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Le « revenge porn » existe encore dans les lycées, et ça doit cesser !

Le revenge porn fait des milliers de victimes dans les lycées chaque année. Pour lutter contre ce fléau, une enquête à lire sur Le Monde appelle à plus d’éducation sexuelle dans les établissements scolaires.

Le 14 février 2020, Benjamin Griveaux, alors candidat LREM dans la course à la mairie de Paris, tombait à cause d’un coup politique à base de revenge porn, c’est à dire la diffusion d’images privées et intimes pour se venger.

L’activiste russe Piotr Pavlenski publiait ce jour-là une vidéo de Benjamin Griveaux en train de se masturber. Les images n’ont pas tardé à tourner sur les réseaux sociaux.

L’homme politique se retire alors de la campagne municipale, déclarant vouloir protéger sa famille.

Mais pendant que l’affaire Benjamin Griveaux se retrouve sous les feux des médias, le revenge porn touche des milliers d’anonymes, dont des adolescentes et adolescents.

Et ça, il est primordial de le dénoncer.

Personnalité politique ou pas, le revenge porn est inacceptable

Je conçois qu’on soit opposé à Benjamin Griveaux sur un plan politique. Je conçois également qu’on puisse trouver le personnage hypocrite.

L’argument de Piotr Pavlenski était d’ailleurs de dénoncer l’hypocrisie du candidat LREM, marié et prônant une politique familiale, mais envoyant des nudes à une amante.

Faut-il cependant cautionner le fait de balancer des images intimes de sa personne sur Internet ? Pour moi, la réponse est non.

Je pense que rien ne justifie la pratique du revenge porn, que l’on vise une figure politique ou pas, que l’on pense que notre action sert une cause juste ou pas.

L’enfer est pavé de bonnes intentions, comme on dit.

L’importance de dénoncer le revenge porn au lycée

Une excellente enquête du journal Le Monde, écrite par des étudiantes et étudiants de l’Ecole de Journalisme (EDJ) de Sciences Po Paris, dévoile que le revenge porn fait chaque année des milliers de victimes, dont beaucoup de lycéennes.

Je me souviens qu’au collège, déjà, des filles de mon établissement étaient taxées de « salopes » pour avoir envoyé des photos d’elles dénudées.

Le personnel du collège commentait leur comportement, expliquant, en gros, qu’il ne fallait pas qu’elles s’étonnent si elles voyaient leurs photos diffusées. En leur en faisant porter la responsabilité, plutôt qu’à ceux qui rendraient publiques les photos.

Même si j’ai l’impression que les mentalités évoluent dans le bon sens, avec des voix et des médias qui s’élèvent contre le revenge porn, l’enquête du Monde montre que des progrès sont encore à faire.

La difficulté de parler quand on est victime de revenge porn au lycée

Les étudiants et étudiantes de l’EDJ mettent en lumière la difficulté de parler pour les victimes de revenge porn au lycée.

Une élue du Syndicat national des personnels de direction de l’éducation nationale (SNPDEN) témoigne :

« C’est parce qu’on cherche qu’on trouve. Les élèves ne viennent pas spontanément en parler, même aux surveillants ou aux infirmières. Ils règlent ça entre eux. »

En cause ? Des mécanismes de slut-shaming et de victim-blaming. Les jeune filles (ou garçons) sont en effet trop souvent traités de « putes », et rendus responsables de ce qui leur arrive.

Rendre une victime responsable de ce qu’elle a subi en invoquant, par exemple, une attitude ou des vêtements jugés trop provoquants, ça fait partie de la culture du viol.

La culture du viol est le nom porté par le phénomène de banalisation du viol et des violences sexuelles, pour lesquelles la responsabilité des coupables est minimisée et reportée sur les victimes.

Une banalisation du revenge porn au lycée

Ces mécaniques sont alors souvent minimisées par le personnel adulte des lycées, comme le dévoile l’enquête du Monde.

Selon Véronique Martin, infirmière scolaire à La Rochelle, les sanctions et les renvois en conseil de discipline sont « toujours liés à un comportement dangereux, type agression ou insulte », mais pas au relais de photos intimes en soi.

Elle ajoute :

« On ne peut pas virer quarante élèves qui ont partagé une vidéo. »

Même son de cloche pour le CPE à Clermont-Ferrand Olivier Raluy, également interrogé par Le Monde :

« [Les élèves] ne le font pas forcément par malveillance. Cela peut être pour montrer à des amis qu’ils ont une vie sexuelle. »

Pourtant, la diffusion d’images intimes est sévèrement punie par la loi, avec des peines allant jusqu’à 2 ans de prison et 60 000€ d’amende.

Une éducation sexuelle plus que nécessaire face au revenge porn au lycée

La loi contre les violences sexuelles et sexistes adoptée en 2018 a ajouté au code de l’éducation nationale la mention d’un impératif de sensibilisation des enseignants aux violences sexistes et sexuelles.

Dans Le Monde, Amandine, professeure de mathématiques en Seine-Saint-Denis, affirme son engagement en faveur d’un « travail de fond sur l’éducation à la sexualité ».

Elle explique pourquoi, selon elle, des insuffisances d’éducation sexuelle persistent dans les établissements scolaires :

« Les élèves sont réceptifs quand on parle avec eux de consentement, de droit à l’image.

Mais il y a un gros manque de moyens et de temps, peu de profs étant formés pour parler de sexualité. Résultat : il y a une majorité d’établissements où ce n’est pas fait. »

Pourtant, cette sensibilisation est nécessaire, car les violences sexuelles dans le cadre scolaire sont une réalité !

Comme le rappelle Mymy dans son excellent article sur la nécessité de l’éducation sexuelle au sein de l’éducation nationale :

« Au nom de quel puritanisme refuserait-on de laisser l’école parler de sexualité, alors même qu’entre ses murs, des enfants et ados sont victimes de violences sexuelles ? »

Revenge porn et harcèlement sexuel dans le cadre scolaire : on t’en parle sur madmoiZelle !

Sur madmoiZelle, on a beaucoup parlé de revenge porn et d’autres formes de violences sexuelles, qui commencent dès l’adolescence et parfois même l’enfance. Pour en savoir plus, voici une liste d’articles sur le sujet :

J’espère que cet article t’aura fait réfléchir sur le revenge porn ou t’aura aidée si tu as déjà été victime de cette pratique ou de harcèlement sexuel dans ton collège ou ton lycée !


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

Les Commentaires

25
Avatar de Mijou
6 mars 2020 à 12h03
Mijou
@Orfath @PetitePaille

Je ne dis pas que je ne comprends pas pourquoi de telles images font scandale, dans notre société actuelle... mais je le déplore.

Griveaux pourrait être le dernier des imbuvables que cela ne changerait rien, finalement. La loi du Talion, je ne suis vraiment pas fan. Cela rend impossible tout progrès, toute évolution.

Voilà pourquoi je n'approuve pas les méthodes de Pavlenski, d'autant plus qu'elles sont les mêmes que celles du gouvernement de son pays d'origine, qu'il a fui en trouvant l'asile politique en France... pays où il commet exactement le même genre d'actions pour atteindre à la réputation des personnalités politiques dont il ne partage pas les opinions... Cherchez l'erreur.
Je trouve cet hypocrisie plus détestable encore que les leçons de bienséance qu'apparemment donne Griveaux (je n'en sais rien, je m'intéresse peu à la politique, mais il n'est même pas question de politique ici finalement).

Et d'ailleurs, au passage, Pavlenski a diffusé les vidéos sans l'accord préalable de sa compagne (destinataire consentante des vidéos) qui a été mise devant le fait accompli : elle indique apparemment seulement "comprendre" la démarche artistique, ce qui ne veut pas dire donner son accord... ce qui en fait une double violation de vie privée.

Enfin, ce qui est de l'ordre du privé doit rester de l'ordre du privé, je ne supporte pas la "peoplisation" des politiques (qui accentue encore plus leur tendance maladive à oeuvrer pour des personnes et non pour des idées).

Pour Hollande, il était déjà président, ça change beaucoup de choses.
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