La bonne idée : l’OMS renomme les variants du Covid pour stopper les stigmatisations


L'Organisation mondiale de la santé demande aux médias et au grand public d'arrêter de nommer les différents variants du Covid par les noms des pays dans lesquels ils ont été découverts.

La bonne idée : l’OMS renomme les variants du Covid pour stopper les stigmatisations@ CDC / Pexels

Depuis le début de la pandémie, certaines régions ou pays du monde sont pointés du doigt dès lors qu’un variant du Covid-19 y est découvert. Variants anglais, sud-africain, brésilien ou indien… À chaque fois, c’est la même chose : en associant une région du monde à un variant, les stigmatisations augmentent.

L’OMS demande de remplacer le nom des variants par des lettres grecques

Effectivement, avec des appellations scientifiques comme B.1.617, B.1.1.7 ou encore B.1.351, difficile de savoir de quoi l’on parle si l’on n’a pas le bagage scientifique qui va avec. Alors la presse et le grand public avaient jusqu’ici tendance à associer le variant avec le pays où il a été repéré en premier.

C’est pour cela que l’OMS a eu une idée toute simple, et pourtant très ingénieuse : nommer les différents variants du Covid-19 avec des lettres grecques, faciles à retenir de tous, des médias comme du grand public.

Voici la liste des nouvelles nominations des variants, souhaitée par l’Organisation Mondiale de la Santé :

  • Le variant anglais devient le variant Alpha
  • Le variant sud-africain devient le variant Beta
  • Le variant brésilien devient le variant Gamma

Le variant indien, dont deux souches différentes ont été découvertes, devient le variant Delta ou Kappa.

Stopper les stigmatisations autour des variants

Si certains peuvent penser que des noms de variants venants de régions ou de pays ne donnent pas matière à stigmatiser, il est important de rappeler qu’aux États-Unis, par exemple, à l’époque où Donald Trump était président, il n’hésitait pas à rejeter la faute de cette pandémie sur la Chine et sa population.

Le Congrès a même dû adopter une loi rapidement, afin de lutter contre un phénomène qui prenait de plus en plus d’ampleur, le « Covid-19 Hate Crimes Act ». Ce n’est pas anodin.

En France, des appels à la haine envers les communautés asiatiques avaient aussi été lancés sur Twitter et dans les lycées lors du second confinement, entraînant une enquête du Parquet de Paris.

Renommer ces variants, sans pour autant leur faire perdre leurs appellations scientifiques, ne peut être qu’un pas en avant pour lutter contre les discriminations et les stigmatisations. Ce foutu virus a déjà fait suffisamment de mal comme ça.

À lire aussi : Pourquoi le racisme anti-asiatique est-il encore tabou en France ?

Manon Portanier

Manon Portanier


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