On m’a refusé la pilule du lendemain, comment réagir ?

Il est beaucoup trop courant que des pharmacien•nes refusent de délivrer une contraception d'urgence et/ou en profitent pour humilier la personne qui la demande. Cette pratique est pourtant illégale, alors voici un tuto proposé par @HygiesuperBowl pour y mettre fin.

On m’a refusé la pilule du lendemain, comment réagir ?

Avoir besoin d’une pilule du lendemain, ça peut arriver pour beaucoup de raisons différentes. Un oubli de contraception, un accident de préservatif ou même un rapport non protégé : on n’est pas là pour juger. Mais y accéder, ça peut être un vrai parcours du combattant…

Après que plusieurs histoires du même acabit sont sorties, le blogueur/twitto @HygieSuperBowl a réalisé un super tutoriel pour savoir comment réagir dans cette situation.

Dans un premier temps, il délivre des conseils pour obtenir la contraception d’urgence de la part du/de la pharmacien•ne récalcitrant•e.

Il ne faut pas hésiter à rappeler ses droits, à savoir : on ne peut pas vous refuser la contraception d’urgence s’il n’y a pas de motif médical. Et si vous êtes mineur•e, vous avez droit à la gratuité de cette pilule ainsi qu’à l’anonymat (dans l’objectif de préserver celui-ci, on ne peut pas non plus vous demander de pièce d’identité — même pour vérifier votre âge justement).

À lire aussi : VICTOIRE ! La clause de conscience des pharmaciens est définitivement abandonnée !

On ne peut pas vous refuser la contraception d’urgence sans motif médical.

Vous pouvez aussi interpeller d’autres personnes présentes pour faire davantage pencher la balance, et surtout ne pas vous laisser intimider : vous êtes dans votre droit, le/la pharmacien•ne qui refuse de vous délivrer la pilule du lendemain ne l’est pas. Même face aux forces de l’ordre, c’est lui ou elle qui est en tort.

Si jamais on vous la refuse tout de même, il faut, premièrement, se la procurer ailleurs car l’efficacité du traitement est une question de temps, et ensuite, il suffit de suivre une démarche simple. Car comme @HygieSuperBowl le dit à la fin de son post de blog qui récapitule entièrement la marche à suivre :

« Rappelez-vous, si vous voulez que les choses changent, le dire sur Twitter ou sur les réseaux sociaux, c’est bien. Quatre courriers en plus, c’est encore mieux. »

Cela commence par un premier courrier à adresser au Procureur de la République pour porter plainte (vous pouvez aussi le faire au commissariat, mais de toute façon, la procédure comprend la rédaction d’autres courriers, donc autant tout faire d’un coup).

https://twitter.com/HygieSuperBowl/status/764104416651800576

https://twitter.com/HygieSuperBowl/status/764104688690159618

Et cela nous emmène à l’étape suivante : la plainte à l’ordre des pharmaciens, dont le détail se trouve sur le site de l’Ordre national des pharmaciens.

https://twitter.com/HygieSuperBowl/status/764105337288945664

Vient ensuite un courrier à l’Agence régionale de santé :

« Cette fois, vous ne portez pas plainte. Vous portez ces faits à la connaissance de l’ARS et de ses pharmaciens inspecteurs. Et vous leur demandez si de tels faits sont normaux. »

Dernière étape (presque) si vous êtes mineur•e : faire un courrier au défenseur des droits, en étant conscient•e que cela impliquera vos parents pour la suite des procédures. Ça peut se faire sur Internet et, de cette manière, vous serez suivi•e et aidé•e dans vos procédures. Mais ce n’est pas obligatoire.

Pour finir, vous pouvez faire une copie de tous ces courriers et les communiquer au Planning Familial de votre département, qui pourra potentiellement re-tester la pharmacie (il ne faut pas hésiter à le demander) et agir en conséquence.

Les galères de contraception peuvent arriver à tout le monde, et on est rarement bien armé•e pour y répondre. Le cas de la contraception d’urgence est bien explicité dans ce tutoriel mais il y a encore plein de situations où on peut être un peu perdu•e !

Bonne nouvelle, Biogaran a créé un site tout beau tout pratique pour s’y retrouver selon sa situation, sa pilule, et ça peut éviter des crises de panique inutiles, à la recherche d’une information dans une notice de contraception à 3h du matin (ça sent le vécu, non ?).

Esther

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires

Haneda

Quand je vivais en Belgique, j'ai voulu changer de pilule, mais le rdv avec le gynéco était pour 2 semaines après l’arrêt des règles. Je ne pouvais donc pas rester 2 semaines sans rien, vivant en couple.
J'ai donc été chez 1 pharmacien avec l'ordonnance (valable je précise) de l'ancienne pilule et je lui ai demandé de ne me vendre qu'une seule plaquette.
Ce gros connard misogyne a refusé, que soit disant ça ne se "faisait pas" de ne prendre qu'une seule plaquette, que c’était les 3 d'un coup obligatoire(ah bon?).
J'ai eu beau lui dire que j'avais déjà acheter ma pilule par plaquette par mois quand j’étais plus jeune par manque de moyens a l’époque, et dans des pharmacies visiblement plus moderne que la sienne, ce batard (oui je suis grossière c'est tout ce qu'il mérite) m'a balancer mon ordonnance a la gueule et s'est tiré, comme ça sans vergogne.:bomb:
Je ne me suis pas géné pour dire aux autres employés (lâches et silencieux évidemment) que je ne remettrais jamais les pieds chez eux. Et je n'y suis jamais retourné bien entendu, et j'ai raconté a tout ceux que je connaissais que c’était une pharmacie moyenâgeuse a éviter absolument.
Alors bon, c’était pas en France, mais tout de même, c’était légal ce qu'il a fait?! A mon avis ça le faisait chier que je ne paye que 10 euros environ au lieu de 30, mais c'est quand même une honte:slap:
 

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