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Affaire PPDA : le parquet de Nanterre demande l’ouverture d’une enquête pour deux viols et une agression sexuelle

Selon une information Franceinfo, ces faits, non prescrits, se seraient déroulés entre 2007 et 2018. 19 plaintes et signalements ont en revanche été classés sans suite pour prescription.

Au moins une dizaine de plaignantes n’obtiendront pas de procès, et donc pas de justice, pour les violences sexuelles qu’elles dénoncent de la part de Patrick Poivre d’Arvor.

À l’issue de l’ouverture, fin 2021, d’une seconde enquête préliminaire visant l’ex-journaliste star de TF1, le parquet de Nanterre a annoncé classer sans suite 19 signalements pour prescription ou parce qu’il n’étaient « pas susceptibles de qualification pénale ».

Selon une information Franceinfo, confirmée depuis par Libération ou encore RTL, le parquet a en revanche demandé mardi 27 février aux juges d’instruction d’ouvrir une enquête sur deux viols et une agression sexuelle. Commis entre 2007 et 2018, ces faits ne sont pas prescrits.

À lire aussi : Florence Porcel se débat toujours dans l’affaire PPDA et signe un essai sur la honte

« Encore une fois, ma parole n’a pas été écoutée »

L’ouverture de cette seconde enquête préliminaire il y a deux ans a fait suite à la mise en accusation de PPDA par 22 femmes, l’accusant de viols et d’agressions sexuelles. Parmi elles, dix ont porté plainte.

Concernant les plaintes non prescrites, figure celle d’une ex-journaliste âgée aujourd’hui de 75 ans. En juillet 2023, elle a déclaré à la Brigade de la répression de la délinquance aux personnes (BRDP) que Poivre d’Arvor l’avait embrassée de force lors d’une soirée en avril 2018.

L’ancienne vedette du PAF sera donc prochainement entendue par ces faits par les mêmes deux juges d’instruction déjà en charge de l’affaire Florence Porcel, pour laquelle il a été mis en examen le 18 décembre dernier.

Dans Libération, l’une des plaignantes de PPDA, Marie-Laure Eude Delattre, n’a pas caché sa déception de voir sa plainte classée sans suite :

« J’avais beau m’y préparer, franchement, je trouve ça d’une violence terrible. Encore une fois, ma parole n’a pas été écoutée. J’ai voulu le dire quand ça m’est arrivé en 1985, la police n’a pas voulu prendre ma plainte. Et maintenant, c’est la justice qui ne m’entend pas. Je ne suis entendue que par les victimes, et un peu aussi par la société. Ça n’a pas l’air si important que cet homme ait fait ça pendant des années. J’ai l’impression que tout le monde s’en fiche. Mais le combat n’est pas terminé. Je vais continuer d’une manière ou d’une autre, légalement. »

Sur X (anciennement Twitter), la journaliste Cécile Delarue a aussi regretté que les femmes qui réclament justice ne soient à nouveau « pas entendues ».

Même désarroi du côté d’Hélène Devynck, dont la plainte contre PPDA avait été classé sans suite en 2021.

« Nous sommes une cinquantaine à avoir témoigné. Trop tard nous dit la justice. Qui porte la responsabilité du silence ? Nous ou la société qui punit celles qui parlent ? », se demande-t-elle.


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Les Commentaires

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Avatar de Mayushi
29 février 2024 à 08h02
Mayushi
@MorganeGirly La prescription c'est surtout que 40 ans après on retrouvera plus assez d'élements de preuves pour faire aboutir une enquête. La majorité des témoins ne se souviendront plus de rien voir seront décédé·e·s, les preuves matérielles ne seront plus disponibles si elles n'ont pas été collectées à l'époque et archivées correctement (il faut voir la quantité de scellés que la justice "égare" chaque année).
Le problème aussi c'est que la loi doit être la même pour tous·tes, donc si admettons on supprime les délais de prescription, alors on va voir des dizaines de milliers de dossiers qui vont devoir être ouverts à nouveau (et pas juste pour les VSS). Déjà que la justice est incapable de gérer les affaires récentes dans des délais acceptables, alors si du jour au lendemain il faut ré-ouvrir des tonnes de dossiers car la prescription n'existe plus alors on en finit plus. La défense profitera bien aussi des 40 ans pour clamer que les témoignages ne sont pas assez précis, qu'on ne peut pas se souvenir exactement 40 ans après.
Et pour le cas que tu cites, si une personne commet un crime 19 fois admettons et que la première victime remonte à 1985 et la dernière il y a 5 ans, alors on pourra toujours utiliser le cas de 1985 dans l'enquête pour les affaires plus récentes, alors oui il n'y aura pas de condamnation pour les faits de 1985, mais on peut appliquer la peine maximale pour les faits d'il y a 5 ans par exemple. Alors c'est jamais top pour les victimes qui ne sont pas reconnues officiellement comme victimes, mais ça permet au moins de punir la personne coupable. Il doit bien y avoir des affaires où c'est des éléments anciens qui ont permis de mettre au jour des affaires plus récentes qui elles peuvent être jugées. Les enquêteur·ice·s sont libres d'utiliser toutes les preuves possibles, même si c'est des preuves qui ont 40 ans, je sais pas par exemple un cas d'abus de mineur·e·s, si on retrouve une photo de 1985 qui permet d'identifier un lieu ou un·e coupable, alors c'est complètement exploitable, même si les faits de 1985 eux sont préscrits.
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