J’ai voyagé solo en Inde à 17 ans, et j’ai beaucoup appris !

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Carmen a bénéficié d'une bourse Zellidja ! Elle est partie voyager plus d'un mois en Inde, en solo, à l'âge de 17 ans, et elle raconte cette aventure.

J’ai voyagé solo en Inde à 17 ans, et j’ai beaucoup appris !
Il y a quelques mois, Carmen vous racontait en amont de son voyage qu’elle s’apprêtait à aller parcourir le sud de l’Inde en solo, à seulement 17 ans.

Le but : faire le tour d’initiatives locales en faveur de l’environnement, un projet rendu possible grâce aux bourses Zellidja, dont elle nous disait tout dans ce premier article.

Carmen est rentrée depuis plusieurs mois, et ça y est, elle a eu le temps de reprendre ses esprits pour raconter cette aventure !

Après avoir préparé mon voyage pendant de longs mois, je suis partie le 3 août, en direction de Chennai, dans le sud de l’Inde.

Une arrivée en Inde quelques peu vertigineuse

Mes premières impressions ont été plutôt mitigées. J’ai eu la sensation d’un grand vide intérieur, je me suis sentie complètement perdue et démunie face à l’ébullition permanente du pays.

La première semaine a été pour moi un temps d’adaptation difficile à gérer, je l’avoue. Je me suis posé mille questions : comment faire si je ne supporte pas ce pays ? Comment m’adapter et m’intégrer ?

Heureusement, j’ai commencé par un endroit calme, à Auroville, une cité sur laquelle je reviendrai plus tard. J’ai pu y prendre un peu de recul pour commencer, et de là-bas, je suis allée à Pondichéry sur une journée avec un Indien rencontré dans la maison d’hôte où je logeais.

J’ai adoré découvrir l’agitation qui y règne. Les klaxons, le jasmin et le marché aux poissons… ce ne sont donc pas seulement des clichés !

Je me suis ouverte un peu, je me suis forcée à remiser ma timidité au placard, ce qui m’a permis de me faire des amis tout au long de mon parcours.

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J’ai cessé de m’inquiéter de tout et de rien ! À la fin de ce premier séjour, j’en avais même oublié de réserver mon trajet vers Bangalore : l’occasion d’apprendre à le faire sur place, au dernier moment !

Parcourir l’Inde à la découverte de projets environnementaux

Le but de ce voyage était de réaliser un projet car la fondation Zellidja le finance à condition qu’il ne s’agisse pas uniquement de tourisme.

Le mien portait sur l’écologie : je pensais apprendre beaucoup à propos de techniques spécifiques à l’Inde (pour le travail des champs par exemple) ; mais finalement, on m’a surtout transmis des valeurs importantes qui ont changé mon rapport à ce thème.

Ma première étape était donc Auroville : la cité a été fondée sur un idéal de vie en harmonie entre humains, mais aussi avec la nature dans l’idée de polluer le moins possible.

C’est pour ça que j’ai commencé par là-bas : je voulais en savoir plus sur les techniques utilisées dans les fermes bio locales, j’ai aussi passé une semaine à apprendre comment sont construites des maisons écologiques !

J’avoue cependant avoir été un peu déçue car l’idéal d’harmonie décrit au départ ne semble pas vraiment s’y réaliser. J’ai eu l’impression de constater de nombreuses inégalités, ne serait-ce que le fait que ce soient beaucoup d’occidentaux qui occupent les postes décisionnaires, ou encore qu’il y ait parfois de vraies réticences à l’idée d’accueillir des visiteurs.

Voyager, c’est faire de la place à l’imprévu

Depuis Auroville, j’ai rejoint Bangalore où je devais aller visiter une ferme, mais alors que j’étais sur le chemin, ses propriétaires m’ont signalé qu’ils étaient en vacances…

Je ne me suis donc pas attardée sur place, mais j’ai eu le même type de déconvenue pour l’étape suivante, à Mysore. Finalement, ce n’était pas si mal, puisque j’ai pu passer trois jours avec mes hôtes de couch-surfing, Sreenivasa et Kavita.

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Ils m’ont beaucoup appris sur la culture hindoue, les dieux et déesses, sur la manière dont on voit le monde en tant qu’hindou, et sur la société indienne en général : ces trois jours ont été extrêmement riches malgré le fait d’avoir abandonné mes plans originaux !

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Et comme j’avais du temps avant mon étape suivante, j’ai décidé de bifurquer vers les Nilgiris, les montagnes de thé du sud de l’Inde, que je rêvais de voir.

Cela ne veut pas dire que j’y ai pris des vacances : je comptais y rechercher des initiatives environnementales une fois sur place, mais en cherchant mon couch-surfing sur le trajet, j’ai trouvé le profil d’un homme qui expliquait avoir des plantations de thé biologiques et planter des arbres pour lutter contre la déforestation : bingo, c’est chez lui que j’ai logé !

C’était un séjour un peu particulier : cet homme était extrêmement riche, du genre à avoir des résidences secondaires à l’étranger, à laisser ses plantations de thé à disposition des personnes dans le besoin qui peuvent cueillir le-dit thé et aller le vendre à la manufacture pour se faire de l’argent.

Dans une ville voisine, il avait également un jardin botanique où l’on peut apprendre à jardiner. J’ai passé beaucoup de temps avec lui à planter des arbres.

Lorsque je n’étais pas dans le jardin, j’allais aider Danalashmee, la cuisinière. On est devenues très complices parce que j’avais le même âge que sa fille. J’ai par exemple appris à faire du rasam, une soupe au piment, mais aussi du riz à la noix de coco, des piments verts plongés dans une sauce au piment rouge et frit…

La communauté Sarang, dans le Kerala

Par la suite, je suis allée séjourner dans la communauté Sarang, dans le Kerala. Je parlais de valeurs au début de cet article, celles que l’on m’a transmises, la manière dont ma vision de l’écologie a changé… Ces évolutions ont eu lieu au fur et à mesure de mon voyage, mais cette étape m’a particulièrement marquée dans la conception de l’environnement qui y est promue.

L’important n’y est pas d’utiliser de nouvelles technologies favorables à l’environnement, de construire de nouvelles choses, d’innover, mais de se fondre dans la nature, d’y faire le moins de traces possible.

Par exemple, ils utilisent les bambous et la terre pour l’habitat, on y trouve des haies de bambous plantées plutôt que des barrières, la nourriture pousse dans le potager et il n’y a donc pas de déchets plastiques comme on trouverait dans le commerce…

Le temps de ma visite, j’ai eu la chance d’assister à la célébration d’Onam, un festival en l’honneur d’un roi légendaire. On l’honore entre autres en réalisant chaque jour des mandalas de fleurs. Même dans cette célébration, il fallait être vigilant à prendre uniquement le nombre de fleurs dont on avait besoin, pas plus : toujours dans cet esprit de respect de la nature et de non gaspillage.

Gopalakrishnan, un ami rencontré sur place, m’a aussi appris à reconnaître des plantes : celles qui guérissent la fièvre, celles qui repoussent tels ou tels insectes…

Une vision de l’écologie renouvelée

Mes rencontres m’ont permis de mûrir sur ce projet, et je me suis beaucoup remise en question. J’ai bouleversé mon rapport à la consommation : aujourd’hui, je n’achète que ce dont j’ai réellement besoin, je mange végétarien et je limite mon empreinte carbone au quotidien.

Je crois que c’est l’un, sinon le plus gros changement que ce voyage a apporté dans ma vie, puisque je tends désormais vers le minimalisme et le zéro déchet.

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Cette expérience a aussi soulevé en moi des questionnements sur la place de l’humain dans le développement durable : j’ai découvert qu’on pouvait produire bio sans produire éthique, car un label bio ne se préoccupe pas forcément de la condition des salarié·es…

Or pour moi, l’un de va pas sans l’autre, il est important de se rassembler autour de la cause de l’écologie pour agir ensemble, de manière équitable et juste pour tous et toutes, en prenant en compte les salaires, les conditions de travail…

Je pense d’ailleurs que ce sujet fera l’objet d’un second projet !

Voyager seule, c’était pas si compliqué, même à 17 ans !

Malgré quelques difficultés, je n’ai jamais eu de gros problèmes : un bus annulé, un taxi qui n’arrive pas ou un vol annulé lors de mon retour, voilà la liste de mes petits tracas.

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Il a fallu que je prenne mes marques au départ, mais je n’ai jamais regretté cette décision.

Le voyage en solo a été une révélation pour moi : pas de contraintes, et une perspective de rencontres et de découvertes infinies.

J’ai d’ailleurs énormément gagné en autonomie : je me suis prise en charge du début à la fin, en lavant mon linge presque tous les soirs, en préparant à manger, en rangeant mon sac sans arrêt mais aussi en me débrouillant seule pour les transports. Je ne m’imaginais pas y parvenir aussi bien à 17 ans !

Je suis devenue débrouillarde : un sparadrap pour scotcher une moustiquaire au plafond, un vieux chewing-gum pour coller un fil à linge entre deux mur… Finalement, le voyage est un outil d’apprentissage qui se suffit à lui-même !

Je souhaiterais maintenant aller vers un idéal de « slow travel », c’est à dire voyager en évitant d’utiliser l’avion pour aller d’un pays à un autre (pour un tour du monde par exemple) et en prenant le temps de découvrir.

Si toi aussi tu as hyper envie de voyager, je ne peux que te conseiller de prendre contact avec la fondation Zellidja, sans laquelle je n’aurai pas pu faire toutes ces découvertes !

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. C’est elle qui vous tend sa boîte mail grande ouverte ou vient à votre rencontre pour entendre vos histoires, quand elle ne décrypte pas un sujet d’actualité une tasse de thé rooibos à la main !

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Commentaires
  • Carmenital
    Carmenital, Le 28 décembre 2017 à 17h56

    Coucou!
    Je suis dispo pour répondre à tes questions, tu peux me contacter par instagram (je te donnerai mon e-mail si tu préfères) à "carmenital"
    A bientôt :)

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