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Santé sexuelle

L’ivermectine, faux « traitement » dangereux du Covid, ruine les spermatozoïdes des personnes qui le prennent

L’ivermectine, un antiparasitaire, dont l’efficacité contre les symptômes du Covid reste à prouver, ruinerait les spermatozoïdes des hommes qui le prennent. Paie ta double peine.

Depuis le début de la pandémie, 4,5 millions de décès liés au virus et 200 millions d’infections sont à déplorer. Ajoutons à cela les confinements à répétition et les nombreuses restrictions sanitaires, et on comprend mieux le ras-le-bol général.

Quand on connaît l’impact que le virus peut avoir sur la santé — difficultés ou détresse respiratoires, perte du goût et de l’odorat, fatigue intense, etc. — pas étonnant que certains et certaines perdent pied… jusqu’à se mettre encore plus en danger.

Malgré l’accès de plus en plus facile au vaccin contre le Covid-19 dans de nombreux pays, plusieurs personnes se tournent vers des solutions alternatives ou détournent l’usage de médicaments existants dans l’espoir de prévenir les effets du Covid. Le hic ? La plupart de ces « traitements » sont, « au mieux » inefficaces, au pire, extrêmement dangereux pour la santé.

C’était le cas de la chloroquine, c’est maintenant le cas de l’ivermectine, un médicament connu pour traiter la gale, et, plus largement, pour se débarrasser des parasites… chez les animaux.

Un antiparasitaire pour animaux pour soigner le Covid ?

Élixirs de plantes, cocktails de vitamines, détournement de traitements connus… Qu’elles refusent catégoriquement de se faire vacciner contre le Covid ou qu’elles cherchent toutes les solutions pour imaginer s’armer contre le virus, de plus en plus de personnes se tournent vers des alternatives, souvent inefficaces et non approuvées par les autorités sanitaires.

L’usage de l’ivermectine pour combattre les symptômes du virus a fait un bond.

Boosté par sa promotion croissante par des influenceurs et par de nombreuses études interprétées comme prouvant sa prétendue efficacité, l’ivermectine a fait un bond.

L’ivermectine, c’est quoi ? Utilisé pour traiter les parasites chez les animaux et la gale chez l’homme, ce médicament peu coûteux est largement utilisé dans les pays où l’infestation par parasites est monnaie courante.

À faible dose, et pour traiter ce genre de problème, il présente l’avantage d’avoir peu ou pas d’effets secondaires. Mais face à l’usage antiviral et détourné que les gens en font, l’institut Pasteur s’est récemment penché sur le sujet. Selon les chercheurs de l’Institut :

« Les scientifiques ont observé que la prise d’ivermectine est associée à une limitation de l’inflammation des voies respiratoires et des symptômes qui en découlent. Ce traitement est également associé à une protection contre la perte d’odorat. » 

Si le traitement semble en partie efficace contre l’atténuation des symptômes, il n’a absolument aucun effet contre le Covid-19 en lui-même : il serait « sans impact sur la réplication du SARS-CoV-2 mais soulagerait l’inflammation et les symptômes qui en découlent », alerte l’Institut.

Sa réelle efficacité fait débat. Cochrane, une organisation à but non lucratif regroupant les informations concernant la recherche médicale, tempère l’engouement :

« Des tests en laboratoire montrent que l’ivermectine peut ralentir la reproduction du virus de la COVID-19 (SARS-CoV-2) mais de tels effets nécessiteraient des doses importantes chez l’homme. Les autorités médicales n’ont pas approuvé l’ivermectine pour la COVID-19. »

Les spermatozoïdes des hommes ont subi de graves déformations.

Un danger pour les spermatozoïdes des hommes

Une étude réalisée en 2011 par des chercheurs au Nigeria a montré l’impact de l’ivermectine sur le sperme. Résultat, le médicament déformerait les spermatozoïdes et les rendrait moins vaillants.

« Non seulement le nombre et la mobilité des spermatozoïdes de chacun de ces hommes ont été considérablement réduits, mais leurs spermatozoïdes ont également subi de graves déformations, avec des caractéristiques telles que deux queues, deux têtes et des têtes anormalement grosses. » 

Si les conséquences sur la fertilité ont encore été peu étudiées, la plupart des autorités compétentes se mettent d’accord pour donner l’alerte. La FDA (l’organisation qui autorise la commercialisation des médicament aux États-Unis) a récemment tiré la sonnette d’alarme comme l’explique ce communiqué de presse :

« La prise de fortes doses de ce médicament est dangereuse et peut causer de graves dommages. […] Les préparations d’ivermectine pour les animaux sont très différentes de celles destinées aux humains. »

L’organisation rappelle les risques d’overdose liés à la prise d’ivermectine, pouvant provoquer nausées, vomissements, réactions allergiques, convulsions, coma et même la mort. Un pic d’hospitalisations et d’appels aux centres anti-poison a d’ailleurs été enregistré suite à la prise du médicament à des fins antivirales.

En France, les autorités sanitaires sont également catégoriques. L’utilisation de l’ivermectine pour soigner ou prévenir le Covid a été interdite par l’Agence française du médicament, L’Agence européenne du médicament et par l’OMS. 

La prise de fortes doses de ce médicament est dangereuse et peut causer de graves dommages.

Et les utérus là-dedans ?

Qu’en est-il des effets sur les autres organes reproducteurs — utérus, ovaires, trompes ?

Faute d’études menées pour déterminer l’impact de la prise de l’antiparasitaire sur la fertilité des femmes, impossible de savoir si les conséquences sont aussi catastrophiques sur leur santé sexuelle. Seule une étude sur la sûreté de la prise d’ivermectine pendant la gestation déduit que « les preuves sont insuffisantes pour conclure sur le profil de sécurité de l’ivermectine pendant la grossesse ».

Autant dire qu’on reste sur notre faim… Comme d’habitude, les femmes sont encore les grandes laissées-pour-compte des recherches sur la santé sexuelle.

Reste à attendre des études plus poussées sur le sujet et, évidemment, à se tourner vers des traitements qui ont véritablement fait leurs preuves.

À lire aussi : « J’ai dû voir 4 ou 5 gynécos » : se faire stériliser quand on est une femme reste un parcours de combattante

Crédit photo : Nadezhda Moryak / Pexels

Les Commentaires
4

Avatar de Yule
9 septembre 2021 à 14h18
Yule
L'étude citée n'a pas l'air franchement sérieuse.
Déjà d'apparence : elle a été publiée chez "Scholars Research Library" (connais pas. Est ce qu'ils sont sérieux ou non...) donc normalement soumise au "contrôle par les pairs", c'est à dire relue par d'autres spécialistes et éditeurs pour vérifier.
Visiblement ils sont tous passés à côté de certaines coquilles :
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Ça fait propre. Mais bon, soit, après tout pourquoi pas.
Même la méthode n'est pas rigoureuse. Sur les 385 patients diagnostiqués avec l'onchocercose, seuls 37 ont été gardés, les autres n'ayant pas suffisamment de spermatozoïdes dès le début des tests... Pas dingue comme effectif.
Il n'y a pas de groupe contrôle, alors qui ne peut pas dire que c'est l'onchocercose elle même, ou d'autres causes à l'origine des résultats ?
Les patients sont traités 11 mois... Est ce que c'est comparable au traitement du covid ?
L'étude comporte trop peu de détails pour être reproductible, ce qui aurait pu prouver sa véracité.
Pour info :
https://www.gralon.net/articles/ens...-une-etude-scientifique-est-fiable--11933.htm
Qu'on finisse par prouver, avec une étude sérieuse, que l'ivermectine a un impact sur le sperme, c'est une chose.
Ce qui me fatigue le plus c'est la propension, en ce moment, à se jeter sur des études pseudo scientifiques, des publications douteuses pour prouver tout et n'importe quoi... Surtout de la part d'une grande majorité de médias.
Vraiment pas sérieux
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Voir les 4 commentaires

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