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Jobs et études

Le stage partagé redonne du sens à ton parcours : 4 jours en entreprise, 1 en asso !

Alice s’est essayée au stage partagé pour s’engager. Stage parta…quoi ? Il s’agit d’un contrat qui lui permet de travailler 4 jours par semaine en entreprise et de passer le vendredi en association !

Ça se chuchote ici ou là, autour d’un apéro entre copains. Ça se revendique en entretiens. Ça s’explique aux parents, surpris des choix de leurs enfants. Ça fait l’objet de quantités d’articles dans la presse, chez madmoiZelle comme ailleurs.

Peut-être fais-tu partie du mouvement : les jeunes veulent du sens dans leur travail, veulent être utiles à leurs prochains.

Alice, un profil (a)typique ?

Alice, elle, en fait partie en tous cas.

Elle est assez représentative du discours que j’entends régulièrement à ce sujet-là : bonne élève, elle a fait une prépa parce que « c’était la voie royale », alors qu’elle ne s’est pas épanouie dans ce cadre.

Elle a enchaîné sur une école de commerce, au bout de laquelle elle arrive tout juste. Mais sa vie pro, elle l’envisage un peu à tâtons :

« J’ai grandi avec le mot crise, comme nous tous, et aussi avec l’idée qu’il fallait être la meilleure et qu’une fois qu’on s’engageait dans une voie c’était définitif. »

À lire aussi : La réorientation scolaire, tu y penses ? Elles l’ont fait, voici leur histoire !

Pourtant aujourd’hui elle ne s’imagine pas faire le même métier toute sa vie :

« Rien que l’idée de signer un CDI peut être angoissante. Comment ça, c’est plus seulement pour 6 mois ?! En même temps, c’est bête car un CDI ce n’est pas une signature avec ton sang qui t’engage jusqu’à la mort… »

Comme beaucoup, son cœur balance face au dilemme sécurité VS liberté : un job qui rapporte, ou un job qui compte ? Pour son stage en tous cas, elle avait trouvé chaussure à son pied.

Un stage à temps partagé, pour s’engager

Elle achève tout juste une mission de six mois, pendant laquelle elle a partagé son temps entre un cabinet de conseil en protection sociale, YCE Partners, et l’association Article 1 qui promeut l’égalité des chances.

Elle m’a raconté de quoi son quotidien était fait :

« Pendant quatre jours, je suis consultante junior chez YCE Partners, et le vendredi, je pilote le programme Tous entrepreneurs chez Article 1 ! »

Ce partage du temps de travail est rendu possible par Vendredi, le nom de l’association qui a développé ce concept de stages partagés.

Un stage partagé, c’est quoi ?

Souvent, ça reste un peu flou quand on explique ce concept comme ça, même avec un exemple. Donc un stage partagé, pour faire simple, ça engage quatre parties :

  • Un·e étudiant·e, qui recherche un stage avec du sens
  • Une entreprise, qui recherche un·e stagiaire génial·e et veut développer sa Responsabilité Sociale (RSE)
  • Une association, qui a besoin de main-d’œuvre et de compétences mais n’en a pas nécessairement les moyens
  • Vendredi, qui met tout ce beau monde en relation.

En somme, le stagiaire postule à une offre « Vendredi » dans une entreprise partenaire, puis à une mission dans une association partenaire, et on ajoute une clause à sa convention de stage qui indique que grâce à Vendredi, il dédiera 20% de son temps à l’association – tout en étant rémunéré comme n’importe quel stagiaire.

Avec un schéma, c’est toujours plus simple :

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Comment Alice a décroché un stage partagé avec Vendredi

Maintenant que vous avez le concept, revenons à Alice. De son côté, elle a découvert Vendredi un peu par hasard :

« Je cherchais un stage dans l’Économie Sociale et Solidaire, dans des cabinets de conseil spécialisés… Et au cours de mes recherches je suis tombée sur une offre d’Air Liquide [NDLR : une entreprise qui vend du gaz].

Rien à voir avec ce que je voulais faire, mais j’ai scrollé machinalement et j’ai vu « partenaire de Vendredi, une journée par semaine en association ».

Je me suis dit que ça avait l’air trop cool ! J’ai regardé les offres de stages partagés, mais je n’ai rien trouvé qui me correspondait. »

Là, c’est le moment où vous vous dites « mais comment a-t-elle fait, du coup, pour obtenir quand même un stage partagé ? ». Eh bien elle a créé son opportunité, toute seule !

« En parallèle j’ai postulé dans un cabinet de conseil qui avait l’air sympa. Dès le premier entretien, je leur ai demandé s’ils étaient ouverts au concept.

Coup de chance, c’était en ligne avec leur valeurs : ils font beaucoup d’accompagnement de start-ups sociales, donc c’était parfait.

Une fois recrutée, j’ai postulé pour une mission associative chez Passeport Avenir.

Au début, ça a été un peu chaotique : je devais aider l’asso à se développer à l’international, mais quand je suis arrivée, Passeport Avenir était en pleine fusion avec une autre association, Frateli, pour devenir Article 1.

Le poste d’origine n’existait plus, finalement on m’a proposé de travailler sur le programme Tous Entrepreneurs et au développement du Miksi coworking (l’espace de co-working d’Article 1) et j’en suis vraiment ravie ! »

Consultante junior & cheffe de projet associatif, la double casquette d’Alice

Alice a donc démarré sa double expérience, sans plus d’encombres :

« Chez YCE Partners, je suis consultante junior, c’est cool ! Et c’est cool aussi d’avoir une autre expérience à côté.

C’est pas du tout compliqué au quotidien : quand tu es consultante stagiaire ce n’est pas embêtant de ne pas être là une journée par semaine, tu t’organises, et la charge de travail est adaptée de toutes façons. »

Du lundi au vendredi, Alice conseille des entreprises ou des administrations en matière de protection sociale. Et le vendredi, elle va travailler sur le programme Tous entrepreneurs !.

« Le but final de Tous entrepreneurs ! est de permettre à des jeunes issus de milieux défavorisés d’entreprendre.

En ce moment, c’est le programme pilote qui est mis en place : un groupe de 10 jeunes qu’on va accompagner H24 pour la période de pré-incubation, c’est à dire pour qu’ils puissent « pitcher » et se faire incuber là où ils le souhaitent.

Mais l’idée à terme c’est de devenir un acteur de l’entrepreneuriat des jeunes de milieux modestes, et donc de leur fournir une bourse et un logement en plus de cet accompagnement car les moyens financiers sont les plus gros freins à la création d’entreprise !

Il n’est même pas nécessaire d’avoir une idée pour participer, on les sélectionne sur la motivation, pas sur un concept. »

Qu’apporte de plus un stage partagé ?

Clairement, cette mission a l’air de lui tenir à cœur et de l’animer. Elle ne tarit pas d’éloges sur sa double fonction :

« Là où je suis hyper contente d’avoir fait un stage Vendredi c’est que grâce à ma mission en asso, j’ai découvert le milieu entrepreneurial.

C’est génial, hyper dynamique, il se passe plein de trucs. J’ai la chance d’avoir une bosse formidable qui m’a permis de participer au week-end « Start-up banlieue », à une formation de deux jours en « design thinking »… »

Lorsque je lui demande de comparer ses expériences de stages « classiques » avec celle-ci, sa réponse est sans appel :

« C’est mon 4ème stage, je pense que globalement le stage partagé c’est incomparable. T’apprends deux fois plus de choses !

Voir deux univers de travail complètement différents permet d’apprendre à prendre du recul sur les petits stress des tâches urgentes et quotidiennes.

La flexibilité aussi, parce que finalement le concept de 4 jours/1 jour, tu les fais physiquement, mais en réalité t’as toujours la tête dispo si jamais on te passe un coup de fil d’urgence.

De toutes façons, dans l’asso pour rester impliquée il faut pouvoir envoyer des petits mails dans la semaine, prendre des nouvelles de son projet…

Un jour par semaine c’est trop court, donc finalement c’est pas possible de trop segmenter.

Du coup, ça permet aussi de développer son sens de l’organisation : en entreprise, quand tu pars un jour, t’as loupé plein de trucs ! Tu dois te remettre dedans !

Perso j’ai une liste Excel qui me dit où on en est de chaque projet, pour gérer ça. »

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Deux équipes pour le prix d’une !

Stage partagé : quels apports pour l’entreprise et l’association ?

Alice y trouve son compte donc, mais quid de l’entreprise qui l’embauche et de l’association qui bénéficie gratuitement de ses compétences ?

J’ai pu parler à ses responsables, et honnêtement, ils ont l’air de tirer leur épingle du jeu sans problèmes, comme l’explique Romain, de YCE Partners :

« Le premier intérêt c’est qu’elle nous apporte pas mal d’éléments innovants dans la manière d’aborder les missions.

Elle développe des compétences : design thinking, méthode d’animation d’atelier, et ça c’est bénéfique à l’ensemble du cabinet.

Ça nous permet aussi d’étoffer notre réseau d’associations et start-up, des gens avec qui elle collabore beaucoup côté association et avec qui on cherche de plus en plus à travailler.

Après en terme d’organisation ça n’a pas eu trop d’impact, elle est en stage donc c’est assez simple pour nous de s’adapter ! »

Même son de cloche du côté d’Arounie, chez Article 1 :

« Alice est excellente, elle pige vite, est hyper efficace, elle nous a vraiment permis de passer à une vitesse supérieure avec le programme Tous entrepreneurs !.

On n’a pas eu de problème de coordination, je lui ai délégué beaucoup de choses qu’elle a gérées en autonomie donc ça a facilité la collaboration ! »

Il semblerait donc que tous les objectifs soient atteints !

À toi de créer ton propre stage partagé !

Aujourd’hui, Alice arrive pourtant au bout de cette expérience. Pendant qu’elle fait le bilan, YCE va recruter son remplaçant ou sa remplaçante sur le même modèle de stage partagé.

Comme quoi, avoir osé demander a payé pour tout le monde !

« Ça c’est aussi un vrai apprentissage : il ne faut pas avoir peur de se positionner en demandeur quand tu cherches un stage. Tu es aussi une ressource pour l’entreprise, ne te mets pas dans la position de tout accepter.

Au contraire, tu peux très bien faire en sorte que ton stage soit une vraie expérience en proposant les choses dont tu as envie ! »

COMMENT DÉMOLIR LE SYNDROME DE L'IMPOSTEUR ? 🙃 AVEC MARION SÉCLIN

Et si tu n’oses pas, regarde donc cette vidéo !

Je lui ai demandé quel conseil elle donnerait à celles et ceux qui souhaiteraient comme elle créer leur stage partagé, à défaut d’en trouver un tout prêt.

« Pour moi, il faut bien étudier ce qu’est Vendredi, être très clair sur ce qu’ils font et comment ils le font. Quitte à faire un schéma pour expliquer !

Il faut construire un argumentaire, essayer de lier ça à une politique de l’entreprise. »

Romain me confirme d’ailleurs que c’est comme ça qu’Alice leur a vendu le projet. Elle ajoute qu’il faut montrer de l’enthousiasme :

« Les gens ont envie d’embaucher des personnes qui vont être contentes de bosser et ça montre que tu as des centres d’intérêts, que tu es pleine d’envie ! »

Du stage partagé à l’emploi partagé ?

Alors, prêt·e à prendre sa relève ?

Sache que si comme Alice, tu es en fin d’études, tu peux aussi envisager un contrat Vendredi… Depuis tout récemment, l’association développe ses solutions pour les salariés aussi bien que pour les stagiaires !

À moi de te filer un dernier conseil pour la route : si ça t’intéresse et que tu te sens l’âme d’une créatrice ou d’un créateur de stages partagés, n’hésite pas à aller demander de l’aide directement à la source : chez Vendredi.

Il paraît qu’ils sont là pour ça.

À lire aussi : Les 7 commandements d’un stage réussi

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Les Commentaires
3

Avatar de justinetttte
26 mars 2018 à 03h43
justinetttte
@Esther merci j'ai regardé un peu sur leur site il y a déjà pas mal d'info merci beaucoup de ta réponse
1
Voir les 3 commentaires

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