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Féminisme

Un autre jour, un autre streameur banni de Twitch (Gotaga), une autre occasion d’être misogyne

Gotaga, l’un des streameurs les plus connus de France, a été banni de Twitch pendant quelques heures — une sombre histoire de droits sur un morceau de musique, apparemment. Aucun rapport avec les streameuses en bikini, qui ont pourtant pris bien cher alors qu’elles n’ont… rien fait.

Il y a de l’écho, non ? Un vidéaste français banni de Twitch pour une raison obscure, ses fans qui choisissent de prendre sa défense, et puis celles et ceux qui en profitent pour vomir leur misogynie crasse sur les streameuses en bikini

Non, vous n’êtes pas en train de lire notre article paru le 18 juin — il y a 4 jours ! — au sujet de Ponce. C’est juste que le sexisme a du mal à se renouveler.

Gotaga banni de Twitch pour quelques heures seulement

Gotaga est une star. Une star internationale, même. Membre de l’équipe d’e-sport (la pratique sportive du jeu vidéo) Vitality, il n’est ni plus ni moins que le joueur « consoles » français le plus titré au monde. C’est un athlète, et une célébrité : plusieurs millions d’abonnés sur Twitch, et encore plus sur YouTube !

Ce 22 juin, Gotaga — dormant peut-être du sommeil du juste au moment où c’est arrivé, à savoir à 3h45 du matin, heure française — a été banni de Twitch. Pourquoi ? Aucune idée. Bien que le bannissement ait déjà été levé à l’heure où nous tapons ces lignes, aucune explication claire n’a été donnée, mais les soupçons se portent sur le fameux Digital Millennium Copyright Act ou DCMA, défini ainsi par la plateforme :

« Un ensemble de lois américaines qui vous permet de créer et de partager des contenus sur des services […] lorsqu’un ayant droit pense qu’un streamer a utilisé son contenu sans autorisation, nous disposons d’une procédure qui lui permet de demander que le contenu soit retiré.

[…] dans le cadre de nos efforts visant à respecter les règles du DMCA et les lois similaires en vigueur au niveau international, nous envoyons des avertissements concernant les droits d’auteur, nous en effectuons le suivi et bannissons les comptes de ceux qui enfreignent de manière répétée les droits d’auteur. »

D’ordinaire prudent sur ces questions, Gotaga a néanmoins pu être visé car il aurait partagé, peut-être sans le savoir, un contenu (musical par exemple) sans en avoir le droit.

Quel rapport avec les streameuses en bikini, me direz-vous ? Aucun bien sûr ! Est-ce que ça a empêché moult personnes de s’en prendre à elles ? Évidemment que non !

Gotaga sanctionné, les streameuses en bikini visées

Comme quand Ponce a été banni, certains et certaines ont été bien rapides à rappeler que Twitch ne devrait pas bannir leurs streameurs préférés alors qu’il existe des femmes qui, rendez-vous compte, streament en bikini, avec la bénédiction de la plateforme, dans leur rubrique dédiée, et proposent même du contenu vaguement émoustillant.

Scan-dale.

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Contrairement à Ponce — lequel avait recadré celles et ceux qui faisaient payer à des femmes son bannissement temporaire — Gotaga ne s’est pas exprimé sur cette question, remerciant simplement ses fans pour l’avoir aidé à récupérer sa chaîne au bout de quelques heures.

D’autres streameurs connus ont cependant pris la parole pour dénoncer cette misogynie crasse, à l’instar de Mister MV, déjà vocal sur la question des streameuses en bikini il y a quelques semaines.

Une streameuse en bikini a aussi été bannie mais les misogynes s’en foutent

Ça ne s’invente pas : coïncidence, en même temps que les bannissements de Ponce puis de Gotaga, une autre personne en vue sur Twitch a vu sa chaîne sauter pendant trois jours. Il s’agit d’Amouranth, l’une des streameuses en bikini les plus populaires.

Comme l’explique Numerama, elle a été bannie pour une vidéo « yoga ASMR » pendant laquelle elle a léché son micro et pris des poses variées. Twitch a considéré cela comme du « contenu sexuel » ; le média précise :

« […] de nombreuses streameuses font ce genre de live — au moment de la publication de cet article, le 22 juin, il y avait au moins trois streams “ear licking” en home page de la catégorie ASMR. De plus, lors de son dernier stream avant son bannissement le 19 juin, Amouranth n’était pas dénudée, et bien qu’elle ait porté le micro à sa bouche, cela n’est pas strictement interdit par les règles de Twitch à propos du contenu sexuellement suggestif. »

A-t-on vu ces garants et garantes de la liberté d’expression sur Twitch se dresser contre ce bannissement injustifié ? Non. On dirait presque que tout ça, c’est une histoire de contrôle du corps des femmes et pas du droit à streamer, dites donc. Mais on va encore dire que vois la misogynie partout.

À lire aussi : Comment les streameuses francophones se soutiennent sur Twitch


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Les Commentaires

6
Avatar de lilith_ever
23 juin 2021 à 12h06
lilith_ever
@Skjaldmö : Merci de m'avoir éclairée. Je pensais naïvement que ce genre de "spectacle" ça payait bien. Je ne savais pas que la concurrence était aussi rude dans ce milieu du (comment dire...) digital entertainement.
Au début, je n'avais pas compris non plus ton point sur les boxeuses et les féministes. Mais c'est beaucoup plus clair maintenant Je pense que les hommes soutiennent ces sportives, non pas pour leur condition de femme, mais plutôt par intérêt pour les sports de combat et la compétition...
Et, oui, on est bien d'accord que les mecs qui regardent ces streams bikini ne sont pas là pour comparer les différents modèles de jacuzzi
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