+12% de plaintes pour violences sexuelles en 2019, c’est inquiétant ?

Dans le sillage du mouvement #MeToo, les plaintes pour violences sexuelles continuent d'augmenter. Faustine fait le point sur les chiffres 2019.

+12% de plaintes pour violences sexuelles en 2019, c’est inquiétant ?

+12% de plaintes contre les violences sexuelles et 54 100 faites enregistrés. Ce sont les tous nouveaux chiffres sortis par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).

Parmi ces plaintes pour violences sexuelles, celles pour viol augmentent de 19%.

Hausse des violences sexuelles ou hausse des plaintes ?

Mauvaise nouvelle qui montre une augmentation des crimes sexuels ? Pas forcément.

Difficile de savoir si ces 12% de plaintes supplémentaires correspondent à 12% de faits de violences sexuelles supplémentaires…

Mais ce qui est sûr, c’est que 12% de victimes en plus ont osé porter plainte.

Ce chiffre signifie que de plus en plus de personnes osent prendre la parole et saisir la justice quand elles sont victimes de harcèlement, agression sexuelle ou viol.

Et ça, c’est une bonne nouvelle !

C’est toutefois moins qu’en 2018, une année marquée par 23% de plaintes pour violences sexuelles en plus.

Une explication possible : c’était la première année dans le sillage de #MeToo, ce qui a entraîné un afflux particulièrement important de plaintes.

Les femmes victimes de violences sexuelles prennent la parole

Des pistes d’explication à la prise de parole croissante des femmes sont données dans un article du Monde :

« Le service statistique note que ces augmentations s’expliquent « par une évolution du comportement de dépôts de plainte des victimes » dans le sillage de l’affaire Weinstein et par des campagnes en faveur de la libération de leur parole. »

Des mécanismes qui freinent la prise de parole des femmes

Cependant, de nombreux mécanismes qui freinent la prise de parole et le recours à la justice existent toujours, et ce, notamment à cause de la culture du viol.

La culture du viol est un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent des justifications, des excuses, sont simplement banalisées, voire acceptées.

Trop souvent, les femmes sont victimes de victim-blaming, un phénomène qui rend la victime responsable la victime de l’agression qu’elle a subie, par exemple en la renvoyant à la façon dont elle était habillée le jour J.

Faciliter le dépôt de plainte des victimes de violences sexuelles

Pour accompagner et informer les victimes de violences sexistes et sexuelles, une plateforme en ligne a été créée en 2018.

Elle est disponible sur le site service-public.fr.

Elle permet de faciliter le dépôt de plainte : la victime peut effectuer un signalement anonyme aux forces de l’ordre, qui la conseilleront sur la démarche du dépôt de plainte.

Une mesure nécessaire alors que trop d’obstacles empêchent encore les femmes de se saisir de la justice.

Et un pas de plus, je l’espère, vers une amélioration de la prise en charge par les forces de l’ordre des femmes qui ont subi des violences sexuelles.

À lire aussi : Cette action contre la culture du viol est douloureuse, mais nécessaire

Faustine M

Faustine M


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Commentaires

JAK-STAT

Finalement ça nous apprend rien sur le nombre d'agressions :/ il faudrait qu'il y ait pratiquement 100% de plaintes/agression pour qu'on puisse voir si le nombre d'agressions augmente ou diminue, donc voir s'il y a un changement et si l'éducation au consentement fonctionne...parce que c'est certes bien que les victimes osent plus porter plainte, mais ça ne veut pas dire que les plaintes aboutissent et ça veut dire qu'il y a quand même des agressions :sad:
 

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