Parler d’écologie autrement en trois romans

En plein dans la COP21, on ne sait plus sur quel ton parler d’écologie tant les enjeux semblent multiples. Et si on laissait faire les livres ? Voici trois romans qui abordent la question de l’environnement… autrement.

Parler d’écologie autrement en trois romans

La COP21, la conférence des Nations Unies qui réunira 147 chefs d’État à Paris pour discuter des enjeux climatiques, vient de commencer. Cela fait si longtemps qu’on en parle que ça paraît presque irréel, et pourtant, ça y est ! Les grands débats, négociations, et tentatives de résolutions pour l’Écologie avec un grand É ont démarré, et nous allons suivre tout ça de près ou de loin avec, disons-le, une certaine anxiété.

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Car les enjeux, on nous l’a assez rabâché, sont de taille. Il s’agit à la fois pour les gouvernements de trouver des solutions à un risque de réchauffement planétaire de 2°C qui entraînerait des conséquences graves… Et pour les populations de botter les fesses aux gouvernements pour qu’ils aillent plus vite (ne vous inquiétez pas, ils sont là pour ça).

Mais parler d’écologie et d’environnement n’étant pas toujours facile, je vous propose quelques alternatives littéraires pour aborder et sensibiliser à certains thèmes de façon plus sereine !

L’Orme du Caucase, par Jiro Taniguchi

L’Orme du Caucase est un recueil de nouvelles illustrées par le talentueux mangaka Jiro Taniguchi, et adaptées des oeuvres de Ryuchiro Utsumi. La principale qui donne son nom au recueil et, à mon sens, la plus jolie, s’ouvre sur monsieur Harada, un retraité ayant quitté Tokyo avec son épouse pour s’installer dans une petite ville. Une maison avec jardin, comble du luxe pour qui a passé la majeure partie de sa vie dans une mégalopole japonaise !

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Hélas, au moment d’emménager, ils découvrent que tous les arbres qui faisaient le charme du jardin ont été arrachés. Tous… sauf un : un superbe orme du Caucase continue à dominer la désolation nouvelle, et à se développer malgré tout. Il est si beau que monsieur Harada ne peut se résoudre à accéder à la demande de ses voisins, et à couper l’arbre dont les feuilles envahissent leur cour. Une décision compliquée mais salutaire, puisque c’est peut-être sa silhouette silencieuse qui apportera au retraité la force dont il manquait.

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Chaque nouvelle du recueil met en scène des personnages différents, mais semblables dans leurs préoccupations, leurs doutes, et leur rapprochement avec la nature. L’ensemble prend donc l’apparence d’une petite fable du quotidien, découpée en tranches de vie, de la craintive petite Hiromi à monsieur Iwasaki. Si l’écologie n’est pas directement abordée ici, c’est bien de relations humaines et de liens renoués subtilement avec la nature que l’on parle… Et c’est comme une bouffée d’air frais.

Céleste, ma planète, par Timothée de Fombelle

Ce petit roman, destiné à un lectorat très large de type 7 à 77 ans, n’est rien d’autre qu’une déclaration d’amour bien poétique à notre planète. De fait, on parlerait plutôt de conte, ou d’allégorie située dans un futur proche, et dans laquelle le jeune narrateur recherche éperdument Céleste, la nouvelle arrivée à l’école qui a disparu dans le brouillard. Il faut dire que l’air est tellement pollué que les gens vivent dans des tours de plus en plus hautes pour tenter de respirer. Difficile de s’y retrouver là-dedans…

Hélas ! Quand il retrouve enfin Céleste, celle-ci est malade. Chaque nouveau coup porté à la planète, une forêt qui disparaît, un dernier glacier qui fond, semble se répercuter sur son corps. La métaphore est claire, et n’a pas pour vocation d’être implicite : sauver Céleste, c’est sauver la planète, et vice-versa. Protéger la Terre, c’est protéger les êtres qui vivent dessus.

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Ce roman se lit à toute vitesse, pour votre compte personnel d’adulte, ou à votre enfant/petit•e neveu•nièce/cousin•e. Parce que même si le thème paraît bien sombre, l’histoire s’avère être un havre de poésie sans trop de prétention, qui sensibilise plus qu’elle ne fait la morale !

La Romance de Ténébreuse, T.1 : La Planète aux vents de folie, par Marion Zimmer Bradley

Vous allez peut-être dire que je pars un peu loin avec ce premier roman d’une sensationnelle saga de science-fiction, mais pour moi, ce livre aborde (intelligemment) des thèmes écologiques. Et pour cause : dans La Romance de Ténébreuse, il ne s’agit plus de sauver la Planète, mais de se sauver d’une planète inconnue et très inhospitalière. Enfin… prenons les choses dans l’ordre.

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La Planète aux vents de folie pose les fondations du cycle de science-fiction de Marion Zimmer Bradley, avec l’arrivée des colons sur la planète Ténébreuse, bien avant qu’une civilisation ne parvienne à y éclore. Quoique c’est difficile de parler de colons, puisque ce n’était pas prévu… C’est suite à un accident que l’équipage d’un vaisseau spatial, qui devait à l’origine rejoindre une colonie sur une planète connue, se retrouve bloqué sur Ténébreuse. Impossible de réparer les machines sans se battre avec la planète. Les survivants décident donc de s’y établir.

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Mais les vents de Ténébreuse soulèvent un étrange pollen, qui rend encore plus compliquée l’adaptation à ce nouvel environnement hostile. Car il y a fort peu de chances pour que cette planète se laisse faire face à une colonisation bourrine de base… On a ici la première pierre d’une saga incroyable, qui ouvre sur des réflexions écologiques avant d’aborder une multitude de thèmes variés, et proches de l’être humain.

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Et toi, quelle fiction parle autrement d’écologie pour toi ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Naten
    Naten, Le 5 janvier 2016 à 9h24

    Ouh, maintenant que j'y pense, il y a les Éveilleurs aussi, une série jeunesse de Pauline Alphen, une auteure franco-brésilienne.
    Ça se passe au 23ème siècle, je crois, et la société s'est reconstruite avec des technologies pré-ère industrielle en oubliant derrière elle les raisons, causes et conséquences taboues de "La Grande Catastrophe".
    C'est de la fantasy dans un monde reconstruit après l'apocalypse qui a ravagé la planète et l'humanité, et c'est très sympa sans aller taper dans le flippant :3

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