Distribuer les clés pour s’empouvoirer, la mission que s’est fixée Charlotte Scapin

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Il y a parfois des personnes qui dégagent une énergie furieuse et nous donnent envie de déplacer des montagnes. Charlotte Scapin en fait partie et ce n'est pas pour rien : elle veut donner à tous la possibilité de s'empouvoirer !

Distribuer les clés pour s’empouvoirer, la mission que s’est fixée Charlotte Scapin©Martin Lagardère

Charlotte Scapin ne passe pas par quatre chemins. C’est d’ailleurs un de ses mots d’ordre : tu peux tout faire. Et clairement, elle a le regard décidé et l’énergie qui va avec.

J’ai voulu la rencontrer parce qu’elle a créé l’Empowerment Lab : une entreprise qui vise à démocratiser le développement personnel, et qui vient appuyer une association qu’elle avait déjà mise en place : l’Empowerment House.

Empowerment, développement personnel, de quoi on parle ?

Mais attention, quand elle parle de développement personnel, Charlotte Scapin explique qu’elle n’était pas spécialement sensible à ce que l’on entend traditionnellement par ces termes.

Les livres traduits en français avec des arbres et des papillons en couverture finissent par la lasser, et pour elle, le développement personnel, c’est du concret.

« C’est juste que j’ai été élevée avec le moto « rien n’est impossible ». Cette éducation m’a permis de vivre ma vie, comme le fait par exemple que je sois partie un an toute seule à 16 ans en Caroline du Sud.

C’était pas comme en Erasmus : t’es dans une famille, t’es obligée de te mettre dans un cadre qui te force à avoir une ouverture d’esprit.

Et finalement pour moi, c’est plus un développement personnel d’expérience qui m’a fait me rendre compte que je pouvais faire ce que je voulais. »

Le point de départ, il est là, et il est aussi dans le regard des autres, impressionné•es par le travail qu’elle abat tous les jours :

« On était trois filles un peu pareil, et les gens nous disaient « Oh j’aimerais trop faire comme toi, t’as de la chance, moi je peux pas… ». Et ils le pensaient sincèrement : « Mes parents voudraient jamais, j’ai pas les sous, je serais pas capable ».

À force, on s’est dit qu’il fallait trouver de quoi montrer à ces personnes qu’elles pouvaient le faire aussi. »

Charlotte Scapin, la Shia LaBeouf française.

« Reprendre possession de sa vie »

Et voilà, leur association était lancée. Pas facile de définir en français ce qu’elles sous-entendaient par empowerment.

Sur madmoiZelle, on a traduit ce concept sous le terme « empouvoirement ». Et Charlotte en a sa propre définition :

« L’idée c’est de reprendre possession de ta vie, redevenir maître de ton quotidien.

Je pense que même si l’afro-féminisme en est à l’origine, ce qui est important, c’est qu’en fait peu importe d’où tu pars dans une échelle de soumission ou d’exploitation : t’as toujours besoin de ces outils pour dépasser tes blocages.

On a tou•tes besoin de débloquer les freins que chacun•e a à son niveau, et pour ça les outils sont universaux et transversaux. »

Alors en septembre 2015, l’Empowerment House était née, juridiquement en tout cas car l’asso fonctionnait déjà auparavant. Et en novembre 2016, le projet Empowerment Lab venait s’y adosser.

« C’est la concrétisation de notre manière de penser. »

L’Empowerment Lab, comment ça marche ?

L’Empowerment Lab propose des cours de deux heures, menés par des personnalités inspirantes, pour aider chacun•e à dépasser les obstacles rencontrés :

« L’idée, c’était de prendre des personnalités inspirantes issues de tous les milieux, pour montrer à chacun•e que tout le monde peut le faire, tout le monde peut réaliser ses objectifs.

Avec le lab on a une offre pour les gens qui sont prêts à payer 35 euros : c’est très pragmatique, de la mise en pratique, c’est hyper dynamique. On veut rendre le développement personnel concret. »

C’est comme ça que sur le thème Girl Power (à l’image de la Madbox d’août), l’équipe est en train de préparer des ateliers sur divers sujets tels que « s’affirmer en entreprise », « négocier son salaire », « briser le plafond de verre ».

« On passe par une partie de réflexion sur ce que la personne veut. On ne réinvente pas la roue : c’est juste que les gens ne se posent jamais pour réfléchir, pour prendre le temps de faire le point, de définir leurs objectifs.

Avec toute une méthode, tu vois quels sont tes objectifs, ceux que tu veux atteindre pour toi et pas pour tes parents ou à cause de la pression sociale.

On fait du « peer coaching », où après avoir mis sur papier ce qui te pose problème, tu vas en discuter avec quelqu’un qui n’a rien à voir avec toi.

On évalue les vrais freins et comment les dépasser, et on finit par un échange avec l’intervenant. »

Une idée au cœur du projet : la mixité sociale

Là, on pourrait avoir l’impression que c’est une boîte de développement personnel comme il y en a des tas. Mais en parallèle, il y a cette asso, l’Empowerment House, avec laquelle elle a déjà organisé il y a quelques semaines un Empowerment Festival, qui sera reconduit l’année prochaine.

« C’est l’asso le départ de tout. On réinvestit une partie des fonds du Lab dedans. »

Car Charlotte veut que ces outils soient accessibles à tout le monde, pas seulement aux personnes déjà sensibilisées au sujet comme le sont beaucoup de « CSP+, 40 à 50 ans ».

« J’ai pas du tout envie de faire quelque chose d’exclusif. Mis à part le parcours Girl Power parce qu’il y a une vraie demande, on ne voulait pas tout segmenter parce que le mélange est une source de richesse.

On a vraiment eu de 16 à 64 ans, tous les milieux, même si on avait axé notre offre sur les 25-35.

Et ça marche, il y a des rencontres atypiques : le cliché d’une fille hyper bourgeoise, cadre en fusion acquisition et d’un mec hyper bourru éduc spé en Seine-Saint-Denis.

Et bien après, ils étaient trop contents, du genre « c’est génial, j’ai trop une autre perspective maintenant. ». »

Mais cette idée de mixité sociale, c’est surtout à côté, avec l’association, qu’elle est développée, grâce aux fonds de l’entreprise.

« On a fait par exemple un concours d’entrepreneuriat en banlieue, avec un jury composé de gens de tous les milieux. Le but c’est pas de faire un concours de pitch, rien que le fait d’exprimer ton idée c’était énorme.

On a organisé un concours d’éloquence à Gennevilliers aussi.

Et dans un an, on veut faire un tour des lycées de France, avec des interventions sur un après-midi pour montrer aux jeunes qu’ils peuvent avoir des rêves, ouvrir leur champ des possibles. »

Charlotte parle des milieux ruraux dont peu de gens s’inquiètent jamais, du frein psychologique que beaucoup se mettent. Je ne peux qu’être d’accord avec ses propos, puisque j’ai aussi eu l’impression quand j’étais au lycée qu’on disait assez peu aux élèves qu’ils pouvaient avoir de grands rêves :

« Je viens de Saint-Malo, et là-bas encore, ça va. Mais à côté, dans la campagne bretonne, je veux dire aux jeunes que leur horizon ne s’arrête pas à la fac de Rennes. C’est très bien, mais s’ils veulent autre chose, c’est possible. »

L’idée, derrière, est même bien plus ambitieuse :

« On aimerait finir par bosser avec l’Éducation Nationale car ça me paraît évident que notre culture psychologique est laissée au hasard alors qu’on devrait avoir des cours pour prendre confiance en soi, gérer le stress… Bon, ça c’est un peu le « nous dans 5 ans », mais l’objectif est là. »

Vivre ses propres rêves

Charlotte aussi a eu besoin de débloquer des freins pour se lancer. C’est après avoir fait des études à l’ESC Grenoble et enchaîné des stages et une alternance qui ne lui plaisaient pas tout à fait, mais qui lui ont permis de rencontrer ceux et celles qui allaient lui permettre d’avancer, qu’elle a décidé d’entreprendre.

« J’avais fait un stage dans une start-up dont l’éthique ne me plaisait pas. J’ai démissionné au bout de 3 mois et je suis partie sous les insultes pour avoir osé.

Mais ensuite, j’ai bossé chez l’Express pour le projet Media for Equity et c’est là que j’ai mis les pieds dans ce qu’était l’entrepreneuriat. »

Parce que ce n’était pas une affaire gagnée, au départ. Charlotte ne pensait même pas pouvoir créer quelque chose de rentable sur la base de l’empowerment.

« Mais des gens m’ont dit qu’il y avait des façons de faire. C’est là que j’ai découvert le concept des ateliers : pour dire à quel point je n’étais pas familière avec les techniques communes de développement personnel au départ, je ne savais même pas que ça existait ! »

« Je te soutiens ! »
Avant de le crier sur les toits, il a fallu que Charlotte l’entende, elle aussi. 

Et maintenant, elle souhaite essaimer son concept. Outre le tour de France des lycées, c’est aussi en ouvrant une première antenne à Lyon, puis ailleurs en France en délocalisant des ateliers, qu’elle pense y parvenir !

Tout ça, sans oublier ses propres rêves :

« Là, on est sur une idée de web série. C’est ça qui est fou : c’est un projet qui est chouette mais qui en plus peut servir d’excuse pour concrétiser toutes les idées qu’on a. »

Comme des rêves d’actrice ? En tout cas, Charlotte intégrera le Cours Florent l’année prochaine, en parallèle du développement de l’Empowerment Lab et de l’Empowerment House !

À lire aussi : Crée ton entreprise avec le #PossibleCamp de Paris Pionnières !

Commentaires
Forum (4) Facebook ()
  • Crowd
    Crowd, Le 4 septembre 2017 à 13h54

    comment elle m'inspire de fou, ça m'a reboosté d'un coup. :puppyeyes:

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