Tabou des règles et précarité menstruelle : de nouvelles avancées


Un nouveau rapport déplore le manque de connaissances sur les règles et émet des recommandations. Un pas de plus vers la fin des tabous autour des règles et de la précarité menstruelle !

Tabou des règles et précarité menstruelle : de nouvelles avancées

En 2020, certains tabous existent toujours à propos des règles.

Tu as peut-être déjà pensé que tes règles étaient honteuses, qu’il fallait les cacher, qu’il fallait en parler sans les nommer avec des termes comme les « ragnagnas ».

Tu as peut-être déjà inventé des excuses pour aller aux toilettes pour changer ta protection…

Scoop : tu n’as pas besoin de faire ça ! Tes règles ne sont pas sales, ou tabou.

Un nouveau rapport parlementaire vient déconstruire le tabou des règles

Bonne nouvelle, un nouveau rapport parlementaire vient  « déconstruire les tabous » des règles ! Il a été adopté par la délégation aux droits des femmes mardi 11 février 2020.

Ce rapport émet 47 recommandations pour que les règles soient moins « génératrices d’angoisses et de souffrances » pour les femmes, selon Le Monde.

Pour ses deux auteures, les députées Laëtita Romeiro Dias et Bénédicte Taurine, la prise en charge insuffisante de la question des règles participe à la perpétuation des inégalités entre les femmes et les hommes.

Le rapport sur le tabou des règles déplore un manque de connaissances

Le rapport déplore le manque de connaissances sur la diversité des produits de protection, sur les précautions d’usage et d’hygiène et sur les risques sanitaires.

Si ce rapport est si important, c’est parce que, comme le soulignent les deux auteures, il n’est pas rare que certaines personnes aient leurs règles en CM2…

Alors que le sujet des menstruations n’est, bien souvent, évoqué qu’à partir de la 4ème.

Selon le rapport, les filles ne sont pas les seules à devoir être mieux informées. Les garçons aussi ! Des garçons qui « deviendront des pères et devront pouvoir répondre aux questions de leurs filles », selon Laëtita Romeiro Dias et Bénédicte Taurine.

J’ajouterai qu’il est également important que les hommes soient mieux informés sur les règles et les cycles menstruels pour que cessent les moqueries et les discriminations qui y sont liées.

Ces dernières sont en effet souvent dues à une méconnaissance du corps féminin.

Enfin, avoir une meilleure connaissance du fonctionnement des cycles menstruels permettrait aux hommes de mieux comprendre la contraception féminine et de s’y impliquer davantage .

La charge mentale et la responsabilité liées à la contraception sont en effet, bien souvent, laissées à la femme.

Les recommandations du rapport sur le tabou des règles et la précarité menstruelle

Le rapport émet plusieurs recommandations. Tout d’abord, éducatives, en préconisant que le cycle menstruel soit abordé plus tôt, dès la 6ème.

Il appelle également à ce qu’un site Internet public soit créé pour délivrer des infos ludiques et accessibles sur les règles.

Ensuite, le rapport émet des recommandations en direction des fabricants de protections périodiques. Il les enjoint à tous mentionner sur leurs emballages la présence éventuelle de substances toxiques.

Le rapport demande également à ce qu’un pictogramme clair indique que les protections internes, comme les tampons ou la cup, ne doivent pas être portées trop longtemps.

Cela augmente en effet les risques de déclencher un syndrome du choc toxique (SCT).

Le rapport parlementaire dévoile enfin des recommandations pour une meilleure accessibilité des protections périodiques. Il propose de donner des protections gratuites dans les établissements d’enseignement et dans les lieux publics.

Le gouvernement lance une mesure contre la précarité menstruelle

Le gouvernement a pris en compte les recommandations de ce rapport.

Les Secrétaires d’Etat Marlène Schiappa et Christelle Dubos ont annoncé mercredi 12 janvier la distribution, à titre expérimental, de protections périodiques gratuites pour les femmes en situation de grande précarité.

1 million d’euros va être débloqué.

Une nouvelle réjouissante quand on sait que 1,7 millions de femmes sont victimes de précarité menstruelle en France, selon l’association Règles élémentaires.

Les femmes sans domicile pourraient ainsi avoir accès gratuitement à des protections périodiques grâce à des cartes prépayées.

Le rapport sur le tabou des règles : premier pas vers un changement plus vaste ?

J’espère que cette annonce marque le premier pas de changements plus vastes.

À quand les distributions de protections périodiques gratuites dans tous les collèges, lycées et universités ? En Ecosse, les protections périodiques sont gratuites pour les étudiantes depuis l’année dernière.

Et, pour aller encore plus loin, à quand les protections périodiques gratuites pour toutes les personnes ayant leurs règles ?

Alors que le préservatif et la pilule sont remboursés par la Sécurité Sociale, les protections périodiques sont payantes, alors que l’on ne fait pas le choix d’avoir ses règles.

Est-ce que les règles sont un tabou pour toi ? Aimerais-tu que des distributeurs de protections périodiques soient installés dans les lieux publics et les établissements d’enseignement ?

Et toi, quelles mesures aimerais-tu voir mises en place contre la précarité menstruelle et le tabou des règles ? Viens m’en parler en commentaire !

À lire aussi : En 2019, les adolescentes ont toujours honte de leurs règles

Faustine M

Faustine M


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Commentaires

Juub

@JAK-STAT Oui, bien entendu, c'est pour ça que je pense tout de même que c'est une très bonne idée, même si l'idéal serait de démocratiser ça et que ce soit beaucoup plus simple de se procurer des protections n'importe quand et où.

Et puis je pense qu'on a plus ou moins tou•te•s vécu des imprévus et des règles surprises qui arrivent au moment le moins opportun :) En fait, même des distributeurs payants facilement accessibles en permanence comme les distributeurs de préservatifs je serai preneuse si le problème vient vraiment de potentiels abus. Mais de manière globale de serai plus pour la mise en place de distributeurs gratuits et d'une sensibilisation pour éviter justement les abus. Même si c'est peut-être super optimiste de ma part de penser qu'avec de la sensibilisation les gens arrêteraient de faire de la merde. :happy:
 

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