L’Oscar de la meilleure réalisatrice décerné à Chloé Zhao (« Nomadland ») est historique


Avec six nominations aux Oscars et trois statuettes remportéess, Nomadland de Chloé Zhao a tout raflé sur son passage. Mais ces récompenses, notamment celle de la meilleure réalisatrice, représentent bien plus que de simples victoires.

L’Oscar de la meilleure réalisatrice décerné à Chloé Zhao (« Nomadland ») est historiqueChloé Zhao aux Oscars 2021 / Rolling Stone (Youtube)

Ça n’en finit pas. Nomadland lui avait déjà valu cette année le prix de la meilleure réalisatrice aux Critics Choice, aux Golden Globes, aux BAFTA Film Awards, aux Directors Guild Awards… et Chloé Zhao a été sacrée ce weekend de l’Oscar de la meilleure réalisatrice !

Un prix qui fera date dans l’histoire, par bien des aspects.

Avec Nomadland, Chloé Zhao marque l’histoire

Nomadland est un film dramatique dans lequel une veuve (incarnée par Frances McDormand) parcourt l’ouest des États-Unis dans son van après la perte de son emploi durant la grande récession. Ce troisième film de Chloé Zhao a visiblement conquis tout le monde.

Chloé Zhao a réalisé cette œuvre, mais l’a aussi écrite, montée et produite. Et il faut croire que tout ce travail a payé : Nomadland a remporté l’Oscar du meilleur film, Chloé Zhao l’Oscar de la meilleure réalisatrice et Frances McDormand celui de la meilleure actrice !

Succédant à Kathryn Bigelow en 2010, Chloé Zhao est donc la deuxième femme seulement à remporter l’Oscar de la meilleure réalisatrice en 93 ans. Avant la cérémonie de cette année, seulement cinq femmes avaient été nominées dans cette catégorie : Lina Wertmüller, Jane Campion, Sofia Coppola et Greta Gerwing.

Chloé Zhao est également la première femme racisée et la première femme chinoise à recevoir cette récompense.

Au-delà de leur caractère inédit, on comprend l’importance de ces prix lorsqu’on connaît l’histoire des femmes asiatiques dans le cinéma américain : elles ont été énormément stigmatisées et fétichisées à travers leurs rôles. On est un peu (très) fatiguées de voir des « première femme racisée à… » ou « première femme chinoise à… » en 2021, mais bon : mieux vaut tard que jamais, certainement.

Chloé Zhao, un talent dont on n’a pas fini d’entendre parler

Avec humilité, la réalisatrice a reçu sa récompense et délivré un discours sur la bonté inhérente à chaque être humain. Elle a fait appel à ses souvenirs d’enfance, se remémorant les poèmes qu’elle apprenait avec son père. L’un d’entre eux,  explique-t-elle, l’a profondément marquée par sa morale qu’on pourrait traduire par « les gens, à la naissance, sont intrinsèquement bons. »

En accord avec ces paroles, la réalisatrice a rendu hommage à « toutes les personnes qui ont la foi et le courage de s’accrocher à leur bonté et à celle des autres, peu importe à quel point ça peut être difficile de le faire. C’est pour vous, vous m’inspirez à continuer. »

Et on peut les remercier aussi, ces personnes : grâce à elles, Chloé Zhao ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Son prochain film sera un Marvel intitulé Eternals et devrait sortir ce novembre dans les cinémas américains. Dire qu’on a hâte serait un euphémisme !

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Sylsphée Bertili

Sylsphée Bertili


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Commentaires

Morgana Talbot

@Pelleas
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Et, plus à contre courant des réactions ci-dessus : plutôt que de saluer ce choix, comme d'hab, je boycotte cette cérémonie. A mon sens pourrie jusqu'à l'os. On l'oublie peut-être, mais il n'y a pas si longtemps, c'était un certain Harvey Weinstein qui était régulièrement porté aux nues par cette académie... Et juste : 93 cérémonies pour voir enfin une femme non blanche récompensée meilleure réalisatrice ? Et seulement la 2ème réalisatrice oscarisée ??? :stressed: :stressed: :stressed:

Presque un siècle pour en parvenir à ce résultat, ça mérite la refonte pure et simple de cette cérémonie archaïque qui fonctionne en circuit fermé mais se targue d'être grand public parce que retransmise mondialement et pire... D'avoir pour vocation "l'amélioration et la promotion mondiale du cinéma"... L'es Oscars, ou l'art de faire passer des vessies pour des lanternes :rire:

Alors je suis très sincèrement ravie pour les heureux/heureuses détenteurs et détentrices de statuettes, dont je finis toujours par être informée par la presse. Mais j'en.ai.rien.à.foutre quand je sélectionne un film de savoir qu'il a été salué par un jury tel, que tel ou telle acteurice a eu l'Oscar. Là où la Berlinale ou le festival de Geradmer, par exemple, sont pour moi de réels gage de qualité.

Enfin, je regarderais tout de même ultérieurement le long métrage Nomadland, qui semble regorger de grandes qualités. Mais pas parce que les Oscars l'auront mis en lumière:vex:
 

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