À quand « un plan national contre les gros porcs misogynes » ?

Anne Hidalgo rend publique sur Twitter sa lettre à Philippe Pemezec : la maire de Paris ne laisse pas passer les propos grossiers du maire du Plessis-Robinson. Lequel lui répond avec plus de mépris encore.

À quand « un plan national contre les gros porcs misogynes » ?

Depuis l’affaire Baupin, les langues se délient dans la vie politique. Les bons relous — même élus de la République — qui pouvaient naguère balancer leurs propos orduriers à la face du monde sans sourciller ont désormais du souci à se faire.

Plus question d’invoquer « la culture de séduction à la française » pour excuser ce qui relève purement et simplement du sexisme primaire le plus gras. Les femmes politiques ont décidé de ne plus se laisser faire, et d’appliquer très concrètement le slogan Levons l’omerta.

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Dernier exemple en date : la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui dit ne s’être jamais tue face au sexisme, vient de rendre publique sur Twitter une lettre adressée à son confrère Philippe Pemezec, qui s’est illustré par sa stupidité lors d’un rassemblement la semaine passée. Le maire du Plessis-Robinson se fait rhabiller pour l’été, et soigner sa e-reputation au passage.

À quand un « plan national contre les gros porcs misogynes ? »

Caroline de Haas, co-fondatrice et ex-présidente d’Osez le féminisme, en réaction à cette lettre, invite à la création d’un « grand plan national contre les gros porcs misogynes ». On soutient tout à fait cette initiative, d’autant plus quand ces propos sont émis par des élu•es de la République…

Le sombre jocrisse, qui s’est déjà illustré par le passé (cf. chez Médiapart : Philippe Pemezec, le maire UMP qui « loge très peu d’Arabes »), a répondu à Anne Hidalgo.  C’est par Paul Larroutouru, journaliste au Petit Journal, qu’on est tombées sur la fameuse missive, et sa lecture ne devrait sans doute pas faire baisser la colère qui gronde en vous.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Philippe Pemezec est passé à côté d’une bonne occasion de se taire. Ou mieux : de s’excuser platement.

Philippe Pemezec « n’attend pas d’excuses » : ça tombe bien !

Après tout, des propos totalement déplacés, insultants, ça peut être involontaire (allez, je suis prête à faire un effort !). Mais commencer sa lettre réponse par : « j’ai conscience de donner à votre démarche calculée un intérêt qu’elle ne mérite pas », ça trahit quand même le degré d’incompréhension des enjeux…

On voit que ce monsieur est complètement déconnecté du problème de fond qui est pointé posément par Anne Hidalgo. Il reste coincé dans un schéma d’opposition politique vieux comme le monde, hermétique au phénomène qui dépasse de loin tous les clivages politiciens.

J’ai vraiment pas le temps de faire un cours de rattrapage, là, mais je suis sûre que de nombreux lecteurs et lectrices, soucieux•ses d’aider le maire du Plessis-Robinson à prendre conscience du sexisme ordinaire dans la société, auront à coeur de lui tweeter respectueusement l’un de nos nombreux articles traitant des problèmes de sexisme et de leurs conséquences dans la société.

Philippe Pemezec conclut sa lettre avant autant de classe que dans son introduction :

« Bien évidemment, je n’attends de vous aucune excuse pour vous être laissée aller à cet exercice dialectique. »

Bah manquerait plus que ça, hein ! Allez monsieur le maire, voici un peu de lecture pour vous éclairer, si vous souhaitez vous raccrocher au XXIème siècle :

big-sexisme-politique-marie-le-vern-myriam-el-khomri

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ccile13
    Ccile13, Le 15 juin 2016 à 17h39

    Ark, je viens de lire certains commentaires sur l'article de RTL à ce propos, à la fois sur Facebook et sur leur site... C'est à vomir... (Désolée du hors sujet)

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