Léna Situations crée une bourse pour payer 3 ans d’études en école de mode


Léna Mahfouf s'associe à l'Istituto Marangoni pour créer une bourse censée couvrir 3 ans d'études. À au moins 10.000€ l'année, ce genre d'écoles privées a de quoi miser pour gagner en visibilité dans ce secteur qui fait tant rêver, avec si peu d'élus.

Léna Situations parle de ses études en école de mode dans une vidéo YoutubeCapture d'écran d'une vidéo Youtube de Léna Situations

Léna Mahfouf ajoute encore une corde à son arc. Influenceuse suivie par près de 2 millions de personnes sur YouTube, 3 millions sur Instagram, et désormais autrice d’un best-seller, elle devient mécène d’un ou une élève qui pourra bénéficier d’une bourse pour trois années d’études dans une onéreuse école de mode privée.

 

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Trois années d’études de mode offertes par Léna Situations

Déjà, en 2017, Léna Situations publiait une vidéo sur son parcours scolaire. Elle y évoquait ses difficultés et sacrifices pour payer son école de mode, Moda Domani (devenue un programme de l’école de commerce parisienne ISG), à plus de 10.000€ l’année. Connue pour travailler depuis l’âge de 16 ans et cumuler les petits boulots afin de contribuer à ce financement, l’influenceuse y raconte combien la barrière de l’argent a failli lui coûter sa passion.

Fidèle à sa devise « Tu reçois, tu donnes », elle vient d’annoncer le 14 avril 2021 qu’elle a noué un partenariat avec une autre école privée, Istituto Marangoni. Cet institut de formation aux métiers de la mode se déploie sur neuf campus à travers le monde, dont Paris. L’an dernier, il s’alliait à la maison de luxe Balmain pour proposer une bourse ; en 2021 c’est la plus si petite entreprise Léna Situations qui prend le relais.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 30 avril, et la bourse devrait couvrir les trois années de bachelor en Fashion Business, Fashion Stylist, ou Fashion Design — selon ce que choisira l’heureux ou heureuse élue. Le site de l’école précise quand même :

« La bourse s’applique pour la première année d’études (sous conditions pour la 2ème et la 3ème année). »

Les études de mode sont difficilement accessibles

Outre les formations professionnelles en lycée, peu d’études supérieures de mode existent du côté public. Ce qui participe à l’entre-soi excluant de l’industrie du rêve, qui favorise les rares personnes capables de se payer des écoles privées à plus de 10.000€ l’année en général.

Damien, étudiant en design vêtement à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD), l’une des rares formations publiques, salue le geste de Léna Situations, et le trouve symptomatique du paysage des formations aux métiers de la mode :

« C’est super que Léna Situations permette ça. C’est révélateur que ça se fasse avec une école privée, car ce sont souvent des chaînes implantées dans plusieurs pays, avec un taux d’admission très élevé comparé aux formations mode publiques françaises beaucoup plus sélectives. Le taux d’une école privée très connue comme Esmod avoisine les 70%. En 2020 pour entrer en première année à l’ENSAD, il y avait 2481 candidats inscrits au concours pour 80 admis, soit 3,2% d’admission. »

Rejoignant le constat de Damien, Christelle était en master à l’Institut Français de la Mode (reconnu dans le secteur comme le meilleur du monde selon le média de référence Business Of Fashion). Pour elle, ces filières s’avèrent difficiles d’accès, soit à cause de leur prix, soit par leur grande sélectivité : 

« L’IFM qui est une école privée propose des bourses d’études financées par des marques-mécènes, mais la formation est toutefois très sélective, et nécessite pour certains programmes comme celui que j’ai suivi un bac+5. Il y a peu de formations publiques, comme l’ENSAD ou Duperré, leurs filières mode sont peu connues et très sélectives. Cela contribue à la prospérité de certaines écoles privées qui investissent beaucoup pour leur visibilité — comme semble le faire Istituto Marangoni en misant sur Léna Situations. Elles attirent ainsi des personnes qui rêvent de travailler dans ce secteur, et sont prêtes à beaucoup de sacrifices pour y entrer, mais n’ont pas forcément connaissances de tout ce qui existe.

Car c’est un milieu très verrouillé qui entretient, dans une certaine mesure, sa propre opacité. Un secteur où le capital social et culturel compte énormément. »

À lire aussi : Enfin des couvertures de magazines avec Aya Nakamura et Léna Situations ! Mais pourquoi si tard ?

Anthony Vincent

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Commentaires

lalaya

C'est même un peu moins que ça à l'EnsAD: c'est 80 étudiants sur une dizaine de sections confondues. En fait, ça fait plutôt une quizaine d'élèves pour la section design vêtements...
 

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