Témoignage : J’ai été victime de violences conjugales

Pondu par Une madmoiZelle le 10 octobre 2012     

Les violences conjugales sont un fléau invisible, sournois, qui peut toucher n’importe quelle personne de votre entourage. Voici le témoignage d’une madmoiZelle pour y voir plus clair.

Un an et demi. Voilà aujourd’hui ce qui me sépare de lui ; ça peut paraître peu mais en dix-huit mois, tellement de choses ont changé dans ma vie… maintenant je suis heureuse.

Écrire mon histoire, la raconter et le dénoncer, lui et tous ces autres, je n’y avais pas songé avant. Peut-être par honte, mais « Honte de quoi ?« , m’a un jour demandé ma sœur. Honte d’être moi, trop naïve. Honte de m’être laissée faire, honte de ne pas être partie avant, honte de ne pas avoir remarqué le problème, honte d’avoir menti pour cacher mes problèmes, honte d’avouer que je me suis trompée sur lui. Voilà de quoi j’avais honte : être une victime. Je ne veux pas qu’on me regarde comme une victime, car je ne veux pas engendrer la pitié dans mon entourage, c’est pourquoi beaucoup ne savent rien de ce qui m’est arrivé.

Un an et demi plus tard, alors que la page est tournée, au fond je sais qu’on n’oublie jamais. On reste marquée, et il arrive que des souvenirs me réveillent encore en sursaut la nuit.

Maintenant que vous connaissez la fin de cette histoire, intéressons nous au commencement.

Il était une fois un prince charmant…

J’avais 17 ans tout juste quand je l’ai rencontré à une soirée entre amis, au réveillon du Nouvel An. Ça n’a pas été le coup de foudre, il n’était pas particulièrement attirant, mais nous sommes devenus très bons amis. Maintenant que j’y repense, il était l’ami idéal, un peu trop même : il a fait en sorte d’aimer les choses que j’aimais (les séries télé, les musiques, mon job d’été…), pour pouvoir ensuite les détester radicalement.

Nos amis communs ont commencé à nous pousser l’un vers l’autre, et au fil des semaines, l’idée fit son chemin. Après tout, il me comprend et me connaît si bien… Du coup, je tombe de haut quand j’apprends qu’il vient de se mettre en couple avec une autre. Néanmoins, nous restons amis, et il finit par me confier qu’il n’est pas amoureux, qu’il pense à la rupture. Lorsqu’il la quitte, je comprends que c’est pour moi, mais il ne me le dit pas clairement, attendant que je fasse le premier pas… ce que je finis par faire. Je signe sans le savoir le début de ma fin.

… pas si charmant…

Les débuts sont magiques, d’autant plus qu’il s’agit de ma première « vraie histoire » : on est tellement semblables, il est toujours là pour moi, et me rend bien des services. Avec le recul, je me rends compte qu’il travaillait à se rendre indispensable. Nous sommes entrés à la fac dans la même ville, mais avec deux logements séparés, pour ne pas nous étouffer : on se donne un soir par semaine chacun de notre côté, et on voit nos parents le week-end. Au bout de deux mois, il en réclame davantage, exigeant de me voir chaque soir ; face à mon refus, il s’énerve, et me dit que si on finit par se séparer, ce sera de ma faute. Après de nombreuses disputes, poussée à bout, je cède, et je lâche mon indépendance. Quelques semaines après, je fais une autre concession, énorme pour moi : je ne vois plus mes parents qu’un week-end sur deux, passant l’autre avec lui. Chaque jour, la liste des choses sur lesquelles je cède s’allonge, mais lui ne lâche pas un pouce de terrain.

Au lit, tout se passait bien : on s’amusait quotidiennement, et il respectait mes choix quand je n’avais pas envie. Là aussi, la situation s’est dégradée en quelques mois : il me reprochait mes refus, finissant par m’ignorer complètement, ou par me faire croire que c’était le signe que je ne l’aimais plus. Je me rends bien compte, aujourd’hui, que j’aurais dû fuir, déjà, à ce moment-là. C’est dans ce cadre que le premier signe de violence physique est arrivé, même si je ne l’ai pas remarqué : chez lui, clouée au lit avec une grippe, je ne voulais qu’une chose, dormir. Lui voulait faire l’amour ; il m’a crié dessus, indifférent à mes pleurs, me reprochant de ne plus l’aimer, et m’a violemment lancé un coussin avant de menacer de me mettre dehors. Il a fait mine de rompre avec moi et a passé la nuit par terre, mais s’est excusé au petit matin, et m’a promis de ne plus jamais recommencer. Pauvre de moi, je l’ai cru.

… qui se révèle oppressant et violent

Mes amies et moi avions depuis longtemps planifié de partir trois jours ensemble, sans lui. Il a attendu la semaine précédent le départ pour me supplier de ne pas y aller, en larmes, et ce n’est que sous l’impulsion de ma mère que j’ai réussi à partir. Mais mes vacances, et celles de mes amies, furent gâchées : il m’a bombardée de textos, d’appels, me reprochait d’avoir trahi sa confiance, me disait ne plus jamais vouloir me revoir. En rentrant, je me suis excusée ; je réalise à présent que je n’avais absolument rien fait de mal, mais je me sentais tellement coupable. Et jusqu’à la fin, il m’a rappelé cette histoire, l’utilisant durant nos désaccords, nos disputes, alors qu’il était exclu, pour moi, de lui reprocher ses erreurs passées.

L’année scolaire a fini, entrecoupée de moments similaires, et comme chaque été, je travaillai en centre aéré pour gagner un peu d’argent. J’adorais discuter de mon job avec lui, mais au début des grandes vacances, il m’a reproché de trop en parler, en a fait un sujet tabou : selon lui, il ne souhaitait pas l’évoquer parce que lorsque je travaillais, nous étions séparés, et il en souffrait. Comme je ne pouvais plus lui raconter mes journées, on ne parlait que des siennes, ce qui était assez rapide puisqu’il ne faisait rien de ses vacances.

Nous sommes ensuite partis ensemble dans une maison qui appartient à ma famille. Un soir, à nouveau, je n’ai pas envie de lui, et sous la contrariété, voyant que je ne compte pas céder, il se rapatrie dans le salon et met le son de la télévision à fond, pour m’empêcher de dormir. Lorsque je lui demande de baisser le volume, il m’ignore et j’éteins le poste ; il me lance alors la télécommande, avec rage. Sous le choc, je suis restée figée quelques instants, avant de lui dire de faire ses valises pour le lendemain, car il n’était plus le bienvenu ici. Le lendemain, il se confond en excuse, pleure, me supplie de le pardonner. Quand je parle de violences conjugales, il me dit de ne pas exagérer…

Je l’aimais, et je crois sincèrement que lui aussi. Il ne cessait de me répéter que sans moi, il n’était rien. En public ou en soirée, il restait collé à moi, toujours à m’embrasser, ce qui me gênait et m’empêchait de profiter des autres invités. Si je le lui faisais remarquer, ou tentais de m’éloigner, il me le reprochait : c’était moi qui avait un problème, car c’était la façon dont un couple devait agir. Encore un motif de disputes, où j’étais toujours en tort : il ne se remettait jamais en question, ne répondait même pas à mes accusations. C’était difficile de se sentir aussi ignorée. Je me rends compte, maintenant, que ce que j’éprouvais n’était pas de l’amour, car je ne sais pas comment on peut aimer quelqu’un qui vous traite ainsi ; les psychologues ont peut-être un terme pour ce sentiment, moi je n’en ai pas.

Le chantage, sa grande spécialité

C’était un grand maître du chantage. Je ne sais plus combien de fois j’ai dû choisir : entre faire ce qu’il voulait ou le perdre, entre lui et mes amis, ma famille, et si je ne le choisissais pas, c’est que je ne l’aimais pas. C’est ainsi que, peu à peu, j’ai perdu le droit de sortir de mon côté, ne serait-ce que pour accompagner une amie. Si je voulais manger entre potes le midi, il fallait que lui soit occupé avec les siens. Même chez le médecin, il entrait en rage s’il ne m’accompagnait pas dans le cabinet, et quittait la salle d’attente, me laissant rentrer seule et fiévreuse.

Durant les trois ans qu’a duré notre relation, jamais il n’a eu confiance en moi : il m’accusait de voir d’autres garçons, de le tromper avec mon patron… Je suis toujours restée fidèle, mais je devais sans cesse justifier mes faits et gestes, éviter de mentionner mes amis masculins. Le pire a été mon rendez-vous chez un gynécologue : pour lui, « écarter les cuisses devant un inconnu, c’est être une salope« . J’ai choisi une femme pour le rassurer, mais il s’en fichait. Quand je lui ai reproché de m’en vouloir pour ça, et de m’avoir laissée seule pour ce premier rendez-vous, il s’est excusé et a pleuré… une fois de plus. Et j’ai été naïve une fois de plus.

Des concessions, encore et toujours

La chose que je regrette le plus, aujourd’hui, c’est d’avoir été en froid avec ma soeur à cause de lui. Elle était ma confidente, et a très vite cerné le personnage, alors elle lui a dit que sa façon d’agir était inacceptable. Il m’a tout mis sur le dos, me reprochant de raconter « notre » vie à ma soeur, et s’est mis à la rabaisser sans cesse. S’il était chez mes parents, elle n’y venait pas, et j’ai fini par ne plus la voir, ce qui m’a blessée. Il a réussi à s’engouffrer dans la brèche, m’a dit qu’elle ne me méritait pas, et m’a insidieusement montée contre ma propre soeur.

Physiquement, il avait certaines exigences. Si je me maquillais, ou que je portais une jupe, une robe, un décolleté, c’était forcément pour séduire. Je ne pouvais plus me faire belle : je ne devais pas me plaire, mais lui plaire. Les seuls bijoux autorisés étaient ceux qu’il m’avait offerts, il fallait qu’il approuve chaque nouveau vêtement… Lors d’une soirée entre amis, je portais une robe et un collier qui ne venait pas de lui. Il m’a prise à part dans une pièce et m’a reproché de m’être faite belle pour tout le monde, sauf pour lui, criant et pleurant assez fort pour que les autres convives l’entendent. J’étais extraordinairement mal à l’aise, mais en rejoignant les autres, j’ai menti pour le « couvrir ».

Après deux ans de concessions toujours plus importantes, nous avons emménagé ensemble, et la violence a monté d’un cran. Pour lui, cela signifiait que je ne devais plus rentrer chez mes parents qu’une seule fois par mois, un week-end qu’il me faisait payer, en m’ignorant totalement avant, pendant et après. Une fois, il a menacé de se suicider pour me retenir de partir, commençant à s’entailler les poignets, et je n’ai pu quitter l’appartement qu’en promettant que je n’irai pas le mois d’après. Encore une fois, il avait eu gain de cause.

Avec le temps, vint l’humiliation

Nos disputes se faisaient de plus en plus violentes, et je commençais à me sentir vraiment humiliée. Détestant faire la vaisselle, il trouvait souvent une raison de m’en vouloir lorsque c’était son tour ; il m’est arrivé plus d’une fois de recevoir l’éponge sale en plein visage pour avoir osé le contredire, lui faire une remarque. Pour des motifs toujours anodins, la violence montait : j’ai reçu son portefeuille en plein visage, il m’a un jour fouetté le visage avec un t-shirt mouillé, assez fort pour casser mes lunettes. Des coups de pied dans le dos (il faisait particulièrement attention à ne laisser aucune marque visible) m’ont fait mal pendant plusieurs jours. À chaque fois, il se confondait en excuses, en promesses, et j’y croyais. C’était une violence invisible, mentale et physique, qui me rendait malade. Je n’étais plus heureuse, ni joyeuse, comme je l’étais ; je pensais à partir malgré les sentiments, mais je n’en trouvais pas le courage.

Je sais que beaucoup ne comprendront pas pourquoi je suis restée, pourquoi j’ai même emménagé avec lui, et moi-même, j’ai mis du temps à le comprendre. La première raison était l’amour : j’y croyais dur comme fer, et quand il tentait de se racheter, il redevenait celui que j’avais aimé au début, me faisant croire que c’était fini pour de bon. Je manquais également de courage, et j’avais peur des conséquences. Enfin, je doutais moi-même : chaque fois que je songeais à une rupture, je ne savais pas comment la justifier, et je craignais d’exagérer ce qui se passait entre lui et moi. On peut résumer tout cela par un manque cruel de confiance en moi.

Elle le quitta…

Je n’oublierai jamais la veille de mon départ. C’était les vacances de Pâques, et je travaillais ; il était donc prévu que je dorme chez mes parents, qui vivaient tout près de mon job. Mais pour lui faire plaisir, je n’y passais que deux nuits par semaine, faisant le reste du temps une heure et demie de route quotidienne pour le satisfaire. Un soir, nous nous sommes disputés, et j’ai à nouveau cédé : le lendemain, je ne passerai qu’une nuit en famille, au lieu de deux. Au moins, nous avons pu passer une soirée normale.

Mais le lendemain matin, au moment de partir, il a tenté de me retenir, prétextant qu’il avait une envie de moi. En réalité, il cherchait surtout une raison pour commencer une dispute. Ce furent les pires instants de ma vie, un déchaînement de violence. Il m’a donné des coups avec un étendoir à linge, m’a traitée de pouffiasse, m’a faite tomber au sol plusieurs fois, tentant de me faire avaler de la poussière. Il a jeté mes affaires par terre, et m’a dit que tout était fini. Je suis partie en courant et en larmes.

Avant d’arriver au travail, je me suis arrêtée chez mes parents pour tout raconter à ma mère. La voir pleurer m’a touchée, et je me suis sentie coupable, mais aussi libérée : même si je flanchais, jamais mes parents ne me laisseraient y retourner. Lui et moi, c’était fini.

Quand je suis retournée chercher mes affaires, j’ai demandé à mes parents de rester au bas de l’immeuble, espérant qu’il ne ferait pas d’histoires. Mais quand il a compris que je n’étais pas là pour implorer son pardon, il a verrouillé la porte à clé, m’a suppliée, a menacé à nouveau de se tuer. Lorsqu’il est allé chercher un couteau, j’ai ouvert la porte et appelé mes parents à l’aide.

Une fois de retour, j’avais peur qu’il se suicide ; je lui ai donc laissé entendre que j’avais besoin de réfléchir, qu’il y avait encore une chance que ça marche. Je ne savais pas encore que les gens comme lui sont bien trop lâches pour se tuer, et n’utilisent ça comme une forme de chantage affectif. Il m’a appelée, écrit, suppliée, il a même consulté un psychologue, espérant me redonner confiance. Pour se justifier, il a prétendu que son père battait sa mère, ce qu’il ne m’avait jamais dit en trois ans de relation – je ne sais pas si c’est vrai ou non, mais je m’en fiche. Cela ne justifie en rien son attitude. Auprès de nos amis communs, il a endossé le rôle de victime, et certains, aujourd’hui, refusent de me parler. Mais la victime, c’était bien moi, incapable de dormir à cause de cauchemars dans lesquels il apparaissait… Le pire, c’est qu’il m’a fallu du temps pour lui en vouloir. Mais il m’en a fallu encore plus pour en parler.

… et vécut heureuse.

Un an et demi aujourd’hui que je ne le vois plus, je ne l’aime plus. Que serais-je devenue si j’étais restée ? Je préfère ne pas y penser, mais regarder ce que je suis. Plus forte. J’ai tiré les leçons de mes erreurs, et je ne les referai pas. Aujourd’hui, je vis pour moi-même, je me coiffe et je m’habille comme je veux, je vois qui je veux quand je veux, et j’ai rencontré quelqu’un il y a plusieurs mois. Je ne suis pas prête à emménager avec lui, et je ne le serai pas avant longtemps, mais je découvre ce qu’est une relation de couple saine, normale, dans le respect de l’autre.

À toutes les madmoiZelles qui sont victimes de violences physiques ou mentales, je voudrais vous dire de ne pas perdre confiance en vous : le premier pas vers la liberté, c’est d’en parler à quelqu’un. À toutes celles qui connaissent une personne victime de violences conjugales, je vous dirai de vous rendre disponible, de faire comprendre à votre ami-e que vous serez toujours joignable, quoi qu’il arrive, et ne le/la jugez pas… sortir d’une telle emprise est long et difficile. Quant aux autres, gardez les yeux ouverts, pour rester en sécurité, et protéger vos ami-e-s.

Laura Raucoules, psychologue clinicienne et chercheuse à Nice, a bien voulu se pencher sur ce témoignage pour donner un avis professionnel sur ce qui est arrivé à cette madmoiZelle.

En février 2001, le rapport Henrion avait déjà alerté l’opinion publique sur le drame des violences conjugales. Ce rapport affirmait qu’en France, une femme décédait tous les 5 jours de violences conjugales. En 2010, 146 femmes ont perdu la vie sous les coups de leur (ex-)compagnon, ce qui représente un décès tous les deux jours et demi. 13% des morts violentes, cette année-là, ont eu lieu dans le cadre du couple, et on a dénombré 260 000 femmes (âgées de 18 à 75 ans) victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint. Depuis 1994, le Code Pénal français considère que le fait d’être conjoint ou concubin de la victime est une circonstance aggravante (cela a depuis été étendu aux ex-compagnons).

Un seul responsable : l’agresseur

Il est dans en premier lieu important de se mettre d’accord sur une définition commune du terme « violences conjugales » (un comportement pourra être jugé comme « violent » pour certains et pas pour d’autres). Il faut prendre en compte tous les éléments : l’agresseur, la victime, la relation qui les unit, mais aussi les tiers (la famille, l’entourage, les professionnels qui interviennent éventuellement, la société). Pour expliquer les violences conjugales, un sujet très complexe, et mieux comprendre les raisons qui peuvent pousser une victime à rester avec son agresseur (ce qui donne parfois l’impression qu’elle, aussi, est responsable…), M. Silvestre (et al) ont proposé en 2004 un modèle intéressant :

« L’auteur des violences est responsable de son comportement quel que soit le comportement de la victime. L’auteur et la victime ne sont pas à égalité. La victime n’est pas responsable des coups qu’elle reçoit.

L’auteur et la victime sont coresponsables du maintien de l’interaction dans laquelle les comportements de violences deviennent redondants et structurent cette relation.

Pour qu’une situation de violence se modifie, que ce soit pour durer en s’amplifiant ou pour s’arrêter, le rôle du « tiers » quel qu’il soit, est déterminant. »

De l’équilibre au dysfonctionnement

Les violences conjugales touchent deux niveaux : celui des protagonistes (la victime et l’agresseur), mais aussi celui de la relation, dont il existe deux modèles : la symétrie et la complémentarité. Dans le premier, les protagonistes sont à égalité, la parité est respectée ; dans ce témoignage, c’est ce qui se passe lorsque les deux amants décident de prendre chacun son logement, dans la même ville, afin de ne pas « s’étouffer ». On passe au second modèle lorsque l’un des membres du couple décide, de son côté, de changer la règle du jeu : le « prince charmant » en réclame d’avantage, sa compagne lâche « [s]on indépendance ». Trois types de changement sont possibles :

  • L’autre se soumet, c’est ce que l’on peut nommer les violences unilatérales
  • L’autre se révolte, cela se manifeste par des transactions violentes
  • L’autre s’en va

Ici les relations passent par des transactions violentes pour finalement aboutir à une soumission de la jeune femme : « poussée à bout, je cède ».

La règle du jeu a changé : la relation définie et acceptée par les deux partenaires n’existe plus en tant que telle. On voit plusieurs niveaux de changement dans ce témoignage : la jeune femme « cède » à des concessions de plus en plus nombreuses, ce qui modifie l’équilibre du couple (on parle alors de relation complémentaire : l’un des deux se pense et se définit comme « sujet », davantage que l’autre, ce qui est une négation de son « altérité » – son statut de personne). Il y a alors un dominant et (ici) une dominée – un agresseur et une victime. Ce changement est déjà un comportement violent, même s’il n’y a pas encore de violences physiques.

En passant de « membre à part entière du couple » à « dominée », la madmoiZelle est confuse : par exemple, elle se sent « coupable » lorsqu’elle est en voyage avec ses amies, ne comprenant que bien plus tard qu’elle n’a « absolument rien fait de mal ». Cette attitude conforte son compagnon dominant dans ses positions : lui est déjà dans une relation complémentaire et inégale, alors que la jeune fille croit toujours être dans une relation équilibrée. En cédant, pour éviter le conflit, elle lui permet de renforcer son comportement, et les choses peuvent rapidement s’emballer.

Une balançoire en perpétuel mouvement

Dans les relations complémentaires, déséquilibrées, on distingue différents types de violence : physique, sexuelle, psychologique et économique. La violence physique est toujours placée en premier, car elle est visible et permet une intervention de la justice, ce qui peut éviter une aggravation de la situation. Mais ce témoignage nous rappelle qu’il ne faut pas négliger les violences psychologiques.

On pourrait comparer la relation déséquilibrée au mouvement d’une balançoire (de celles qu’on utilise à deux). Les deux partenaires prennent part au « rituel » de l’interaction, et sont tour à tout « en haut » et « en bas », le but étant de faire durer ce rythme. Toute proportions gardées, on peut dire qu’il en est de même dans le couple : si je frappe/domine ma compagne, c’est pour la contrôler, la faire changer, mais surtout pour pouvoir vivre en paix avec elle ensuite ; si je reste avec celui qui me frappe, c’est parce que je suis la seule à pouvoir l’aider à changer, et qu’ensuite nous vivrons ensemble en paix. C’est une démarche paradoxale : les « solutions » adoptées (pour lui la violence, pour elle le fait de rester avec son compagnon pour l’aider) sont précisément ce qui rend l’objectif (vivre heureux ensemble) impossible à atteindre… Ce mouvement perpétuel peut entraîner dans son orbite l’entourage immédiat du couple, mais aussi les éventuels intervenants extérieurs.

Ici, la jeune femme est dans le déni concernant le danger que son compagnon peut représenter pour elle, et pense devoir lui pardonner, le soutenir et l’aider à changer. L’espoir revient, et elle peut alors se regarder en face, trouvant diverses justifications à son comportement (par exemple : « au moins nous avons pu passer une soirée normale »). Les deux protagonistes n’existent que dans leur relation de couple : ils confondent « quitter le jeu », ce qu’ils pourraient faire à tout moment, avec « quitter le couple », comme le jeune homme le rappelle souvent à sa compagne en la menaçant de la quitter. Au fil du temps, les phases de ce cycle dysfonctionnel vont raccourcir, et ce schéma deviendra leur quotidien : cette « ritualisation » permettra à la relation fusionnelle du couple de se maintenir, contre toute attente, et c’est seulement en brisant ce rythme, et en risquant le chaos, que les choses peuvent changer.

Une violence « accidentelle » qui devient rituelle

Le plus souvent, le premier acte violent apparaît lors d’une crise qui crée un sentiment d’insécurité et d’angoisse ; il est le souvent perçu comme un accident, mais ouvre la porte à de nouvelles violences, qui s’installeront progressivement – même lorsque, comme ici, le compagnon s’excuse et promet « de ne plus jamais recommencer ». L’homme abusif est une menace pour sa compagne, et les violences psychologiques et verbales sont fréquentes. L’agression physique sera souvent utilisée pour reprendre la position dominante dans une phase de stress, une situation où l’agresseur se sent dévalorisé. Ensuite, il regrette son geste, cherche la réconciliation ; sa compagne lui pardonne, se reproche même de ne pas avoir su le comprendre, et tente de prendre soin de lui, de lutter contre son prétendu mal-être. L’homme culpabilise, il cherche à réparer sa faute (par des fleurs, des cadeaux, des excuses…), ce qui redonne espoir à la victime : c’est ce qu’on appelle la « lune de miel ». Mais au prochain stress, le cycle de violence reprendra.

Au travers de ce témoignage, nous ne pouvons que souligner le courage de notre MadmoiZelle qui a su s’extirper de cette spirale de la violence en prenant appui sur un tiers (sa maman). Elle a su quitter son identité de « victime » afin de regarder qui elle est vraiment.

L’agresseur pense que c’est l’autre, et non pas lui, qui doit changer. Une intervention de la Loi est souvent la première brèche dans cette représentation mentale, car elle réintroduit la notion de responsabilité, de victime. L’auteur de violences est seul reponsable de son comportement, même s’il pense autrement, et définir son/sa conjoint-e comme victime, c’est déjà le lui faire comprendre. C’est pour cela qu’il faut confronter l’agresseur et ses responsabilités, par exemple via l’injonction de soins, qui pourra être pour lui un signal très fort.

Que conseiller à une femme, victime de violences conjugales, qui ne souhaite pas quitter son foyer ?

Si la victime estime pouvoir rester chez elle, elle doit pouvoir prévenir les nouvelles agressions :

  • en notant les numéros de téléphone des secours dans un endroit facile d’accès ou en les mémorisant (police ou gendarmerie : 17 ; SAMU : 15 ; pompiers : 18 ; depuis un portable : 112 ; Violence Conjugale Femme info service : 39 19)
  • en identifiant les personnes qui peuvent l’aider en cas d’urgence
  • en convenant d’un code de communication avec des voisins, lesquels pourront appeler la police en cas de nouvelle(s) agression(s)
  • en informant les enfants, si elle en a, sur les conduites à adopter pour se protéger lors d’actes de violence (se réfugier chez des voisins, sortir de la maison pour téléphoner à la police…)
  • en repérant les indices qui préviennent de l’explosion de violence
  • en évaluant les moyens d’assurer sa sécurité dans une pièce de la maison (verrou, serrure…)
  • en rendant les armes difficiles d’accès
  • en prévoyant un départ en urgence (cacher un sac de départ avec adresses de foyer…)
  • en mettant en lieu sûr, hors de la maison (personne de confiance, famille, ami-e, association…), des copies ou des originaux des papiers les plus importants.

N’hésitez pas à joindre le service Violence Conjugale Info au 39 19 : l’appel est gratuit, n’apparaîtra pas sur la facture téléphonique, et vous pourrez parler à des personnes qualifiées qui soutiennent, renseignent et conseillent sans jamais porter de jugement. Un site Internet est également mis à la disposition de tous.

Ça vous a plu ? Partagez !

321 BIG UP

Ne ratez aucun article de madmoiZelle.com !

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez notre actu deux fois / semaine

Entrez votre email ici :

Cet article a été pondu par Une madmoiZelle - Tous ses articles

Tous les articles Moi, moi et moi
Les autres papiers parlant de , , , , ,

Les 10 dernières réactions à cet article sur le forum

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
Identifie-toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !

  1. GrandeMarineGrandeMarine

    Le 11 octobre 2012 à 17:10

    Merci les filles pour ces témoignage, je suis aussi étonné par le sens commun de la chose, ça ne met jamais arrivé, je connais des gens a qui cela est arrivé, et j'espère si un jour cela m'arrive d'être assez forte pour en parler, et de quitter cette personne si cela m'arrive vraiment.
    En tout cas pour toute les mads qui sont encore dans cette situation, courage n'hésitez pas a parler a n'importe qui autour de vous, même des madmoizelles!
    Il ne faut jamais rester seule!
  2. PhilogonePhilogone

    Le 11 octobre 2012 à 23:16

    Violences mentales, je connais, mais pas par des copains. Malgré tout, j'étais tombée bas, et quand j'ai décidé d'en parler à la gendarmerie, je me suis faite littéralement jeter, engueuler, limite menacer. Si bien que si j'y retourne, je sais qu'on ne prendra même pas la peine de m'écouter.
    Et ça fait mal, parce que j'ai dû prendre sur moi pour en parler. J'ai honte d'être "une victime" également, et je me tais pour tellement de choses à cause de ça et de la réaction de ceux qui sont censés nous aider.
  3. versusversus

    Le 12 octobre 2012 à 16:21

    Les limites sont celles qu'on se donne… Une personne colérique n'est pas forcément violente ou manipulatrice. On peut avoir des relations mouvementées mais très saines, et des relations calmes et destructrices… Ca peut être très insidieux. Ce n'est pas pour rien que beaucoup de victimes de violence sont jeunes : ce sont des femmes qui ne se connaissent pas vraiment, ne connaissent pas vraiment la vie, ou qui ont tellement évolué dans un climat malsain que tout cela leur paraît normal (c'est mon cas, ma mère est une spécialiste du dénigrement sans en avoir l'air, de la culpabilisation à outrance, de la négation pure et simple de la personnalité et des besoins des autres… Je n'avais connu pratiquement que ça avant de tomber sur mon ex. C'est aussi pour ça que j'ai mis tant de temps à réagir.) Il faut se respecter soi-même pour pouvoir voir où commence l'absence de respect.
  4. KairiiKairii

    Le 15 octobre 2012 à 09:46

    Je souhaite à cette madz plein de bonheur dans sa vie future et bravo pour avoir eu le cran de raconter ton histoire, d'en avoir parlé et d'avoir fait bouger les choses.

    Je n'ai pas subi de violence corporelle mais je ne peux m'empêcher de me reconnaître dans la violence psychologique. Mon ex me rabaisser sans cesse, me dénigrer parfois devant ma propre famille, mes amis ectc. Les soucis de santé ont commencés à arriver, la dépression aussi, j'attendais qu'il m'aide, me soutienne et au contraire il ne m'enfonçait que plus dans ma détresse. La j'ai pris conscience que ce n'était pas normal, que notre couple n'était pas normal.

    Puis j'ai rencontré une personne qui m'a véritablement ouvert les yeux, qui m'a aidé à évoluer et à le quitter. Aujourd'hui je vis en couple avec cette personne, elle m'aide encore de jour en jour car on ne sort pas intact d'une telle relation… La perte de confiance en soi n'est pas la seule conséquence malheureusement. Il faut du temps pour se reconstruire et apprendre à se connaître à sa juste valeur :)

    Cela fait déjà 7 mois que j'ai réussie à le quitter, j'ai retrouvée ma liberté et ce passage de ma vie j'ai décidée de l'écrire sur mon corps: une hirondelle qui s'envole :)

    Tout sa pour dire qu'on peut s'en sortir, que la personne change rarement… (pour ma part toujours des promesses dans le vent, chasser le naturel et il revient au galop!) Qu'il ne faut pas voir sa comme une fatalité, se dire qu'on ne mérite que sa. C'est faux, on mérite toutes le bonheur ! Et une personne existe pour chacune d'entre nous, une personne qui est prête à nous aimer et à nous respecter.
  5. ElwingrocksElwingrocks

    Le 19 octobre 2012 à 13:27

    Je vois que je suis pas la seule à avoir subi la violence psychologique qui est autant destructrice que la violence corporelle je pense.

    J'ai vecu 2 ans et demi avec un putain de dégénéré, rencontré sur le net j'avais 14 ans et demi lui 19, donc forcement il m'impressionnait moi j'avais la classe j'etait en seconde j'sortait avec un mec en terminale bref… Il m'a eue je ne sais pas comment, j'etais faible à ce moment la il m'a redonné un semblant de confiance en moi alors que mon ex d'avant venait de me larguer pour une autre nana, j'etais anéantie bref, donc il à fallu que on se voit forcement pour officialiser notre relation, j'voulais etre forte, jouer l'adulte, la meuf qui à pas peur qui à confiance en elle, je me suis jetée dans ses bras, c'etait pas mon genre de mec il n'etait pas trés beau mais il etait gentil, ça n'a pas duré longtemps.
    Il devait tout controler dans ma vie j'avais pas le droit d'aller chez une amie sans qu'il m'harcele ou que je lui accorde au moins une heure au téléphone alors que ce fils de pute pardonnez l'expression faisait ce qu'il voulait ! Comme tout salopard manipulateur, il s'est mis dans ma poche mes amis (dont certains ne me parlent plus à cause de lui qui à endossé le role de victime, d'un coté j'ai vu qui etaient mes vrais amis tout du moins), ma famille (mon pere s'est meme retourné contre moi quand j'ai enfin eu le courage de le quitter c'est pour dire)
    Je devais au moins lui envoier un texto toutes les 20 min sinon il me petait un cable, m'accusant de le tromper, de pas l'aimer ect … J'en passe .
    Les humiliations publiques j'en est subi pas mal, dont la fois en soirée ou il à profité du fait que j'etais sous alcool pour me faire faire des abdos devant tout le monde, ah oui je n'etais plus aussi mince …
    Par contre pour la violence physique c'est moi qui ai fini par lui casser la gueule tellement que j'en pouvais plus d'etre constamment humilée rabaissée … J'ai eu le dessus par chance j'imagine et vu qu'il y avait du monde autour fin bref.

    J'pensais sérieusement à me suicider tellement que j'en avais marre de cette vie merdique, et la mon ange gardien est apparu (mon cheri actuel) pour me sortir de la, il m'a ouvert les yeux j'ai gouté au bohneur dans ses bras et c'est grace à cet amour que j'ai pour lui que j'ai pu enfin avoir les tripes de le plaquer et de l'affronter en face car j'avais essayé plusieurs fois et toujours il m'avait fait revenir comme une conne ….

    Tout ça pour dire que les filles osez parler à quelqu'un si vous voyez qu'une relation tourne au vinaigre ayez le courage et larguer ce type car plus le temps avance et la situation empirera, il faut mieux avoir des regrets que de finir parano aprés : J'ai changé de numéro, j'ai pas mis mon vrai nom sur facebook pour qu'il ne puisse pas me retrouver, j'ai bloqué un certain nombre de personnes pour etre absolument certaine qu'il ne puisse pas savoir ce que je fait ect … j'ai fais pas mal de cauchemars ou il m'enlevais en disant que j'etais à lui des choses du genre et c'est vraiment difficile à vivre !

    Heureusement j'ai rencontré la bonne personne qui m'a sauvée de ce cauchemard mais quand j'y repense si il n'avait pas été la soit je serais morte ou pire mariée avec ce type .
  6. zouizoui

    Le 21 octobre 2012 à 19:30

    J'ai pleuré en lisant ce témoignage. Dommage que la madmoizelle n'ait pas livré son pseudo…

    Comme la plupart des témoignages sur la violence conjugale, on se rend compte qu'au départ l'homme revêt l'habit du prince charmant, il est aux petits soins… avant de s'imposer par des violences d'abord psychiques qui me semblent encore plus graves que les violences physiques car si le corps guérit relativement vite, l'esprit lui met plus longtemps à se remettre d'un tel traumatisme…

    Malheureusement ces personnes sont malades. Ce sont des pervers qui ne savent absolument pas ce que signifie "aimer". Ils aliènent leur victime par du chantage… Et la personne victime pense réellement que le bourreau va changer et redevenir le prince charmant… En réalité le prince charmant est le déguisement, la vraie nature est le "monstre".
    Ces personnes doivent être très malheureuses de rendre les autres malheureux mais ne savent pas établir une autre relation que celle de l'aliénation. Elles doivent être suivies pour être soignées.
    Mais il est clair que ce n'est pas de l'amour. Ces personnes ne savent pas aimer, la personne qui vous aime, c'est celle qui vous accepte telle que vous êtes, et qui ne vous demande pas de changer.

    Quant à la victime… Pourquoi refuser ce statut ? Aujourd'hui le terme "victime" est perçu par celles-ci comme une injure… Pourtant témoigner c'est déjà faire reconnaître ce statut. Alors c'est étrange ensuite de dire qu'on n'est pas victime…

    Je souhaite beaucoup de courage à toutes les femmes (et tous les hommes aussi, car les violences conjugales n'ont pas de genre) qui subissent cette situation… Je souhaite qu'elles puissent trouver la force d'en parler à quelqu'un et de s'en sortir, sans honte, sans peur. Et pouvoir petit à petit reconstruire une identité, une vie, à l'abri de pervers malades.

    Merci en tout cas à la madz pour ce témoignage bouleversant
  7. Lune BleueLune Bleue

    Le 22 octobre 2012 à 19:14

    Posted by Khavt
    La honte ? non
    Le manque de confiance en soi ? non
    La foi en lui, malgré tout ? oui

    Je l'ai même épousé.
    Ici la violence morale n'est pas due à un comportement possessif de sa part (ou alors extrêmement refoulé), puisque selon lui, je ne fais jamais rien assez bien, je suis pas aussi jolie ni aussi intéressante qu'une autre.
    Pourtant il m'a choisie. Je dois me rendre compte à quel point son amour pour moi est fort puisque malgré tous mes défauts, il m'a choisie.

    Pourtant, ce dont je me rends compte, c'est qu'il paraît plus heureux entre amis qu'en famille, qu'il pense d'abord à lui et eux, ensuite à nous, et que plus il boit plus ses propos sont méchants et agressifs.

    Jusqu'à la première gifle.
    Que je n'ai pas eu le temps de voir venir.
    Dont il se sent vraiment coupable.
    Dont il s'est excusé.
    Qui l'a fait pleurer.

    Alors est-ce qu'il recommencera ? Je n'espère pas. Mais je ne me leurre pas. Est-ce que j'ai honte de vivre ça ? Non, j'ai honte de ses comportements publics, honte de ne pas réussir à lui ouvrir les yeux, honte de ne réussir à en parler à personne.

    J'ai foi en lui. Tant que je réussirai à cacher ça aux yeux de mes enfants, tant qu'eux seront en sécurité, je répondrai présente pour lui, le jour où il aura besoin de moi sincèrement.

    Ici, la violence est combinée à l'alcool. Et la fête n'est effectivement pas plus folle.


    Ton témoignage m'a beaucoup touché. J'espère sincèrement que votre situation va s'améliorer et soit certaine que je ne te juge pas, mais tes propos me semblent contradictoires : tu dis que tu ne manques pas de confiance en toi mais tu le laisses te rabaisser, prétendre que tu n'es "pas aussi jolie ni aussi intéressante qu'une autre", que tu as de la chance qu'il t'aies choisie "malgré tous tes défauts"; n'est-ce pas plutôt lui qui a de la chance que tu sois si compréhensive ? Cependant il me semble clair qu'il te rend malheureuse et ne te respecte pas. Tu as "foi en lui" ; es-tu vraiment certaine que ce soit de l'amour ? As-tu vraiment plus à perdre qu'à gagner en restant avec lui ? Encore une fois je ne te juges pas, et je te demande pardon si mes questions te font cette impression, mais ton témoignage m'a remué et j'ai eu envie de te donner mon avis, dans l'espoir qu'il t'aide ne serait-ce qu'un peu. Le fait est qu'il m'a semblé en lisant ton témoignage sue tu vivais une situation de violence conjugale telle que l'ont décrite d'autres madmoizelles. Et ce type de situation n'est jamais profitable. (cela dit j'ai bien conscience qu'il n'y a pas un choix noir et un choix blanc, que les deux sont plutôt gris ici). Quoi que tu fasses, quoi que tu décides, soit en tout cas assurée que je te soutiens.
  8. Lune BleueLune Bleue

    Le 22 octobre 2012 à 19:40

    Posted by Joanna-na-na
    J'ai eu un sale petit frisson en me reconnaissant dans l'article. Et en voyant ensuite combien d'autres filles sur le forum avaient eu droit au même cauchemar.

    Dans mon cas, je n'ai jamais réussi à lui en vouloir. Je ne me blâme pas non plus même si j'ai été faible et lâche ; je tenais tellement à cette histoire. Je n'arrive pas à raconter tout ça sans rire. Genre il faut toujours que je raconte ça comme une bonne blague.

    Après tout ça j'ai l'impression de n'avoir gardé pour lui que beaucoup de tendresse. C'était un gamin complètement égoïste, fragile et paumé : tiraillé entre l'envie de faire sa vie sans moi, et la peur de me voir lui échapper. Il m'a fait vivre un enfer okay, et j'aurais du partir plus tôt, mais je crois qu'il m'a vraiment vraiment aimé. En 6 ans de vie amoureuse, c'est le seul qui y soit parvenu.
    Je pense qu'on ne m'aimera plus jamais de cette façon, alors je lui pardonne tout,


    Ton témoignage aussi m'a beaucoup touché. Mais j'ai envie de te dire que quelque soit la personnalité de ton ex, tu as le droit de lui en vouloir. Tu as le droit de dire que tu as souffert, que tu souffres encore si c'est le cas. Non ce n'est pas une blague; c'est ta vie et personne n'a le droit d'en rire. Ni de te faire des reproches. IL est responsable de "l'enfer" qu'il t'a fait subir; lui et pas toi. Et quelqu'un d'autre t'aimera de nouveau sincèrement, quelqu'un avec qui tu pourras établir une relation saine, parce que tu le mérites.

    @Juny B : Je suis de tout coeur avec toi. J'espère que tu retrouveras quelqu'un qui saura t'aimer comme tu le mérites.
  9. KrimsonouKrimsonou

    Le 28 octobre 2012 à 02:10

    En lisant cet article, j'ai eu l'impression de voir mon histoire, à la différence près que j'étais à distance, et aujourd'hui je me dis heureusement que c'était le cas, car je n'ai eu que la violence mentale.

    Tout y est. Le prince charmant du début, qui offre des cadeaux, qui m'est tellement complémentaire, qui me disait ce que je voulais entendre à base de "tu es belle et intelligente" et "je serais toujours là pour toi". Il me disait que j'étais la femme de sa vie (les grands mots !) et multipliait les clichés amoureux.
    Puis il est devenu de plus en plus posséssif, et j'ai commencé à devoir justifier de tout : mon habillement, où j'allais, ce que je faisais… Le passage des vacances m'a particulièrement touchée, car j'ai vécu à peu près la même chose, mais le retour a été pire, parce que j'avais un ami très affectueux (câlins etc.) ; il est resté persuadé que je l'avais trompé alors que rien ne s'était passé, et il n'a jamais manqué de me le rappeller lors de nos disputes suivantes.
    Le fait qu'il ne se remette jamais en question et qu'il ne répondait jamais à ses accusations, j'ai vécu la même. A la fin d'une dispute, il fallait toujours que ce soit moi qui m'excuse alors que c'était lui qui était en tort au départ.
    Le chantage, la manipulation, les "si tu fais ça c'est que tu ne m'aimes pas", "tu ne m'aimes pas comme je suis, c'est ça ?", "c'est elle ou c'est moi". J'en suis arrivée à renoncer à tout, mes amis, le sport, mes ambitions… Tout le monde me disait de mettre fin à cette relation malsaine mais je n'écoutais pas.
    J'ai même eu droit à une petite dépression, lorsqu'il m'a fait la tête durant un mois entier, après que nous ayons eu "la dispute de trop" d'après lui. J'avais peur de le perdre, ça me semble absurde aujourd'hui, mais c'était le cas.
    Le quitter aussi, ça a été très difficile. Les larmes, les menaces de suicide, les mails immenses où il me racontait à quel point il n'était rien sans moi, le chantage affectif, les mots doux… Ca m'a pris un total d'une semaine. Et je n'aurais jamais réussi à le quitter si je n'avais pas flirté, au début de cette semaine… Grâce à ça, j'ai su que je pouvais plaire à n'importe qui, que j'étais assez belle pour ça.

    Le sentiment dont parle la MadZ de l'article, c'est un mélange entre la peur d'être seule, et le besoin d'être aimée, de recevoir de l'attention. Il me disait qu'il serait là pour moi, et il me disait que j'étais belle, qu'il m'aimait, et il me suffisait de ces mots pour oublier tout le reste.
    En aucun cas ce que je ressentais était de l'amour, mais comme il était mon premier, je ne connaissais pas la différence.
    Aujourd'hui je la connais, je suis enfin réellement heureuse, réellement en couple, et très amoureuse d'une personne qui ne me fera jamais de mal. Je découvre à quel point c'est simple d'avoir confiance l'un envers l'autre, et ce que c'est d'être réellement aimée. Et ça en vaut la peine.
  10. Anaëlle13Anaëlle13

    Le 10 février 2014 à 10:57

    J'ai aussi eut une histoire avec un mec tordus un fois, sa a durée un an (il n'était pas net ce mec et plus jeune que moi, et, bien perturbé émotionnellement)… c'est une copine qui m'a aidé à sortir de là et d'y voir plus clair (oui ma mère qui avait repéré son profil ne m'a rien dit, abusé : sous prétexte de ne pas vouloir s'interposer dans les histoires de sa fille peut être - je crois avoir encore de la colère vis à vis de ma mère pour ça). Bon, je n'ai rien eut de trop grave, c'est montré très doucement sans aller trop loin mais tout était là pour ce genre de dérive (tout).

    Si je voulais écrire un post, c'est pour dire qu'une soeur d'une de mes copines a justement eut ce genre d'histoire, elle a eut un bébé avec cette personne. elle a eut le courage de le quitter et d'accoucher auprès de sa mère. Finalement, aujourd'hui elle est retournée auprès de lui, et ce monsieur a voulu changé : il a compris ce qui se passe et fait des efforts positifs. Je crois que maintenant à priori sa se passe bien… (je voulais ajouter une note positive suite à tous ces messages ^^).

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
Identifie-toi ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !