Live now
Live now
Masquer
filles-sport-sexisme
Témoignages

J’ai 13 ans, et le sexisme en cours de sport m’épuise, à l’aide

Les clubs sportifs comptent seulement 30% de filles. Une inégalité qui prend racine dès l’école, à grand renfort de remarques sexistes…

J’ai 13 ans et je suis en 3ème dans un tout petit collège. Notre classe compte 12 élèves en tout.

Nous ne sommes que 3 filles pour 9 garçons et nous en avons marre des remarques sexistes, particulièrement en sport.

« Tu cours comme une fille »

Les garçons nous considèrent inférieures, moins fortes, voire tout simplement faibles.

C’est juste insupportable de passer pour la petite chose fragile que les grands mecs musclés vont protéger.

C’est tous les jours comme ça : « Tu cours comme une fille », « T’as pas de couilles », « Les filles ça jouent pas au foot »…

Et lorsqu’on veut participer, on a beau essayer de rentrer dans le jeu au maximum, on n’a jamais la balle…

Le prof de sport est sexiste aussi

Les remarques viennent même parfois des profs.

En sport, on fait du baseball.

Alors qu’on est toutes les trois plus grandes que la plupart des garçons de l’école, on est obligées d’utiliser les battes pour enfants…

Les garçons en ont pour adultes, même ceux qui sont en 6ème.

On nous attribue toujours le matériel « le moins dangereux », du genre balles molles ou en mousse.

Pour s’échauffer en sport, on a le choix entre faire des pompes « normales » et des pompes « de filles », celles qui sont plus simples, où on s’appuie sur les coudes.

Comment réagir aux remarques sexistes ?

Ça ne choque personne, même plus nous vu qu’on a l’habitude.

L’année dernière, quelqu’un a dit à mon amie : « Mais t’aime pas le rose, tu ne te maquilles pas, t’es pas une vraie fille ». Je m’en rappelle encore parce que j’avais trouvé ça profondément injuste.

On ne sait vraiment pas comment faire car lorsqu’on se plaint, nous avons l’impression de ne jamais être prises au sérieux…

Les garçons nous disent qu’on essaye « d’imposer une loi et que ça va nous retomber dessus parce que c’est pas sympa de se balancer entre amis ».

Chaque fois qu’on pointe certains comportements déplacés, on nous dit « il ne faut pas abuser », « il ne faut pas voir le mal partout »… Un tas de remarques de ce genre qui sont insupportables et inadmissibles.

Nous ne savons plus où nous placer dans cette histoire et ce qu’on doit faire.

Alors aidez-nous. Que faire ? Que dire ?

À lire aussi : L’amitié filles-garçons, impossible en France ?

L'essentiel de madmoiZelle

Cet article t’a parlé ? Tu aimerais en lire davantage ? Abonne-toi au chatbot de madmoiZelle, un gentil robot qui t’envoie sur Messenger, en fin de journée, l’essentiel du magazine à ne pas rater !

Témoignez sur Madmoizelle

Pour témoigner sur Madmoizelle, écrivez-nous à :
[email protected]
On a hâte de vous lire !

Les Commentaires
39

Avatar de Etp
21 novembre 2018 à 09h45
Etp
Même s'il est indiscutable que la TESTOSTÉRONE (dont la production est accrue par les chromosomes XY, c'est vrai) accroit la masse musculaire, puisque le premier truc qui se passe pour la plupart des gens qui commencent à s'hormones dans le cadre d'une transition physique c'est la fat redistribution ou redistribution graisseuse (la graisse du corps se déplace en fait, genre celle qui recouvre les mâchoires) et pour les personnes qui prennent de la T, l'accroissement de la masse musculaire (d'ailleurs c'est conseillé de faire de la muscu avant de démarrer la T et pendant pour permettre l'entretien du muscle et éviter un changement trop radical trop rapide pour le corps.

Contenu spoiler caché.

Du coup il est indubitable que les personnes qui produisent davantage de TESTOSTÉRONE, ce qui accroit la MASSE MUSCULAIRE et donc le POIDS, ont un avantage sur les autres.

En quoi cela justifie des barèmes différents filles/garçons ? C'est pas le genre qui détermine ça... et c'est pas non plus le sexe génital, puisque c'est la production hormonale (je parle de l'inné, pas de l'acquis). Je conçois bien que le prof de sport ait pas accès au caryotype ni au bilan hormonal de tous ses élèves et que du coup on peut pas les classer par production de testostérone, ce n'est pas ce que je dis, ce que je dis, c'est que la justification "scientifique" de la division fille-garçon est une division a posteriori. C'est pas comme si les femelles, les mâles et les intersexué.es faisaient à la base du sport tous ensemble et qu'on avait constaté que les mâles avaient un avantage injuste et que du coup on les avait séparé.es pour plus de justice dans le sport. C'était DÉJÀ comme ça, et c'est ENSUITE qu'on est venu justifier cette division.

Une division "comme on peut sans données" mais plus logique, ça serait de faire des groupes "ratio poids/taille" ou juste des groupes par poids (ce qui pour le coup reflète un peu mieux la vraie "injustice biologique", le poids). Allez me dire qu'un garçon d'1m63 pour 47kg pas sportif a plus de chance qu'une fille d'1m69 pour 65kg qui fait 3 sports différents en compétition contre un autre garçon d'1m82 pour 80kg qui fait 1 sport en casu.

(oui tous ces exemples sont basés sur des personnes réelles, c'est pour ça que c'est très spécifique...)

Je proposerai bien une division par "masse musculaire apparente" (les musclé.es avec les musclé.es puis par poids et les pas musclé.es avec les pas musclé.es puis par poids), mais j'ai peur que ça soit discriminatoire (par rapport à la grossophobie notamment). Là pour le coup ça serait bien moins arbitraire qu'une vieille division fille/garçon pourrie qui laisse sur le banc les filles sportives et les garçons pas sportifs (d'ailleurs les autres vont se faire foutre...)
2
Voir les 39 commentaires

Plus de contenus Témoignages

Règlement de comptes
Brooke Cagle / unsplash

Justine, 1 630 € par mois : « Les métiers du social ne sont pas reconnus à leur juste valeur »

Aïda Djoupa

06 oct 2022

7
Témoignages
Luz Fuertes / Unsplash

À 34 ans, je suis célibataire et childfree et j’aimerais qu’on me lâche la grappe

Aïda Djoupa

05 oct 2022

16
Témoignages

J’aime deux hommes en même temps, et je sais comment sortir de cette impasse

Une madmoiZelle

02 oct 2022

9
Témoignages
anna tarasevich pexels

Ma mère a un cancer du sein, et on traverse cette épreuve ensemble

Elise S.

02 oct 2022

13
Règlement de comptes
Roselyn Tirado Unsplash

Fiona, 2 100 € par mois en micro-entreprise : « Mon objectif n’est pas de me tuer au travail »

Aïda Djoupa

29 sep 2022

15
Témoignages
Mai sur une terrasse, avec vue sur les toits au Vietnam

Récit d’un retour au pays d’origine : comment j’ai renoué avec le Vietnam et avec mon histoire familiale

Aïda Djoupa

27 sep 2022

2
Témoignages
bisexualite temoignage emma rahmani vertical

Je suis bisexuelle, et j’en ai assez des idées reçues sur la bisexualité

Témoignages

Je suis sortie avec le musicien dont j’étais fan à l’adolescence

Une madmoiZelle

23 sep 2022

Règlement de comptes
Andrea Piacquadio / Pexels

Tiphaine, 4 475 € par mois : « Je vois une psy pour parler d’argent »

Aïda Djoupa

22 sep 2022

182
Témoignages
tinder_date

J’ai supprimé Tinder car je suis fatiguée de me faire fétichiser

Aïda Djoupa

13 sep 2022

8

Témoignages