Conseils pour signer un contrat d’édition (et éviter les pièges)

Le NaNoWriMo 2015 touche à sa fin, et avec lui de nombreux romans. L'occasion pour Laura de vous parler des contrats d'édition et de vous mettre en garde contre certains pièges !

Conseils pour signer un contrat d’édition (et éviter les pièges)

Le mois de novembre touche à sa fin, et avec lui le NaNoWriMo 2015. L’occasion de faire un point sur les pièges à éviter quand on signe un contrat d’édition, car les arnaques ne sont pas rares !

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Savoir différencier le compte d’auteur et d’éditeur

Édition à compte d’auteur, d’éditeur… Quand on débute dans la recherche éditoriale, difficile de savoir ce que veulent dire ces termes barbares. Pourtant, la différence est capitale. Partez de ce principe essentiel : on ne doit pas payer pour être édité•e. D’ailleurs, c’est plutôt l’inverse : c’est à l’éditeur de payer les droits de votre manuscrit et de vous rémunérer. Partant de là, nous allons définir ce que sont le compte d’éditeur et d’auteur.

Le compte d’éditeur est un fonctionnement éditorial classique, où l’auteur ne débourse rien et où les frais sont pris en charge par l’éditeur — on parle ici de la couverture, de la correction, de la mise en page, de l’impression et de la promotion. Sauf dans le cas de petites structures, l’auteur touche généralement un à-valoir quand il cède ses droits et on lui reverse des droits d’auteurs pour chaque livre vendu. C’est le fonctionnement que je vous conseille.

Dans le cas d’un compte d’auteur, on demande au contraire à l’auteur de payer et de tout prendre en charge, en plus de fournir les droits du roman. Ne vous attendez pas à quelques piécettes : c’est généralement mille à cinq mille euros qui sont demandés (rien que ça)… Ces services négligent souvent une correction décente et la diffusion y est inexistante. En bref, vous payez (cher) et ce mode « d’édition » se résume beaucoup à de la simple impression.

Présentée comme cela, la différence entre les deux parait assez claire, à condition que la maison d’édition annonce clairement la couleur. Vous allez me dire : si la maison dit ce qu’elle fait, libre aux gens de payer s’ils veulent avoir leur manuscrit en main ! Cependant, même dans le cas de figure où l’auteur veut juste son bouquin dans sa bibliothèque, je ne conseille pas ce mode d’édition. Il existe des services d’impressions, en particulier pour l’auto-édition, qui ne pratiquent pas des tarifs si abusifs et qui ont la décence de ne PAS se faire passer pour un éditeur classique. Ainsi, si vous voulez simplement votre roman en main, inutile de débourser trois milles euros, comme certains vous le font croire.

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Car si le principe du compte d’auteur parait déjà discutable, certains n’hésitent pas à se faire passer pour du compte d’éditeur, basculant dans ce qu’on appelle une arnaque. Il faut bien être conscient•e que même s’ils ne sont pas une majorité, cela existe. Comment s’y prennent-ils ? Ils n’annoncent pas tout de suite que leur service est payant, ils vous brossent d’abord dans le sens du poil en disant avec plus ou moins de subtilité que vous êtes le nouveau Victor Hugo… pour vous amener à vous laisser tenter. Si votre roman n’a pas trouvé preneur dans l’édition classique, ils peuvent se présenter comme une alternative, laissant entendre qu’ils sont votre seule chance d’être édité.

À cela vient s’ajouter ce que l’on appelle du compte d’éditeur abusif. Il s’agit là d’une maison d’édition classique demandant de payer quelque chose sous forme de précommande, par exemple où ce sera à vous d’acheter un certains nombres de manuscrits. Il peut aussi être question d’une maison ne rémunérant son auteur qu’au bout de tant de livres vendus. Parfois, ces clauses peuvent être discutées et supprimées. C’est à vous d’être vigilant•e et de vous renseigner avant de signer.

Étudier les contrats

Une fois que vous êtes sûr•e que toutes les propositions reçues sont dignes d’intérêt, il vous faut définir ce que vous attendez de cette publication. Car beaucoup de choses diffèrent d’une maison à l’autre : le prix des droits d’auteurs, la visibilité, l’à-valoir, la présence d’un distributeur/diffuseur… Tâchez de prêter tout particulièrement attention à ces points :

  • Le catalogue et l’esprit de la maison d’édition

C’est quand même mieux d’être édité•e dans une structure qui vous plaît et vous correspond.

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  • Le nombre de manuscrits/d’auteurs publiés

Si la maison n’a que quelques années d’ancienneté et déjà une centaine de bouquins dans son catalogue, cela n’est en général pas très bon signe : ça peut impliquer quelle accepte trop d’auteurs sans avoir ensuite les moyens d’assurer une promotion correcte. De même, si la maison d’édition n’a que deux livres à son actif au bout de dix ans d’existence, c’est inquiétant. Dans tous les cas n’hésitez pas à vous renseigner auprès des auteurs quant à leurs conditions de publication.

  • Les droits d’auteurs et le montant de l’à-valoir

Ce dernier est de plus en plus rare, surtout chez les maisons indépendantes ou les petites structures. À vous de voir si son absence est rédhibitoire ou pas. Attention toutefois à ce que les droits d’auteurs (ce que vous allez toucher pour les ventes) ne soient pas trop bas. Pour un jeune auteur, il est en général question de 10 % sur la version papier.

  • La présence du distributeur/diffuseur, qui assure d’une part le stockage des livres, mais aussi sa diffusion dans les magasins et les librairies par exemple

Beaucoup de petites maisons n’en disposent pas. Leur rôle est pourtant très important dans la visibilité de votre livre. Si vous l’éditez surtout pour vous et votre entourage pas de souci, mais pour le reste il se peut que le roman peine à rencontrer ses lecteurs. N’oubliez juste une chose : en tant que jeune auteur, ne vous attendez pas à vendre des milliers d’exemplaires. Il est normal de commencer petit !

  • L’implication de la maison d’édition dans la promotion

Si la maison est jeune, on peut vous demander de mettre la main à la pâte par la création de pages sur des réseaux sociaux ou de blogs. Cela est normal, mais la promotion ne doit pas s’arrêter là ; si la maison se contente de balancer votre livre sur leur site et de vous laisser faire le reste, vous aurez sans doute du mal à sortir de la masse.

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  •  Le type de publication (numérique, papier), ainsi que le nombre de tirages du manuscrit

Toutes ces informations sont normalement indiquées sur le contrat ; si cela n’est pas le cas, il vous faut demander à ce qu’elles soient rajoutées.

  • La modification du manuscrit

C’est un point auquel il faut réellement prêter attention. Aucun roman n’est parfait, et lorsque l’on décroche un contrat il est nécessaire de passer par ce que l’on appelle les corrections éditoriales, qui précèdent la publication. Assurez-vous dans cette clause que vous conservez un droit de regard sur votre manuscrit et que l’éditeur ne risque pas finalement de refuser votre roman aux termes des corrections éditoriales.

En conclusion…

Un dernier conseil : ne sautez pas sur le premier contrat venu ! Prenez le temps de l’étudier, assurez-vous d’en comprendre toutes les clauses, même s’il faut pour cela demander de l’aide à un avocat. Vous pouvez également vous renseigner sur des sites comme la Société des Gens de Lettres ou l’Oie Plate qui font cela gratuitement.

Enfin, pensez à trouver des retours des maisons d’éditions, à lire des témoignages, à poser des questions. Le forum des Jeunes Écrivains est notamment un bon endroit pour cela et regorge de conseils. Toutes les maisons d’éditions ne sont pas mauvaises, bien au contraire, et les cas dont je vous parle ne sont pas une généralité, toutefois il faut savoir où l’on met les pieds. Une signature est un engagement, ne foncez pas tête baissée.

À lire aussi : Retour d’un auteur sur l’édition d’un livre

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Pillpintu
    Pillpintu, Le 3 décembre 2015 à 13h32

    @Laura.R peut-être devrais-tu contacter @Amy, notre nouvelle Orchestreuz ? :hesite:

    @Crazy à partir du moment où on te demande de céder tes droits (concrètement, tu ne peux pas être sur lulu.com ET sur édilivre), c'est de l'édition.

    Après la question reste : auto-édition à compte d'éditeur ou d'auteur ?

    - Dès qu'on te demande une avance (comme publibook), c'est du compte d'auteur et les mauvaises surprises sont de mise.

    - Si comme chez édilivre ou lulu.com seules certaines options sont payantes, alors c'est de l'auto-édition à compte d'éditeur.

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