Ces codes improbables de la mode d’autrefois

Au Moyen-Âge ou à la Renaissance, le monde de la mode avait des goûts plutôt particuliers.

« Ne mélange pas plus de trois couleurs », « ne porte pas de couleurs vives à un enterrement », « ne travaille pas en tongs dans un restau »… Que tu le veuilles ou non, ta tenue quotidienne est souvent soumise à la pression de tout un tas de codes plus ou moins justifiés, et tu peux avoir la sensation que la police de la mode te regarde avec les yeux d’un poisson sous conjonctivite.

Ou ceux-là. C’est selon.

Mais il y a à peine quelques siècles, la tendance était encore plus codifiée qu’aujourd’hui, et les looks imposés parfois complètement secoués de la ciboulette. En fin de compte, tu as peut-être échappé au pire en pointant le bout de ton nez à la fin du XXème siècle. Pour te remonter le moral, zoom sur ces diktats de la mode d’antan qui nous semblent complètement effarants aujourd’hui.

Pour un teint garanti ultra-mortel

Edward Cullen n’a pas seulement fait fondre la culotte de toutes les ados des années 2000. Au XIXème siècle, son teint de cadavre à paillettes aurait été hyper tendance, si toutefois il avait été une femme. Remarque qu’avec des « si », on mettrait Marseille dans une bouteille de pastis.

Toujours est-il que dans les années 1800 et des brouettes, la mode pour ces dames est d’avoir l’air le plus maladif possible, au bord de l’asphyxie. La trouble du moment s’appelle la chlorosis, ce qui signifie « pâle fleur » et qui consiste à crever d’amour ou d’ennui. Les stars de la littérature sont Emma Bovary ou la Dame aux Camélias, deux nanas super fun qui suent la tristesse. En pleine époque romantique, entre 1820 et 1840, le but pour les femmes est d’avoir la peau aussi blanche que de la lessive, et des cernes de panda bien marquées.

Pour paraître fragile et féminine, l’astuce est de se filer des aigreurs d’estomac en buvant du citron et du vinaigre. Et pour avoir les yeux revolver, rien ne vaut les insomnies forcées. Bref, si tu avais la gastro au XIXème siècle, ça faisait de toi quelqu’un d’extrêmement classe. Pratique.

À la pêche aux mouches-mouches-mouches

Si tu as la phobie des insectes, sache qu’une mouche n’a pas toujours été un diptère avec une prédilection pour la bouse de vache. Sous la monarchie absolue, elle désignait un faux grain de beauté en mousseline ou en velours noir que tu collais sur ton visage pour que ta couenne paraisse plus blanche que blanche.

J’avoue ne pas comprendre l’intérêt de se rajouter des points noirs sur la tronche alors que maintenant on a un mal fou à éradiquer l’acné juvénile avec pour seul allié le Biactol.

Pour un look à la pointe, ta mouche se porte en général à côté de la bouche ou sur le décolleté. Mais tout cela se passe au XVIIIème siècle, il faut donc systématiquement que la déco ait une signification.

Comme la couleur des bracelets en soirée étudiante, l’endroit où tu places ton petit point noir va signaler à ton interlocuteur si tu es plutôt réchauffée de la fesse ou collet monté. Près de l’oeil, c’est « l’assassine », sous la lèvre, « la friponne », sur le nez « l’effrontée ». Pour un effet plus funky, tu peux trouver aussi des mouches en forme d’étoile, de lune ou de fleurs.

Les platform shoes du futur antérieur

Côté pédestre, le must de la chaussure qui te défonce le dos et les talons n’a pas toujours été l’escarpin de douze centimètres. Entre le XVème et le XVIIème siècle à Venise, les godasses qui font vibrer les riches aristocrates s’appellent les chopines. Elles ressemblent à des mules plateformes qui auraient mangé le trésor de la caverne d’Ali Baba. Pour un effet bien bling-bling, elles sont recouvertes de cuir ou de velours, et de moult pierres précieuses.

À la base, elles ont une grosse semelle pour protéger les petons de la boue. Par la suite, pour se la péter un maximum et pour se poser en société, le but est d’avoir les chaussures les plus hautes possible. Les modèles au top de la mode montent jusqu’à 75 centimètres de hauteur : autant dire que ce sont de véritables échasses.

Comme tu peux t’en douter, de tels engins ne sont pas follement pratiques pour gambader dans les rues et leur porteuses ont une démarche proche de celle de Bambi au moment de sa naissance. Non seulement les touristes accourent de tous les côtés de la Méditerranée pour s’offrir le spectacle de ces nanas qui s’accrochent au bras de leur accompagnateur pour garder l’équilibre, mais en plus on soupçonne les chopines d’encourager les chutes sur le trottoir et donc les fausses couches.

Chou-bidou-bidou wah !

Contrairement aux apparences, au Moyen-Âge, certains de tes petits complexes auraient pu devenir de gros et rebondis atouts. Ton ventre un peu gonflé, par exemple, aurait eu son heure de gloire au temps de Godefroy de Montmiraille.

La silhouette féminine qui avait la classe chez les chevaliers badass était du genre légèrement disproportionnée. Allez, toutes ensemble : la tête penchée, la poitrine rentrée, les hanches et le bide en avant. Et oui, malgré ce que raconte Victor Hugo, Quasimodo n’a pas dû avoir tant de mal que ça à se trouver une compagne.

Et si jamais tu as le malheur d’avoir le ventre plat, ne t’inquiète pas, il est tout à fait possible d’en rajouter une couche pour faire croire au monde entier que tu es enceinte jusqu’à la racine des cheveux.

Au XIIIème siècle, il te suffit de glisser sous ta robe de petits sacs de tissus rembourrés. Finalement, cette technique est un peu l’ancêtre de nos bonnets de soutifs molletonnés, il n’y a que l’endroit qui change. (Pour encore plus de WTF moyen-âgeux, je t’invite à relire ce papier.)

Maman, j’ai pris la grosse tête

Au XVIIIème siècle, le métier d’avenir par excellence, c’était perruquier ou coiffeur. Une bon plan en culture générale à ressortir aux repas de famille du dimanche, quand ta grand-tante aigrie se moquera de ta cousine qui a enchaîné un BTS esthétique après son master de droit civil.

Bref, la tendance était au cheveu choucrouté et volumineux, et il ne fallait surtout pas que ces dames puissent passer les portes trop facilement, histoire de créer un peu plus de suspense que les potins locaux dans les salons mondains. La star de l’époque, en France, est un coiffeur du nom de Léonard. En pleine période rococo, il met à l’honneur la chevelure de ces dames avec des gazes et des chiffons pour leur donner de la densité. Comme dans la pub Axe, le principe est que plus t’en mets, plus t’en as.

Léonard est l’inventeur de plusieurs coupes ultra-célèbres et extrêmement acrobatiques pour les cervicales féminines. Sous ses ciseaux de fée, tu peux opter pour la coiffure à la monte-au-ciel, la coiffure loge d’opéra qui te donne l’air de Marge Simpson, ou la coiffure en pouf qui mélange un peu tout ce qu’on a trouvé dans le coin : des plumes, des bijoux, des rubans, des papillons, des oiseaux et des raviolis (cherchez l’intrus dans cette liste).

Au lieu de couper tous ces tifs qui commencaient à devenir sérieusement encombrants, les designers du XVIIIème siècle ont agrandi les voitures pour que les dames n’abîment pas leurs savants agencements capillaires. Voilà une conception de l’ergonomie d’une autre époque, assurément.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Freehug
    Freehug, Le 13 octobre 2013 à 18h36

    En même temps, à notre époque, pour ne donner qu'un exemple, c'est la mode des gros seins sur des silhouettes filiformes. Donc, certaines femmes qui ne ressemblent pas naturellement à ça (ben tiens) s'affament et se rendent dans des endroits où on leur découpe la poitrine pour y glisser des sacs remplis d'une matière plastique fabriquée avec des produits chimiques, avant de les recoudre. Voilà.

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