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Brider l’accès à l’IVG tue des femmes, et les Polonaises pleurent l’une des leurs

En Pologne, l’avortement est interdit. La mort d’une femme enceinte scandalise le pays. Des manifestations se sont organisées dans plus de 70 villes pour dénoncer ce drame, causé par l’interdiction quasi totale de l’IVG dans le pays.

En 2020, le Tribunal constitutionnel polonais, soutenu par le gouvernement nationaliste Droit et Justice (PiS), avait proscrit l’interruption volontaire de grossesse en cas de malformation grave du fœtus, ce qui avait abouti à l’interdiction de l’IVG sauf en cas de viol ou d’inceste, ou lorsque la vie de la mère est en danger.

Cette mesure est entrée en vigueur en début d’année. Les médecins pratiquant une IVG, aidant à la pratique d’un avortement, ou tout autre personne y participant, sont passibles d’une peine de prison de trois ans.

Une jeune Polonaise de 30 ans décède à l’hôpital

Izabela, enceinte de 22 semaines, s’était rendue à l’hôpital après la rupture de sa poche des eaux. La jeune femme avait connaissance grâce à des échographies de malformations du fœtus qu’elle portait, mais les médecins lui avaient refusé l’interruption volontaire de grossesse.

Une fois Izabela à l’hôpital, les médecins l’ont obligée à attendre la mort du fœtus avant de procéder à une césarienne. L’avocate de la famille, Jolanta Budzowska, a expliqué sur Twitter le 29 octobre qu’Izabela est morte à cause d’un choc septique alors qu’on l’emmenait vers la salle d’opération. 

« Les médecins ont attendu la mort du fœtus. Le fœtus est mort, la patiente est morte. Choc septique. »

Lorsqu’elle était alitée à l’hôpital, Izabela avait écrit à sa mère un SMS terriblement prémonitoire et à présent rendu public :

« Le fœtus pèse 485 grammes. Pour l’instant, grâce à la loi sur l’avortement, je dois rester couchée. Et il n’y a rien qu’ils puissent faire. Ils attendront qu’il meure ou jusqu’à ce que quelque chose commence — et, sinon, je peux, génial, m’attendre à une septicémie. »

Un choc dans le pays et beaucoup de manifestations

La mort de cette jeune femme, qui aurait pu être évitée, a déclenché une vague de manifestations très importante dans le pays, avec des dizaines et des dizaines de milliers de personnes dans les rues.

Tweet-Iza

Le gouvernement récuse bien entendu ces affirmations et n’assume aucune responsabilité dans ce drame. Deux médecins de l’hôpital de Pszczyna ont été suspendus de leurs fonctions après la mort d’Izabela et le parquet a ouvert une enquête.

On ne peut s’empêcher de penser à toutes les Polonaises, qui n’ont pas accès à ce droit pourtant fondamental, sans cesse remis en cause dans le monde, et au danger qu’elles courent. Espérons que la vague de révolte dans le pays se propage et que la santé et la liberté des femmes soient enfin prises en compte dans ce pays si conservateur.

À lire aussi : Unplanned : C8 diffuse un film anti-IVG dans le plus grand des calmes

© Image en une : Unsplash/Thomas Bormans

Les Commentaires
4

Avatar de Jesilma
8 novembre 2021 à 14h41
Jesilma
@Esturgeon
- Si d'un côté l'avortement est autorisé en cas de danger pour la vie de la mère mais interdit dans le cas de malformations graves du foetus, comment en tant que médecin on tranche sur l'action à accomplir quand ce sont les malformations graves du foetus qui conduisent au danger pour la mère ? Est-ce qu'on n'encourt pas des risques pénaux à pratiquer un avortement "trop tôt" selon cette loi ?
C'est exactement ça. Avec cette loi actuelle, les médecins polonais ont vraiment intérêt d'attendre que l'état de la femme enceinte se dégrade suffisamment pour prouver que oui, elle était bien danger et que l'avortement était donc "justifié" selon la loi. Au risque que cette attente soit fatale, au final. C'est pas tant une question d'incompétence que de peur (légitime au vue de la loi existante...) d'un procès...
Dans ce cas là, le fœtus avait de graves malformations qui ont engendrées des complications qui ont engendrées un choc septique fatal pour la mère. N'importe quel médecin aurait préconisé une IMG au moins au début des complications quoi... Sauf que à ce stade ils ne pouvaient pas prouver que leur patiente courait un danger mortel, qu'il n'y avait pas d'autres solutions etc.
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Voir les 4 commentaires

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