J’ai osé aborder un mec dans la rue et je ne l’ai pas regretté

Cette madmoiZelle a fait une rencontre inattendue au détour d'un trottoir et son audace lui a valu de vivre une très belle rencontre...

J’ai osé aborder un mec dans la rue et je ne l’ai pas regretté

J’ai passé un des plus beaux week-ends de ma vie avec un homme dont j’ignorais encore l’existence le vendredi matin. 

Mon bel inconnu du coin de la rue

Comme tous les vendredis, je suis en joie à l’approche du week-end.

Mon excitation est encore plus vive qu’à l’habitude car la représentation de mon groupe de hip-hop se tient le soir même.

Entre midi et deux, je vais boire un café en compagnie d’une amie qui danse avec moi.

Je suis en train de fumer une cigarette à l’extérieur du bar quand un très beau jeune homme passe sur le trottoir.

Il faut savoir que je suis célibataire, en recherche active d’amour (pour pas dire que j’ai la dalle), et que ce garçon est tellement à mon goût que je l’ai vu arriver à plusieurs mètres.

Nous échangeons un regard de loin. Il faut aussi savoir que j’estime posséder un radar à attirance mutuelle et que j’ai la drague facile en soirée.

Mais dans la rue ? C’est un tout autre défi…

Que je décide de relever, car mieux vaut vivre avec des remords que des regrets. Après tout je n’ai rien à perdre, alors quand il arrive à ma hauteur, je lance un « Salut » souriant.

Il me rend mon sourire avant de baisser les yeux dans un rire surpris et de poursuivre sa route.

Quoi ?! J’ai osé me rendre totalement vulnérable au beau milieu de ce trottoir et il va laisser passer l’occasion de concrétiser cette connexion physique évidente ?

Je scrute sa silhouette qui s’éloigne, persuadée qu’il va se retourner. Non, il tourne au coin de la rue.

Ma clope n’est pas finie et parce que j’ai le goût du risque, ou que je suis un peu zinzin, ou les deux, je décide de le suivre.

Vous pouvez me trouver creepy mais ma démarche n’a rien de menaçante. Je connais la politesse et le consentement : s’il n’est pas intéressé je lâcherai l’affaire aussitôt.

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Michael, mon alter ego descendu du ciel

Arrivée à l’angle en question, je retrouve mon bel inconnu. Il s’est arrêté et consulte son téléphone. Il ne me voit pas.

Bon, je me sens vraiment trop ridicule et tout compte fait assez creepy à attendre derrière son dos. Maintenant que je suis là il s’agirait d’attirer son attention alors je me lance.

Trop tard pour faire dans la dentelle, je choisi d’adopter une approche à la fois frontale et humoristique :

« Tu réfléchis à une façon de me demander mon numéro ? »

Ouais, je sais. Audacieux. Il se retourne :

« Sorry, I don’t speak French. »

Ah. Maintenant, j’ai l’air franchement tarte.

Heureusement que j’ai de la répartie et 19/20 au TOEIC ! Nous engageons la conversation sur sa présence à Paris, puisqu’il vient de Londres.

Il s’appelle Michael et il me raconte qu’il vient parfois passer le week-end ici pour améliorer son français et visiter cette ville qu’il aime.

Nous avons le même âge ; il émane de lui une gentillesse sans pareille.

Le courant passe bien, encore mieux lorsque je lui dis que je danse ce soir : il fait du break dance aussi.

Ô heureux hasard de la vie… Quelle était la probabilité que cela arrive ? Je remercie intérieurement ma paire d’ovaires de m’avoir donné le courage d’aborder cet inconnu et je lui laisse mon numéro de téléphone.

Il ne promet rien mais me dit qu’il passera peut-être au spectacle. Mon enjaillement est maximal.

Nous nous séparons et je m’empresse de retourner au bar pour raconter cette invraisemblable rencontre à mon amie.

Où l’on apprend que Michael n’est pas célibataire

Je passe l’après-midi avec des papillons dans le ventre, dont les fourmillements s’ajoutent au stress de la représentation.

Avant le spectacle, je passe la tête par le rideau des coulisses pour scruter la salle : il est là !

À la sortie, il m’attend pour me féliciter. On se pose à une terrasse pour boire une bière et faire plus ample connaissance.

Il a de la conversation, de l’humour, il est même plutôt brillant. C’est comme si on s’était donné rendez-vous là depuis toujours. 

J’ai invité des amies à dîner chez moi, donc je lui propose de se joindre à nous. Il accepte, mais avant de se diriger vers mon appartement, il a quelque chose à me dire :

« Je préfère être honnête : je suis en couple. »

Je tente le tout pour le tout avec un sourire :

« Est-ce que, par hasard, c’est une relation ouverte ? »

Il m’explique qu’il était effectivement en couple libre avec sa partenaire de longue date mais que celle-ci a récemment préféré redéfinir leur contrat sur des bases d’exclusivité.

Va pour être amis… Je sais que je lui plais, et mon ego s’en contentera. Ce n’est pas tous les jours que je rencontre par hasard quelqu’un avec qui je m’entends si bien !

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Comme si on se connaissait depuis 10 ans

C’est l’une des premières soirées d’été pendant laquelle je peux profiter de ma petite terrasse.

Malgré la barrière de la langue, Michael se mêle parfaitement à mon groupe d’amies et tout le monde passe une excellente soirée.

Je le dévore des yeux en buvant ses paroles, puisque c’est tout ce que le code de l’honneur m’autorise à faire.

À la nuit tombée, mon nouvel ami doit rentrer chez la personne qui l’héberge en couchsurfing et me propose que nous nous retrouvions le lendemain.

C’est ainsi que ce bel inconnu, que j’ai l’impression de connaître depuis 10 ans déjà, partage mon petit-déjeuner en ce samedi ensoleillé.

On parle de nos parents, de danse, de spiritualité… Tout est simple et agréable. La tension entre nous reste palpable : la conversation enjouée nous a rapprochés physiquement.

Il me dit que ce week-end bénéficiera d’une dérogation pour ce qui est de s’embrasser sur la bouche, qu’il en parlera à sa copine et que ça ne posera pas de problème.

J’en rêve depuis que j’ai croisé son regard dans la rue. Il se penche vers moi et me donne un baiser d’une tendresse absolue en tenant mes mains dans les siennes.

C’est quoi exactement comme conte de fées, ça ?

Je l’emmène aux Buttes-Chaumont, mon parc préféré, et nous poursuivons notre conversation en marchant main dans la main.

Parce qu’il est en voyage ou que j’ai l’impression qu’il est sorti d’une faille cosmique, c’est comme si nous étions dans un autre espace-temps.

La tentation de l’infidélité VS la raison

De retour de notre promenade, nous nous allongeons sur mon lit pour une « sieste ».

Encore des baisers, puis des câlins… Je sens son érection contre moi et la tentation est grande de faire voler son caleçon.

OUI, je suis égoïste et sans doute immorale, et peut-être que lui aussi, mais tout ça paraît bien trop bon pour rester dans les clous…

On se frotte tellement que je frôle l‘orgasme toute habillée. Mais ça n’ira pas plus loin.

Ça le rend encore plus sexy d’observer cet interdit et je n’ai pas envie de le pousser au vice.

Je sais que l’exclusivité sexuelle ne concerne pas QUE le coït, et que le mal est déjà fait, mais nous résistons à cette ultime envie.

Nous rêvons à un univers parallèle dans lequel il est libre comme l’air (et me prend en levrette)…

Je sais que rester fidèle (dans les contours définis par sa relation) n’est pas un fait de gloire, mais j’ai justement fricoté avec un homme marié quelques semaines plus tôt.

Le sérieux de Michael le rend tellement plus désirable, plus respectable que cet infidèle qui m’avait d’ailleurs caché son alliance.

À la fin de l’après-midi, il doit partir prendre un bus pour rentrer à Londres. Sad.

Mes adieux à Michael

Nous sommes sonnés par l’intensité de ce coup de foudre interdit, et de ces moments partagés que ni lui ni moi n’aurait pu prévoir.

Sur mon palier, on se dit au revoir comme si on allait se retrouver le lendemain, pour ne pas trop faire monter les larmes.

Pendant son long trajet de retour, il m’écrit un message :

« Merci de ne pas m’avoir laissé filer dans la rue. Je me souviendrai de ce week-end pour toujours. »

Shootés aux hormones du bonheur, on se dit que l’on pourrait bien tomber amoureux l’un de l’autre et que ça nous fait peur.

Nous décidons ne pas trop penser à cette connexion folle qui a existé entre nous, de reprendre nos vies et de ne plus s’écrire jusqu’à ce qu’il revienne à Paris, un jour, en espérant que sa relation ne sera alors plus exclusive.

Quelques semaines plus tard, il m’apprend qu’il a eu une conversation avec sa copine et qu’ils vont rester exclusifs.

Nous ne nous sommes pas revu depuis, bien qu’il soit repassé à Paris. Pourquoi se torturer ?

Et puis la vie est loin d’être finie…

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Une madmoiZelle

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Commentaires

AFRO INSOLENTE

@Skjaldmö

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Je ne considère pas du tout les relations humaines, sexuelles et romantiques en terme egalitaire (it’s not my brand, AT ALL ! ) et pour être honnête, je trouve ça naïf de voir les choses ainsi. Cette société en elle même ne l’est pas, selon moi, le domaine romantique n’échappe pas aux relations de pouvoirs. Je ne vois pas comment les relations homme-femme puissent être égalitaires dans un système capitaliste aux racines patriarcales qui se base sur la mise en place de structures hierarchiques. Il y a toujours un rapport de pouvoir inhérent dans nos interactions avec autrui, on peut choisir de l’ignorer, d’agir dessus ou même de l’érotiser. La plupart des gens choisissent de l’ignorer mais ce n’est pas du tout mon approche. Dans les relations hetero-romantiques (même si aujourd’hui, il n’est plus tout à fait stable et unilateral à mesure que la société évolue), le pouvoir a été socialement du côté masculin. Mon but n’est pas de remettre la balle au centre en fait mais d’utiliser toutes les stratégies possibles pour que le pouvoir soit davantage de mon côté aussi Donc j’ai bien compris quand tu me parlais d’enlever la contrainte masculine de la drague que ca ne va pas te parler du tout et à beaucoup d’autres non plus.

Cependant, je suis consciente qu’avoir le contrôle en permanence n’est pas possible et qu’il est même illusoire de penser qu’on puisse avoir le pouvoir tout le temps ou de renverser un rapport de pouvoir lorsqu’il est socialement en notre défaveur dans toutes nos interactions et dans et dynamique relationnelle. Par ailleurs, ce n’est même pas souhaitable en fait. L’absence de contrôle, c’est aussi ce qui fait la magie des relations sentimentales et amoureuses. Et mettre son ego côté, c’est impératif pour pouvoir faire fonctionner une relation quelle qu’elle soit.

Je ne cherche pas à cacher mes influences, meme sur un forum féministe, sinon je n‘aurai pas mentionne la PUA. Et, je suis d’accord avec ce que tu dis sur les rôles et ce que tu en fais, c’est littéralement ma philosophie. C’est pour ça que j’ai voulu démonté la croyance comme quoi les femmes sont traditionnellement passives donc impuissantes dans la séduction/drague et vice versa.
 

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