J’ai testé pour vous le Défi Veggie : une semaine sans viande !

L’Association Végétarienne de France a lancé un défi début octobre : manger végétalien pendant une semaine. Lafastod s'est lancée avec son budget d'étudiante, et elle vous raconte tout !

J’ai testé pour vous le Défi Veggie : une semaine sans viande !

— Publié initialement le 9 décembre 2015

C’est la COP21. Voilà, ce n’est pas un scoop mais je vous le dis. Depuis le 30 novembre et jusqu’à dimanche, c’est le climat qui est au centre des préoccupations. Et moi, pour la COP21, j’ai voulu faire un truc.

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Alors la semaine dernière, j’ai arrêté la viande. Voilà. Plus de viande, de poisson, plus de lait, plus d’oeufs : la semaine dernière, j’ai suivi le régime d’une personne végétalienne pour faire le Défi Veggie. Il s’agit de manger 100% végétal pendant une semaine pour réduire son empreinte carbone !

J’ai flippé pas mal, pour être tout à fait honnête. Végétarienne, je connaissais : ce n’était pas un si grand écart comme la viande n’est pas franchement la base de mon alimentation, tout simplement parce que ça me coûte hyper cher. Mais je mange beaucoup, beaucoup d’oeufs, de trucs à base de crème, et surtout, j’ai une passion irrépressible pour le fromage. Et je ne pensais pas que ça allait être aussi compliqué…

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S’organiser pour une semaine végétalienne

Au début je n’ai rien vu passer, c’était plutôt simple. Mon assiette n’avait pas beaucoup changé par rapport à d’habitude : manger des pâtes aux champignons, c’était tout à fait à ma portée ! La journée pareil : pas tellement de soucis. J’avais pris l’habitude de croquer des carottes de la même façons que je grignote des Paille d’Or, alors ça m’allait pas mal.

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Et puis bon, j’avais des pâtes.

Le coeur du problème, ça a très vite été l’organisation. Je ne sais pas m’organiser. Je n’ai jamais su, et j’ai toujours fait les choses « à l’arrache », mais ce n’est pas grave parce que je m’en suis toujours à peu près bien sortie. Quand je réalise que je n’ai pas à bouffer, je descends dans la rue me prendre un burger et tout va bien.

Mais la semaine dernière, ça ne marchait pas. Quand je me rendais compte que je n’avais rien à manger, eh bien c’était une carotte. Ou du riz. Mais si je n’avais pas le temps, c’était surtout une carotte. Arrivée au mardi soir, j’ai commencé à avoir sérieusement faim, et j’ai réalisé que je m’y prenais très TRÈS mal pour gérer mes apports en nutrition (en même temps, en mangeant carotte sur carotte, je ne sais pas à quoi je m’attendais).

Le mercredi, comme j’avais du temps, j’ai décidé d’aller faire les courses. D’habitude ça me prend vingt minutes : je sais où je vais, quoi prendre, et j’en ai pour quinze euros. Je partais dans la même optique, et puis j’ai compris que des courses véganes… Oh là là. Ça n’allait pas être la même chose.

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Changer ses habitudes et contrer ses réflexes

J’ai dû changer tous mes réflexes. Ne pas me jeter sur le lait, les oeufs, et le sacro-saint jambon (quasiment la seule viande que je consomme : elle convient très bien pour les fois où je ne sais pas quoi manger et est si facile à associer ) des coquillettes). Comme il y avait plein de rayons dans lesquels je n’avais plus à aller, j’étais persuadée que ça allait être rapide !

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Spoiler : non.

Sauf que je me suis rendu compte qu’il n’y avait rien dans mon panier. Enfin si : j’avais acheté une ampoule basse consommation. Autant dire que je ne pouvais pas aller bien loin ! J’ai pris des fruits, des légumes de saison (et pas importés du bout du monde en avion, coucou le CO²)… dont beaucoup, beaucoup de carottes (oui, c’est ma passion). Puis à force d’arpenter le magasin pour lire les étiquettes des produits qui me faisaient envie avant de constater que je ne pouvais pas les manger, j’ai fini par le trouver. Le tout petit rayon « bio ». Planqué au fin fond d’un truc qui n’avait rien à voir.

Acheter bio avec un budget d’étudiante

Une fois dans le rayon, j’ai fait un premier constat : le bio, ça coûte la peau du séant. Et moi, la peau de mon séant, j’y tiens beaucoup. Ne serait-ce que parce que c’est plus pratique pour s’asseoir.

Deuxième constatation : il y en a, des choses que je ne connaissais pas… Ou du moins dont je ne savais pas quoi faire ! Je dois bien le dire, je ne savais pas comment préparer du tofu et j’ignorais complètement si je pouvais noyer mes céréales dans du lait de soja. J’en ai acheté quand même, et puis j’ai aussi pris des pâtes de quinoa, du jus de fruits et de la soupe. Je ne savais pas ce que j’allais en faire, mais j’avais déjà ça.

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Des pâtes, au pire.

Et en passant à la caisse, j’ai fait un troisième constat. J’ai regardé l’heure et ça m’avait pris 1h30. 1h30, et 40€… même si pour être honnête, j’ai probablement pris un peu plus qu’il ne fallait, mais mes sacs étaient bien loin de déborder. Cela représentait un temps fou, principalement passé à regarder les étiquettes et à les décrypter — mais ça, c’était certainement une question d’habitude que je n’avais pas encore.

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Prendre le temps

Ajoutons à tout cela que je suis étudiante, donc sans beaucoup d’argent, et qu’en suivant un rythme de prépa avec une base de cours 9h-19h et énormément de travail personnel, je n’avais absolument pas le temps de me faire à manger, surtout avec des produits que je ne connaissais pas.

Mais franchement, ça a été. Je me suis prise par la main et j’ai pris un peu de temps pour me faire à manger, préparer des trucs bons, accommoder les plats ; j’ai même pu me faire des coquillettes-pas-aux-oeufs (sans jambon) !

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Tout en mangeant des choses simples quand vraiment je n’avais pas le choix.

J’ai recommencé à bien manger, ce qui ne m’arrivait plus tellement depuis que j’étais étudiante et devais me faire ma cuisine. Je me suis sentie plus saine, je mangeais ce qu’il fallait, comme il fallait, je ne me sentais pas « lourde » : j’ai vraiment trouvé ça appréciable.

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Une consommatrice consciente

Si les débuts ont été chaotiques, ce fut une très bonne expérience. Je me dis même que je vais sans doute adopter un mode de vie qui s’en rapproche. Pas devenir végane parce que je trouve ça trop contraignant, et que je sais que j’ai bien trop de mal à équilibrer mes apports… Mais je pense qu’il y a des convictions qui vont me rester.

Consommer local, bio et lire les étiquettes sont des choses que je ne me vois plus omettre maintenant. Et la viande ne me manque pas (sauf le poulet), contrairement au poisson — ah, les maki et salmon rolls… mais ce n’est pas comme si j’en mangeais tous les jours. Je pense donc que je ne vais plus du tout manger de viande, plutôt la remplacer par des oeufs que je peux acheter sur le marché.

J’ai aussi lu, appris et rassemblé des infos sur les conditions de traitement des animaux, les pesticides, les agriculteurs… Et ça m’amène à remettre en question beaucoup de choses sur mes habitudes de consommation, sur les conséquences qu’elles ont concrètement (niveau CO² par exemple), sur les gaspillages d’eau… Je vais y réfléchir à deux fois avant de me servir dans les rayons. Après avoir vu DemainThe True Cost et Cowspiracyje me suis dit que je ne pouvais pas rester les bras ballants.

En une semaine, j’ai réussi à sortir de ma zone de confort (parce qu’il y a beaucoup de ça aussi), arrêté de croire aux clichés sur les végés, réussi à comprendre que c’est pas parce qu’on ne connaît pas certaines choses que c’est mauvais, réussi à kiffer le tofu, à être sensibilisée, à m’organiser et à ne pas me cacher derrière ma mauvaise foi. Et pourtant je partais de loin !

Je ne pense pas que ça fasse de moi une consommatrice exemplaire, loin de là, mais une consommatrice consciente. C’est déjà un pas en avant, et savoir éviter les principaux écueils est déjà un début, non ?

  • Le site du Défi Veggie, qui vous propose des guides et des recettes.

À lire aussi : Manger plus sain et plus équilibré, un défi – Le Petit Reportage

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Gadda
    Gadda, Le 20 mars 2016 à 21h44

    J'ai remarqué un truc cool, pour moi-même et d'autres personnes qui ont changé d'alimentation ; au départ, ça fait flipper, on se dit qu'on n'y arrivera jamais, et en définitive on découvre tout un pan de la cuisine qu'on n'aurait jamais soupçonné ! Personnellement, je n'aimais pas plus que ça me faire à manger lorsque je mangeais encore de la viande, mais maintenant que j'ai arrêté (je mange encore un tout petit peu de poisson), je m'amuse beaucoup plus et je prends vraiment plaisir à préparer mon repas !

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