Comment une séance de BDSM m’a aidée à niquer mes complexes

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Le BDSM peut avoir des vertus inattendues. Comme... aider qui le pratique à accepter son corps et à envoyer valser ses complexes !

Comment une séance de BDSM m’a aidée à niquer mes complexes

— Publié le 7 juin 2016

J’ai fait un bon bout de chemin vers l’acceptation de mon corps tel qu’il est, avec ses parties que j’aime, et celles que j’aime moins. Je kiffe mon grain de beauté sur la joue, mes lèvres pleines et mes petites mains ; je complexe sur mes seins, mes cuisses qui se touchent et mes bras tout mous.

Ce que je n’avais pas imaginé, c’est qu’une séance de BDSM m’aiderait à me trouver plus belle.

Ça ne m’empêche pas de me mettre en mini-short, d’aller à la piscine ou de faire l’amour en pleine lumière. Je n’ai pas appris à tout aimer, mais j’ai appris à faire la paix avec tout. Par contre, ce que je n’avais pas imaginé, c’est qu’une séance de BDSM m’aiderait à me trouver plus belle.

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Rappel pour les non-initié•es : le BDSM (pour bondage et discipline, domination, soumission & sado-masochisme) regroupe diverses pratiques sexuelles plus ou moins vénères. On peut le pratiquer au creux de l’oreille ou avec une douzaine d’accessoires coûteux, c’est chacun•e son style.

Je suis du côté soumise de la Force.

Dans mon cas, comme beaucoup de femmes (socialisation genrée oblige), je suis du côté soumise de la Force : ce qui me fait décoller, c’est d’obéir, de m’abandonner et de prendre des baffes.

Eh, ça s’explique pas, hein.

À lire aussi : Une après-midi en club BDSM, entre menottes et latex

Escapade à BDSM-land, deux jours d’arrêt

J’ai trempé mon premier orteil dans la sexualité BDSM il y a pas mal d’années maintenant, mais ça faisait un moment que je n’avais pas eu l’occasion de le pratiquer. Mes derniers partenaires ne mangeaient pas de ce pain-là et ça n’a aucun intérêt de recevoir une bonne fessée si ça ne fait pas kiffer la personne qui l’administre.

C’était parti pour deux jours de luxure avec des coups de ceinture dedans, et j’étais une boule d’impatience.

Il se trouve qu’au gré de mes rencontres et de ma technique de drague extrêmement subtile (qui consiste à demander à un mec que j’aime bien : « Au fait, on se pécho ? »), je me suis retrouvée un samedi matin, en petite robe et nerveuse comme pas deux, à attendre un jeune homme pour le week-end.

En me renseignant à son sujet, j’avais appris qu’il était plutôt très dominant, et je lui avais fait comprendre que c’était LOIN de me déplaire.

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C’EST POUR TAKTAK

C’était parti pour deux jours de luxure avec des coups de ceinture dedans, et j’étais une boule d’impatience.

Nervosité & fierté, un cocktail bien relevé

Mais au fond de moi, j’avais les mêmes craintes qu’avant chaque « première fois » : et si je ne lui plaisais pas ? Et si mon corps le décevait ? Et si, comme moi, il n’aimait pas mes seins pas assez ronds, mes cuisses pas assez fines, mon ventre pas assez plat ?

Bon, je me doutais qu’il n’allait pas s’exclamer « LOL NOPE ! » en me voyant nue, mais voilà, j’étais nerveuse. On n’y peut rien.

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Au fond de moi, j’avais les mêmes craintes qu’avant chaque « première fois ».

Il est arrivé et j’ai très vite arrêté d’avoir peur, plutôt concentrée sur mon désir et mon amour sans bornes pour tout ce qui se passait. C’est un peu bizarre, de mon côté, le BDSM ; j’aime être soumise, mais j’ai toujours un genre de fierté qui se réveille. J’en ai envie, mais je lutte.

Et c’est dans le lâcher-prise que se trouve le plaisir.

La vérité, toute nue

Une fois les préliminaires bien — TRÈS bien — entamés, mon partenaire de jeu s’est confortablement assis dans le canapé et m’a dit de me déshabiller, lui qui n’avait retiré que sa veste et son sac à dos.

C’est une chose de se dévêtir à deux, dans l’urgence et l’appétit mutuel, en mode collé-serré ; c’en est une autre de se tenir debout, en pleine lumière, nue, face à un mec tout habillé. Qui ne fait que regarder.

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Au début, j’osais pas trop, je gardais les bras croisés sur ma poitrine et mon ventre, jusqu’à ce qu’il les place avec autorité le long de mon corps. J’étais un peu voûtée, un peu honteuse. Et puis j’ai eu ce déclic de fierté, mon bon petit caractère de cochon qui est remonté.

J’étais un peu voûtée, un peu honteuse. Et puis j’ai eu ce déclic de fierté.

J’ai levé le menton, planté mes yeux dans les siens, redressé les épaules, cambré les reins. J’étais nue et je n’avais ni honte, ni peur. Dans son regard, il se passait plein de choses.

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Déjà, c’était clair qu’il allait vite me faire regretter cet air de défi et qu’on allait voir comment je crânais après quelques morsures de cuir. Ensuite, il me désirait. Et enfin, il me dévorait.

Empouvoirée et à genoux, c’est possible !

Tout mon corps lui plaisait, comme une toile vierge, comme un terrain de jeu. Cette dynamique millimétrée mais forcément déséquilibrée me donnait de la force là où elle était censée me soumettre. Bien sûr, j’allais douiller — parce que j’en avais envie — et ressortir de là en larmes, hors d’haleine, avec des zébrures plein le dos et plus du tout de rouge à lèvres. Mais c’est moi, c’est mon corps, mon arme dans cette délicieuse bagarre.

Tout mon corps lui plaisait, comme une toile vierge, comme un terrain de jeu.

D’un coup, je n’ai plus eu honte de mes seins, de mon petit bide, de mes cuisses. Pourquoi en avoir honte, alors qu’elles allaient parfaitement s’enrouler autour de ses reins ? Pourquoi regretter les courbes qui créaient un tel désir dans les yeux d’un mec que je désirais aussi ?

En m’offrant, dans un jeu de soumission, à un regard aussi inquisiteur, j’ai vu que je plaisais. Peu de gens m’ont regardée comme ça, comme une oasis dans le désert. Alors je vous le dis comme c’est : juste avant de sentir la ceinture claquer sur ma peau, je me suis sentie foutrement empouvoirée.

Preuve qu’on peut l’être même à genoux devant un mec, tant qu’on vit ce qu’on aime, en accord avec soi-même.

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Josée L'Obsédée

Josée l'Obsédée n'est pas qu'une personne (sinon, elle aurait eu 17 premières fois et 6 sodomies ratées, ce qui fait beaucoup pour un seul corps). C'est la plume des madmoiZelles voulant nous parler de leurs plus folles histoires au lit... ...et au fait, peut-être es-tu toi aussi une Josée l'Obsédée dans l'âme ? Si oui viens témoigner !

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Voici le dernier commentaire
  • Jus d'orange au sel
    Jus d'orange au sel, Le 1 décembre 2016 à 21h27

    Bonjour à tous.tes !
    Je ressors du sous-marin. Je prétendrai pas avoir tout lu, mais tout ça m'a fait penser à un article que j'avais lu y a plusieurs mois et qui m'avait vraiment fait beaucoup gamberger. ça dit en substance que depuis des siècles, on érotise le non consentement de la femme, que ça devient un jeu sexuel, et que chercher des relations purement consenties ça aurait tendance à "casser l'excitation" (pour certains hein, on est bien d'accord).
    http://www.crepegeorgette.com/2015/12/01/non-consentement-sexuel-feminin-excitant/

    @Nyarlathotep : j'ai lu tes questions et je les trouve bien posées. Tellement bien posées, en fait, que je n'ai aucune idée de réponse moi-même^^

    Spoiler: perso

    Après pour la question "que cherche-t-on réellement, en plus du plaisir de l'autre", je pencherais moi aussi pour le fait qu'on recherche son propre plaisir. Sinon ça me fait aussi penser à la blague sur ce qu'est un "vrai" sadique.
    Spoiler: la blague du sadique
    Je sais c'est con, mais cette blague me fait sourire, parce qu'en même temps, si le dominant ne "s'occupe" pas de son.sa soumis.e alors il n'y a plus de jeu. J'ai vu je ne sais où que certains appelaient le fait de se faire soumettre d'être "vénéré" ("worship"), et de ce que j'en comprends, pour moi c'est le fait de ressentir que son partenaire nous accorde une très grande attention et nous fasse des tas de trucs. Mon copain est un peu switch, et je sais que ce qu'il aime bien, quand il est soumis, c'est de se sentir choyé, objet - peut-être, mais objet d'attention, et que c'est là ce qui lui rend les choses érotiques.
    // Je suis désolée ce commentaire part vraiment n'importe où //

    Ah et sinon je voulais aussi réagir à quelque chose qui a été dit à @Lunafey, sur les quantité de femmes soumises/ d'hommes dominants et l'inverse et sur les sources dont elle disposait pour affirmer ses dires. C'est pas une étude socio, mais sur Fetlife le groupe des submissives women comporte plus de 118 000 membres, et celui des submissive men 77 000. Je trouve que c'est tout de même un sacré écart, et j'avais été vraiment surprise la première fois que j'avais vu ça.

    Enfin à @MelodyPond_ j'ai une question HS : pourquoi dis tu que
    mon féminisme n'est pas du tout celui d'OLF et cie,vraiment pas. Je reviens juste pour préciser cela,parce qu'en tant que fille de racisé,ça me ferait mal qu'on pense que je suis d'accord avec des féministes blanches et friquées qui se foutent des intérêts des femmes non blanches.
    C'est une vraie question hein, je me suis jamais intéressée à eux ni à ce qu'ils font, en réalité en dehors de Madmoizelle j'ai vite du mal avec les discours féministes que j'entends, hormis quelques trucs bien sentis par ci par là. Je trouve que Madmoizelle a quand même une bonne ouverture dans le débat que je trouve pas ailleurs. Bon c'est mon avis.

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