Il paraît que l’adolescence dure jusqu’à 24 ans, et ce n’est pas un mal !

L'adolescence, on ne sait jamais trop quand ça commence et quand ça finit. Mais une nouvelle étude australienne estime qu'aujourd'hui l'adolescence durerait jusqu'à 24 ans, eh oui !

Il paraît que l’adolescence dure jusqu’à 24 ans, et ce n’est pas un mal !

Susan M. Sawyer est docteure au Centre de Santé des Adolescents à Melbourne et elle a publié une étude dans The Lancet, un magazine médical spécialisé, expliquant qu’il est temps de redéfinir la période de l’adolescence.

Elle explique que selon elle, il serait plus pertinent aujourd’hui d’étendre la période de l’adolescence de 10 à 24 ans (au lieu de 19).

Les origines de l’adolescence

Selon la définition, l’adolescence, c’est la période entre l’enfance et l’âge adulte — ça nous avance, n’est-ce pas ?

Fût un temps, c’était d’un côté les adultes et de l’autre les enfants. En 1907, c’est le psychologue et éducateur G. Stanley Hall qui conceptualise l’adolescence en publiant, je vous le donne en mille, l’ouvrage Adolescence !

Dans ce livre, il popularise notamment la phase caractéristique de « storm and stress » (littéralement « tempête et tension »).

En résumé, selon Hall, l’adolescence c’est ce moment où tu pètes un câble contre l’autorité, tu trouves que tes parents sont les pires de la Terre, tu es peu stable émotionnellement (comme moi en période de PMS) et que tu peux avoir des comportements risqués (have you met la Manzana?).

Moi à 15 ans (et encore maintenant)

Je résume : être ado, c’est cumuler tout ce qui fait penser aux adultes que l’adolescence, c’est « l’âge con ».

Sauf que depuis 1907 et Adolescence de Hall, un siècle s’est écoulé et deux/trois trucs ont changés. L’équipe du Dr Sawyer, qui estime que l’adolescence dure jusqu’à 24 ans, écrit :

L’adolescence englobe un développement biologique ainsi que des changements au niveau de la place qu’on occupe dans la société, et ces deux éléments ont changé depuis le siècle dernier.

La durée des études a augmenté, plus de personnes ont accès aux études supérieures, on est sûrement plus longtemps dépendant financièrement… les « marqueurs de l’âge adulte » interviennent pus tard.

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On ne passe pas de zéro responsabilités à l’indépendance du jour au lendemain, c’est un long chemin.

L’adolescence, une période de construction essentielle

Susan Sawyer écrit :

La période de transition de l’enfance à l’âge adulte occupe aujourd’hui une part plus importante que jamais dans nos vies.

Cette affirmation et l’idée de faire passer le spectre de l’adolescence de 10 à 24 ans dérangent de nombreuses personnes selon Bustle.

Pourquoi ? Parce que trop de gens méprisent les ados, donc rester ado jusqu’à 24 ans, ça veut dire être méprisé·e plus longtemps !

À mes yeux, cependant, la question que cette étude pose vraiment, c’est la vision que l’on a de l’adolescence.

Personnellement, j’ai 25 ans et pour la première fois de ma vie, j’ai un contrat stable dans une entreprise où on me fait confiance, je ne me demande plus chaque été ce que je vais faire de ma vie dans deux mois et je ne suis plus dépendante des aides de mes parents ou de l’État.

Pourtant, je pleure encore beaucoup pour tout et rien, je fais l’autruche dès que je reçois des papiers administratifs et je suis encore en conflit avec mon beau-père — ce qui ne risque pas de changer de sitôt.

Pour moi, l’adolescence c’est un moment clé de notre construction personnelle. C’est un moment où le conflit est sain, il nous permet de remettre en question ce qui nous a été inculqué et de nous faire notre propre avis sur plein de sujets.

Ce n’est pas une mauvaise chose, en soi, que l’adolescence dure plus longtemps. Sauf si on continue à considérer que les ados sont des idiot·es !

Car cet âge n’est pas si con, vous savez.

J’ai connu des personnes de 16 ans bien plus mature que certains de mes potes qui ont la trentaine aujourd’hui. Et c’est cool ! Chacun avance à son rythme, selon ses histoires de vies.

Peut-être qu’on peut arrêter d’imaginer que la jeunesse va faire couler la nation française ? Peut-être qu’on peut accepter les différences de générations sans infantiliser celles qui viennent après nous ?

Avant de partir, j’ai quelques questions pour toi : qu’est-ce que c’est que l’adolescence pour toi ? Quel âge as-tu ? Estimes-tu être adulte ? À partir de quand t’aies-tu/te sentiras-tu adulte ?

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Louise Pétrouchka


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