Ce jour où j’ai vaincu les crises de panique chroniques

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Il y a quatre ans, Tifaine a souffert de crises de panique chroniques. Elle a fini par s'en sortir et a voulu revenir sur son expérience afin d'aider celles et ceux qui en souffrent également.

Ce jour où j’ai vaincu les crises de panique chroniques

Depuis mon plus jeune âge, l’angoisse et l’anxiété font partie de ma vie. Un de mes premiers combats fut d’affronter mes cauchemars récurrents de l’époque et surmonter mes nuits.

Dès que j’essayais de dormir, mes craintes surgissaient. Et quand j’arrivais m’endormir, le cauchemar survenait. Tout ça rendait mes phases de sommeil extrêmement compliquées.

Je faisais passer de terribles nuits à mes parents, et comme les miennes n’étaient pas géniales non plus, j’ai consulté ma première psychologue à l’âge de 8 ans.

J’ai notamment appris que j’étais intellectuellement précoce, même si je ne mesurais pas encore complètement l’ampleur de la révélation. Mais je comprenais ce que ma psychologue racontait.

Quand la peur s’immisce partout

Un jour, un stress extrême m’a submergée. Je pensais à ma potentielle future vie. Et si la réincarnation existait ?

Et si un jour je réapparaissais sous une autre forme, dans une situation miséreuse ? Et si j’étais victime de kidnapping et de viol ? Et si je ne connaissais pas le bonheur ?

Avec le recul, j’ai compris que c’était de ma propre vie dont j’avais peur. Je redoutais l’idée de grandir et que ce genre de choses m’arrive.

D’aussi loin que je m’en souvienne, ce fut la première fois que j’éprouvais ce qui allait le plus se rapprocher des crises de panique, que j’allais connaître des années plus tard.

L’enfance et la pré-adolescence, déconnectée du monde

Pour rester dans mon enfance, je me rappelle également avoir mis beaucoup de temps à pouvoir aller dormir chez mes amies sereinement sans éprouver d’énormes craintes. Toujours à cause de ces images que je visualisais.

À force, j’avais fini par développer un phénomène un peu étrange : la peur d’avoir peur.

Paradoxalement, j’étais une enfant pleine de vie, hyperactive, casse-cou et téméraire. J’ai fait beaucoup de bêtises, si je puis dire.

La phase de pré-adolescence a débarqué et à mon tour je suis entrée au collège. Je restais cette personne débordante d’énergie, mais peut-être l’étais-je trop, justement ? (Du moins, c’est ce que je m’étais mise à penser.)

Me voilà confrontée à de nouveaux regards, de nouveaux gens de mon âge et à tout ce que cela implique. On peut dire que ça m’a calmée. Ça n’a pas été facile.

Je me sentais complètement déconnectée et je devais apprendre, comme tout le monde, à me familiariser avec mon identité.

Mais à cet âge-là, quand on se pose des questions peu communes et que tout n’est pas clair, ça n’est ni facile psychologiquement, ni socialement.

J’ai commencé à devenir agoraphobe.

Après un an à ne plus supporter les endroits trop peuplés sans vomir ou avoir des crises d’angoisse, l’agoraphobie fut vaincue, à l’aide d’une nouvelle psy mais surtout de beaucoup de volonté et de patience.

Malheureusement, j’ai ensuite dévié vers les troubles alimentaires. J’en reparlerai probablement dans d’autres articles, si vous le souhaitez et que je le souhaite aussi.

Une chouette adolescence…

Mon arrivée au lycée fut plus facile que celle au collège : je partais du principe que j’entamais quelque chose de nouveau, je ne souhaitais plus rester bloquée dans mes vieux tourments.

Évidemment, l’adolescence a aussi son lot de moments compliqués et je n’y ai pas échappé ; mes troubles du comportement alimentaire, notamment, se sont révélés tenaces.

Mais ce furent de très belles années. J’ai fait la rencontre de personnes qui sont encore aujourd’hui mes ami•es, et je suis tombée amoureuse pour la première fois.

Seulement, le relationnel et l’entourage ne résolvent pas toujours tout. Surtout que très peu de monde avait conscience de ma situation.

Ma première crise de panique

Un soir de grandes vacances, après une séance de cinéma avec mon petit copain, j’ai éprouvé un sentiment étrange. Sans raison.

Rien de bien grave. Je n’avais juste jamais ressenti ça avant. C’était désagréable, mais pas insurmontable.

C’est à 6 heures du matin, le lendemain, que les choses se sont gâtées. Je suis sortie de mon sommeil comme on sort d’un horrible cauchemar… sauf que je n’ai jamais pu revenir à la réalité.

J’étais en alerte, en panique et impossible à calmer. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

Ma vue se troublait et je n’arrivais pas revenir à la raison. Plus je luttais, pire c’était. Mon esprit et mon corps devenaient deux choses bien distinctes — ça me donnait la sensation d’être folle.

Ma mère était au travail, heureusement j’ai pu compter sur une amie de longue date qui habitait juste derrière chez nous. Le problème, c’est que cet état ne m’a pas quittée de la journée.

Et les jours d’après non plus.

C’était terrible. Je connaissais des moments d’accalmie, mais chaque fois, l’électro-choc (comme je l’identifiais) revenait.

Je n’imagine pas à quel point ça a du être effrayant pour celles et ceux qui m’ont connue pendant ces moments-là. J’avais la sensation que j’allais mourir d’une minute à l’autre et j’étais prise de violents vertiges. Je devenais hystérique.

Le pire était vraiment de ne pas savoir comment reprendre possession de moi-même. J’avais peur, peur de ne pas m’en sortir, peur à chaque moment de calme que ça reprenne…

J’étais officiellement dans un cercle vicieux.

Les conséquences de mes crises de panique

Les jours suivant cette première salve firent partie des pires que j’ai connu. Mon niveau extrême de stress influait directement sur mon estomac ; je me suis donc trouvée en sous-alimentation pendant 3 semaines.

Comme je ne pouvais avaler aucun aliment, les compléments alimentaires liquides furent mes amis toute cette période.

Je dormais mal et je me réveillais plusieurs fois par nuit, totalement paniquée. Jour et nuit, je marchais pendant des heures.

C’était le seul moyen que j’avais trouvé pour m’apaiser un peu.

Un été de crises de panique

Après quasiment un mois à lire des témoignages de personnes dans cette situation depuis des années, j’imagine que le psychisme a fait son effet.

Avoir conscience que je n’étais pas la seule à vivre ce calvaire fut une source de soulagement mais surtout d’encouragement à m’en sortir.

Chaque jour, je me battais pour ne pas avoir à traverser ça en « années » mais en « faites que ça se finisse le plus vite possible ». Au bout d’un mois, je revivais doucement.

Malgré le fait que ces crises n’aient duré « que » de juillet à août 2013, le temps m’a semblé éperdument long.

Depuis cet épisode, je n’ai plus vécu de crises de panique. Mais j’avais envie de partager avec vous ce que j’en ai retenu personnellement.

Les conseils que je m’apprête à vous donner proviennent de ma propre expérience et des échanges que j’ai eu avec mon médecin sur le sujet.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas professionnelle, mais ayant été directement touchée, certaines choses m’ont marquée et voilà ce que j’en ai appris :

  • Tous les symptômes à priori physiques (maux de tête, sensation de mort imminente, etc…) ne le sont PAS. C’est notre cerveau qui nous domine et nous envoie de faux signaux.

À l’inverse d’un mal de ventre qui peut par exemple persévérer s’il s’agit d’une mauvaise digestion, ces maux-là s’apaisent souvent dès lors que la panique cesse.

Je me rappelle qu’à chaque « repos », je restais sur mes gardes mais je n’avais plus mes étourdissements ou la tête bourdonnante. Cela réapparaissait lorsque la crise réapparaissait.

  • Vous êtes le ou la seul•e qui allez savoir trouver ce qui va vous soulager. Pour moi ce fut la marche, pour vous cela peut être une compagnie ou l’écoute d’une musique ou le fait de visionner un film ou de jouer à un jeu (ce dont je me suis également servie.)

Même si votre concentration est altérée, ça contribuera à occuper votre esprit.

Mais il peut y avoir une déclinaison de possibilités infinies (la méditation, la sophrologie, etc…), c’est subjectif et propre à chacun•e.

  • Ne négligez pas de vous renseigner sur les témoignages existants SI et seulement SI vous sentez que cela peut vous faire vous sentir compris•e. Tout le monde ne réagit pas pareil face à cette démarche.

La notion de partage m’a personnellement permise de m’identifier, mais certain•es n’auront pas cette même réception. Alors écoutez-vous et n’insistez pas si cela vous génère une source d’angoisse plutôt qu’une autre plus positive.

D’ailleurs, vous tomberez probablement sur des gens expliquant ne pas encore s’en être sorti. Cela ne veut pas dire que vous ne vous en sortirez pas (et eux non plus). Au contraire.

Le processus peut être lent mais il prendra fin. Ne sous-estimez pas votre capacité à y mettre un terme plus rapidement que prévu.

  • Pensez à bien respirer. Ça semble idiot, mais si c’est le premier conseil que l’on donne aux personnes sujettes au stress, c’est qu’il y a une raison.

Respirer lentement et de manière constante permet de réguler la variabilité des battements du coeur, la détente neuromusculaire et l’oxygénation du cerveau.

Une fois le rythme redevenu stable, vos émotions seront beaucoup plus faciles à gérer de nouveau.

Cet excellent article de La Grande Santé vous explique tout et je vous le recommande.

  • N’hésitez.Pas.À.Consulter :

Je n’ai pas vu de psychologue pendant mes crises de panique mais je me suis en revanche rendue à plusieurs reprises chez mon médecin qui me faisait beaucoup de bien et avec qui je discutais.

Il est évident qu’une aide professionnelle peut vous aider, surtout si les crises perdurent.

Cette phrase vous vient directement d’une nenette qui a toujours fait la démarche de consulter elle-même et pour qui ça s’est souvent révélé efficace.

Le tout est de tomber sur la bonne personne, n’hésitez donc pas non plus à en changer si le feeling ne passe pas. Trouver le•la bon•ne psy n’est pas toujours instantané (–> vécu).

Une chose est sûre, je vous envoie une dose d’amour plus grosse que le monde et l’univers, je pense à vous et tout finira par s’arranger.

J’ai conscience de l’énergie qui vous sera dérobée un temps (c’est épuisant) mais cela ne durera pas éternellement, promis.

Plein de love du fond du coeur. Et si vous souhaitez partager votre expérience en retour, n’hésitez pas. On partagera nos misères tous•tes ensembles.

À lire aussi : Je veux comprendre… le stress

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Tifaine P


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Commentaires
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  • Tifaine P
    Tifaine P, Le 18 septembre 2017 à 13h05

    dreamyourself13
    Faisant moi même des crises d'angoisse et sans absolument minimiser ce que tu as vécu, je me permets de mettre en avant une phrase qui m'a un peu choquée dans ton article :

    Chaque jour, je me battais pour ne pas avoir à traverser ça en « années » mais en « faites que ça se finisse le plus vite possible ».

    Moi, cela fait des années et en lisant cette phrase cela m'a fait beaucoup de peine, comme si on me disait à travers cet article que je ne m'étais pas assez battue.
    Les crises d'angoisse ont souvent des racines profondes et justement l'une des réflexions que l'on se prend souvent dans la gueule de personnes qui ne connaissent pas cette sensation c'est "bouge toi un peu, fais un effort". Or il faut parfois attendre un déclic qui ne vient pas et malgré tous les efforts que l'on peut faire quotidiennement, cela ne suffit toujours pas.
    Coucou dreamyourself13, alors non, permet moi de m'excuser d'avoir été maladroite et de reformuler ;)
    Je n'ai plus fais de crises de panique (à savoir le sentiment que je vais mourir, etc) mais j'ai continué d'avoir des crises d'angoisse, ce qui n'est pas tout à fait la même chose mais qui fait que du coup, cela s'est également étalé en années de mon côté. Crois-moi, j'ai conscience de la profondeur du problème, je n'aurais donc jamais pu me permettre de dire quelque chose d'aussi futile que « il faut juste de la volonté », car je sais pertinemment que ce n'est pas le cas !
    Alors par : « faites que ça se finisse le plus vite possible », je voulais simplement illustrer la façon dont on a envie de s'en sortir lorsqu'on est concerné/e et retranscrire la pensée que j'avais le plus à l'époque, à savoir : celle-ci.
    Mes crises de panique ont en effet cessé au bout d'un mois mais les crises d'angoisse sont reconnues pour être plus longues à combattre et comme je t'ai dis, j'en sais quelque chose.
    Désolée de t'avoir fait de la peine, surtout quand en réalité je comprend parfaitement ce que tu traverses :happy: plein d'amour sur toi et du courage.

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