Comment j’ai arrêté de culpabiliser de dépenser de l’argent pour des choses superficielles

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Avant, Anouk culpabilisait beaucoup à l'idée de dépenser de l'argent pour se faire des petits cadeaux superficiels. Aujourd'hui, elle réussit à dédier une part de son budget à des petits plaisirs et des voyages.

Comment j’ai arrêté de culpabiliser de dépenser de l’argent pour des choses superficielles

À 20 ans, j’ai commencé à travailler et à être totalement indépendante financièrement. Comme c’était un choix personnel, j’ai cherché absolument, par orgueil, à être exemplaire.

Je voulais être adulte, et pour moi ça signifiait toujours avoir un œil sur mon budget.

Alors je comptais les euros pour tout. Je cherchais à dépenser le moins, quitte à perdre des heures en consultant des comparateurs sur Internet, annuler des sorties avec des ami•es, ou encore me taper une heure de bus de nuit plutôt que de perdre 10 euros dans un taxi.

« Je vous garde près de moi, promis »

C’était une question de principe. Ça ne me venait même pas en tête qu’on puisse vouloir payer plus quand il y avait une option pour dépenser moins. Il faut dire que même si j’avais un salaire, mes ami•es étaient encore tou•tes étudiant•es, et leur gestion du budget était très similaire à la mienne.

Et puis ma vision des choses a commencé à évoluer…

À lire aussi : Comment mettre en place (et tenir !) un budget

L’argent, ce n’est pas « juste » pour survivre

Et puis voilà que j’ai commencé à me lier d’amitié avec des personnes plus âgées, avec des salaires plus élevés et des habitudes de vie bien plus couteuses que celles de mes ami•es étudiant•es.

Au début, j’ai trouvé ça très étrange. Ce n’était pas vraiment une question de moyens (en fait je gagnais beaucoup plus que ce que je touche aujourd’hui), plutôt de compréhension.

Par exemple, dépenser pour se faire plaisir était une notion que je n’avais pas. Je voyais ces nouveaux potes acheter des paquets de bonbons ou du pop-corn au cinéma, et je trouvais que c’était inutile. Le cinéma, seul, c’était déjà très bien, pourquoi dépenser plus ?

En fait, je voyais l’argent comme un moyen de survie. Pour le reste, je me contentais de bien moins. Je n’avais pas faim au cinéma, je n’étais pas agacée de voyager en bus de nuit, je ne pensais même pas à faire du shopping : j’avais déjà le nécessaire.

Surtout, à chaque fois qu’il m’arrivait de dépenser pour autre chose je culpabilisais. Je me disais : tout cet argent que j’aurais pu mieux dépenser… Tout cet argent perdu, alors qu’il m’aurait peut-être été plus utile, un jour ?

« L’argent, c’est fait pour circuler », mon mantra pour arrêter de culpabiliser

Comme je le disais, je n’étais pas vraiment frustrée mais plutôt bloquée. Je n’arrivais pas à kiffer quelque chose qui me semblait superficiel et dans lequel j’avais dépensé de l’argent.

Et puis j’en ai parlé à un proche qui m’a tenu un discours bien plus détendu :

« Pour moi, l’argent, c’est fait pour circuler. Ça ne sert à rien de le garder caché sur un compte si tu n’as pas vraiment de projets derrière, juste par peur d’en avoir besoin un jour…

À cause de ça, tu te limites et tu t’empêches peut-être de vivre des expériences cool, qui ont un coût, comme par exemple voyager ou t’acheter des équipements pour créer.

Je ne dis pas de dépenser sans compter, mais si ça peut te simplifier la vie et que t’en as les moyens, profites-en. D’autres n’ont pas ces moyens et en rêvent ! »

Ça a été une révélation. Avant, je culpabilisais, alors qu’il n’y a jamais de mal à se faire plaisir. Alors j’ai tenté de me libérer petit à petit de mes craintes.

De mes premiers gros GROS achats « pour le fun » à mes petits cadeaux décomplexés

C’est ainsi que j’ai commencé à me relâcher un peu sur la question de l’argent. L’année qui a suivi, je me suis offert un week-end à Venise, dix jours à New York ou encore un nouveau smartphone (que j’utilise toujours, trois ans plus tard).

Anouk, 21 ans, ravie de son voyage aux USA

Ce n’étaient pas des coups de tête, parce que j’ai quand même BEAUCOUP réfléchi à ces dépenses avant de me lancer. Mais l’important, c’est que j’ai osé et que j’ai vraiment adoré ces expériences.

Mais il y a un truc sur lequel je n’arrivais pas à lâcher du lest : me faire des petits cadeaux au jour le jour (vous savez, un peu comme le principe de la box madmoiZelle). Ça, c’est venu plus lentement.

Au début, quand je faisais mes courses et que je prenais également un produit « inutile », c’est-à-dire pas nécessaire à mon alimentation, comme par exemple des chips ou du chocolat, je culpabilisais. Et puis, même chose, j’ai appris à me faire des petits cadeaux pour le fun.

J’ai arrêté de culpabiliser par rapport à mes dépenses d’argent et je vais bien

Aujourd’hui, j’ai presque 24 ans et je gagne un SMIC à Paris. Ce n’est clairement pas la panacée, mais je m’en sors tous les mois sans finir dans le rouge (et même en économisant un petit peu).

Je ne vois plus les dépenses comme une plaie que je m’inflige pour le futur. Au contraire, j’ai décidé de développer un budget spécialement pour me faire plaisir. En fait, je n’achète toujours pas beaucoup d’objets, ni de fringues (je suis très pro-désencombrement).

En revanche, mon budget sorties, vacances et expériences en tout genre est très élevé. Je sors beaucoup dans des bars, j’aime bien tester des parcs d’attractions et m’acheter une pâtisserie quand j’en ai envie.

C’est comme ça que je fonctionne, mais je sais que beaucoup de mes ami•es ont choisi l’inverse : s’acheter de nombreux petits cadeaux et avoir moins de budget pour ces expériences. Ce n’est ni mieux ni moins bien, juste différent.

L’argent n’est plus un truc que je cherche à accumuler maladivement mais bien un moyen de vivre les expériences dont je rêve. Alors, j’en profite.

Un jour, ce même argent me permettra peut-être de faire des choses plus posées comme m’installer, fonder une famille… Mais ça, on verra bien le jour où ça arrivera !

À lire aussi : Comment perçoit-on l’argent ? Peut-il faire notre bonheur ?

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Commentaires
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  • Haricotbleu
    Haricotbleu, Le 4 octobre 2017 à 21h43

    Moi c'est de lire tout vos témoignages de gens très économes qui me fait culpabiliser grave :rire:

    Ça dépend pourquoi mais de manière générale j'ai l'impression d'être une personne très matérialiste. J'adore dépenser, pour des expériences autant que pour des objets ou de la nourriture. C'est très encombré chez moi et j'y tiens à mon bordel superficiel et mes souvenirs divers. Comme une collection un peu.

    Ça m'ennuie d'être aussi consommatrice, mais effectivement, si l'argent ne sert pas à se faire plaisir, à quoi bon ! C'est bon pour l'économie et je suis patriote :supermad:. J'essaye au moins de consommer un peu en conscience. Par exemple, sur la bouffe j'hésite jamais à payer plus cher des produits locaux, bio, artisanal, produits par des français payés décemment (on m'a toujours dit qu'il fallait se méfier de ce qui est trop pas cher, c'est que quelque part une impasse est faite sur un truc qui ne devrait pas, genre le respect de l'animal ou de l'employé). Quitte à aimer m'acheter pleins de trucs, je me deculpabilise comme ça, en faisant quelques efforts pour consommer mieux (j'y arrive pas sur tout malheureusement).

    Ou en faisant des dons à des assoces. Genre si tu donnes 30 euros, t'as droit à une paire de chaussure dont tu n'as pas besoin, youpiiie :dowant: (du coup je paye encore plus cher c'est con)

    J'achète aussi une tonne de bouquins, mais ça me culpabilise pas parce que c'est pas considéré comme superficiel la lecture dans mon esprit. Pareil pour le sport, je me dis "compte pas, c'est bon pour la santé et le moral". Les vacances je suis restreinte malgré moi par des contraintes de disponibilité avec mes amis/copains/famille. J'aime pas partir seule. Mon compte dit ouf.

    Mes parents sont petits employés de postes, on peut pas dire qu'on roule sur l'or mais j'ai jamais eu l'impression de devoir me restreindre à cause d'un manque d'argent. On a toujours eu de supers vacances (certes, en France, mais on a un pays super), plus ou moins tout ce qu'on voulait, mes parents se faisaient aussi plaisir et même on arrivait à économiser! Bon apres, je fume pas, je fais pas souvent de sorties bars/boîtes, je suis pas branché gadgets High Tech ni produits de beauté, crème, maquillage ou jeux vidéos. Je me dis que ça compense un peu pour mon budget fringue abusé...

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