Un Jour mon prince, un conte de fées très moderne qui enchante… et fait beaucoup rire

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Ce 11 janvier sort Un Jour mon prince, une réécriture comique de la Belle au bois dormant, dans laquelle deux fées sont envoyées dans le Paris de 2016 pour dénicher la perle rare... Un buddy-movie rafraîchissant !

Un Jour mon prince, un conte de fées très moderne qui enchante… et fait beaucoup rire

— Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec Paradis Films.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

Cela fait bientôt cent ans que la Belle au bois dormant roupille, et si aucun prince ne la réveille avant la deadline, tout le monde des contes de fées disparaîtra. Comme il y a pénurie de princes charmants dans le royaume, la reine Titiana envoie deux fées à Paris, ville de l’amour, pour dénicher la perle rare.

Blondine et Mélusine vont faire des bourdes, rencontrer beaucoup d’hommes irrespectueux, et l’une des deux va finir par trouver la perle rare… pour elle-même. Un Jour mon prince dépoussière les contes de fées, et le fait avec un humour décapant !

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Un Jour mon prince ou le choc des cultures

Quand le conte de Perrault rencontre le Paris de 2016, c’est franchement drôle !

Tous les clichés, à la fois des contes de fées et de Paris (supposément ville de l’amour et du romantisme), sont confrontés à travers les personnages des deux fées à la réalité d’une capitale sale, hostile quand on n’a pas d’argent, et peuplée de harceleurs de rue, d’hommes qui sont très loin d’être des gentlemen, ou qui ne rêvent tout simplement pas d’une histoire de contes de fées.

Les deux fées pétillantes vont pourtant tout donner, et mener une enquête unique au Parc des Princes, ou sur adopte-un-prince.com.

Leur tâche n’est pas simple, d’autant plus qu’elles sont charmées par les tentations de ce monde inconnu qui n’a rien à voir avec l’idée qu’elles s’en faisaient, et est si différent de leur univers féérique sage et tout joli.

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Elles découvrent l’alcool, la drogue, la fête, le shopping : les fées de notre enfance sont propulsées dans notre réalité et elles perdent un peu de leur magie pour gagner en humour et en modernité ! Ce duo féminin comique, dont l’accent et les expressions québécoises accentuent le décalé, est réussi, ce qui donne un buddy-movie unique.

Naïves et spontanées, elles découvrent un monde dont elles ne connaissent aucun code, ce qui donne lieu à des scènes d’anthologie.

Des maladresses dans l’humour, et le jeu sur certains clichés est juste un peu regrettable : elles découvrent par exemple l’homosexualité (invisible au pays des contes de fées) en la personne d’un vendeur de vêtements stéréotypé, obsédé par les beaux tissus, et se moquent d’un malheureux prétendant dont le physique ne correspond pas aux standards sociaux de beauté.

Cela fait cependant partie d’un humour global souvent subversif, qui participe à l’évolution de l’histoire et aux messages de liberté et d’émancipation qu’elle véhicule.

Un Jour mon prince, une ode à l’imaginaire et la fantaisie

Ces fées propulsées dans notre Paris à nous, c’est une dose de fantaisie rafraichissante, une irruption toute en couleurs des contes de notre enfance, une réactualisation de la Belle au bois dormant qui donne envie d’y croire.

Un Jour mon prince réenchante une réalité dans laquelle, à la place de princes charmants chevauchant élégamment dans les rues pimpantes, les filles se font héler et on leur parle comme à du bétail lorsqu’elles sortent de chez elles.

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Blondine et Mélusine ont également des interactions avec les enfants qui croient aux fées, tandis que les adultes leur expliquent que cela n’existe pas. L’occasion d’une ode à l’imagination, montrée comme une formidable capacité d’évasion et d’élargissement de la réalité.

Des références à Cendrillon ou encore Boucle d’Or complètent cette invasion de la réalité par la magie des contes de fées.

Le film s’émancipe pourtant aussi du carcan des contes de fées, avec des héroïnes qui sortent des cases qu’on leur a attribuées.

Quand les contes de fées rencontrent le féminisme d’Un Jour mon prince

Le duo d’amies permet deux façons d’envisager la vie et de vivre ce choc culturel. Ce voyage à Paris va permettre à chacune de définir elle-même son destin, de choisir sa vie au lieu de suivre sagement la voie qui lui était tracée.

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Par exemple, pour les fées, perdre sa virginité entraîne la perte de leur immortalité. Le film ne parle pourtant absolument pas de ce que Mélusine a « perdu » : il n’y a pas de sacralisation de la virginité, elle choisit sa propre voie et cela ne fait pas plus de remous que ça.

De plus, la Belle au bois dormant, qui attend qu’un homme vienne la réveiller, n’est pourtant pas un personnage passif : elle parle via une voix off, et n’a rien de naïf. Elle a également le pouvoir de refuser de se laisser embrasser, et ne se prive pas de commenter ses visiteurs.

Un Jour mon prince déconstruit ainsi l’idéalisation du couple et de l’amour. Blondine et Mélusine vont précisément comprendre que les contes de fées sont loin de la réalité. Le « prince », finalement, ne convient qu’à une seule personne : la preuve qu’il n’y a pas un modèle unique d’amoureux•se, ou de relation.

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Melissa

Mélissa fait les témoignages, mais ce n'est pas elle qui vit toutes les histoires qu'elle raconte - et heureusement parce que sa vie serait un peu compliquée ! Elle aime les pois et s'empiffrer de Kinder en sirotant son thé.

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Voici le dernier commentaire
  • Scamandre
    Scamandre, Le 12 janvier 2017 à 14h31

    Outre le stéréotype (je n'ai pas vu le film), je rebondis juste sur ça :

    elles découvrent par exemple l’homosexualité (invisible au pays des contes de fées)
    Euuh....mais pourquoi invisible ? L'homosexualité n'existe pas dans les contes de fées ? C'est un peu dommage d'associer tout ce qui est non-het à la nouveauté, à la modernité (surtout si celle-ci fait un peu déchanter les protagonistes) et pas aux contes où tout est merveilleux et joli.
    C'est très convenu comme point de vue, quoi.
    Et vu que ya encore beaucoup de gens qui pensent que l'homosexualité est un truc récent voire tendance (et symptomatique d'une déchéance par rapport à un "âge d'or" idéalisé), bon.

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