Des fesses et des mythes : mauvais oeil, constipation et autres histoires merveilleuses

C’est la Journée de la Fesse chez madmoiZelle ! Et pour fêter ça comme il se doit, Sarah vous a déniché trois anecdotes mythologiques à s’en taper le postérieur par terre.

Des fesses et des mythes : mauvais oeil, constipation et autres histoires merveilleuses

Ah, la fesse ! Le boule, le popotin, le croupion… douce partie charnue de notre individu ! Il était inévitable que nos fondements, centres de gravité et objets de fascination de nos personnes, se fassent une place de choix dans l’imaginaire collectif.

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C’est qu’on y tient, à nos dignes et rebondis fessiers. Confortables, pratiques, potentiellement esthétiques… Ils sont parfois sources d’angoisse, car le cucul, c’est aussi quelque chose d’intime. Alors quand l’Homme explore l’obscurité de son séant, et nous sommes d’accord que c’est une façon de parler, ça donne lieu à des histoires de fesses qui, à défaut d’être (explicitement) sexuelles, peuplent nos mythes et légendes de délicieux morceaux d’absurdité.

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C’est pourquoi, à l’occasion de la 3ème édition de la Journée de la Fesse proclamée par madmoiZelle, je vous propose trois petites anecdotes mythologiques sur le thème de la FESSE. Attention, c’est un poil (de cul) anxiogène par moments.

Le shirime, l’oeil au milieu de la nuit

Notre première anecdote fessière nous emmène au Japon, pays prolifique s’il en est en terme de mythes et légendes sortant des sentiers battus. Il suffit de voir à quoi ressemble un symbole de la prospérité dans leur mythologie : une espèce de gros raton-laveur avec des couilles de dix mètres d’envergure qui porte le nom pourtant si mignon de « tanuki ». Bon. Niveau « kawaii mes fesses », ça se pose là.

Mais c’est le journée de la fesse, pas la journée de la couille, aussi vais-je laisser le tanuki de côté pour cette fois, et vous entretenir plutôt du shirime. Shiri-me. Joli nom, n’est-ce pas ? C’est cristallin, ça sonne bien. Et ça veut dire « fesse » et « oeil » en japonais. Aïe. Ça se complique.

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Le shirime est un yokai, soit dans le folklore japonais une sorte de fantôme monstrueux et un brin sinistre, qui peut prendre bien des formes. Il peut ressembler à un animal, avoir des airs de mauvais génie, ou encore prendre des traits humains… à quelques détails près. Le shirime rentre dans cette dernière catégorie. Difficilement, mais il y rentre.

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Le shirime selon Buson 

On sait bien peu de choses du shirime, car la seule source connue de l’histoire qui l’a fait passer dans la postérité et la culture populaire date du 18ème siècle. En effet, parmi toutes les peintures du poète et artiste-peintre Yosa Buson, l’unes d’elles comporte une créature un peu particulière, que rencontre un beau soir un samouraï, tandis qu’il regagnait Kyoto en profitant de la douceur estivale (non en fait j’en sais rien, c’était peut-être l’hiver, on s’en fout).

L’histoire, devenue légende, veut que le samuraï se soit soudain fait aborder par un individu lambda, vêtu d’un simple kimono. « Attendez », lui dit ce dernier. « Juste un instant ». Méfiant, et craignant peut-être d’avoir encore affaire à un de ces pervers en kimono (l’ancêtre du pervers en imper), le samouraï demande alors à l’individu, tout en s’assurant que son coupe-kiki katana était toujours là, s’il veut quelque chose.

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En guise de réponse, le shirime (car c’était lui) se débarrasse prestement de son kimono, se tourne, se baisse, et offre au samouraï une vue panoramique de son anus… depuis lequel un oeil énorme et globuleux le fixe en retour.

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Salut toi.

Alors, peut-être qu’aujourd’hui, quiconque se retrouve confronté à un pervers qui exhibe l’oeil de son cul sort son iPhone pour le balancer sur Instagram avant de proposer du collyre au délinquant. Mais le samouraï, lui, en était encore au temps où il n’était pas une sauce, et la réaction classique face à ce type de situation était de relever ses jupons et de partir en courant sans chercher à écarter les cils des poils de cul.

Sinon, le shirime n’est pas un mauvais bougre. Ça le fait juste beaucoup rire de montrer son oeil d’anus. Ou alors il voit mieux de cet oeil. C’est selon.

Le vieil homme et la mer son anus

Et puisqu’on parle d’anus, j’en ai une autre où celui-ci a un rôle un peu plus constructif. Cap cette fois vers l’Amérique du Nord, dans la tribu amérindienne des Pieds-Noirs, qui aiment bien raconter les épiques aventures du « vieil homme ». Le vieil homme correspond à l’archétype du trickster, ou farceur, dans la mythologie amérindienne. Et tout à fait entre nous, celui-ci est particulièrement frappé.

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Mais prenons les choses dans l’ordre. L’histoire à laquelle je pense commence lorsque notre vieil homme, de retour de balade, trouve des canards en train de patauger gaiement dans une mare. Je vais vous la faire courte : il se rend compte qu’il se boulotterait bien du magret, mais il n’a pas envie de se mouiller, alors il décide de les feinter. Après tout, c’est ce qu’il fait dans la vie.

La feinte est nulle, mais si les canards étaient des flèches, ça se saurait. Il leur raconte qu’il a composé des jolies chansons, mais qu’il a marché longtemps sans trouver personne pour l’écouter et frétiller de l’arrière-train en rythme. Les braves canards, touchés par le malheur de ce pauvre homme, se disent qu’ils se remueraient bien le sot-l’y-laisse, et lui proposent de chanter pour eux. Promis, ils feront honneur à sa chanson.

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Je n’avais pas d’illu.

Le vieil homme assure qu’il n’en doute pas, et, ravi, leur explique qu’en revanche, pour apprécier la musique au maximum, il faut danser en fermant les yeux. Vous voyez venir le coup fourré ? Pas les piafs. Tandis qu’ils s’appliquent à inventer la danse des canards les yeux fermés, les pauvres volatiles se font tordre le cou un par un, et finissent à la broche sans procès.

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Ah, mais ils étaient trop nombreux ! Et le vieil homme, réalisant qu’il a eu les yeux plus gros que le ventre, décide de laisser quelques magrets et de faire une petite sieste digestive. Problème : il a peur de se faire piquer sa pitance. Il faut dire que les gens malhonnêtes sont nombreux. Alors il décide de demander de l’aide.

« Petit frère, monte la garde, je vais dormir », dit-il. « Si tu remarques quoi que ce soit, chasse les intrus. » Il parlait à son anus. — Trickster’s Anus Guards the Ducks (traduction)

Le vieil homme demande donc à son anus de monter la garde… et son anus prend son rôle très à coeur. Il surveille attentivement les environs, au point même qu’il aurait pu constiper son propriétaire insouciant s’il ne pétait pas très fort à l’occasion pour chasser les petits animaux. En somme, tout aurait pu très bien se passer. Si seulement des espèces de renards, un peu trop gros pour avoir peur d’un pet, ne s’étaient pas pointés par l’odeur alléchés.

Pour sa défense, l’anus donne tout. Il pète une fois, deux fois, trois fois. Les renards ont un peu la gerbe, mais ils continuent à revenir. Alors il pète de plus en plus fort.

« Po ! Po ! Po ! », fit-il. C’était très fort, mais ils ne partirent pas. (…) L’anus du farceur continuait à faire « Po ! » sans cesse. C’était très fort. Mais ils mangèrent tous les canards.

Lorsque le vieil homme se réveille, il est très en colère contre son anus. Le gars, un peu schizo sur les bords, décide de littéralement cramer la gueule à son anus… et lui enfonce une torche dans… enfin… s’enfonce… bref. Il se fait ainsi très mal, et ne comprend pas très bien pourquoi. Le vieil homme est con, un peu. (Moi il me fatigue.)

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Il existe plusieurs versions à la fin de cette histoire. Certains racontent qu’il essaie de réparer son anus après avoir fait sa boulette, mais que, comme en prime il est nul en couture, il rate un peu le côté esthétique de la chose et c’est pour ça qu’aujourd’hui notre anus est ridé. D’autres qu’il demande au vent de lui souffler dans les fesses, que ce dernier souffle trop fort, et qu’il finit dans un arbre. Et parfois, qu’il se boulotte des bouts de son anus blessé sans s’en rendre compte.

Dans tous les cas, la morale de cette histoire est qu’il ne faut pas trop en demander à son anus.

Serrez les fesses lorsqu’arrive le kappa

J’espère que vous n’êtes pas encore trop constipé-e-s, parce que j’en ai une dernière. Même qu’elle nous fait retourner au Japon. Désolée pour le manque de diversité, mais les Japonais sont de trop bons conteurs, que voulez-vous. (Et ils ont l’air un peu portés sur les histoires de cul, je dis ça je dis rien.)

Cette fois, on parle de kappa. Vous connaissez le kappa ? Cette créature issue du folklore japonais est si populaire qu’on la retrouve parfois dans des mangas traduits en France. Il est donc fort possible que vous ayez déjà vu une représentation de cette espèce de tortue humanoïde à l’air un peu vicieux avec une coupe de moine. Et que vous sachiez que c’est un peu une saloperie.

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Le kappa, version 1836

Or, parmi toutes les mauvaises plaisanteries qu’il peut s’amuser à infliger aux humains qui osent s’approcher de son plan d’eau, le kappa aime par-dessus tout nous voler la boule magique qu’on a dans le cul. Dit-il.

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« Quelle boule magique ? », me direz-vous en serrant les fesses (par pur acquis de conscience). Eh bien écoutez, personne ne sait vraiment. Des éléments de la mythologie japonaise avancent que chaque être humain a une petite boule dans ses fesses, appelée « shirikodama », ce qui signifie « petite boule d’anus » et ne nous avance donc pas franchement. Et cette petite boule serait notre âme. Vous pensiez avoir la tête dans le cul tous les lundis matins ? Maintenant vous savez que vous avez l’âme dans le cul H24. Boum.

Bref, le kappa, en bonne créature sans âme, veut nous voler la nôtre.

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Le kappa, dans l’anime Namiuchigiwa, toujours aussi pervers.

Pour ce faire, il a plusieurs méthodes. Soit il arrive par dessous, en mode vieux fourbe, tandis que sa victime humaine barbotte avec sa boule dans le lac… et plonge le bras dans son cul pour en extraire la boulette d’un coup sec. En espérant qu’il ne reparte pas avec un autre type de boule.

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Ou alors, il aspire directement la boule des fesses. Ah, et en général la victime meurt de la perte subite de son âme, mais si le kappa se sent plein de bonté, il consent à la noyer avant.

Et la morale de cette histoire-là, c’est qu’il faut toujours mettre un slip de bain pour aller nager.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • The-spare-key
    The-spare-key, Le 22 juin 2015 à 13h47

    @MaryBeat Oui moi aussi j'ai tout de suite pensé à HP !!
    Et en fait JKR a plein puisé dans plein de mythologies pour ses romans, y compris : médiévale, est-européenne, asiatique donc, grecque, romaine, etc., à la fois pour son bestiaire mais aussi pour le nom des sorts, la composition du récit, les schémas narratifs, c'est trop cool de retrouver les petites références à droite à gauche. (Attention grosse fan haha.)
    Cela dit je suis pas sûre qu'elle ait pensé à la sphère anale...

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