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Santé

Effet inattendu de la pandémie (et de TikTok) : les tics nerveux chez les jeunes sont en hausse

Non content de bousiller nos voies respiratoires et notre santé mentale, le Covid-19 provoquerait aussi… des tics nerveux semblables à ceux observés chez les personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette !

Depuis le début de la pandémie, les adolescents et adolescentes se sont, pour beaucoup, réfugiés dans le cocon des réseaux sociaux pour y trouver du réconfort et fuir l’isolement provoqué par les restrictions sanitaires.

Mais l’exposition accrue aux contenus en ligne mêlée à l’anxiété provoquée par la pandémie forme un cocktail explosif aux symptômes inattendus… Des tics nerveux chez les adolescents et jeunes adultes. Les plus touchées par cet étrange épidémie ? Les adolescentes.

Sur TikTok, les vidéos présentant des ados aux paupières tressautantes, aux mouvements de tête, spasmes musculaires et éruptions verbales incontrôlables font des millions de vues, à tel point que ce phénomène a donné son nom à une catégorie de la plateforme, « Tic Tok ».

Une explosion de tics chez les adolescentes

Les professionnels de la santé et les psychiatres alertent : il y aurait une véritable « explosion de tics ». D’après le rapport de plusieurs pédiatres et de spécialistes de la santé mentale chez les jeunes, à l’école, « de plus en plus de filles sont renvoyées chez elles parce qu’elles ont des spasmes, crient, frappent ou s’effondrent ».

Des symptômes semblables à ceux que peuvent développer les personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette, une « maladie neurologique caractérisée par des tics répétitifs et involontaires, soudains, brefs et intermittents, se traduisant par des mouvements ou des vocalisations ».

Même constat du côté de l’étude lancée cet été par des experts en troubles nerveux :

« Depuis le début de la pandémie de Covid-19, nos collègues travaillant dans huit cliniques différentes du syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) dans le monde ont été témoins d’une pandémie parallèle de jeunes âgés de 12 à 25 ans (presque exclusivement des filles et des femmes) présentant l’apparition rapide de comportements complexes de type tic moteur et vocal. »

D’après l’étude, certains cas présentaient déjà des troubles nerveux qui n’ont fait qu’être amplifiés ou avaient des problèmes de santé mentale préexistants.

Mais ce qui est fait froncer les sourcils aux chercheurs et qui diffère des maladies nerveuses habituelles, c’est que d’autres personnes se sont découverts des spasmes un beau matin ou se sont mises à crier « haricot » de manière incontrôlée du jour au lendemain…

Si les causes exactes sont encore floues, le stress accumulé pendant l’année passée, l’isolement social et la fermeture des écoles sont des facteurs aggravants sur lesquels les spécialistes se penchent.

Des tics développés par mimétisme ?

Des milliers de vidéos dans lesquelles des influenceurs et influenceuses présentent des tics et sensibilisent le public à leurs troubles ont récemment fait leur apparition sur TikTok sous le nom de « Tic Tok ». Dans l’étude menée en août 2021, les patients examinés « ont été davantage exposés » à ce type de contenus.

Selon les chercheurs, le simple fait de visionner ce type de vidéos, provoquerait, par sorte de mimétisme, les mêmes symptômes nerveux chez le spectateur. Le rapport d’une récente recherche sur l’influence de TikTok sur ces tics clarifie :

« Le contenu sur les tics et le syndrome de Gilles de la Tourette a augmenté de façon spectaculaire, de même que le nombre de patients souffrant de tics dans les cliniques de neurologie.

Nous pensons qu’il s’agit d’un exemple de maladie sociogénique de masse, qui implique des comportements, des émotions ou des conditions se propageant spontanément dans un groupe. »

D’après Davide Martino, neurologue à l’Université de Calgary au Canada, les réseaux sociaux ne peuvent pas être les seuls coupables de cette épidémie de tics chez les jeunes :

« Il est important de ne pas concentrer toute l’attention sur les réseaux sociaux car nous ne voulons pas stigmatiser les personnes qui partagent leurs expériences sur TikTok ou YouTube. »

On ne sait précisément ni pourquoi les jeunes femmes sont les plus touchées, ni ce qui provoque soudainement ces symptômes. Avant de supprimer TikTok de votre smartphone, sachez que d’autres études sont en cours pour déterminer le véritable rôle de l’application dans cette étonnante « épidémie dans la pandémie ». Affaire à suivre, donc !

À lire aussi : TikTok lance de nouvelles fonctionnalités pour la santé mentale des plus jeunes

Crédit photo : Monstera (Pexels)

Les Commentaires
1

Avatar de eLLuLa
21 septembre 2021 à 09h36
eLLuLa
On n'est pas sortis des ronces...
0
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