3 femmes méconnues qui se sont battues pour leurs droits

Faustine te propose de découvrir le destin de 3 héroïnes ayant fait avancer la cause des femmes, mais oubliées par l'Histoire !

3 femmes méconnues qui se sont battues pour leurs droits

En partenariat avec Destiny Films (notre Manifeste)

Le 11 mars, tu pourras aller voir en salle Femmes d’Argentine (Que Sea Ley), un documentaire poignant qui retrace la lutte de femmes en Argentine pour acquérir le droit à l’avortement.

Femmes d’Argentine (Que Sea Ley), un documentaire coup de poing sur la lutte pour l’IVG

L’IVG est illégale en Argentine, sauf lorsque la vie ou la santé de la mère est en danger. En 2018, malgré des années de lutte, un projet de loi visant à légaliser l’avortement est rejeté au Sénat.

Femmes d’Argentine (Que Sea Ley) m’a rappelé à quel point les libertés des femmes demeurent fragiles.

Ce documentaire saisissant m’a impressionnée par le courage des femmes qu’il met en scène, qu’elles aillent manifester dans la rue, ou qu’elles osent simplement témoigner de leur avortement en face d’une caméra dans un pays où cela pourrait les jeter en prison.

À l’occasion de cette sortie, j’avais envie de partager avec toi le destin de trois femmes qui ont fait progresser nos droits, et auxquelles l’histoire n’a pas donné, selon moi, la reconnaissance qu’elles méritent.

Mumtaz Shaikh, une militante pour le « droit de pisser » en Inde

J’aimerais tout d’abord te parler de Mumtaz Shaikh, une femme qui milite depuis 2000 pour un meilleur accès aux toilettes publiques pour les femmes en Inde.

Bombay, où habite Mumtaz, connaît un cruel manque de toilettes, avec une grosse inégalité pour les femmes : seules un tiers de ces toilettes sont mixtes. Beaucoup sont des urinoirs en plein air sans portes.

Et le pire dans tout ça ? Les rares sanisettes mixtes sont payantes !

C’est ce qui pousse Mumtaz à devenir l’instigatrice du mouvement Right to pee (« Droit de pisser ») en 2011.

Une histoire qui m’a touchée, en tant que meuf qui ressent le besoin d’aller au pipi-room pas moins de toutes les… deux heures.

Sauf que les enjeux sont bien plus importants dans la lutte du mouvement Right to pee.

Dans un reportage de la BBC, Mumtaz explique que de nombreuses femmes indiennes n’ont pas accès à des toilettes sur leurs lieux de travail et restent parfois plus de 12 heures sans aller faire pipi.

Avec de graves conséquences sur la santé, notamment sur leur appareil génital et reproductif.

Dans le même reportage, Mumtaz Shaikh explique que certaines femmes sont violées quand elles tentent d’utiliser les toilettes réservés aux hommes…

Pourtant, quand elle fait valoir sa cause aux autorités de Bombay, l’activiste raconte qu’elle n’est pas prise au sérieux. Jusqu’à ce qu’elle menace que les militantes de son mouvement aillent uriner devant leurs bureaux !

L’année suivante, 96 toilettes adaptées aux femmes sont construites par les autorités à Bombay. Par la suite, des toilettes sont installées tous les 20 kilomètres de Bombay. Une victoire !

Mumtaz Shaikh a été sélectionné parmi les 100 femmes les plus inspirantes par la BBC en 2015.

Vigdis Finnbogadottir, la première Présidente de la République du monde

Pourquoi n’ai-je jamais entendu parler de Vigdis Finnbogadottir, alors qu’elle est la première femme à avoir été élue Présidente d’une République au suffrage universel, en 1980 ?

Sur madmoiZelle, on t’avait parlé de la vidéo YouTube de la série Virago, retraçant le parcours impressionnant de Vigdis Finnbogadottir.

Cette Islandaise est née en 1930 à Reykjavik, la capitale du pays. Après avoir étudié à Paris, elle crée et dirige le théâtre national d’Islande.

En 1975 a lieu le Women’s Day Off, un jour pendant lequel 90% des Islandaises se mettent en grève pour montrer à quel point elles sont indispensables à l’équilibre du pays.

Une grève des salariées… mais aussi des femmes au foyer, qui refusent d’effectuer les tâches domestiques !

Vigdis Finnbogadottir reconnaîtra que son élection a été directement liée à ce jour de grève, qui a fait prendre conscience à la population islandaise de la portée des inégalités de genre, selon Le Monde.

Non contente d’être la première femme Présidente au monde, Vigdis Finnbogadottir sera réélue trois fois, restant au pouvoir jusqu’en 1996, c’est à dire pendant 16 ans !

Pendant ses mandats, Vigdis Finnbogadottir a mené des politiques tournées vers la promotion de la culture islandaise, l’éducation et l’environnement.

L’Islande est l’un des seuls pays à avoir quasiment autant de femmes que d’hommes au gouvernement. Décidément, c’est un État exemplaire pour ce qui est de la place des femmes en politique…

Après sa carrière politique, Vigdis Finnbogadottir mène d’autres combats. En tant que polyglotte, elle devient ambassadrice de bonne volonté à l’UNESCO pour les langues en 1998.

En 2015, elle crée le Young International Women’s Council, une organisation internationale qui agit pour les droits des femmes.

L’ex-Présidente d’Islande est également fermement engagée pour la paix dans le monde en tant que membre d’honneur  de la Fondation Chirac.

Chavela Vargas, icône LGBT qui a fait bouger les lignes au Mexique

Je n’avais jamais entendu parler de Chavela Vargas avant de voir le documentaire que lui ont consacré les réalisatrices Catherine Gund et Daresha Kyi en 2017.

Les deux cinéastes étaient désireuses de faire la lumière sur une femme qui, à son époque, a bousculé les codes. Qui de mieux alors que Chavela, icône féministe et artiste lumineuse ?

Si tu n’as jamais entendu parler de Chavela, sache qu’elle est née en 1919 au Costa Rica, pays qu’elle ne tarda pas à quitter pour conquérir les scène mexicaines.

À l’aide de sa seule guitare, et armée d’un courage sans bornes, cette musicienne autodidacte a chanté dans les rues et dans de petits cabarets jusqu’à se faire repérer par José Alfredo Jimenez, un immense chanteur de ranchera — genre musical d’origine ouest-mexicaine — qui devint son mentor et le principal auteur de ses succès.

Et des succès, Chavela en a eu quelques uns à son actif.

Tant et si bien d’ailleurs qu’elle devint connue dans le monde entier, jusqu’à se produire sur les plus grandes scènes internationales comme l’Olympia et à devenir amie avec des personnalités influentes du monde de la culture comme Pedro Almodóvar.

Si j’avais envie de parler de cette artiste dans cet article, c’est parce que jamais femme n’avait eu publiquement (au Mexique j’entends) autant d’ovaires que la grande Vargas.

Sur scène, la « femme au poncho rouge » s’autorisait tout à une époque qui ne permettait rien.

Ainsi, elle fut l’une des premières artistes à oser… porter des pantalons sur scène. Une « fantaisie » très malvenue d’ordinaire, mais que Chavela se permettait sans égard pour ses détracteurs.

Et surtout, SURTOUT Chavela chantait publiquement son amour pour… les femmes.

En effet, si la musicienne ne clamait pas son homosexualité en société, elle confiait dans ses textes son affection immense pour les femmes de sa vie, à commencer par Frida Kahlo.

Chavela était une artiste lumineuse qui a fait bouger les lignes de son pays, et s’est imposée comme une icône LGBT que, j’en suis sûre, personne n’oubliera jamais.

Viens découvrir Femmes d’Argentine en salle dès le 11 mars !

Pour découvrir plus de destins de femmes qui ont changé l’histoire, rends-toi en salle le 11 mars pour voir Femmes d’Argentine (Que Sea Ley) et célébrer le courage de celles qui luttent pour que l’IVG devienne un droit dans leur pays.

Pour que, demain, plus aucune femme n’ait à risquer la prison ou sa vie pour avorter !

À lire aussi : Il faut voir ce film poignant sur le droit à l’IVG


Faustine M

Faustine M


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Commentaires

MissMachine

Je trouve ce genre d'articles vraiment super, surtout qu'il met aussi à l'honneur des femmes racisées et/ou issues de populations pauvres qui sont trop souvent invisibilisées dans les luttes ! :fleur:

Est-ce que vous comptez en faire un similaire sur les femmes qui se battent pour l'écologie ? J'ai l'impression qu'on présente trop l'écologie comme une lutte/préoccupation de blanc occidental privilégié alors que des tas de femmes racisées, indigènes et issues de classes populaires ont été à l'avant-garde de ce combat ! (ce qui est somme toute logique puisque ce sont les premières impactées).
 

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