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Sa plainte pour violences est refusée, elle finit dans le coma : le cas de Chloé révolte les féministes

À Blois, Chloé est entre la vie et la mort après avoir été frappée par son ex-compagnon. Elle avait pourtant tenté de porter plainte contre lui quelques heures avant l’agression. Les associations féministes locales réclament des explications et dénoncent la léthargie des forces de l’ordre face aux violences conjugales. L’agent qui a refusé sa plainte a été suspendu.

Quelques centaines de manifestantes étaient devant le commissariat de Blois ce mardi 20 décembre en début de soirée. Émues et en colère, elles ont répondu à l’appel de plusieurs associations féministes locales.

blois manifestation chloe violences conjugales
TF1

En cause, l’état de santé de Chloé, 24 ans, actuellement dans le coma, après avoir été frappée par son ex-compagnon le 13 décembre dernier. Quelques heures avant l’agression, en fin de journée, elle s’était rendue au commissariat pour déposer plainte contre lui après avoir subi des violences et du harcèlement. Sa plainte n’a pourtant pas été prise. Elle a été invitée à revenir le lendemain pour donner davantage d’éléments à son dossier.

Deux heures plus tard, elle a été retrouvée inconsciente dans le hall de son immeuble. Elle portait de nombreuses marques de coups portés à la tête. Toujours dans le coma, elle souffre de « lésions hémorragiques cérébrales majeures » et son pronostic vital est engagé.

Pourquoi la plainte de Chloé n’a-t-elle pas été prise ?

L’homme suspecté de l’avoir frappé a été appréhendé en milieu de semaine dernière et a été placé en garde à vue, puis en détention provisoire pour tentative de meurtre. Il était déjà connu pour des faits de violences.

Pourquoi la jeune femme a-t-elle été renvoyée chez elle après avoir été au commissariat ? Pourquoi n’a-t-elle pas bénéficié au moins d’une protection ? Pourquoi sa situation n’a-t-elle pas été examinée avec sérieux ? Parce que toutes ces questions demeurent en suspens et que ce cas rappelle de trop nombreuses histoires où des victimes de violences conjugales n’ont pas été suffisamment entendues, soutenues, protégées face à leur agresseur, pourtant souvent connu des services de police, un rassemblement avait donc lieu hier pour dénoncer l’inaction face aux violences conjugales.

On pense aux défaillances successives de plusieurs agents qui ont conduit au meurtre de Chahinez à Mérignac en 2021, tué par son conjoint violent, à ces mêmes défaillances qui ont abouti au meurtre de Stéphanie, qui avait pourtant porté plainte contre son compagnon la même année, ou encore au refus de plainte qu’a essuyé Alham à Strasbourg, tuée par son mari en 2010.

Ces refus persistent et des femmes meurent.

Le policier qui n’a pas pris la plainte a été suspendu à titre conservatoire ce mercredi matin. Il avait déjà été sanctionné « pour de graves manquements dans la prise en charge des plaintes » selon RMC.

L’IGPN doit mener une enquête pour comprendre les raisons de ce dysfonctionnement aux conséquences terribles.

À lire aussi : Violences conjugales : la police enfin formée à déconstruire ses stéréotypes

Crédit photo : Ev via Unsplash

Violences conjugales : les ressources

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez est victime de violences conjugales, ou si vous voulez tout simplement vous informer davantage sur le sujet :

Les Commentaires
19

Avatar de Kanmani
22 décembre 2022 à 23h35
Kanmani
@Chat-au-Chocolat
Pour le coup, depuis le Grenelle sur les VIF de 2020, il y a bien eu création d'une formation spécifique pour accueillir les victimes de violences conjugales dans la police, et ça fait maintenant partie du cursus d'enseignements à l'école de gardien de la paix.
Donc non, on ne peut pas dire que rien n'a été fait et qu'ils ne sont pas formés.
Quand la plainte n'est pas prise, sauf cas particulier où la victime ne veut absolument pas porter plainte mais juste déposer une main courante (très courant, même après insistance du policier), la plainte doit être prise et ils le savent pertinemment.
Après, vue la description du policier, il est probable que ce soit déjà un policier d'un certain âge qui n'a pas bénéficié du nouveau cursus en école de gardien de la paix et comme dit @Camility Jane lui n'avait apparement pas suivi la formation spécifique prévue par le Grenelle.
Soit, mais du coup, je comprend pas ce qu'il foutait à l'accueil.
En tout cas, ça n'enlève rien à la gravité de sa faute professionnelle. J'espère vraiment que l'IGPN fasse son boulot pour une fois (et que les syndicats ne se la ramènent pas, parce qu'ils sont bien pires que l'IGPN.)
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