Enfin, le #MeTooGay émerge, et les témoignages brisent le cœur


La parole des personnes gay victimes de violences sexuelles trouve enfin un écho sur les réseaux sociaux, après #MeToo en 2017, et #MeTooInceste la semaine dernière.

Enfin, le #MeTooGay émerge, et les témoignages brisent le cœurBermix Studio / Unsplash

Des tweets qui brisent le cœur, terrifient, désespèrent. Abasourdissent par leur courage. 

On l’attendait. La magazine Vice en avait souligné l’importance il y a plusieurs mois. Cette fois, ça y est : le hashtag #MeTooGay, qui contient la parole précieuse des hommes homosexuels victimes de violences sexuelles, a enfin émergé sur Twitter, jeudi 21 janvier 2020 au soir, suite à l’accusation d’un utilisateur appelé Prunille envers Maxime Cochard, conseiller PCF à Paris.

L’accusé s’est très rapidement défendu, qualifiant l’accusation de « totalement fausse ».

Sa réaction a entraîné une vague de soutien envers Prunille, ainsi que l’émergence du hashtag #MeTooGay, où des hommes homosexuels racontent leurs expériences de violence sexuelle.

#MeTooGay, des témoignages qui ont mis du temps à trouver leur place

Ces hommes gay racontent l’impact profond et dévastateur de ces agressions sur leur psyché, leur rapport à leur corps, et la construction de leur identité au sens large.

Pourquoi ces tweets n’arrivent que que maintenant, alors que #MeToo a déjà 4 ans ? On peut supposer que la brèche ouverte par Camille Kouchner et la publication de son livre La Familia Grande, qui relate l’inceste subie par son frère jumeau par l’universitaire Olivier Duhamel, a permis l’émergence du hashtag #MeTooInceste… mais pas nécessairement, sur le moment, celui de #MeTooGay.

Le carcan oppressif de la virilité et la peur de donner du grain à moudre aux homophobes ont complexifié encore les possibilités de prise de parole par la communauté gay.

Les soutiens aux victimes témoignant sur #MeTooGay affluent

Les réactions à ces tweets n’ont pas tardé. Ainsi, Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur et chargée de la Citoyenneté, a tweeté :

Plusieurs féministes ont elles aussi apporté leur soutien aux victimes.

Reste à voir comment le gouvernement français et notre société au sens large vont accueillir cette parole enfin libérée des hommes gay. Et surtout, encore et toujours : ce qu’ils comptent mettre en œuvre comme actions concrètes pour prévenir ces violences sexuelles et protéger les cibles les plus vulnérables.

À lire aussi : Et si #metooinceste faisait enfin changer la loi autour du consentement ?

Mélanie Wanga

Mélanie Wanga


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Commentaires

Nienke

Guillaume, qui est à l'origine du MetooGay en France, s'est suicidé.

Je ressens à la fois tristesse et colère. J'espère au moins que le MetooGay qu'il a lancé apportera quelque chose pour les autres. J'espère qu'en 2021, tous les violeurs vont commencer à devoir répondre de ce qu'ils ont fait. J'espère qu'ils ne se sentiront pas tranquille.
 

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