Live now
Live now
Masquer
pexels-mikhail-nilov-cyberharcelement
Société

4 personnes sur 10 l’ont déjà subi : voilà la réalité du cyberharcèlement en France

09 fév 2022
L’association Féministes contre le cyberharcèlement présente les résultats de son enquête sur les violences en ligne et leurs conséquences. Un phénomène massif, mais toujours peu pris au sérieux, et parfois même minimisé par les victimes elles-mêmes.

À l’occasion de la 19ème édition de la  journée internationale pour un Internet plus sûr, ou Safer Internet Day, ce mardi 8 février, l’association Féministes contre le cyberharcèlement publie une enquête sur les violences en ligne réalisée en novembre 2021 avec l’institut Ipsos :

« Partant du constat que les cyberviolences sont encore trop peu étudiées, l’association a jugé nécessaire de les quantifier et de les documenter afin de susciter une prise de conscience du caractère massif du phénomène, de ses ressorts spécifiques et de l’urgence de mettre en place des campagnes d’information nationales et des recours satisfaisants pour les victimes. »

Un état des lieux plus que nécessaire puisqu’il montre que 41% des Français et des Françaises se déclarent avoir été victimes de cyberviolences.

Parmi les victimes, c’est la tranche d’âge des 18-24 ans qui est particulièrement touchée : ils et elles sont 87% à déclarer avoir subi une situation de cyberviolence.

L’association Féministes contre le cyberharcèlement souligne qu’il existe des facteurs aggravants. Les personnes appartenant à des groupes minorisés sont particulièrement visées par les violences en ligne : 85% des personnes LGBTQIA+ et 71% des personnes racisées déclarent en avoir été victimes.

« Les cyberviolences ont fréquemment des ressorts sexistes, racistes et LGBTQIA+phobes, ce sont autant de moyens d’intimidation qui incitent à ne pas prendre trop de place et à se conformer à la loi de l’agresseur pour utiliser les réseaux » affirme Johanna Soraya Benamrouche, co- fondatrice de Féministes contre le cyberharcèlement.

Se taire pour assurer sa sécurité sur les réseaux sociaux. L’autocensure devient un réflexe de protection pour certains utilisateurs et utilisatrices qui préfèrent ne rien publier, non par envie, mais par crainte d’être prises pour cibles…

Les conséquences du cyberharèclement

Et ce n’est pas la seule conséquence du cyberharcèlement sur les victimes, notamment d’un point de vue psychologique, comme le montre l’enquête.

  • 22% se sont désinscrites des réseaux sociaux
  • 11% déclarent avoir perdu leur emploi ou raté leurs études suite aux violences
  • 41% d’entre elles se sont senties déprimées ou désespérées
  • 17% ont pensé au suicide
  • 16% croient qu’elles méritaient ce qui leur arrivait
tim-mossholder-unsplash-cyberharcelement
Tim Mossholder via Unsplash

Les violences, du côté des auteurs

Il existe des victimes, et il existe aussi forcément des auteurs.

L’enquête entend bien le montrer aussi : 31% — soit un tiers — des personnes interrogées, affirment avoir déjà commis des violences en ligne.

Elles se caractérisent notamment par l’envoi de photos intimes non sollicitées ou de menaces sur les réseaux sociaux. Selon l’enquête, une personne sur dix reconnait avoir déjà eu ce type de comportement.

Les Impunis (avec Marion Seclin)

Une récente enquête de l’association Mémoire traumatique montrait la méconnaissance de la population générale sur l’enjeu des violences sexuelles.

Concernant le cyberharcèlement, il y a là aussi un manque d’information : les trois quarts des personnes interrogées peinent à identifier des actes de violences en ligne et ne savent pas non plus les risques pénaux qu’encourent leurs auteurs.

« Les personnes qui ont le plus tendance à les minimiser sont aussi les plus visées par les violences en ligne » souligne l’enquête. Une tendance visible chez les femmes et chez les personnes issues de groupes issus des minorités.

Des victimes qui minimisent ce qu’elles subissent, mais aussi des violences qu’il reste très difficile de faire reconnaitre et qui ne sont pas toujours prises au sérieux.

Malgré des prises de parole pour dénoncer ces actes de violences, de la part d’anonymes, mais aussi de personnalités médiatiques, des élues, des influenceuses, des chanteuses, c’est comme si rien ne changeait vraiment.

Dernièrement, c’est notamment le suicide de la blogueuse MavaChou, qui a contribué à montrer l’impact des messages haineux.

L’impunité demeure pour bon nombre d’auteurs, et on constate que les plateformes restent peu réactives pour modérer, supprimer des propos haineux. D’ailleurs, pour 65% des personnes interrogées, les plateformes « n’en font pas suffisamment en matière de lutte contre les violences en ligne ».

Une personne trois affirme « avoir déjà fait la démarche de signaler un contenu ou un profil considéré comme malveillant ou inapproprié ». Reste que dans 58 % des cas, les suites données au signalement sont finalement peu concluantes : « soit le réseau social n’a pas répondu, soit sa réponse a été insatisfaisante ».

Une prise de conscience globale apparait donc nécessaire, via des campagnes d’informations, de l’éducation au numérique, mais aussi un renforcement des moyens financiers et humains pour faire en sorte que le cyberharcèlement cesse d’être passé sous silence par la justice.

À lire aussi : Les ados eux-mêmes harcelés sont « plus nombreux à avoir été auteurs de violences en ligne »

Crédit photo : Mikhail Nilov via Pexels

Les Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire sur cet article.

Réagir sur le forum

Plus de contenus Société

Développement personnel
pexels-koolshooters-attente waiting mode – format vertical

Un rendez-vous à 14h, et bloquée dès le matin ? Pas de panique, c’est le waiting mode

SEXO
Sponsorisé

Oubliez tout ce que vous savez sur les sextoys, LELO présente sa dernière création

Humanoid Native
Pop culture
Interview d’Elsa Miské, co-créatrice du jeu Moi c’est Madame

Lutter contre le sexisme dès l’adolescence, c’est la promesse du jeu de cartes Moi c’est Madame

Anthony Vincent

25 sep 2022

Actu en France
livres unplash

Fin de la quasi-gratuité des frais de livraison de livres : mauvaise nouvelle pour le marché du livre ?

Maya Boukella

23 sep 2022

6
Actu mondiale
giorgia meloni vox – vertical

En Italie, la possible arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni fait craindre le pire aux féministes

Sciences
changement-date-automne

Pourquoi l’automne commence le 23 septembre cette année ?

Manon Portanier

22 sep 2022

7
Société
PPDA

Affaire PPDA : et si la justice pouvait contourner le délai de prescription ?

Maëlle Le Corre

22 sep 2022

8
Société
Capture d’écran 2022-09-22 à 10.11.30

Pourquoi la mort d’Elizabeth II nous impacte, alors qu’on ne la connaît pas ? Un spécialiste répond

Maya Boukella

22 sep 2022

Actu mondiale
adnan

Aux États-Unis, Adnan Syed est libéré après 23 ans de prison grâce au podcast Serial

Maya Boukella

21 sep 2022

1
Actu mondiale
Israel Sunseth / Unsplash

Les villes d’Europe s’éclairent à la lumière bleue, et ce n’est pas une bonne nouvelle

Aïda Djoupa

21 sep 2022

4
Politique
Capture d’écran 2022-09-21 à 14.02.43

Visé par des accusations de violences psychologiques, Julien Bayou se met en retrait

La société s'écrit au féminin