Un homme découvre le harcèlement de rue dans la peau d’une femme

Après un silence de plusieurs années, l'association Ni Putes Ni Soumises revient avec #ANOTREPLACE, une campagne coup de poing qui plonge un homme au cœur du harcèlement de rue.

Un homme découvre le harcèlement de rue dans la peau d’une femme

Pas toujours facile pour les hommes d’imaginer le quotidien des femmes. 

Pour leur permettre de mesurer l’ampleur du harcèlement de rue, l’association Ni Putes Ni Soumises a créé un dispositif inédit pour sa campagne #ANOTREPLACE.

À lire aussi : J’ai été harcelée dans la rue, et les témoins n’ont rien fait

Un homme face au harcèlement de rue

Le temps d’une journée, Antoine, un parisien de 23 ans, s’est promené en ville grimé en femme.

Maquillé, coiffé, habillé en femme, il a ainsi pu vivre de l’intérieur ce qu’elles subissent chaque jour dans l’espace public.

Regards insistants, remarques déplacées, commentaires sur le physique et propositions sexuelles : le jeune homme a eu droit à toute la panoplie du harcèlement de rue. 

Il raconte son expérience dans une interview et confie :

« J’ai eu souvent peur. »

À lire aussi : À toutes les salopes de ma vie (Le harcèlement de rue vu par Charlie)

Se mettre à la place des femmes pour comprendre

Cette expérience rend bien compte de la vulnérabilité des femmes dans l’espace public, et des intimidations auxquelles elles font face. 

Après des années de silence, l’association qui lutte contre toutes les violences faites aux femmes entend réveiller les consciences face à la banalisation de ces agressions

Stéphanie Rameau, présidente du mouvement depuis 2016 explique :

« Alors que le harcèlement de rue est encore d’une effrayante banalité pour certaines femmes en France, il est parfois difficile de faire comprendre à quel point il peut-être fatiguant et
dégradant pour une femme de simplement se balader dans la rue. »

À lire aussi : Nos techniques WTF pour décourager les harceleurs de rue

Le harcèlement, sur les applis de rencontre aussi

Créée avec l’Agence Marianne et Publicis Conseil, cette expérience a aussi concernée les applis de rencontre sur lesquelles les femmes sont aussi sur-sollicitées.

Un deuxième clip dédié au cyber-harcèlement montre le genre de messages agressifs et/ou à caractère sexuel que peut recevoir un profil féminin sur ce genre d’applis.

Un chatbot sur Facebook permet aussi de vivre l’expérience de l’intérieur.

Pour devenir bénévole ou faire un don à l’association, rendez-vous sur le site de Ni Putes Ni Soumises.

Et toi, que penses-tu de cette campagne de sensibilisation ? 

À lire aussi : Un inconnu m’a envoyé des dick pics PAR BLUETOOTH dans le MÉTRO

QueenCamille

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Commentaires

jorda

@Yuelia :
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Après, personnellement quand ça a dévié, je me suis immédiatement mise en "spoiler HS" car effectivement c'était pas le sujet (qui avait déjà dévié de la page 1 à 6). Alors oui, ça aurait été mieux de faire du MP. Après, des débats dans le débat, il y en a toujours eu, et personnellement j'ai considéré que c'était le minimum de mettre "spoiler HS" pour espérer répondre à mes interlocutrices sans trop gêner le débat principal, tout en permettant éventuellement à d'autres de participer au "débat dans le débat" si elles le souhaitaient.

Pour reprendre le débat, j'aimerais discuter de deux articles que j'ai trouvés et que je trouve intéressants :


Apparemment la France a récemment annoncé par l'intermédiaire de Marlène Schiappa qu'elle souhaitait s'inspirer du modèle suisse ci-dessus pour lutter contre le harcèlement. La ville de Nantes a d'ailleurs collaboré avec Genève et Bruxelles pour faire un peu la même chose.
Personnellement, je ne sais pas si des affiches de ce type vont être utiles pour vraiment combattre ce phénomène. Apparemment, le constat est que c'est efficace. Après, j'ai un peu du mal à voir l'effet que ça veut produire. Informer les gens? Les faire se sentir coupable (pour les potentiels agresseurs)?
Si vraiment la même chose voit le jour en France, (apparemment c'est déjà le cas par des initiatives locales), j'imagine qu'on saura vite si ça porte ses promesses.

Vivant en Chine, le système de "perdre la face" (par la honte) marche relativement, mais est appliquée pour de "mauvaises" raisons.
Genre une personne ne respecte pas le code de la route : plaque d'immatriculation + photo sur les panneaux électroniques de la ville.
Voleur? Photo du délit collé à l'éntrée du magasin.
Par contre pour le harcèlement, y'a personne, et celles qui manifestent ici sont mises en prison pour "troubles à l'ordre public". (on m'a même mise en garde de ne pas trop parler de violences faites aux femmes aux élèves sous risque de faire plusieurs jours de prison moi-même.... ambiance.....).
Dommage car je ne dirais pas forcément non à ce genre de méthodes pour lutter contre le harcèlement (même si je reconnais que ça a un côté assez dangereux). Reconnaissance faciale => la honte dans toute la ville avec la photo du mec \o/ Ca serait pas mal. (bon après faut être sûre que ça soit bien du harcèlement et pas une mauvaise interprétation d'une situation, et faudrait pas qu'il y ait des situations de "vengeance" d'autres mecs qui voudraient tester leur virilité en "punissant" le coupable; mais bon l'idée me plaît par certains côtés...).

Quant à cet article :

On en a déjà un peu parlé mais pas vraiment sous cet angle (en tout cas il ne me semble pas).
Comme dit avant, le fait de faire incarner un homme vivant une situation typiquement vécue par des femmes, si ça peut aider à faire comprendre "vraiment" le problème et ses conséquences (la nervosité, la tension que ça crée, a fortiori quand c'est régulier; la peur de revivre la situation, bref...), moi je suis pour.

Après, la critique qui dit qu'il n'y a pas de personnes concernées, je la comprends, mais la campagne pour moi est clairement destinée aux hommes, afin qu'ils se mettent dans la peau de celui qui fait l'expérience. Certes, il y a la critique "la parole des femmes devrait suffire", mais sur le plan pédagogique, je trouve l'idée intéressante, dans le sens où les hommes sont (plus qu') invités à faire l'expérience, de manière indirecte, en tant qu'hommes.
C'est un peu dans ce même ordre d'idée que les expériences "d'accouchement pour hommes" sont proposées, afin de les rapprocher le plus possible de ce que peut ressentir une femme dans cette situation, mais tout en étant homme.
On a déjà discuté de la différence entre "savoir" et "ressentir", qui pour moi est le niveau au-dessus, et j'imagine que certains hommes auront plus de facilité à se mettre à la place d'un homme déguisé en femme, qu'à la place d'une femme (car eux-mêmes étant hommes).

Je trouve l'idée intéressante dans le sens où toutes les techniques pour sensibiliser les gens (notamment les potentiels auteurs) sont bonnes à prendre. Je vois plutôt cette campagne de communication comme une arme supplémentaire pour lutter contre ce phénomène. De mon point de vue, je ne vois pas forcément la chose comme "la parole des femmes a moins de valeur", mais plutôt une communication ciblée envers les hommes pour qu'ils s'identifient plus facilement à la problématique et à ses conséquences. Un homme ne saura jamais ce que c'est que d'être une femme (et inversement). Les tentatives visant à essayer de combler ce fossé me semblent bonnes à prendre. Il ne s'agit pas de croire des témoignages ni "d'être au courant", mais qu'un homme puisse expérimenter, faire l'expérience; parce que probablement que certains hommes "ressentiront" davantage, pourront plus facilement se mettre à la place d'un autre homme, que d'une femme. Ce que quelque part, je peux comprendre.
La vidéo de la femme en Belgique qui avait passé une journée pour montrer le harcèlement avait aussi été beaucoup relayée, de toute façon. Car ça avait le mérite de montrer vraiment les conséquences du phénomène sur une personne. Avec un minimum d'empathie, ça donne aussi la possibilité de ressentir la peur, la colère, la frustration,etc... que ces situations peuvent engendrer. Ca donne une dimension supplémentaire de compréhension par rapport à "en parler".
Est-ce que c'était nécessaire de mettre un homme déguisé en femme? Pas forcément, mais si ça permet de toucher le plus de monde possible, pourquoi s'en priver. Il y a différentes catégories de personnes, avec leur psychologies propres, c'est normal d'adapter sa communication pour toucher le plus de gens possible, selon moi.
Comme dit un peu plus haut, c'est là pour moi que se situe la différence entre "savoir" et "ressentir".

ps : désolée si je ne suis pas très claire, je ressors de l'hôpital d'un malaise...
 
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