« Je ne veux pas d’enfant », la lettre ouverte pour le droit à la stérilisation

Une jeune femme de 32 ans explique sur Offensive Libertaire le combat qu'elle mène en vain depuis quatre ans pour se faire stériliser.

« Je ne veux pas d’enfant », la lettre ouverte pour le droit à la stérilisation

Peut-on subir une stérilisation définitive quand on est sûr de ne pas ou plus vouloir d’enfants ? C’est la question que pose cet article publié sur Offensive Libertaire.

Son auteure, une jeune femme de 32 ans qui a décidé de ne jamais enfanter, raconte son combat pour trouver un spécialiste qui accepterait de la stériliser. Depuis quatre ans, elle va de gynécologue en gynécologue en leur présentant la brochure « stérilisation à visée contraceptive ». En 4 ans, elle n’a essuyé que des refus à l’exception d’un chirurgien gynécologue qui avait donné son assentiment avant de l’appeler 48h avant l’opération pour annuler car sa hiérarchie lui avait refusé le droit de pratiquer l’opération.

Pourtant, depuis 2001, la loi 2001-588 relative à l’interruption volontaire de grossesse autorise toute personne majeure à subir une intervention chirurgicale à visée contraceptive. L’homme peut alors avoir recours à une vasectomie (le fait de couper ou ligaturer les canaux déférents dans le but de bloquer les spermatozoïdes), tandis que la femme peut subir une ligature des trompes (ce qui revient à boucher les conduits qui permettent aux spermatozoïdes de faire ami-ami avec un ovule).

Techniquement, tout est simple comme bonjour : après un premier rendez-vous avec un spécialiste qui explique à la personne en demande de stérilisation les diverses autres méthodes de contraception et les autres techniques de stérilisation, un délai de 4 mois est obligatoire pour que l’homme ou la femme ait le temps de réfléchir un peu plus mûrement cette décision. Ce n’est qu’à l’issue de cette période que l’opération est menée. C’est du moins ce que préconise la loi. En pratique, en revanche, la réalité semble être toute autre pour les femmes qui refusent de devenir mère et qui n’ont pas non plus envie d’être sous contraceptifs, comme nous l’explique ce papier.

L’article d’Offensive Libertaire pointe alors plusieurs problèmes :

  • Il n’existe pas de service spécialisé dans la stérilisation pour les femmes (alors qu’il y a des services pour la fécondité),
  • Le corps médical s’accorde le droit de ne pas accepter de mener l’opération – malgré la décision de l’individu – en s’appuyant sur le code de déontologie ou sur leur droit de retrait,
  • Il semblerait qu’il soit encore plus difficile pour une femme de trouver un chirurgien qui veut bien lui ligaturer les trompes que pour un homme qui cherche à subir une vasectomie,
  • La société a encore du mal à accepter que certaines femmes décident de rêver leur vie sans enfant, comme on peut le lire dans cet extrait du billet :

« La société en général ne laisse de place à personne, et encore moins aux femmes, pour se construire des imaginaires et des vies sans enfant (« Il ne faut pas se fermer de portes, vous risquez de le regretter, qui vous dit qu’un jour vous n’allez pas rencontrer le prince charmant et avoir envie de lui faire des enfants… »).

Alors même si les médias se font les vecteurs d’une prétendue liberté sexuelle occidentale, de prétendus droits des femmes à disposer de leurs corps et de leurs vies. Les marges de manœuvre sont faibles et les garde-fous sont hauts. »

Et pourtant, les femmes en âge de procréer qui souhaitent ne pas avoir d’enfant existent bel et bien. Il suffit de googler « femmes sans enfant » pour se rendre compte que le sujet est vaste et les exemples nombreux.

Dans ce cas, comment se fait-il qu’il semble si compliqué de subir une intervention chirurgicale de stérilisation à visée contraceptive ? Sommes-nous réellement toutes maîtresses de notre propre corps ? Pensez-vous que les médecins ont raison d’exercer leur droit de réserve dans ce genre de cas pour protéger ceux qui pourraient éventuellement changer d’avis, ou vous insurgez-vous vous contre une éventuelle atteinte au libre-arbitre ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Artemistigri
    Artemistigri, Le 26 mai 2016 à 10h31

    http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/-Aucun-medecin-ne-veut-me-steriliser--24742594

    En 2016, une femme ne peut toujours pas disposer de son corps comme elle l'entend. C'est toujours pénible d'avoir ce genre de réponse "et si...?".
    Donc on rend une femme malheureuse dans l'hypothétique évènement que son désir d'enfanter pourrait se manifester (allo, vous savez qu'il y a des femmes très heureuses sans enfant?).

    Je prends un exemple bidon, y en a qui se font faire des tatouages et qui le regrettent ensuite. Mais on ne se pose jamais la question de savoir si la personne va le regretter plus tard. C'est tant pis pour elle si elle le regrette, c'est quand même une décision personnelle. Y en a toujours qui semblent savoir mieux que toi ce que tu veux.

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