Tout savoir sur la contraception, quand tu débutes ta vie sexuelle

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Martin Winckler, médecin et écrivain, vous offre ce guide pratique sur la contraception. Il est à destination des jeunes femmes qui débutent leur vie sexuelle, et à toutes celles et ceux qui désirent en apprendre un peu plus à ce sujet !

Tout savoir sur la contraception, quand tu débutes ta vie sexuelle
Dans les coulisses...Le 21 février dernier, Martin Winckler, médecin et écrivain, auteur notamment du roman Le Chœur des femmestweetait cet article du New York Times.

Il s’agissait d’une revue détaillée et pratique de toutes les contraceptions qui existent, à destination des adolescent·es qui débutent leur vie sexuelle.

Ni une ni deux, madmoiZelle a glissé dans ses DM pour lui proposer de publier une version française d’un tel article, que le médecin se proposait d’écrire. Il a dit OK !

Découvrez ci-dessous l’article que Martin Winckler a écrit pour présenter les différentes contraceptions d’aujourd’hui.

La contraception pour les débutant·es,
par Martin Winckler

Ce texte s’adresse principalement aux femmes de tous les âges qui débutent leur vie sexuelle et aimeraient éviter de se retrouver enceintes.

Et je dis de tous les âges, parce qu’il n’y a pas d’âge « normal » pour commencer son activité sexuelle, lorsque c’est un choix personnel et non une activité imposée.

Bien sûr, les propos que je tiens ici ne sont pas réservés aux femmes qui « débutent leur sexualité et veulent éviter de se retrouver enceintes ».

Toutes les femmes, quelle que soit leur situation, leur orientation ou leurs préférences sexuelles sont invitées à lire cet article, ne serait-ce que pour transmettre l’information à d’autres femmes.

Et si vous êtes un homme, ne vous abstenez pas non plus : il ne faut pas mourir idiot. Plus vous en savez, vous aussi, mieux ce sera pour tout le monde.

Et donc :

« Vous avez mûrement réfléchi, vous avez pris votre décision et vous allez voir votre généraliste ou votre sage-femme de quartier pour leur demander une contraception. »

Je dis généraliste et sage-femme et non « gynécologue » parce qu’il y a beaucoup plus de médecins généralistes (MG) et de sage-femmes (SF) que de spécialistes. Traditionnellement, les généralistes ont toujours été plus faciles d’accès que les spécialistes.

Depuis quelques années, les SF peuvent elles aussi prescrire toutes les méthodes contraceptives, et beaucoup s’y sont mises avec enthousiasme. Je ne détaille pas plus, vous trouverez des liens à la fin de ce texte.

Deux préalables qui vont sans dire, mais qui vont encore mieux en le disant :

  • Le fait que vous utilisiez une contraception ne veut en aucun cas dire que vous vous mettez « à la disposition » d’un partenaire éventuel.
    La contraception a pour but de vous libérer du risque de grossesse, pas de vous enchaîner à la libido des hommes.
  • La contraception vous met à l’abri d’une grossesse, pas de la violence.

N’oubliez pas que si on essaie de vous imposer des relations sexuelles, c’est une violence – même si vous ne courez pas de risque d’être enceinte.

Lorsque vous ne vous sentez pas en confiance et en sécurité, vous êtes toujours en droit de refuser une interaction sexuelle.

Personne n’a jamais le droit de vous y contraindre – pas même par persuasion, en vous demandant de le faire « par amour ».

Quelques principes fondamentaux de la contraception

  • C’est à vous de choisir votre méthode, pas au médecin, à la sage-femme ou à quiconque.

Quand un·e professionnel·le de santé vous déconseille une méthode ou vous en vante une autre, il faut que ce soit avec des arguments scientifiques et non par des arguments du type : « Moi qui sais, je vous dis que ».

Un⋅e bon⋅ne professionnel⋅le n’impose jamais son point de vue.

  • Pour choisir, il faut être informée !

Alors n’hésitez jamais à poser des questions, à consulter des sites d’information comme choisirsacontraception.fr en France ou Le sexe et moi au Canada (mais en français.)

  • L’efficacité d’une méthode est importante, mais la manière dont on s’en sert compte beaucoup.

Les préservatifs bien utilisés par et avec un partenaire avec qui on s’entend peuvent être une excellente méthode. Une pilule qu’on oublie ou qu’on tolère mal est une mauvaise méthode.

  • La meilleure méthode pour vous est celle qui est la plus confortable pour vous.

L’expérience des autres mérite d’être écoutée, mais elle ne prédit en rien la vôtre.

Vous êtes en droit d’essayer n’importe quelle méthode, quoi qu’en disent les autres utilisatrices. Vous êtes en droit d’en essayer plusieurs. Vous êtes en droit de changer de méthode quand vous voulez.

  • À moins qu’elle ne représente un risque vital démontré et immédiat (ce qui est rare), ne laissez pas un médecin vous convaincre de changer votre contraception si vous la supportez bien et si elle n’entrave pas votre sexualité.
  • Tout symptôme qui survient de manière durable après la mise en route d’une contraception doit être examiné soigneusement.

Il n’est peut-être pas dû à la contraception, mais ça ne veut pas dire qu’il faut le traiter par le mépris. Si ce symptôme vous gêne, envisagez de changer temporairement de méthode, pour voir s’il persiste ou disparaît.

La première fois, les méthodes naturelles et le retrait : attention !

  • On peut se retrouver enceinte la première fois qu’on a un rapport hétérosexuel et on peut se retrouver enceinte même si on n’a pas des règles régulières.
  • On peut se retrouver enceinte en ayant des relations juste avant ou juste après les règles. En effet, l’ovulation peut se produire n’importe quand entre le 5e et le 25e jour du cycle, et les spermatozoïdes survivent 5 jours dans les trompes…
  • On peut se retrouver enceinte même si le partenaire « se retire ».

Certains hommes, jeunes ou plus âgés, peuvent chercher à vous rassurer en disant « Pas besoin de préservatif, je ferai attention ». Autrement dit : « Je me retirerai de ton vagin avant d’éjaculer ».

Ne les croyez pas ! Et non, ce n’est pas une question de confiance, mais de physiologie : l’éjaculation est un réflexe. Elle n’obéit pas à la volonté. Elle se produit le plus souvent sans que l’homme puisse la contrôler ou l’anticiper.

Le retrait n’est une méthode envisageable que pour un couple qui s’entend et se connaît bien depuis longtemps. Ce n’est pas une méthode de débutant·es.

  • Pour les mêmes raisons, les méthodes dites « naturelles » (qui consistent à n’avoir des relations sexuelles que pendant les périodes « sans risque ») ne sont pas utilisables hors d’une relation régulière entre deux partenaires qui se connaissent bien.

Les méthodes de contraception occasionnelles (de dépannage)

Premier conseil : ayez toujours des préservatifs masculins chez vous et sur vous. Si vous avez des relations avec les hommes, il est important qu’ils contribuent à réduire le risque des grossesses que vous courez. 

De plus, même si vous utilisez une autre méthode, il peut arriver que vous ayez tout de même besoin d’utiliser des préservatifs. Et si ça ne vous sert pas à vous, ça peut servir à une copine ou à un copain qui n’auraient pas de contraception…

Premier conseil, bis : apprenez à poser un préservatif. Deux précautions – et deux personnes qui savent faire – valent mieux qu’une.

Ici, une vidéo qui vous montre comment faire :

Les préservatifs sont particulièrement recommandés si vous avez des rapports hétérosexuels pour la première fois avec quelqu’un que vous ne connaissez pas ou qui est susceptible d’avoir d’autres partenaires que vous, ou si vous-même avez plusieurs partenaires, ce qui est votre droit le plus strict.

C’est la seule méthode qui vous protège aussi d’une éventuelle IST (infection sexuellement transmissible).

L’avantage des préservatifs, c’est que vous pouvez toujours les utiliser, que vous ayez ou non déjà une autre contraception. Et deux précautions valent mieux qu’une.

Alors, me direz-vous, pourquoi ne pas utiliser seulement des préservatifs ?

Parce que c’est une bonne méthode pour éviter les infections sexuellement transmissibles, mais une moins bonne méthode contraceptive ; une méthode qui demande beaucoup de manipulations est moins fiable qu’une méthode qui n’en demande aucune.

Les préservatifs peuvent être inefficaces s’ils sont mal portés, s’ils glissent, si on les perfore d’un coup d’ongle par mégarde, etc.

De plus, une petite proportion des partenaires que vous êtes susceptible de rencontrer est potentiellement porteuse d’une IST, alors que 95% de ces partenaires possibles peuvent fertiliser vos ovocytes !

Par ordre de probabilité, le premier risque d’un rapport hétérosexuel, c’est la grossesse, pas l’IST.

Deuxième conseil : ayez toujours à votre disposition une boîte de contraception d’urgence (nom de marque : Norlevo). Pour les mêmes raisons que plus haut, et aussi parce que parfois, un préservatif est mal mis ou glisse quand votre partenaire se retire, etc.

Si vous êtes mineure, vous pouvez obtenir du Norlevo gratuitement auprès d’une infirmière scolaire ou en pharmacie.

Certain⋅es pharmacien⋅nes ne veulent cependant pas de délivrer du Norlevo à l’avance, à des femmes qui n’ont pas encore eu de relation sexuelle – ce qui est aussi stupide que de dire « Je te vendrai des préservatifs quand t’auras déjà eu des rapports » – mais la plupart du temps, on ne vous la refusera pas car on n’a pas le droit de vous la refuser.

(NB : si le Norlevo vous a été prescrit par un médecin ou une sage-femme, vous pourrez vous le faire rembourser, mais si vous êtes majeure, vous n’avez pas besoin d’ordonnance pour l’acheter. )

Le Norlevo est d’autant plus efficace qu’il est pris très tôt après le rapport sexuel à risque (efficacité maximale dans les 72 heures). Au-delà de 72h, son efficacité n’est pas nulle, mais elle n’est plus que de 50%.

Il a des effets secondaires, peu fréquents mais qu’il faut connaître, en particulier : des saignements peu de temps après la prise, ou, au contraire, un retard de règles.

Par conséquent, si vous n’avez pas eu de règles dans les 3 semaines qui suivent la prise de Norlevo, ça n’est pas nécessairement le signe d’une grossesse qui se poursuit, mais il vaut mieux faire un test de grossesse et, s’il est négatif, le répéter 10 jours plus tard.

Et bien sûr, il faut se protéger pendant tout ce temps (ou s’abstenir de rapports…)

Contrairement à ce que disent certains médecins, il n’est pas dangereux d’utiliser du Norlevo deux ou trois fois dans le mois, ça ne mettra pas votre vie ou votre santé en danger.

Mais si vous êtes conduite à utiliser du Norlevo plusieurs fois dans le mois, vous devriez envisager une méthode permanente, vous aurez l’esprit plus tranquille.

Et les préservatifs féminins, alors ?

Ils ne sont pas très faciles à utiliser, ils coûtent assez cher, mais il est bon de savoir qu’ils existent et certaines femmes s’en servent avec satisfaction.

C’est une méthode qui nécessite la coopération active d’un partenaire qu’on connaît bien, alors ce n’est peut-être pas une bonne méthode pour débuter. (Mais encore une fois, vous avez le droit d’essayer si vous voulez.)

À lire aussi : Les préservatifs masculin & féminin expliqués en tutos vidéos !

Les méthodes permanentes (dans l’ordre d’efficacité décroissante)

Une méthode est efficace à 99% quand, au bout d’un an, 99/100 des utilisatrices de cette méthode ne sont pas enceintes.

Les méthodes permanentes appartiennent à deux catégories : hormonales (implant, SIU hormonal, pilules, « patch », anneau vaginal) et non hormonales (DIU au cuivre, diaphragme, préservatifs, cape cervicale, spermicides)

Les méthodes hormonales de contraception agissent de deux manières : 

  • En mettant le corps en « mode grossesse »

Le cerveau perçoit les hormones dans le sang, en « déduit » qu’une grossesse est en cours et met l’ovulation en sommeil.

Mais de ce fait, les utilisatrices de méthodes hormonales peuvent avoir des symptômes similaires à ceux d’une grossesse, en particulier : gonflement douloureux des seins et faim plus grande, parfois prise d poids, diminution du désir.

  • En modifiant les sécrétions du col de l’utérus – ce qui les rend moins facilement « pénétrables » par les spermatozoïdes.

Parmi toutes les méthodes hormonales, les pilules progestatives « microdosées » (les plus anciennes) ne mettent pas toujours l’ovulation en sommeil, ce qui explique qu’il soit préférable de ne pas les utiliser avant 30 ans, car elles ne suffisent pas toujours.

Les méthodes non hormonales agissent en inactivant les spermatozoïdes (DIU au cuivre, spermicides) ou en les empêchant de passer (préservatifs, diaphragme, cape cervicale et ligature des trompes).

L’implant contraceptif

  • Nom de marque : Nexplanon
  • Méthode hormonale
  • Efficacité : 99,9 %
  • Remboursé par la sécu

C’est un réservoir de progestatif (une hormone sexuelle contraceptive) long comme une allumette, mais plus fin et souple (c’est du plastique).

Le médecin ou la sage-femme le glisse sous la peau de l’avant-bras, en général juste au-dessus du coude, au moyen d’une seringue spéciale.

Attention : avant la pose, on DOIT vous prescrire un anesthésique local, soit sous la forme d’un timbre ou de crème « Emla », à appliquer sur la zone de l’insertion une heure avant la consultation, pour endormir la peau.

NB : Toute personne qui veut vous insérer un implant sans anesthésie locale est une brute en blanc et mérite que vous lui envoyiez son plateau à la figure.

De même, certain⋅es gynécologues refusent de (ou rechignent à) retirer les implants. C’est pourtant leur boulot.

Et vous avez le droit de le faire retirer quand vous voulez. On n’a pas à vous « recommander » de le garder « pour être plus tranquille ».

Une contraception, ça doit être aussi confortable que possible, et ça n’est jamais confortable si c’est imposé.

  • Avantages de l’implant contraceptif 

Son efficacité est très grande, car il bloque totalement le cycle et l’ovulation. Le risque de grossesse est donc proche de zéro.

Il est discret ; efficace pendant au moins 3 ans ; le site de Planned Parenthood (le Planning familial international) affirme qu’on peut le laisser en place jusqu’à 4 ans, par conséquent vous n’êtes pas à trois mois près pour le faire changer.

Vous pouvez en faire placer un autre au même endroit (on vous enlève le premier pour mettre le second, toujours sous anesthésie locale) et vous voilà tranquille pour 3 ans et quelques de plus.

  • Inconvénients de l’implant contraceptif (qui ne concernent pas toutes les utilisatrices, mais qu’il faut connaître)

L’hormone de l’implant peut accentuer une acné préexistante ; si vous avez de l’acné, et si vous voulez tout de même un implant, préparez-vous à ce que votre acné s’aggrave et nécessite un traitement plus agressif.

Il peut donner des troubles du cycle, comme toutes les méthodes qui contiennent seulement des progestatifs ; certaines femmes n’ont pas de règles ; d’autres des règles imprévisibles ; d’autres des saignements répétés.

Malheureusement, il n’est pas possible de prédire lesquels vous risquez d’avoir.

25 à 30% des utilisatrices abandonnent l’implant au bout d’un an en raison de ce type d’effets secondaires. Mais 70 à 75% le conservent.

Il arrive que certaines femmes prennent du poids avec un implant, car sous contraception hormonale, le corps se met en « mode grossesse » ; d’autres ont très mal dans les seins, comme si elles étaient enceintes.

Tous ces effets secondaires sont réels, ils ne sont pas dans votre tête, il arrive qu’ils disparaissent ou s’atténuent au bout de quelques semaines ou quelques mois, mais s’ils persistent et si vous les tolérez mal, ils justifient que vous alliez faire retirer l’implant et optiez pour une autre méthode.

Comme toutes les méthodes hormonales, l’implant peut entraîner des modifications de la libido ; autrement dit, vous pouvez avoir le sentiment que vous avez beaucoup moins de désir avec l’implant que vous n’en aviez avant…

Bien sûr, il y a de nombreuses raisons d’avoir moins de désir, mais c’est un effet secondaire possible.

Le DIU-Cu ou le SIU

  • Dispositif intra-utérin ou « stérilet au cuivre »
  • Beaucoup de marques différentes
  • Méthode NON hormonale
  • Efficacité : 99,5%
  • Remboursé par la sécu

À lire aussi : Le stérilet (ou DIU) : les madmoiZelles témoignent

  • Système intra-utérin ou « stérilet hormonal »
  • Noms de marque : Mirena et Jaydess
  • Méthode hormonale
  • Efficacité : 99,9%
  • Remboursé par la sécu.

Leur efficacité est comparable à celle d’un implant.

  • Inconvénient des deux méthodes

Ils sont placés dans l’utérus et doivent être insérés par un⋅e SF ou un⋅e MG qui en a l’habitude.

Choisissez de préférence quelqu’un qui n’utilise pas de pince de Pozzi et qui pratique la pose « en floraison », deux précautions qui rendent la pose d’un DIU quasi indolore.

Demandez-leur explicitement s’ils ou elles pratiquent ces deux méthodes. La méthode de pose en floraison est expliquée partout sur des vidéos YouTube…

  • Avantages du DIU

Il ne contient pas d’hormones. Vous aurez votre cycle naturel. Il peut être gardé… 10 ans ! (Les boîtes indiquent parfois 5 ans, mais le cuivre agit beaucoup plus longtemps que ça.)

Et oui, contrairement à ce que disent encore de trop nombreux professionnels de santé, on peut parfaitement utiliser un DIU même si on n’a jamais été enceinte !

  • Inconvénients du DIU

Si vous avez des règles irrégulières et abondantes, vous continuerez à en avoir avec un DIU. Mais vous pouvez diminuer le flux (et les crampes) en prenant de l’ibuprofène (Advil, etc.) les deux premiers jours des règles.

Si vous avez un cycle irrégulier, ça ne changera pas votre cycle. Mais avec un DIU, la probabilité qu’un retard de règles soit dû à une grossesse est infinitésimale. Alors que sans DIU…

  • Avantages du SIU

Pour les femmes qui ont des règles irrégulières, abondantes et très douloureuses, un SIU peut être un grand progrès.

Il diminue le flux et les contractions de l’utérus, ce qui permet d’avoir des règles beaucoup moins abondantes (parfois quasi inexistantes) et, surtout indolores !

Et comme précédemment, on peut parfaitement utiliser un SIU même si on n’a jamais été enceinte.

  • Inconvénients du SIU

Comme toute méthode hormonale, il peut suspendre les règles complètement (ce qui n’est pas dangereux, mais certaines utilisatrices le tolèrent bien, d’autres pas), provoquer des saignements intermittents ou durables (ce qui est parfois très pénible), faire prendre du poids (chez un petit nombre de femmes, mais on ne sait pas à l’avance qui), diminuer le désir sexuel (idem).

Les pilules contraceptives

  • Nombreuses marques
  • Méthode hormonale
  • Efficacité : entre 90 et 95% en fonction de l’utilisation
  • Pas toutes remboursées

Il y a deux types de pilules : la pilule progestative (qui contient un progestatif) et la pilule combinée (qui contient un progestatif et un estrogène).

Le plus souvent, c’est une pilule combinée qu’on prescrit aux jeunes femmes.

Comme première pilule, demandez qu’on vous prescrive une pilule de 2e génération (une des plus anciennes) car les pilules des générations suivantes (3e et 4e) font courir un risque un peu plus élevé de complication vasculaire.

Or, les accidents vasculaires se produisent pendant les 18 premiers mois d’utilisation.

  • Avantages des pilules contraceptives

Certaines pilules combinées sont remboursées (vous êtes en droit d’exiger qu’on vous prescrire une pilule qui l’est) et faciles à prendre : classiquement prises 21 jours suivies par une « semaine d’arrêt » de 7 jours pendant laquelle l’utilisatrice saigne.

Ces saignements ne sont pas des règles, ils n’ont aucune utilité et la semaine d’arrêt est la cause des échecs de pilule.

Si vous voulez être vraiment tranquille, prenez votre pilule en continu. Vous augmenterez son efficacité contraceptive, et ce n’est pas dangereux.

  • Inconvénients des pilules contraceptives

Les pilules combinées (contenant des estrogènes) sont les seules méthodes contraceptives susceptibles (rarement, mais tout de même) de provoquer un problème cardio-vasculaire : phlébite (caillot dans un mollet), embolie pulmonaire (caillot dans une artère pulmonaire) accident vasculaire cérébral.

Il est très important que la personne qui vous prescrit une pilule vous explique les symptômes de ces complications rares pour que vous cessiez immédiatement de prendre votre pilule et consultiez un médecin si ces symptômes apparaissent.

Si jamais vous faisiez une phlébite, vous ne pourriez plus utiliser de pilule combinée (contenant un estrogène), mais vous pourriez utiliser une pilule progestative, un implant, un SIU, un DIU.

  • Si vous avez de l’acné…

Depuis une trentaine d’années, les industriels ont mis sur le marché des « pilules pour traiter l’acné ». (Diane 35 et Jasmine/Jasminelle et leurs génériques).

Malheureusement, ces médicaments ont inconvénients importants : le risque d’un accident vasculaire (phlébite, embolie) est plus grand. 

L’acné réapparaît à l’arrêt de ces pilules, elles ont un effet anti-androgène et diminuent le désir sexuel… Demandez qu’on vous prescrive une autre marque que celles-là.

Pourquoi est-ce que les pilules sont moins efficaces que l’implant, un DIU ou un SIU ?

En gros, pour deux raisons :

  • On peut les oublier (alors qu’un implant reste en place ; un DIU ou un SIU peuvent être expulsés, mais s’ils sont bien insérés le sont rarement)
  • Leur efficacité peut être diminuée par des médicaments (en particulier certains médicaments de l’épilepsie ou de la douleur). Celle de l’implant peut l’être aussi, celle du DIU et du SIU ne l’est jamais.

L’anneau vaginal

  • Nom de marque : Nuvaring
  • Méthode hormonale.
  • Efficacité : 91%
  • Non remboursé

C’est une méthode efficace similaire à la pilule. L’anneau vaginal contient deux hormones, mais celles-ci sont absorbées par la paroi vaginale.

Il n’est pas difficile à poser, mais demande un peu d’entraînement.

On le garde trois semaines et on l’enlève la quatrième semaine, mais il peut être gardé 4 semaines et être changé pour un autre anneau la semaine suivante. Dans ce cas, vous n’aurez pas de règles et votre ovulation sera suspendue en permanence.

  • Avantages de l’anneau vaginal

Efficace, facile à utiliser, discret. On peut le garder 4 semaines et enchaîner sur un autre anneau, ce qui supprime les règles (et augmente l’efficacité).

  • Inconvénients de l’anneau vaginal

Coûteux (car non remboursé). Parfois inconfortable à porter, il peut provoquer des effets secondaires importants (gonflement des seins, nausées) en raison de la rapidité d’absorption des hormones à travers la paroi du vagin.

Par ailleurs, les risques cardio-vasculaires sont ceux de toutes les méthodes contenant des estrogènes (pilule combinée ou patch)

Le patch contraceptif

  • Nom de marque : Evra
  • Méthode hormonale
  • Efficacité : 91%
  • Non remboursé

C’est un timbre qu’on porte sur la peau, et qu’on change une fois par semaine. Il contient une deux hormones, comme une pilule « combinée ». Il est aussi efficace qu’une pilule ou un anneau vaginal.

  • Avantages du patch contraceptif

Relativement discret, facile à utiliser et efficace.

  • Inconvénients du patch contraceptif

Il est coûteux car non remboursé et beaucoup moins discret l’été que l’hiver. Il peut se décoller si vous prenez des douches souvent et peut être irritant pour la peau.

Par ailleurs, les risques cardio-vasculaires sont ceux de toutes les méthodes contenant des estrogènes (pilule combinée ou anneau vaginal).

Le préservatif masculin

  • Méthode non hormonale
  • Efficacité : 70 à 80%
  • Non remboursé (mais gratuit pour les mineur⋅e⋅s dans les centres de planification publics hospitaliers et les antennes du Mouvement français pour le Planning familial)

Il n’est pas scandaleux, quand on a des rapports sexuels peu fréquents et peu réguliers, d’utiliser seulement des préservatifs comme contraception habituelle.

Mais comme je l’ai dit plus haut, cela nécessite que votre partenaire s’en serve de manière très soigneuse — et que vous participiez, par exemple en l’aidant à le mettre et en l’aidant à se retirer sans que le préservatif ne s’enlève !

Comme une méthode qu’on manipule est plus sujette à erreurs qu’une méthode qu’on ne manipule pas, le risque d’échec est plus grand qu’avec l’implant, un DIU ou le SIU ou une pilule.

Mais quand on n’a rien d’autre sous la main, il ne faut surtout pas mésestimer les préservatifs.

La ligature des trompes

  • Méthode non hormonale définitive
  • Prise en charge par la sécu

Même si la pression familiale et sociale intime le plus souvent aux femmes d’avoir des enfants (et aux hommes aussi, mais dans une moindre mesure), toutes les femmes n’en ont pas le désir. 

En 2018, qu’on soit une femme ou un homme, il peut y avoir de nombreuses raisons personnelles, éthiques ou écologiques de ne pas avoir d’enfants. Et ces raisons sont tout aussi valides que celles d’en avoir.

Si vous voulez en savoir plus sur le mouvement « childfree » (« sans enfant par choix ») lisez ceci.

Dans les pays scandinaves, au Royaume-Uni, au Canada ou aux États-Unis, il n’est pas considéré comme « anormal » (ou « asocial ») de ne pas avoir d’enfant et de ne pas en vouloir et la stérilisation volontaire est légale depuis les années 70 ou 80.

Depuis 2001, c’est également le cas en France.

La loi stipule qu’une personne majeure (donc, âgée de 18 ans) peut demander une vasectomie (stérilisation masculine) ou une ligature de trompes (stérilisation féminine) avec pour seule autre condition un délai de 4 mois de réflexion.

Comme la contraception ou le fait d’avoir des enfants, le choix de ne pas en avoir devrait être respecté par tou·te·s.

En France, malheureusement, il ne l’est pas… par les médecins. Si vous optiez un jour pour une stérilisation volontaire, il n’est pas inutile de savoir un certain nombre de choses. Voici un lien qui vous en apprendra plus.

Merci de votre attention.

Pour aller plus loin...

Pour en savoir plus sur la contraception et la sexualité :

Trouver un médecin ou une sage femme 

Une lecture recommandée :

Mon Guide Gynéco par Agnès Ledig et Teddy Linet.

Un grand merci à Martin Winckler pour son article !

Qui est Martin Winckler ?

Martin Winckler a été médecin généraliste dans la Sarthe entre 1983 et 2008 et a travaillé pendant 25 ans au centre de planification et d’IVG de l’hôpital du Mans.

Il est également connu pour ses livres, en particulier Le Chœur des femmes.

Ce roman, publié en 2009, raconte l’histoire d’un interne en gynécologie qui doit apprendre auprès d’un médecin très à l’écoute du bien-être de ses patientes, le Dr Marc Zaffran.

Martin Winckler milite pour un corps médical plus humain et sensibilise l’opinion publique à la maltraitance médicale, notamment à travers ses essais et ses ouvrages.

Il reproche à l’ensemble du secteur médical de ne pas être assez attentif à la santé des femmes.

Il tient un blog sur lequel on trouve plein d’informations et de ressources autour de la contraception.

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Martin Winckler


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Commentaires
  • Jonc-Quille
    Jonc-Quille, Le 24 mars 2018 à 16h32

    Coucou,

    Mon commentaire est très long, je ne m’en suis pas vraiment rendre compte en l’écrivant. Mais il me tenait à cœur de raconter mon expérience avec le stérilet au cuivre, en tant que jeune fille tout juste majeure et nullipare. J’ai l’espoir que mon témoignage puisse être utile à quelqu’un.

    Spoiler: Ne pas citer svp

    Pour résumer, si la pilule vous convient c’est parfait. Mais si cela ne vous convient pas, n’hésitez pas à demander un autre moyen de contraception. Sauf en cas de contrindications liées à un problème de santé, toutes les femmes peuvent porter un stérilet, mêmes les nullipares, même les mineures, et quoi que l’on vous dise. Si vous ne trouvez pas de gynécologue qui accepte de vous en poser, n’hésitez pas à vous rendre au Centre de planification familiale le plus proche de chez vous. Vous y trouvez un service discret, bienveillant, ouvert d’esprit, compétant et gratuit. La contraception est l’une des activités principales des Centres de planification familiale, ils ont donc l’habitude de poser des stérilets à des jeunes filles et utilisent des techniques de pose qui ne sont pas douloureuses.

    Désolée pour ce commentaire un peu long, j'espère qu'il aura pu être utile. ^^

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