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Santé

Les femmes ronflent aussi, mais elles le déclarent moins que les hommes

29 avr 2019
Traditionnellement, les ronflements sont plutôt un problème associé aux hommes. Pourtant, selon une étude israélienne, les femmes ronflent comme les hommes, mais elles sont moins nombreuses à le déclarer, et cela a des conséquences sur leur santé.

« Est-ce que vous ronflez ? » C’est la question qu’a posée une équipe de recherche israélienne à 1.913 patient·es (dont 675 femmes), venu·es consulter dans un centre destiné à traiter les troubles du sommeil. Âgé·es en moyenne de 49 ans, les participant·es sont ensuite resté·es dormir sur place pour que leur sommeil (et leurs ronflements) soient analysés.

Cette étude, parue dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, ne porte donc pas sur un échantillon représentatif de la population israélienne, puisqu’elle n’observe que les déclarations et comportements de patient·es ayant une suspicion de troubles du sommeil. Néanmoins, ses résultats sont intéressants à plus d’un titre….

Les femmes déclarent moins souvent que les hommes qu’elles ronflent

On y apprend notamment que seulement 72% des femmes participant à l’étude déclarent ronfler, alors qu’elles sont 88% à réellement ronfler pendant la nuit passée dans le centre. Un écart entre déclarations et réalité qui n’existe pas chez les hommes participant à l’étude qui sont environ 93% à ronfler (et à le reconnaître).

Autre enseignement crucial de l’étude : les femmes ronflent quasiment aussi fort que les hommes. Les ronfleuses produisent en moyenne 50 décibels contre 51,7 chez les ronfleurs.

« Bien que nous n’ayons trouvé aucune différence entre les genres en termes d’intensité, les femmes ont tendance à sous-déclarer le fait qu’elles ronflent et à sous-estimer l’intensité de leurs ronflements », explique Nimrod Maimon, l’un des chercheurs ayant réalisé l’étude dans un communiqué publié par l’American Academy of Sleep Medecine.

Comment expliquer un tel décalage ?

Pourquoi ces femmes suivies par le centre du sommeil sont-elles un certain nombre à ne pas déclarer leurs ronflements ? Est-ce qu’elles en ont honte ? Ou est-ce qu’elles ne sont pas au courant ? Est-ce que leurs partenaires ont le sommeil plus lourd (dans le cas des couples hétéros) et ne leur disent pas ?

Bref, cette étude suscite de nouvelles questions, mais n’y répond pas forcément. Une chose est sûre selon les chercheurs et chercheuses : « il y a un stigma social associé aux ronflements chez les femmes », et ce n’est pas sans conséquence.

Les ronflements sont en effet l’un des symptômes les plus courants de l’apnée du sommeil, un trouble de la ventilation nocturne dû à la survenue anormalement fréquente de pauses respiratoires. Si les femmes ne savent pas ou n’admettent pas qu’elles ronflent, cela peut entraîner un retard de diagnostic de l’apnée du sommeil chez elles, avec un impact sur leur santé.

L’apnée du sommeil entraîne en effet de la fatigue, de la somnolence, des troubles de la concentration et de la mémoire, de l’irritabilité… Mais aussi des accidents de voiture en raison de la baisse de la vigilance. À long terme, le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil augmente la mortalité et particulièrement celle de cause cardiovasculaire.

« Le fait que les femmes déclarent ronfler moins souvent que les hommes […] pourrait être l’une des barrières qui empêche les femmes d’aller consulter dans une clinique du sommeil », ajoute le Dr Nimrod Maimon.

Donc si tu as le sentiment de ne pas avoir un sommeil reposant, ou d’être régulièrement sujet·te à de la somnolence en pleine journée, cela vaut peut-être le coup d’aller faire un tour dans un centre du sommeil, que tu ronfles ou non…

Pour aller plus loin :

Tu peux aller lire le communiqué de l’American Academy of Sleep Medecine à propos de l’étude ou aller te renseigner sur l’apnée du sommeil sur le site de l’Assurance Maladie.

Et toi, tu ronfles ? Tu t’es déjà demandé si tu faisais de l’apnée du sommeil ? Viens en parler dans les commentaires…

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