du voyageur : partir, c’est découvrir qu’on ne pense pas, ne travaille pas, ne communique pas de la même manière à Paris, à Guangzhou ou au Cap. », nous disait la lettre ouverte.

Qu’il s’agisse de Marie qui envisage son expatriation comme le moyen d’être une meilleure prof ou Clotilde qui rêve de vivre son amour ibérique coûte que coûte, chaque départ semble être motivé par des raisons différentes. Seul dénominateur commun – la soif de voir ce qu’il se passe par-delà nos frontières.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Avez-vous quitté la France, ou projetez-vous de le faire ? Où voudriez-vous vous expatrier, et pourquoi ? N’hésitez pas à débattre dans les commentaires !

Tous les articles Actu en France , Dans l'air du temps
Les autres papiers parlant de Amour , Le petit reportage , Métier , Voyage
ça vous a plu ?
partagez !
Big up
L'actu de mad
gratuitement dans vos mails !
a lire également
Plus d'infos ici
Viens apporter ta pierre aux 82 commentaires !

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !

Identifie toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !

  • Traveling
    Traveling, Le lundi 22 avril 2013 à 08h23

    Je suis contente de lire un article assez complet sur l'expatriation des jeunes. Parce que non, on ne part pas tous pour des raisons financieres !

    De mon cote, je suis expatriee depuis trois ans aux Philippines. Ca a commence par 4 mois de stage pour valider ma licence et suite a un veritable coup de coeur pour ce pays, j'ai decide de rester. Resultat, cela fait trois ans que j'y vis.
    Mon coup de coeur n'est pas la seule raison qui m'a pousse a rester ici. La situation en France est telle, que je savais deja a l'epoque que je n'allais pas trouver facilement du travail dans ma branche et la perspective de galerer n'etait pas franchement attirante. Du coup, en restant ici, j'ai trouve facilement du travail et je me forge une super experience de travail et de vie !

    Je ne suis pas contre revenir un jour en France, au contraire ! Le pays en lui-meme ne me manque pas specialement pourtant, mais j'aime mon pays et ca me rend dingue de voir dans quoi on s'embourbe. Mais je ne rentrerai aps en France avant d'avoir des opportunites de travail aussi interessantes que celles que l'on me propose a l'etranger.

  • Ladydaenerys
    Ladydaenerys, Le mercredi 1 mai 2013 à 14h56

    Bonjour, j'ai 16 ans, je suis en première s et je ne sais pas du tout ce que je veux faire comme métier, et étant en première, les professeurs nous bousculent énormément avec les universités, etc.. pour qu'on fasse notre choix très rapidement... Mais je ne sais pas (idées d'études dans le cinéma..), la seule chose que je sais, je voudrais arrêter les études après le bac pour un an, beaucoup me le déconseille.. mais j'ai tellement envie, je ne me sens pas de rester, d'étudier, je voudrais améliorer mon anglais (partir au royaume uni ou australie ou usa si pas trop cher), mais je ne sais pas comment faire... surtout que mes professeurs me diraient de choisir les études... donc je voudrais avoir des conseils sur le fait d'arrêter après le bac et les études, et comment vous avez fait ?..

    Merci pour celles/ceux qui me répondraient ^^ (ce serait urgent ^^) :v:

  • Pinceau_
    Pinceau_, Le dimanche 12 mai 2013 à 00h45

    ladydaenerys;4088564
    Bonjour, j'ai 16 ans, je suis en première s et je ne sais pas du tout ce que je veux faire comme métier, et étant en première, les professeurs nous bousculent énormément avec les universités, etc.. pour qu'on fasse notre choix très rapidement... Mais je ne sais pas (idées d'études dans le cinéma..), la seule chose que je sais, je voudrais arrêter les études après le bac pour un an, beaucoup me le déconseille.. mais j'ai tellement envie, je ne me sens pas de rester, d'étudier, je voudrais améliorer mon anglais (partir au royaume uni ou australie ou usa si pas trop cher), mais je ne sais pas comment faire... surtout que mes professeurs me diraient de choisir les études... donc je voudrais avoir des conseils sur le fait d'arrêter après le bac et les études, et comment vous avez fait ?..

    Merci pour celles/ceux qui me répondraient ^^ (ce serait urgent ^^) :v:

    Coucou !

    Je n'ai pas vraiment fait ça mais bon, je te donne mon avis ;)

    Pour moi si t'as envie de découvrir le monde pendant un an, il vaut mieux que tu le fasses pour être ensuite fraiche et dispose pour commencer tes études sups. Parce que s'imaginer passer un an assise dans un amphi à rêver d'ailleurs... :erf: en +, le fait de partir te permettra sans doute d'affiner ce que tu veux faire dans ta vie, c'est toujours très enrichissant de découvrir des façons de vivre différentes, de travailler, devoir se débrouiller seul aussi... Bref que du positif et comme qui dirait "les voyages forment la jeunesse" !!

    Après, il te faut surement convaincre tes parents, mais ça c'est à toi de formuler pourquoi tu as cette envie de voyage, et aussi à toi de tout faire pour le réalise de façon autonome : jobs pour te faire des sous avant de partir, trouver un job là où tu veux aller, un logement...

    Renseigne toi sur le "woofing" qui consiste (il me semble arrêtez moi si je me trompe) à bosser dans des fermes contre le gîte et le couvert, en gros. Après internet est une mine d'info pour voyager sans y laisser un rein (mais bon, ce sera jamais gratuit, jamais), à toi de faire quelques recherches (tafs de jeune fille au pair par exemple...)

    Mais sinon tu dis que t'es en première ? Donc t'as encore un an avant de choisir ta fac non ? ça te laisse le temps de réunir le budget, de t'organiser...

  • Pandora51
    Pandora51, Le mercredi 29 mai 2013 à 12h49

    J'ai toujours rêvé de m'expatrier parce que les pays d'Europe de l'Est et d'Asie ont l'air tellement plus cool que la France !Il y a aussi l'envie de m'imprégner de nouvelles cultures et ce ,pas seulement pour les vacances .J'adore les langues !
    Ce qui me fait peur c'est l'intégration...Je n'ai jamais été douée pour ça ,même à l'école j'allais vraiment difficilement vers les autres.

  • Louistache Tomlinstache
    Louistache Tomlinstache, Le mercredi 29 mai 2013 à 15h52

    J'avoue que c'est un peu mon rêve de m'expatrier, mais il y a des tas de questions que je me pose.
    Déjà, la barrière de la langue : comment trouver sa place dans un pays dont on ne parle pas ou peu la langue ? Je suppose qu'on peut se débrouiller au quotidien mais sincèrement, c'est possible de trouver du travail si on ne la maîtrise pas parfaitement ? Comment ça se passe au niveau administratif, pour trouver un appartement sur place, pour trouver du travail ? Est-ce qu'il faut chercher avant de s'expatrier ou chercher sur place ? Je suppose aussi qu'il faut un paquet d'argent pour subvenir à ses besoins les premiers mois non ? Comment ça se passe au niveau des Visa ? Est-ce que c'est possible de faire sa vie ailleurs si on a pas beaucoup d'argent de côté / si on ne maîtrise pas totalement la langue / si on est pas bourré de diplômes ?

    Ca m'intrigue tout ça :cretin:

  • Anthrax
    Anthrax, Le mercredi 29 mai 2013 à 16h09

    Je pense que je pourrais pas vivre à l'étranger, j'aime bien trop la suisse et surtout ma ville pour partir vivre loin. Par contre je peux comprendre qu'on veuille se barrer ailleurs et je vais pas m'en plaindre, puisque mon petit ami est un français expatrié :lol:

  • Ladydaenerys
    Ladydaenerys, Le mardi 11 juin 2013 à 12h14

    billboard;4110923
    ladydaenerys;4088564
    Bonjour, j'ai 16 ans, je suis en première s et je ne sais pas du tout ce que je veux faire comme métier, et étant en première, les professeurs nous bousculent énormément avec les universités, etc.. pour qu'on fasse notre choix très rapidement... Mais je ne sais pas (idées d'études dans le cinéma..), la seule chose que je sais, je voudrais arrêter les études après le bac pour un an, beaucoup me le déconseille.. mais j'ai tellement envie, je ne me sens pas de rester, d'étudier, je voudrais améliorer mon anglais (partir au royaume uni ou australie ou usa si pas trop cher), mais je ne sais pas comment faire... surtout que mes professeurs me diraient de choisir les études... donc je voudrais avoir des conseils sur le fait d'arrêter après le bac et les études, et comment vous avez fait ?..

    Merci pour celles/ceux qui me répondraient ^^ (ce serait urgent ^^) :v:

    Coucou !

    Je n'ai pas vraiment fait ça mais bon, je te donne mon avis ;)

    Pour moi si t'as envie de découvrir le monde pendant un an, il vaut mieux que tu le fasses pour être ensuite fraiche et dispose pour commencer tes études sups. Parce que s'imaginer passer un an assise dans un amphi à rêver d'ailleurs... :erf: en +, le fait de partir te permettra sans doute d'affiner ce que tu veux faire dans ta vie, c'est toujours très enrichissant de découvrir des façons de vivre différentes, de travailler, devoir se débrouiller seul aussi... Bref que du positif et comme qui dirait "les voyages forment la jeunesse" !!

    Après, il te faut surement convaincre tes parents, mais ça c'est à toi de formuler pourquoi tu as cette envie de voyage, et aussi à toi de tout faire pour le réalise de façon autonome : jobs pour te faire des sous avant de partir, trouver un job là où tu veux aller, un logement...

    Renseigne toi sur le "woofing" qui consiste (il me semble arrêtez moi si je me trompe) à bosser dans des fermes contre le gîte et le couvert, en gros. Après internet est une mine d'info pour voyager sans y laisser un rein (mais bon, ce sera jamais gratuit, jamais), à toi de faire quelques recherches (tafs de jeune fille au pair par exemple...)

    Mais sinon tu dis que t'es en première ? Donc t'as encore un an avant de choisir ta fac non ? ça te laisse le temps de réunir le budget, de t'organiser...
    Mercii beaucoup ! Pas trop le temps, car si j'ai bien compris il faut déjà avoir son idée pour décembre.. mais tu as raison, je ne me vois pas rester à étudier et rêver ^^ mes parents seraient pour, il faut que je trouve le budget maintenant, en tous cas merci beaucoup :)

  • Clouuu
    Clouuu, Le lundi 1 juillet 2013 à 14h22

    ladydaenerys;4088564
    Bonjour, j'ai 16 ans, je suis en première s et je ne sais pas du tout ce que je veux faire comme métier, et étant en première, les professeurs nous bousculent énormément avec les universités, etc.. pour qu'on fasse notre choix très rapidement... Mais je ne sais pas (idées d'études dans le cinéma..), la seule chose que je sais, je voudrais arrêter les études après le bac pour un an, beaucoup me le déconseille.. mais j'ai tellement envie, je ne me sens pas de rester, d'étudier, je voudrais améliorer mon anglais (partir au royaume uni ou australie ou usa si pas trop cher), mais je ne sais pas comment faire... surtout que mes professeurs me diraient de choisir les études... donc je voudrais avoir des conseils sur le fait d'arrêter après le bac et les études, et comment vous avez fait ?..

    Merci pour celles/ceux qui me répondraient ^^ (ce serait urgent ^^) :v:
    Salut! Je peux essayer de t’aider un peu car j’ai pris une année sabbatique avant de commencer mes études.

    Je suis Suisse et j’imagine que le système universitaire n’est pas exactement le même qu’en France donc je ne me rend pas bien compte de l’impact que peut avoir une année off pour vous mais je peux quand même te donner quelques conseils. Ici, nous passons l’équivalent du bac («la maturité») fin aout (et ça deux étés de suite) et les cours reprennent mi septembre...Autant te dire que la majorité de mes amis et moi n’avions pas du tout la motivation nécessaire pour se lancer dans des études après un été de révisions (dis comme ça, ça semble sacrément capricieux haha). Une grande partie d’entre nous avons donc décidé de prendre une année sabbatique.

    J’ai passé quelques mois à Genève à travailler (c’est vrai qu’ici les salaires sont plus conséquents donc on peut économiser assez facilement surtout quand on vit chez ses parents et qu’on n’a pas de loyer à payer), j’ai acheté un billet aller pour l’Australie et je suis partie sans la moindre idée de ce qui m’attendais. J’ai passé près de cinq mois à sillonner le pays (avec un petit détour par les Fiji). Ca à été une expérience extraordinaire que je ne regrette pas une seconde. J’avais tout juste 18 ans à l’époque et j’avais toujours vécu dans une petite bulle protégée et un peu dorée, me retrouver seule sur la route à été un apprentissage énorme. J’ai des millions de souvenirs merveilleux de cette époque et je suis rentrée ultra motivée pour commencer mes études (d’ingénieur). Ce premier voyage m’a donné l’envie d’en faire beaucoup d’autres et depuis, j’économise un maximum pour pouvoir partir le plus souvent possible pendant mes vacances. Bref, tout ça pour te dire que je te conseille totalement de prendre une année off! C’est vraiment enrichissant, on grandit tellement, on gagne en maturité et responsabilité (et dans le cas de l’Australie (ou d’un autre pays anglo-saxon), on perfectionne son anglais sans effort, je suis rentrée parfaitement bilingue sans avoir pris un seul cours sur place).

    C’est vrai que l’argent est le frein majeur à une experience de ce type mais tu peux commencer à économiser des maintenant et bosser quelques mois avant de partir. Tu as encore du temps. Je sais aussi qu’il existe des formules hyper intéressantes pour les français: les «work and Holiday visa» qui te permettent de passer un an dans le pays et de bosser et voyager à la fois. En général, les gens travaillent dans des champs pour aider aux récoltes mais il y a aussi moyen de trouver des places comme serveuses/barman, etc... Il faut juste être un peu débrouille ;) Jette un coup d’oeil à ce site pour plus d’info: http://pvtistes.net/

    Voilà! Si tu as des questions, n’hésite pas!

  • Ladydaenerys
    Ladydaenerys, Le mardi 2 juillet 2013 à 01h54

    clou11;4221718
    ladydaenerys;4088564
    Bonjour, j'ai 16 ans, je suis en première s et je ne sais pas du tout ce que je veux faire comme métier, et étant en première, les professeurs nous bousculent énormément avec les universités, etc.. pour qu'on fasse notre choix très rapidement... Mais je ne sais pas (idées d'études dans le cinéma..), la seule chose que je sais, je voudrais arrêter les études après le bac pour un an, beaucoup me le déconseille.. mais j'ai tellement envie, je ne me sens pas de rester, d'étudier, je voudrais améliorer mon anglais (partir au royaume uni ou australie ou usa si pas trop cher), mais je ne sais pas comment faire... surtout que mes professeurs me diraient de choisir les études... donc je voudrais avoir des conseils sur le fait d'arrêter après le bac et les études, et comment vous avez fait ?..

    Merci pour celles/ceux qui me répondraient ^^ (ce serait urgent ^^) :v:
    Salut! Je peux essayer de t’aider un peu car j’ai pris une année sabbatique avant de commencer mes études.

    Je suis Suisse et j’imagine que le système universitaire n’est pas exactement le même qu’en France donc je ne me rend pas bien compte de l’impact que peut avoir une année off pour vous mais je peux quand même te donner quelques conseils. Ici, nous passons l’équivalent du bac («la maturité») fin aout (et ça deux étés de suite) et les cours reprennent mi septembre...Autant te dire que la majorité de mes amis et moi n’avions pas du tout la motivation nécessaire pour se lancer dans des études après un été de révisions (dis comme ça, ça semble sacrément capricieux haha). Une grande partie d’entre nous avons donc décidé de prendre une année sabbatique.

    J’ai passé quelques mois à Genève à travailler (c’est vrai qu’ici les salaires sont plus conséquents donc on peut économiser assez facilement surtout quand on vit chez ses parents et qu’on n’a pas de loyer à payer), j’ai acheté un billet aller pour l’Australie et je suis partie sans la moindre idée de ce qui m’attendais. J’ai passé près de cinq mois à sillonner le pays (avec un petit détour par les Fiji). Ca à été une expérience extraordinaire que je ne regrette pas une seconde. J’avais tout juste 18 ans à l’époque et j’avais toujours vécu dans une petite bulle protégée et un peu dorée, me retrouver seule sur la route à été un apprentissage énorme. J’ai des millions de souvenirs merveilleux de cette époque et je suis rentrée ultra motivée pour commencer mes études (d’ingénieur). Ce premier voyage m’a donné l’envie d’en faire beaucoup d’autres et depuis, j’économise un maximum pour pouvoir partir le plus souvent possible pendant mes vacances. Bref, tout ça pour te dire que je te conseille totalement de prendre une année off! C’est vraiment enrichissant, on grandit tellement, on gagne en maturité et responsabilité (et dans le cas de l’Australie (ou d’un autre pays anglo-saxon), on perfectionne son anglais sans effort, je suis rentrée parfaitement bilingue sans avoir pris un seul cours sur place).

    C’est vrai que l’argent est le frein majeur à une experience de ce type mais tu peux commencer à économiser des maintenant et bosser quelques mois avant de partir. Tu as encore du temps. Je sais aussi qu’il existe des formules hyper intéressantes pour les français: les «work and Holiday visa» qui te permettent de passer un an dans le pays et de bosser et voyager à la fois. En général, les gens travaillent dans des champs pour aider aux récoltes mais il y a aussi moyen de trouver des places comme serveuses/barman, etc... Il faut juste être un peu débrouille ;) Jette un coup d’oeil à ce site pour plus d’info: http://pvtistes.net/

    Voilà! Si tu as des questions, n’hésite pas!
    MERCI BEAUCOUP ! Je suis de plus en plus motivée pour en prendre une ! Vraiment sympa d'avoir pris le temps de me répondre :fleur:

  • Katriona van Beethoven
    Katriona van Beethoven, Le vendredi 16 août 2013 à 13h01

    La plupart de vos articles me parlent, m'amusent ou/et me font réfléchir, mais celui-là décrit "juste" ma vie il y a 3 ans et demi! Je me suis donc inscrite pour faire part de ma petite histoire à qui voudra bien la lire :)

    J'ai grandi bilingue (français/allemand) à Toulouse. Toute ma famille, à part mes parents et ma soeur, est en Allemagne et j'y passé régulièrement tous mes étés.
    Après le bac, j'ai commencé mes études d'allemand LLCE (la voie "facile" pour moi en gros). Mais ça ne me convenait pas, ce n’était pas vraiment ce que je voulais. J'ai passé mes 2 premières années sans problèmes. Mais, comme le veut la vie, il arrive parfois que tout nous tombe dessus en même temps. C'est ce qui m'est arrivé. Ma sœur a déménagé à Paris, mon grand-père est mort, j'ai pris mon propre appart que je finançais avec un taff de pion que j'adorais, j'ai perdu mon super taff de pion... Bref, le gros bordel: je mangeai de moins en moins, j’ai perdu 10kg, insomnies... Je me suis bien inscrite en L3, mais je ne pense pas avoir suivi un seul cours. J'ai travaillé dans un hôtel en tant que femme de ménage, mais je n'étais apparemment pas assez rapide... J'ai cherché un autre taff, mais j'ai rien trouvé.
    Je suis partie en Allemagne chez ma tante et mon oncle à Noel, en 2008. Une grosse bouffée d'air frais! Je me suis demandée ce que je ferai si je ne me souciais de l'opinion de personne et la réponse était vite trouvée: je partirai en Allemagne pour faire une formation de secrétaire des écoles.
    En rentrant à Toulouse, j'ai rendu mon appart, j'ai fait mes valises, dit au revoir à mes parents, et je suis partie le 18 Février 2009 à 13h15.

    La meilleure décision de ma vie!

    J'ai fini ma formation il y a 2 ans, je suis secrétaire/assistante juridique dans un cabinet d'avocats et j'aime mon travail. J'ai passé mon permis et je l'ai eu du premier coup, j'ai un copain allemand depuis plus de 3 ans... Tout se passe à merveille.
    Ma vie est à Hambourg maintenant. Les loyers sont beaucoup moins élevés qu'à Toulouse, la vie est moins chère, il y a plus de possibilités au niveau post-bac qui sont rémunérées et appréciées à leur juste valeur, je n'ai pour l'instant jamais eu de difficultés à trouver un travail ou même une formation qui me plaise.

    Je suis retournée en France 2 fois depuis, 5 et 10 jours en visite, ce qui est largement suffisant. La France ne me manque pas, pas une seconde. Ma vie est à Hambourg maintenant, et pour moi c'est le paradis. :)

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !

Identifie toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !