La dernière fois que j’ai fait l’amour… c’était avec un homme marié

Cette madmoiZelle a couché avec un homme qui cachait son alliance dans sa poche... Récit d'une aventure interdite, entre dilemme moral et sexe torride.

La dernière fois que j’ai fait l’amour… c’était avec un homme marié

Initialement publié le 16 mai 2019

Ma dernière fois, c'est quoi ?

Ma dernière fois, ce sont des récits d’ébats sexuels dans tout leur naturel et leur intimité.

Le but, c’est de raconter sans fards des intimités, des rapports sexuels, dans leur diversité, et en détails ! Parce que les allusions ou demi-mots, dans cette rubrique, ce n’est pas ce qu’on recherche.

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Ça faisait bien longtemps que je n’étais pas partie en vacances à l’étranger…

En ce début de printemps, j’ai décidé de profiter des jours fériés pour passer quelques jours à Londres avec trois amies.

Un week-end de fête entre copines

Je suis jeune, célibataire, je pourrais passer ma vie en soirée électro, la météo de la capitale anglaise est miraculeusement ensoleillée…

Ce séjour s’annonce sous les meilleurs auspices.

Après un vol low-cost très matinal et quelques bus, nous posons nos sacs à dos dans la chambre que nous partageons. Le reste de la journée est dédié à flâner dans la ville, manger des trucs que l’on ne connaît pas et rire à gorge déployée.

Mes amies sont tout aussi célibataires et avides de fête que moi et nous commençons à lister les visites de clubs qui ponctueront ce séjour.

Posées sur un banc dans un parc presque désert, nous passons à tour de rôle nos chansons préférées sur un téléphone portable et dansons comme des ados en folie.

Notre bal improvisé dérive du côté de la chanson française et je mets Amoureuse, un titre de Véronique Sanson que j’adore et qui parle d’une histoire d’amour interdite…

La chanson lance entre nous un débat sur le fait de coucher avec des hommes en couple.

Pour certaines, ce n’est pas le problème de la « maîtresse », c’est à l’homme infidèle de prendre ses responsabilités. Pour d’autres, cela dépend du degré d’intimité que l’on partage avec la compagne trompée.

Pour moi, c’est niet. J’en ai fait un code de conduite, parce que j’estime valoir plus qu’une place de maîtresse et qu’un rendez-vous Tinder très glauque m’a refroidie il y a plus d’un an.

Au bar, le garçon en question m’avait annoncé qu’il préférait venir chez moi et rentrer pas trop tard, mais seulement si mon appart n’était pas trop loin de chez sa meuf, avec qui il irait dormir ensuite…

J’avais décliné la proposition et l’avait planté là, en espérant que les foudres divines le punissent un jour de son comportement immature, irrespectueux et insolent.

La rencontre dans un club londonien

Nous passons notre première soirée dans un bar, et arrivons vers minuit dans un club mythique où le son est bon et les mecs plutôt pas dégueu.

Nous dansons comme si notre vie en dépendait, nous perdant et nous retrouvant dans la foule, parlant à tout le monde et enchaînant les gin tonic.

Je repère un homme à casquette au style impeccable et à la barbe bien taillée. Il a un physique particulier, qui ne correspond pas à mon « style » habituel mais m’attire terriblement.

L’une de mes amies est en pleine conversation avec Simon, un grand type aux yeux bleus, un peu plus âgé que la moyenne des fêtards présents.

Je me joins à eux. Fatigués de danser, le groupe et moi nous mettons à l’écart pour poursuivre notre échange passionné, dopé à l’enthousiasme caractéristique des gens bourrés en vacances.

Simon est Danois, mais vit en Allemagne. Il nous explique qu’il est ici pour affaires, avec un ami de longue date qui n’est autre que l’homme à casquette qui m’a tapé dans l’œil.

Ce dernier, que nous appellerons Marc, nous rejoint bientôt et s’assoit auprès de moi. Lui est Suédois mais vit aux États-Unis. Les deux hommes se sont rencontrés là-bas, pendant leurs études, il y a plus de vingt ans.

Le courant passe bien, nous nous parlons à l’oreille, en nous tenant la main. Il est plutôt introverti, pas très entreprenant, et ça tombe bien car je n’ai pas envie de précipitation.

Mon amie et Simon se sont rapprochés aussi. Je crois qu’à ce stade, tout le monde s’est embrassé.

Il est déjà cinq heures du matin, nos deux autres amies sont parties et nous décidons de suivre nos deux crushs dans un taxi jusqu’à leur hôtel. London baby…

Comment j’ai appris qu’il était marié

Simon et Marc ont la quarantaine, des carrières prestigieuses et une chambre d’hôtel qui fait six fois la taille de mon studio.

Notre petit groupe fonctionne bien. Nous passons de la musique, plaisantons non-stop et débattons de sujets bien trop profonds pour l’heure qu’il est.

Après quelques verres de champagne, mon amie et sa conquête investissent le seul lit disponible.

Marc et moi restons sur la canapé du salon. Je suis fatiguée, je n’ai même plus l’énergie de rouler des pelles. Les souvenirs de cette fin de soirée sont flous…

Je ne sais plus de quoi nous discutons mais il me montre soudain sa main, sans plus de commentaire. Ou plus exactement son doigt, l’annulaire.

Je ne pige pas tout de suite. Qu’est-ce qu’il essaie de me dire ? Je remarque sa peau un peu fripée à l’endroit où une alliance devrait se trouver.

Je tombe des nues : Marc est marié.

Refroidie par cette annonce plus que tardive (j’avoue de pas m’être inquiétée non plus de son statut sentimental jusqu’alors), je lui lui confirme que rien de plus ne se passera entre nous ce soir.

Épuisés de notre folle nuit, nous nous allongeons tout habillés sur le canapé pour grappiller quelques heures de sommeil méritées.

Le lendemain matin, Marc doit enchaîner sur une journée de « travail » à travers la ville. J’écris travail entre guillemets parce que son job consiste à visiter toutes les boutiques de déco branchées de Londres pour le compte de son agence de design !

Il m’en avait parlé dans la boîte de nuit ; dans l’euphorie du moment, je lui avais assurée avec enthousiasme que je l’accompagnerais.

Simon aussi a un déjeuner d’affaires, mon amie va rester à l’hôtel en attendant son retour. Tiré à quatre épingles dans un costard, impossible de deviner qu’il y a quelques heures, il descendait des shots sur fond de techno.

Je sors de l’hôtel avec Marc, prétextant aller boire un café avant de rentrer chez moi. Mais, malgré son annonce de la veille, je n’ai pas envie de le quitter.

Une journée hors du temps avec un homme marié

Drôle, cultivé, élégant, sportif, détendu… Il est l’un des mecs les plus cool qu’il m’ait été donné de fréquenter. Il repart le lendemain à  Los Angeles.

Nous prenons des grands cafés allongés à emporter et nous dirigeons naturellement vers le premier magasin de sa liste.

J’ai envie de passer cette journée à sillonner la ville avec lui, et la fluidité de nos échanges fait que je le suis finalement dans toutes ses péripéties, sans qu’il n’y ait vraiment besoin d’officialiser la chose.

Nous quadrillons Londres, sautant de boutiques en taxis. Nous nous racontons nos vies et nous rions beaucoup. On s’embrasse parfois.

Loin des basses assourdissantes et de l’ébriété de la veille, le courant passe bien, du genre vraiment bien.

Je n’ose pas trop poser de questions sur sa femme, parce que je sens que ça va me faire du mal. Je préfère ne pas trop en savoir et préserver ma parenthèse enchantée.

Il affirme qu’il ne la trompe jamais, me raconte leur mariage qu’elle a organisé de A à Z sans lui (il était alors en relation à distance) et me dit que ça lui paraît impossible de rester avec la même personne toute sa vie.

Il m’invite au restaurant. On dirait que c’est notre premier date. Encore quelques visites de magasins et nous rentrons à l’hôtel où je vais récupérer mon amie.

Il prend ma main dans la rue. Je plaisante sur le fait que nous vivons nos derniers mètres en tant que couple et nous tirons avec force sarcasme le bilan de notre longue relation…

Nous sommes tous les deux dans un pays étranger, à des kilomètres de nos vies quotidiennes. J’ai l’impression d’avoir 15 ans et de revivre l’un de ces amours de colo qui a le goût de la nouveauté, du risque et de la liberté. 

Mon amie a passé l’après-midi à l’hôtel avec Simon. Lui aussi est marié.

Marc et moi faisons des blagues cyniques, pour oublier notre faute morale et se moquer de notre propre engouement l’un pour l’autre :

— We are so in love…
— I know, right ?!

Dans le fond, je crois que nous sommes tristes, car nous savons que nous devrons bientôt nous quitter.

Coucher avec un homme marié ou non, telle est la question

Je pars de l’hôtel à contre-cœur, sans savoir si Marc me rappellera pour passer sa dernière soirée avec moi.

Je sais, je sais, on avait dit : pas les hommes mariés… Mais il y a aussi ce hasard de la rencontre, ce courant qui passe si bien, ces milliers de kilomètres qui vont nous séparer pour toujours.

Il est dans ma tête toute la journée, mais j’essaie de ne pas trop me faire d’idées.

Pendant le dîner avec mes amies, je lui envoie un texto pour lui dire que nous allons dans tel club et que Simon et lui devraient se joindre à nous.

— Yeah, let’s meet up.

L’infidèle duo nous rejoint dans la file de la boîte, et nous sommes contents de nous retrouver.

Marc s’est fait beau, il a l’air heureux. Il me prend par la taille et raconte aux autres des blagues que je lui ai sorties dans la journée. Je me sens fière d’être à ses côtés.

Ce soir, nous ne sommes pas venus pour danser. Nous passons la soirée collés au bar, à parler, parler, rire et encore parler.

La conversation dérive sur le sexe. Je lui demande ce qu’il aime ou non… et il est abasourdi de se rendre compte qu’il n’y a jamais pensé.

Pour me déculpabiliser un peu, j’imagine son mariage dans le creux de la vague, avec une communication brouillée et une vie sexuelle ennuyeuse.

J’ai envie de faire l’amour avec lui. Mais mon amie rentre aussi avec Simon, et l’hôtel les a fait changer de chambre : il n’y a maintenant plus de mur qui sépare le lit du canapé.

On pense à prendre une chambre, mais l’idée sonne un peu pathétique… Dans seulement quelques heures, il devra boucler sa valise et prendre l’avion.

C’est là que j’ai eu une bonne idée.

Le bain le plus torride de ma vie

Dans un éclair de génie, la salle de bain m’apparaît comme le lieu du crime parfait. Au moins, il y a des cloisons qui m’éviteront de voir ma pote baiser, et inversement !

La baignoire est immense. J’y vide la moitié d’un gel douche, la remplis d’eau bien chaude et lance une playlist sur mon smartphone.

Quand il me rejoint, il est en caleçon. C’est la première fois que je vois son torse nu. J’ai envie que cette nuit ne finisse jamais. J’ai envie de lui faire l’amour très doucement, en prenant tout mon temps. Je le lui dis.

Nous nous glissons dans l’eau moussante, face à face.

Il a toujours cet air timide. Je lui dis à quel point je le trouve beau. Je le prends en photo.

Sous la surface, ma main caresse son sexe en érection. Il me touche aussi.

On ne presse rien. Je crois que nous avons passé des heures là, à se caresser, faire des pauses, s’embrasser, parler.

Après lui avoir mis une capote, je prends son sexe dans ma bouche en espérant lui prodiguer la meilleure fellation de sa vie. C’est ma seule chance, c’est notre seule nuit…

Dès les premiers coups de langue, il ferme les yeux, bascule la tête en arrière et gémit. Il a l’air au paradis.

Son pénis glisse en profondeur dans ma gorge sans aucun effort. Marc se surélève mais mon visage doit s’enfoncer un peu dans l’eau pour l’avaler entièrement.

Il m’embrasse avec passion, puis attrape mes fesses pour porter mon pubis jusqu’à sa bouche et me faire un lent cunni.

Mes oreilles sont sous l’eau. Je flotte dans l’extase. C’est le bain le plus torride de ma vie.

I don’t want to be wrong, but it feels right

Nous nous posons des questions, nous nous guidons : je veux être sûre qu’il prenne vraiment du plaisir et moi aussi.

Je lui montre la technique du « Viens ici » et je l’aide à poser son pouce sur le gland de mon clitoris.

Il n’ose pas me doigter trop fort mais je l’encourage à secouer violemment ses deux doigts de haut en bas, à l’intérieur de mon vagin.

Mes gémissements de plaisir le rassurent et ses yeux aussi surpris que ravis me donne l’impression de lui avoir confié une formule magique.

Mon téléphone enchaîne sur So Good de Davina :

« I don’t want to be wrong, but it feels right… »

Je le chevauche pour venir lui mordre le cou et le faire me pénétrer.

J’ai eu quelques partenaires dans ma vie avec qui la pénétration était fantastique. Même quelques centimètres, même sans bouger ; comme si nos sexes présentaient une forme de compatibilité.

Ce fût le cas avec Marc. Alors que son gland entre en moi, nous poussons en cœur un soupir qui exprime une forme de surprise face à l’intensité du plaisir.

Les va-et-vient sont lents et intenses mais les remous de l’eau font trop de bruit, et le tout s’avère peu pratique !

Nous sortons du bain pour continuer à nous caresser dans la grande douche à l’italienne.

Je déteste son pote et la mienne de ne pas nous avoir laissé le lit. Tant pis pour eux, la suite se passera sur la canapé.

Je suis trop fatiguée et alcoolisée pour avoir un orgasme et visiblement, Marc aussi. Au pied du lit où dorment nos amis, nous poursuivons nos ébats au sec, en tentant d’être le plus silencieux possible.

Je le chevauche encore, il me doigte encore, il se masturbe dans ma bouche. Je serre son sexe qui pulse dans mes mains avec des gestes lents. Son orgasme est long, tremblant.

Nous tombons dans les bras l’un de l’autre, ébahis par l’intensité de ce qu’il vient de passer.

Retour à la réalité

Quand je me réveille, tout le monde est déjà debout et Marc a commencé à faire sa valise.

Il m’attrape par la taille alors que je me dirige en peignoir vers la salle de bain. On s’embrasse et on frotte nos visages l’un contre l’autre.

Je m’habille. Voilà, je suis prête. Maintenant, il faut partir. Cette fois, la fête est finie.

Je déteste les au revoir, surtout quand ils sont aussi définitifs. Je retiens mes larmes pour serrer Marc dans mes bras et rire à sa dernière plaisanterie.

La porte de la chambre se ferme derrière nous. Mon amie et moi sommes toutes les deux dans le couloir, plantées devant l’ascenseur, complètement sonnées par ces deux folles nuits.

Il nous reste des souvenirs, et un peu d’amertume en pensant à ces embryons d’histoires que ne se développeront jamais.

La suite du séjour est géniale et je rentre en France emplie de nostalgie. Marc n’a pas quitté ma tête.

Je lui ai envoyé un message pour le remercier, lui dire le bon temps que j’avais passé et lui envoyer les photos prises ensemble.

Il m’a répondu que j’étais géniale et que j’allais lui manquer. Puis plus rien.

Mon empathie pour les infidèles

Je me le figure en train de reprendre sa vie normale, de retrouver sa femme. C’est peut-être de l’empathie mal placée, mais je me sens mal pour lui. Je l’imagine porter ce secret, devoir mentir par omission.

Ça peut paraître paradoxal mais dans ma vie sentimentale à moi (la vraie, pas celle des vacances éméchées), je suis très attachée à la loyauté et à l’honnêteté.

Je détesterais être dans une relation sans pouvoir être totalement transparente avec la personne. Je n’en vois pas l’intérêt.

Mais j’ai de la tendresse pour les infidèles parce que mon père en a fait partie, et moi aussi dans mes « jeunes » années.

J’essaie de ne pas juger les gens trop vite. Bien sûr, tromper c’est nul, bien sûr, c’est malhonnête. Mais ça se saurait si, dans la vie, les humains étaient rationnels et les relations, de longs fleuves tranquilles…

Rien n’est tout blanc ou tout noir, et j’aime la complexité de toutes ces nuances de gris.

J’ai de la peine pour Marc qui a brisé son vœu de fidélité. Je ne peux que m’inventer des circonstances atténuantes qui l’y auraient poussé. Car selon moi, une tromperie, c’est toujours lourd de sens.

J’espère qu’il trouvera les mots pour communiquer ce dont il a besoin et envie dans son couple. J’espère qu’il ne se ment pas à lui-même, car c’est souvent le cas quand on dupe ceux autour de nous.

J’espère qu’il est heureux, ou qu’il le sera bientôt.

J’ai raconté cette histoire à une amie. Elle m’a parlé du film Les Infidèles et je me suis souvenue que j’avais commencé à le regarder sur Netflix, mais que je ne l’avais jamais fini.

Un soir où cette nuit dans la baignoire ne voulait pas quitter mon esprit, je me suis roulée sous ma couette pour le regarder.

Dans la voiture du personnage adultère incarné par Gilles Lellouche, la voix de Véronique Sanson résonne. Amoureuse, évidemment !

« Une nuit, je m’endors avec lui
Mais je sais qu’on nous l’interdit
Et je sens la fièvre qui me mord
Sans que j’aie l’ombre d’un remords… »

C’était si bien, même si (et peut-être aussi parce que) ce n’était qu’un moment, une poussière dans le néant. C’était aussi sans doute très mal… Mais au moins ça a existé.

Je préfère vivre avec des remords qu’avec des regrets.

À lire aussi : La dernière fois que j’ai fait l’amour… j’ai été infidèle

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Commentaires

Lyth

Y a pas d'excuses. Ras le cul des gens pas clairs qui font du mal aux autres en tout connaissance de cause.
Celles qui n'en n'ont rien à foutre de se taper des mecs en couple (on ne parlera pas de leur responsabilité à eux, évidemment, c'est des connards basta), donc vous n'en avez rien à foutre si une nana vous fait ça ?
C'est simple, si on n'est pas bien dans son couple, on le stoppe, et on va faire ce qu'on veut. Oui les situations peuvent être complexes, pleines de nuances et blablabla, sauf que se faire tromper quand on a décidé d'être un couple exclusif, ça a rien de complexe : ça fait très mal. Si vous pouvez participer à éviter de faire ça et que vous le faites quand même... Non. Y a pas d'excuses.
 

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